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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Sentiment d'incompétence  (Lu 5058 fois)

20 juillet 2024 à 13:17:36
Lu 5058 fois

Cincinatus-341


Bonjour tout le monde

Je crains que ce ne soit un post avec plus de bruit que de signal (et je m'excuse par avance si je donne du boulot supplémentaire aux nettoyeurs) mais ce matin, je suis face à une interrogation : à savoir, suis je le seul à galérer quasiment en permanence ?

"C'est facile, il y a qu'une vis à retirer" se solde par 90 minutes d'acharnement pour 0 succès, la vis est toujours là et fidèle au poste.
"Change la plaquette, y a qu'à retirer le machin là, ça va tout seul" se solde par une plaquette qui reste solidement en place.

C'est moi qui suis vraiment incapable de faire quoi que ce soit correctement ou bien ça arrive régulièrement plus ou moins à tout le monde mais personne n'en parle ?

20 juillet 2024 à 13:36:17
Réponse #1

DavidManise


Yo.

Ceux qui réussissent ont tous plus ou moins en commun de conserver leur objectif tout en changeant de plan à chaque échec jusqu'à ce qu'ils arrivent à leurs fins.  Ils ne font pas de chaque échec une raison de se remettre personnellement en question parce qu'ils retravaillent leurs méthodes.

Ce sont ceux qui ne changent jamais de plan qui s'épuisent ou se découragent. 

Et avec le temps, on développe un sens un peu intuitif de ce qui va marcher ou pas, et on gagne du temps, c'est tout...

Bref, non, t'es pas du tout le seul.  Moi aussi ça m'arrive sans arrêt.  Mais comme dit le proverbe, pour devenir un chêne, il faut d'abord être un gland et se planter ;)

Tchuss !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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21 juillet 2024 à 17:41:26
Réponse #2

fall7stand-up8


@cincinatus

Tu cites des exemples issus de l'activité mécanique/bricolage

Peut être que les "experts qui te font te sentir nuls par rapport à ces tâches sont eux mêmes en proie à l'echec quand il s'agit d'aborder un autre domaine ?

Tout ça pour dire qu'on a tous des domaines de prédilection et d'autres ou on est moins à l'aise.
j'ai toujours été nul dans tous les sports de balle (coordination un peu ...lente) ce qui m'a fait estimer que le sport c'était pas pour moi jusqu'à ce que je découvre mes aptitudes pour les efforts de type aérobie et ensuite j'ai pris beaucoup de plaisir à courir, nager, rouler...

Ne te mésestime pas parce qu'un ou plusieurs domaines t'échappent (je suis également une quiche en codage) il y a des champs entiers de l'activité humaine dans lesquels tu es certainement très doué

21 juillet 2024 à 19:18:31
Réponse #3

Khee Nok


suis je le seul à galérer quasiment en permanence ?

"il y a qu'une" ..."y a qu'à"

C'est moi qui suis vraiment incapable de faire quoi que ce soit correctement ou bien ça arrive régulièrement plus ou moins à tout le monde mais personne n'en parle ?

Je pense qu'on a tous eu l'expérience de se lancer dans un truc qu'on imagine plier en deux coups les gros... et on est encore dessus des heures après.

A une autre échelle: à mon avis, les gens qui n'ont pratiquement jamais connu d'échec sont justement eux qui se plantent le plus magistralement, le moment venu (Jean-Marie Messier, extrêmement brillant, a mené une des plus grandes entreprises françaises dans le mur... mieux aurait vallu qu'il se plante avant)

Et qui a dit que "il n'y a qu'à" ? Yakakaukon, oui, bien sûr. Est-ce que celui/celle qui l'a dit est capable de le faire en un tournemain ?
Si non... grand diseu, petit faiseu.
Si oui, s'il y arrive: il y a peut-être justement un tour de main, un truc à apprendre qui rend la chose plus facile. Ou peut-être que le type est super habile, qu'il a comme on dit "de l'or au bout des doigts",  bravo à lui mais nous ne sommes pas égaux.

Certains apprennent une langue étrangère en 6 mois, d'autres comprennent des mathémathiques qui échappent au commun des mortels, il y en a qui réparent une bagnole avec un chewing-gum et un couteau suisse, certains emballent les filles d'une manière incompréhensible, ou ont un incroyable sens de l'équilibre, ou vendraient des frigos au pole nord etc. On a tous des points forts et des points faibles.

Et le plus injuste est qu'il y a des gens qui sont brillants pratiquement partout. Tout ce à quoi ils s'appliquent, ils y arrivent mieux que le commun des mortels. Et tant mieux pour eux mais ce sont un peu des extraterrestres.

