Salut Kilbith,
Dans la première vidéo le mec le mentionne rapidement :["la température ressenti"] varie énormément d'un individu à l'autre suivant sa peau, sa pilosité, la surface exposée, etc.. Clairement tous les facteurs ne sont pas exposés mais l'idée globale est bien abordée je trouve !
Merci pour les vidéos, très instructives Phil 
Oui les vidéos sont très claires et très pédagogiques, et c'est très bien de les visionner poru comprendre la nature du phénomène physique à l'oeuvre...
...Mais, elles sont parfois insuffisantes pour un randonneur car elles oublient des facteurs importants (c'est un biais connus de nos amis physiciens de raisonner sur des modèles simplifiés).
Je peux relever comme facteurs importants non traités :
- On ne passe pas instantanément d'un milieu +35°C à un milieu +10°C. Il existe une surface d'échange avec une couche limite. Si elle est stable elle compte pour environ 0,8 clo, ce qui n'est pas négligeable : c'est en gros une polaire 200. C'est pourquoi, toute chose égale par ailleurs, à l'abri du vent (y compris vent relatif) on a plus chaud.
1. Il est dit que si on a une veste totalement coupe vent (genre Goretex), on n'est pas affecté par le facteur éolien sur les parties protégées...c'est faux.
- La couche limite à la surface du vêtement disparait du fait de la convection.
- Le vent appuie sur le tissu du vêtement et compresse l'isolant de la couche intermédiaire. D'autant plus que chez les randonneurs celui-ci est souvent compressible (duvet).
- Le vent fait bouger la veste fortement. Cela augmente largement les pertes par pompage, même dans une veste avec une bonne capuche réglable, un cordon en bas et des manches serrées (sauf exception et bonne pratique).
2. Il est dit qu'au delà d'une certaine limite, la vitesse du vent n'intervient plus dans le refroidissement éolien....c'est inexact IRL.
- Les deux derniers points ci-dessus sont aggravés.
3. IRL, quand il fait grand vent je dois porter un vêtement étanche au vent pour m'en protéger. Dans 99% des cas de nos jours ce sera un vêtement dans un tissu imperméable (étanche à la vapeur d'eau) ou semi-perméable (laissant s'échapper un peu de la vapeur d'eau sous certaines conditions).
- Dans ces conditions à l'effort on constatera inévitablement une accumulation d'humidité dans les couches intermédiaires isolantes, d'où un perte d'isolation.
Certes ce n'est pas une effet direct du refroidissement éolien, mais un effet indirect : la conséquence du port d'une coque étanche au vent pour s'en protéger.
- Le ventile ou le Paramo évitent une partie de cette accumulation d'humidité, mais en contrepartie ils ne sont pas 100% étanches au vent.
4. Le taux d'humidité est considéré comme négligeable (par temps froid, il note que c'est important par temps chaud)...c'est inexact.
- La conductibilité de l'air dépend du taux d'humidité. Or ce qui isole dans un vêtement classique c'est précisément l'air. Celui-ci étant moins isolant, le vêtement isole moins. En revanche je ne sais pas l'ordre de grandeur de cet effet.
- Surtout, l'humidité va diminuer dans tous les cas la performance des couches intermédiaires en terme d'isolation. Beaucoup pour le coton (sweat shirt), pas mal pour le duvet ou la laine (au delà d'un certain point) mais aussi pour les isolants synthétiques ordinaires (contrairement à la pub).
- Sans compter que dans une atmosphère froide et saturée d'humidité, les membranes des vêtements étanches au vent fonctionnent mal...Ce qui augmente inévitablement l'humidité présente dans les couches isolantes intermédiaires (effet indirect).
Bref : démonstration intéressante et pédagogique d'un phénomène physique. Mais pas totalement adapté à la problématique d'un randonneur IRL.
