Il me semble que faire une émouture dans un acier à 58HRC est moins couteux en temps et en usure de l'abrasif que le faire dans le même acier à 60HrC. sur de grandes séries ce n'est pas négligeable. Peut être même que l'on peut se contenter d'abrasifs moins performants.
Oui, c'est certains et comme tu dis sur des grosses production ça fait forcement une différence. Pour les abrasifs tu prends toujours le plus performant possible car il dure plus longtemps, la perte se faisant beaucoup sur le temps perdu a chaque fois qu'il faut changer de bande.
C'est un argument qu'on voit toujours dans les pubs pour abrasifs en bande, vu que le gros de la consommation c'est des industriels, c'est à eux qu'elles s'adressent. Pour nous avec nos petits backstands où on change une bande en 15 secondes c'est négligeable, surtout qu'on utilise rarement la vie utile d'une bande en une fois (a moins d'acheter du très bas de gamme). Sur une grosse machine avec des capots à démonter etc... la question est pertinente si il faut changer la bande toutes les 2H ou tous les jours. En plus ça fait moins de matériel à transporter/stocker.
Les pays riches du nord de l'Europe ont les moyens donc ils doivent certainement utiliser soit des cubitron 3M soit des ceramics VSM, ce qui se fait de mieux sur le marché a ma connaissance. J'ai fait le test sur mon 14C28N, une VSM ceramics hollandaise a environ 3 fois plus de vie utile qu'une Deerfoss chinoise équivalente. C'est même possible qu'ils achètent directement les rouleaux et montent eux même leur bande, j'avais vu un reel d'un gros fabricant de haches aux USA, ils avaient un backstand avec une bande immense qui devait bien faire 2 m de large, confortable pour travailler à 3 simultanément!!! par contre on voyait bien que changer un truc pareil c'était pas 5minutes!
Ceci dit si tu regardes la courbe ci-dessous, la résilience du 80CrV2 est déjà importante à 60HrC (selon Larrin Thomas : de l'ordre de 3 à 10 fois de ce qu'elle est pour du D2, S30V, 440C, O1, 1095 et autres aciers courants à la même dureté).
Elle est encore plus impressionnante à 58 HRC (on atteint probablement au moins 50 ft-lbs en Charpy test V notch dans le sens transversal). Ce qui est bien pour des outils qui doivent beaucoup subir de "bâtonnage" si on veut limiter le SAV.
Ben en fait non, si tu regardes ces autres tableaux tout en bas sur le même article (voir PJ), le toughness (c'est pas tout a fait la même chose que la résilience attention:
https://www.apsed.in/post/toughness-and-resilience#:~:text=What%20is%20the%20difference%20between,permanent%20deformation%20because%20of%20resilience. je me suis fait reprendre à raison il y a pas longtemps par un ingé justement) fait un pic de 36 ft/lb a 60HRC et puis ça redescend à 25 à 59 et 20 à 58HRC! ça m'a étonné mais du coup 58 HRC c'est bien moins résistant aux impacts/à la déchirure donc pour des couteaux pour bâtonner c'est mieux qu'ils soit plus dur avec cet acier en fait! On me l'aurait dit je ne l'aurais pas cru, mais les faits sont là et justement Larrin Thomas préconise 60 HRC sur cet acier pour cette raison j'imagine. Mais c'est assez contre intuitif!
Et puis il y a le facteur Marketing : en Europe : 58 HRc c'est consensuel pour les ventes ("dur mais pas trop").
ça c'est bien possible, dans le milieu outdoor classique en tout cas, cible du revendeur.
Pourquoi avoir une "peau" moins dure? Probablement parce que la solidité de la lame aux contraintes transversales est encore plus grande à 52HRc.
C'est leur argument en tout cas. Perso ça me laisse septique, en fait il faudrait savoir l'épaisseur du dit traitement. SI c'est disons 1/4 d'épaisseur de chaque coté ok c'est super logique (comme ce que tu explique pour les sandwich ou un revenu partiel du dos). Mais là d'après ce qu'il disent c'est plutôt très fin, donc l'effet sur la résilience doit être négligeable, c'est ça que je trouve curieux.
Or, quand une lame subit des contraintes latérales elle se plie de façon élastique jusqu'à un certain point avant de rompre au delà de ce point.
C'est fonction de l'acier, assez peu de la dureté selon le TT de cet acier dans son enveloppe d'utilisation raisonnable et beaucoup fonction de l'épaisseur de la lame. Plus une lame est fine, plus elle va plier sans casser (toutes choses égales par ailleurs). Mais évidemment si elle est trop souple elle devient inutilisable (ex : fine lames pour les filets de poissons).
Pour avoir testé la résistance à la rupture du 14C a 62HRC ou a 58HRC, y'a une bonne différence quand même. 62 tu casses d'un coup bien plus facilement à épaisseur égale, à 58, tu "sens" mieux avant que ça va péter là. (en tout cas sur du 2mm). Si l'épaisseur est plus grande ça plie moins facile donc ça compense le manque de souplesse, et c'est comme ça qu'on trouve trop de couteaux qui sont des vrais coins sur le marché (AMHA). perso j'ai adopté l'approche inverse et je préfère créer des lames fines et souples au lieu de gros burins trop durs.
pour tout le reste on est d'accord, et qu'est ce que c'est bien expliqué en plus !

Mais du coup, ma conclusion, c'est qu'en fait ce traitement de 52Hrc en peau, ce serait plutôt une couche "amortisseur", comme si la lame était emballé dans une couche de caoutchouc (toute proportions gardée hein) qui permettrait d'éviter qu'un choc latéral genre impact d'un caillou ne se propage pas vers l'intérieur et pas un truc qui agit réellement sur la résilience de la lame. dans un environnement froid où l'acier est plus fragile c'est pas bête.