D'ou mon point suivant: s'évaluer ou se comparer c'est compliqué.

- On peut facilement pécher par excès ou par défaut. Certaines personnes ont tendance à se sous-estimer, d'autres à se surrestimer. Je pense que dans pas mal de cas mieux vaut se surrestimer (ça tombe bien, c'est un biais cognitif classique, surtout chez les hommes): ça se vit mieux, au moins on essaye. Mais autant ce peut être une qualité chez un entrepreneur ou un vendeur de bagnoles, autant c'est clairement un défaut chez un chirurgien ou un pilote d'avion. Si ça se trouve les gens qui te regardent faire sont bien moins critiques de ta performance que tu ne l'es toi-même.

- On se compare à quoi ? Par rapport à Hussein Bolt je suis un handicapé moteur, mais mettez moi face à Stephen Hawking au 100 mètres et je suis le roi (voire en physique fondamentale mais je triche, il est mort). Je pense qu'on a souvent tendance à se comparer à des modèles, des gens qui superforment:  c'est positif en termes d'émulation mais il faut aussi accepter qu'on n'arrivera pas à ce niveau, en tout cas pas sans une somme de travail.

- Enfin (et je ne sais pas si c'est un sujet ici) je pense que les réseaux sociaux sont particulièrement néfastes dans ces domaines. Bien sûr que (sauf louables exceptions) on préfèrera souvent y montrer "la meilleure version de nous-même".

Et le pire, le pire: une partie de ceux qui réussissent vont souffrir du "syndrome de l'imposteur".

Donc... non t'es pas tout seul, Jef.

On est au moins deux et sans doute beaucoup beaucoup plus ;-)


22 juillet 2024 à 10:04:51
Réponse #4

tarsonis


Hello,
tu voulais changer tes plaquettes de frein et là elles te narguent ?

Ah ah, j'ai tellement de bons souvenirs à bricoler ma vieille 205 où à chaque fois que je prenais les choses dans l'ordre avec RTA c'était pour me rendre compte que j'avais un modèle un peu différent... ah bin c'est pas le même type de cardan, de pompe à eau, etc....donc qui va te donner du fil à retordre dans tous les sens. Même dans des trucs simples genre changer le boitier de pédalier du vtt : "ah ben en fait c'est un modèle rarissime italien qui ne s'ôte qu'avec une clef spéciale.... et il faudra retarauder derrière".

En gros t'y vas la fleur au fusil et 2h plus tard tu dégommes l'ensemble avec un chalumeau et un burin car tout a bien pris soin de rouiller et se souder correctement. Le tout sans oublier quelques coupures car quand ça finit par te donner raison, c'est jamais en douceur; plutôt d'un coup histoire de bien écharper un doigt au passage.

Une chaîne que j'aime bien regarder de temps en temps, c'est Garage Bagnoles et Rock'n Roll, qui n'hésite pas à montrer quand ça foire magistralement...surtout les vis à la con qui rouillent et pètent dans le bloc moteur; ça te plaira ;)

Après, dans d'autres domaines ça peut faire pareil. Je me sens à l'aise en électronique, mais il n'est pas rare que je commence la réparation simple d'un circuit et que ça finisse en plusieurs heures de bidouille tellement "quand ça veut pas ça veut pas".

Tu veux voir la Merlin du petit où ça partait de ce foutu accu LiPo qui a flanché juste avant un gros voyage, en emportant son régulateur et quelques parties ?

Du coup, histoire de rendre l'ensemble un peu plus résilient, j'ai collé un Li-ion 18650, son propre BMS qui arrive de l'extérieur avec un magnifique interrupteur mécanique avec convertisseur 5V greffé sur l'entrée du port micro-usb (souvent défectueux d'ailleurs sur ces appareils).
C'est un peu cracra à l'arrache, d'extérieur un peu post apo et ça fait le taf; mais j'ai tout de même eu plusieurs fois la très grosse enfin d'exploser ce truc au marteau.

Bref, je pense que l'on galère tous, même dans des domaines dans lesquels on a l'habitude de graviter; c'est juste que le contenu Internet ne focus pas trop sur les échecs, qui apprennent souvent bien plus, dommage ;)

Il y a une signature que j'apprécie chez un des membres : "“L'intelligence, ce n'est pas ce que l'on sait ; mais ce que l'on fait quand on ne sait pas.”  ;#

22 juillet 2024 à 14:39:56
Réponse #5

Tompouss


Si c'est bien de mécanique que tu nous parles, les fameuses cosses super simples à retirer j'en ai qui m'ont parfois résistées plus que tout le reste (et j'ai déjà fait un paquet de chose question mécanique).

