Yo,
Je me permets de rebondir sur ce sujet et plus particulièrement sur la partie "recherches" pour avoir déjà participé a trois reprises dont une en hélicoptère:
-Déjà la donnée de base, l'alerte, un cas sur les trois l'appel a été relayé a la force sur place car les locaux n'avaient pas les moyens (ou l'envie ? ) de mener une action de recherche. Il s'agissait d'un parapentiste qui s'était lourdé. Un fermier local appelle la police du coin : infos retransmises : "un type en parachute s'est lourdé dans mon bois il faut venir le cherche." fin de transmission, deux heures de perdues pour avoir une adresse. Une heure de plus pour arriver sur zone, encore deux pour constater que le bois du paysan fait quelques hectares. (Bon on a bien retrouvé le type, 8h après, choqué et les jambes pétées mais en vie, l'opération avait mobilisé trois compagnies d'infanterie de l'Otan qui se sont tenue la main en ligne dans les bois...).
l'alerte aurait pû ici être donnée de manière plus précise : j'ai quitté tel endroit ce matin pour me rendre à... Aurait suffit à réduire la zone de recherches
-Le potentiel des secours: Si l'appel tombe dans un centre reculé sans beaucoup de moyens en période estivale par exemple il y a fort a redouter que juste la mobilisation d'une équipe plus conséquente mettra du temps, même si ce n'est que le temps de rejoindre le centre. Il suffit que ce soit un peu reculé dans le pays et on peut déjà compter en heures le temps à ajouter avant un début de recherches efficace. Même si une équipe part dans la foulée.
-Le potentiel du matériel: Un hélicoptère "standard" dispose en moyenne de deux heures de "play time" sur zone (comprenez de présence, hors trajet aller et retour + une marge de sécurité), si l'hélico est un peu vieux, que la charge utile est atteinte ou que les conditions météos et géographiques sont compliquées(Altitude, chaleur, froid, vent, etc...), le play time chute. En conséquences, plus d'allers-retour pour ravitailler, donc perte de temps, puis perte de temps à retrouver le point quitté, etc... De même que toutes les "X" heures de vol, l'appareil doit poser pour entretien, sinon ca sera la défaillance technique en vol. D'où l'arret également des recherches la nuit...
Vu les faibles moyens engagés pourquoi n'ont ils pas fait appel aux appareils de l'armée? Meême Française :quand ca crame au Portugal ou en Espagne nos canadairs sont souvent mobilisés, alors la raison diplomatique...
Enfin pour l'argument "avec plusieurs appareils ils auraient pû..." Plus on ajoute de pions sur l'échiquier aérien, plus le contrôle au sol est nécessaire sinon ca sera le crash, donc oui c'est pôssible mais pas en "autonomie" pour les pilotes, non pas qu'ils soient des billes loin de là, c'est juste qu'on ne peut pas tout gérer : et le pilotage, et la recherche, et la gestion des autres qui volent autour de soit.
Plus on est de fous moins y'a de riz
De plus la caméra thermique a aussi ses limites: vous pourrez toujours chercher en été au Sahel un mec qui est cul nu sur un massif rocheux vous ne le verrez pas : la chaleur emprisonnée dans les pierres brouille tout. Dans le cas de ce pauvre garçon, je doute qu'elle fut d'un usage quel qu’il soit. En revanche, l'oeil humain de jour est surprenant: embarqué dans un UH-60 à l'arrière les pieds assis sur le plancher de l'appareil, avec a chaque porte un mec avec une petite caméra thermique et les deux autres qui choufent ca marche remarquablement bien : ceux qui observent à l’œil nu guident et font lever des doutes a celui qui guette en thermique.
Quant à voler de nuit, je ne sais pas si les équipes de secours disposent de la formation et de l’appareillage nécessaire au vol en région montagneuse de nuit...