Mon avis...
J'ai connu cette situation au collège. J'en ai chié. Moi c'était pas dans le bus, c'était du moment où j'arrivais au bahut jusqu'au moment où j'en sortais. Toute la journée. Toute la semaine. En cours, dans la cours, partout, tout le temps. J'étais la tête de turc, le souffre-douleur, et je ne savais pas quoi faire. Je ne savais même pas que le concept de survie urbaine existait. A cet âge-là, l'adolescence, c'est soit une période terrible, soit l'enfer. Alors moi, avec mes grosses binocles, mes boutons plein la gueule, mes aisselles qui puent et toujours en décalage avec "la norme" (tu comprendras ce que je veux dire), ben j'étais pas à la fête.
J'ai parfois bousculé un peu, très sombrement regardé le leader de mes ennemis, mais je n'ai rien fait de plus. A quoi ça aurait servi ? J'avais prodigieusement envie de le détruire, tout en ayant peur des conséquences. Et puis j'étais lache, aussi...
Donc j'ai tout avalé, deux années durant. Pour pas péter un plomb, j'ai libéré toute ma colère dans l'écriture d'un roman. Pour d'autres, ç'aurait été la musique, le sport, le tricot... n'importe quoi du momen,t que c'est un exutoire à tout ce que tu est obligé de subir.
Ensuite, fini le collège, j'entrais au lycée. On change de ville, de connaissances, d'âge. Je savais que je tenais là l'occasion de changer, de quitter le rôle de la victime.
En moi, il s'est passé quelque chose. Je me suis forcé à grandir. Je me suis forcé à mettre des limites à ceux qui venaient me chercher. J'ai fait un peu de sport, je suis sorti des jupes de ma mère, bref je me suis sorti les doigts du c*l. C'est pas évident, mais ça m'a aidé à devenir adulte. Maintenant j'ai presque 30 ans, et j'ai encor coutume de dire que le Didier (c'est mon prénom, hein) de l'époque du collège est mort. Je l'ai tué. Il était faible, lâche, péteux, idiot, il m'empéchait d'avancer dans la vie alors je l'ai tué. Et le Didier d'aujourd'hui s'en porte bien mieux.
Ce n'est que MA réponse à ce que J'AI vécu. C'est pas de la survie urbaine, pas de la survie tout court, c'est juste un épisode de plus dans la série des vannes plus ou moins méchantes entre mômes.
Alors Yoddha, te prends pas la tête avec ces petits c*ns. Je suis sur que t'as des trucs plus important à faire dans la vie. Trouve TES réponses, comme on te l'a dis cent fois. C'est un rituel de passage à l'age adulte.