Après quand ça va pas bien c'est en essayant d'autres approches qu'on apprend, la fois suivante c'est simple. Et à force de buter et/ou de pratiquer on le fait avec une telle aisance que celui qui nous regarde se dis "punaise mais c'est tout simple en fait" alors qu'en fait  ;#

C'est d'ailleurs un truc récurent, quand quelque chose à l'air extrêmement simple à exécuter par quelqu'un c'est souvent qu'il a passé des heures et des heures à exécuter cette tâche. (ex : un musicien, un type qui pose de l'enduit, un terrassier avec sa pelle mécanique...) D'ailleurs pour ça que je crache pas sur les artisans qui demandent "cher" pour un truc "vite fait" et quand quelqu'un me dit "punaise t'as vu il me demande XXX euros juste pour carreler un chiotte alors qu'il y passe une demi-journée" je réponds "bah si ça prend qu'une journée et que c'est si simple, pourquoi tu n'économise pas en le faisant toi même ?" 

Everybody swears that they are solid, but ice is solid too... until you put some heat on it.

22 juillet 2024 à 17:39:28
Réponse #6

piero


Du coup t'es pas le seul.
Et c'est normal

1-Déjà mécano c'est un métier. Ne pas galérer serait insulter les mécanos. Tu galérerais aussi à t'improviser trader, dentiste, avocat ou boucher ;D

2-Les bons outils ça aide. Dormir dans la verte par 10°C sans sac de couchage c'est pas évident à -10°C c'est carrément dangereux. Même si certains ont du tester ici  ;D Repousser un piston sans outil c'est difficile et un truc con comme démonter un boulon grippé sans un minimum de bras de levier c'est vite impossible.

3-Finalement t'apprends. Quand tu fais la même chose la deuxième fois souvent c'est plus facile. T'as appris. T'étais incompétent et tu l'es un peu moins.

23 juillet 2024 à 10:29:40
Réponse #7

gui3gui


Au delà de la mécanique, cela s'aplique à beaucoup de  champs :

Une maxime du lycée que j'ai retenu (de ma prof de français) qui reprend le constat de piero :
- "on reconnait un bon ouvrier à ses outils" ça ne fait pas tout mais ça aide, ce n'est pas parce qu'on a le même apn que l'on fera d'aussi belles photos que Yanna Arthus Bertrand, mais c'est déjà une  bonne base;

- après comme dit par d'autres et cela s'applique également à la verte, si l'on connait déjà l'environnement ou que l'on a déjà pratiqué on sera plus rapide et plus efficient, comme la maxime du forgeron. De mémoire David en parlait dans un de ses podcast.

Pour te donner quelques exemples triviaux, ou je me suis trouvé (très) incompétent :
- premier confinement, un après-midi pour réussir à coudre un (semblant de) masque à la main;
- côté mécanique, 1h30 pour changer une batterie sur la voiture de ma femme (20 minutes selon le tuto yt) et pour égarer une vis dans la baie moteur.
- dernièrement, impossible de se connecter à notre cher fofo sans passer par un ordi (vous êtes banni...)

Après quelques pistes pour surmonter cela :

- la volonté même s'il faut parfois savoir abandonner ou se remettre à son garagiste/mécano; le mindset comme dirait nos vendeurs (/escrocs) de formations sur les différents réseaux sociaux;
- être épaulé,aidé ce qui créé une émulation/motivation, par exemple membre d'un forum auto, garage en auto-réparation...

23 juillet 2024 à 17:15:32
Réponse #8

oajfh


Hello.

J'ai déjà eu des phases de sentiment d'incompétence par le passé, certaines justifiées, notamment au niveau manuel.

Forcément, quand on a un père bricoleur (et une mère qui fait également des choses manuelles) et qu'on ne s'y est jamais intéressé enfant/ado, et qu'ensuite on a un métier derrière un ordi...

Un monde qui encourage beaucoup l'hyper-spécialisation ça donne l'impression que beaucoup de choses sont inaccessibles. C'est facile de tomber sur des ouvrages très pointus, ou des youtubeurs archi-rôdés qui donnent l'impression que les imiter est censé être trivial... Alors que les généralistes 'compétents' sont peut-être moins visibles.

Moi qui ne savais pas faire grand-chose de mes dix doigts à part taper au clavier... Des choses qui m'ont aidé, outre apprendre des trucs par moi-même, c'est -entre autres- un stage au CEETS (merci Jérôme, David, et d'autres), du wwoofing dans une ferme qui fait tout sans électricité (on en fait des choses variées en peu de temps dans ce genre d'endroit), et des chantiers participatifs.

En sortant de sa zone de confort d'une telle manière on se retrouve à l'étendre. Et en pratiquant beaucoup on devient (généralement) un peu moins nul, même si on fait pas toujours systématiquement des progrès.

Une fois qu'on a brassé plus large et exploré des domaines inconnus en partie par soi-même, ça fait moins peur de s'intéresser à des nouvelles choses. Et parfois on se retrouve à être suffisamment compétent dans un secteur pour conseiller d'autres personnes. Du coup on relativise un peu ces questions de compétence / incompétence.

Faut arriver à se convaincre qu'on ne peut pas tout apprendre, mais qu'on est capable d'apprendre à peu près n'importe quoi si on y met le temps et l'effort. Une énorme différence entre des gens qui ont peur de sortir de leurs domaines de prédilection et les gens qui y parviennent, c'est qu'à la place de se dire "je pourrais pas", "je suis trop mauvais, je laisse tomber" ou "c'est pas fait pour moi", ils se disent "Si X l'a fait, pourquoi pas moi ?" et "je suis mauvais maintenant, mais en faisant j'apprends, donc je continue et ce sera mieux demain". Oser et persévérer.

Puis il y a tout un tas de domaines où les gens improvisent souvent (voire jouent du pipo). Un artisan qui se retrouve face à une configuration plutôt inconnue où il doit quand même pondre un résultat, ça arrive souvent. Il expérimente et arrive à une solution qui n'est pas toujours idéale, mais souvent meilleure que ce qu'un quidam lambda aurait fait. Pareil, un scientifique qui n'a pas tous les tenants et aboutissants mais qui présente ses travaux quand même parce qu'il a des choses intéressantes à raconter, ça arrive souvent. La compétence se construit en grande partie comme ça... ça aide de s'en rendre compte.

Ca aide aussi de voir les premières oeuvres maladroite d'un auteur, les premiers passages sur scène un peu ratés d'un comédien, les premiers chantiers modestes d'un charpentier qui gagne en expérience, les premiers articles de recherche d'une pointure
(les premiers posts sur ce forum des piliers de bars ?  ;D)
 et de voir à quel point la maîtrise de leur domaine était souvent loin d'être parfaite, les différentes itérations et réévaluations qui ont été effectuées (ou non...) au fil du temps.

Ou de voir des animaux (non-humains) faire des erreurs qui paraissent incroyables. Un chat qui rate un saut facile sans raison apparente, et qui recommence sans sourciller. Ou de voir qu'une école de pensée a pu partir d'un truc un peu arbitraire (voire un peu débile) et quand même donner lieu à des idées intéressantes, mais du coup au début ça devait pas mal se chercher et/ou brasser du vent. Ou de constater qu'un expert un peu stressé et fatigué fera parfois des erreurs, et c'est compréhensible.

Garder en tête d'où on est parti, aussi. Ca aide à voir le chemin parcouru pour certaines choses, et de se rendre compte de certains domaines où on est bien au-delà des bases.

26 juillet 2024 à 10:50:49
Réponse #9

Jehan


Hello!
Ahah je comprend tellement cette sensation d'être mauvais.
D'après mon expérience perso je dirais qu'il faut déjà reconnaître si tu es manuel ou pas, et si ce n'est pas le cas l'accepter tout en sachant que ça se change avec le temps. Pour ma part j'ai peu à peu appris à l'être alors que de base je suis plutôt intello/artiste. Certes je ne suis pas prêt d'avoir l'efficacité de mon grand père ou de mon père, mais ça vient tout doucement.
L'intelligence manuelle, l'ingéniosité, ça ne s'invente pas, il faut du temps pour l'acquérir, nos cerveaux habitués à l'instantanéité l'oublient.
C'est tout un univers physique, intellectuel et psychologique qui doit être apprivoisé. Ce n'est pas rien.

Ensuite et là c'est le nerf du sujet selon moi, je pense qu'il faut accepter la perspective d'un taux d'échec proportionnel au taux de sortie de sa zone de confort et de son champ de maîtrise.

Tu n'es pas mécano et tu veux changer une pièce sur ta voiture, tu n'es pas paysan mais tu veux faire une terrasse et planter tes choux, tu n'es pas maçon ou électricien et tu veux bidouiller ta maison, tu n'es pas anglais mais tu veux parler à des touristes  ;#

Pas sûr qu'être bon signifie faire les choses facilement, tout comme être courageux ça veut pas dire ne pas avoir peur.

Je pense que l'échec est le lot de l'autodidacte et de l'audacieux,  sinon ce serait trop beau, surtout à notre époque où notre mode de vie n'est pas pour nous rendre plus habiles.
"Profonde est la haine qui brûle contre la beauté dans les coeurs abjects."   -Ernst Jünger, les falaises de marbre

26 juillet 2024 à 10:56:30
Réponse #10

Jehan



Mais comme dit le proverbe, pour devenir un chêne, il faut d'abord être un gland et se planter ;)


Et le roseau, quid du roseau ahah
"Profonde est la haine qui brûle contre la beauté dans les coeurs abjects."   -Ernst Jünger, les falaises de marbre

27 juillet 2024 à 15:18:25
Réponse #11

Kyuta


Hey  :)

Je trouve que l'école (française surtout) massacre notre rapport à l'essai et à l'échec. Deux petites lanternes pour t'aider peut être :

1 - "Idéalement, un adulte sain devrait être capable d'être à la fois son propre maître et son propre disciple. Ça veut dire Établir un plan d'apprentissage, Chercher de l'aide, Identifier les difficultés et leur pourquoi, Doser l'effort et le résultat exigé, et savoir bien se traiter. Par exemple si vous êtes débutant ou amateur dans un domaine, vous ne pouvez pas vous permettre d'être perfectionniste ! Votre exigence doit se porter sur le process, vos effort, pas sur le résultat. Parce que votre préoccupation première devrait être de faire le plus rapidement et complètement possible toutes les erreurs de débutants. Vous pourrez vous permettre d'être perfectionniste quand vous serez plus aguerris, en attendant, soyez très curieux, très minutieux, et si possible très maladroits."

2 - Un ancien du dojo me faisait travailler une technique qui ne marche que si on est pile poil dans le temps ET dans le mouvement de rotation de l'autre. J'avais beau essayer de faire ce qu'il me disait, pas moyen que j'y arrive ; à la fin pour m'excuser j'ai dit que je comprenais ce qu'il disait mais que j'y arrivais pas. Il a éclaté de rire et m'a sorti "Moi j'ai mis cinq ans à la faire à peu près correctement celle là, toi tu es là depuis seulement un an, j'espère bien que t'y arrives pas, je serais hyper vexé sinon ! Allez recommence  ;D"


27 juillet 2024 à 16:55:55
Réponse #12

Aleksi


Salut, en plus de tout ce qui a très bien été dit, je rajouterai que le seul point de comparaison devrait être toi, par rapport à toi même. On s'en fou des autres, de comment ils font mieux que nous. Ils sont toujours plus beaux plus forts plus riches aussi de toute manière. Je sais que c'est difficile avec internet. Exemple actuel : je suis une bille en mécanique. Mais comme les mécanos de l'endroit où je me trouve sont encore pire que moi, j'ai dû me coltiner la réparation de mon moteur de bateau qui refusaient de démarrer. Enfin, ce matin il tourne comme une horloge et dans quelques jours je mets les voiles pour la destination suivante. J'ai gagné (et progressé). Ca m'a pris deux jours en plein cagnard à démonter des petites pièces à la con avec mes gros doigts maladroits, j'ai beaucoup juré, fuck yeah, mais au final le taf est fait. Sur youtube j'imagine que ça aurait pris 12min34s au mec mais je m'en tappe j'ai pas regardé, tout ce que je retiens c'est que j'ai réglé mon problème et improvisé mes solutions (j'ai du faire des nouveaux joints avec de la chambre à air par exemple).
Du coup le point suivant, qui traite du même sujet de manière un peu indirect. Je crois qu'il est sain de s'attaquer à un problème en essayant d'y apporter soi-même les solutions, d'essayer par soi-même (pour de vrai, pas 5 pov' minutes) avant de regarder comme ferait l'autre sur internet. Il est surprenant de voir les solutions créatives que l'on peut pondre. C'est stimulant. Puis, si on est vraiment dans le mur, on peut se tourner vers ce que font les autres, ou poser des questions (genre sur ce forum comme je le fais souvent  ;#) avec des questions spécifiques et trouver une solution hybride par exemple. Mais de manière générale je trouve dommage que le premier réflexe pour trouver une solution (ou de faire une bouffe) soit de demander à Google.
Bref, ne soit pas trop dur avec toi même  ;)

PS : 90 minutes d'acharnement pour zéro succès, ça n'est RIEN amigo. Dans ma vie en bateau, il est très classique de s'acharner une journée entière dans des positions impossible pour avoir en fin de journée un interrupteur qui fait on-off, et le pire c'est qu'on arrive à en être content... Ton exemple est le quotidien de beaucoup  :)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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