Bonjour,
Comme c'est résumé dans le titre, je voulais vous faire un petit retour sur mes vacances estivales pour lesquelles j'avais choisi d'aller pagayer et faire de la randonnée en Norvège.
L'idée était de partir au moins à deux, mais ne connaissant personne ayant les mêmes aspirations que moi, j'ai fait l'expérience de partir avec un copain, intéressé de prime abord, mais qui n'avait aucune expérience ni du canoë, ni de la rando sur plusieurs jours, ni du bivouac et n'avait pas non plus de matériel.
Expérience intéressante vous allez me dire, puisqu'elle permettra de comparer les deux personnes en situation
Nous sommes donc partis du coté du Femundsmarka pour un itinéraire varié en canoë préparé par mes soins aux petits oignons... Première étape dès la perception du canoë chez le loueur : faire une petite initiation sur le bord du lac à mon acolyte tant que le canoë est vide pour que la navigation se passe au mieux... Le loueur nous informe que le vent ne permettra d'aller sur le lac ce jour, ce que nous ne pouvons pas vérifier puisqu'il faut descendre environ 1km de rivière calme pour y arriver. Nous descendons donc la petite rivière tranquille qui mène au lac, puis arrivés dans une petite baie relativement abritée nous pouvons faire quelques exercices. Le lac est effectivement déchainé, trois pêcheurs en kayak sont devant nous, les cannes déployées plantées sur les bateaux, s'arrêtent avant les grosses vagues, regardent un moment... puis font demi-tour

Je vois quand même un autre canoë de loc derrière nous s'engager sur le lac, un petit couple de jeunes ne paraissant pas équipés pour ce genre de conditions, bon... A gauche de la baie il y a une ile, je décide d'y aller pour m'approcher à pied le plus possible du lac et voir de près ce qu'il en est, il a commencé à pleuvoir. Nous débarquons, marchons dans les rochers recouverts de mousse pour arriver à l'autre bout, et voir nos deux jeunes allemands essayer péniblement de monter leur canoë chargé sur la terre ferme, en jeans et survet coton

pas de sacs étanches, etc... de vrais aventuriers qui n'ont peur de rien !

Nous les aidons, ils nous remercient pour le coup de main et feront finalement demi-tour, trempés.. Nous passerons le reste de la journée au camping avec eux à discuter et à faire sécher les affaires. Très intéressants car n'ayant pas vraiment le matériel adapté, ils étaient vraiment motivés pour l'aventure et n'en étaient pas à leur premier coup d'essai et galère du genre

La fille la première à mettre la main à la pâte à allumer un feu avec du bois mouillé, arf, voilà ce qu'il me faudrait moi comme compagne... bref.
Le lendemain la situation est un peu meilleure mais il y a quand même de belles vagues. Le genre de conditions qui demandent d'être attentif à chaque instant pour ne pas faire un plongeon... Nous partons, traversons le lac au point le plus court, puis continuons vers le Nord pour se poser au bivouac prévu sur une petite île, le vent se calme dans l'après-midi mais malgré tout on l'a de face, le temps de trajet est donc bien augmenté par rapport à ce que j'avais prévu. Le coin est superbe, il y a une petite maison de vacances sur l'île comme ils savent faire là bas, uniquement accessible en bateau, inoccupée.

Le lendemain nous repartons pour un petit trajet supplémentaire le long de la cote afin d'atteindre un chemin où j'ai prévu de portager jusqu'au lac voisin. Toujours du vent, toujours des vagues, toujours un temps de parcours plus long que prévu.. On débarque et là... ben c'est là que je me rend compte que j'ai un peu surestimé ce portage...

Il y a environ 2km jusqu'à un petit lac entre les deux puis encore 1,5km. Sauf que le chemin... hébin y a pas vraiment de chemin ! Ici c'est la nature sauvage, la vraie (l'hélicoptère va pas là bas comme nous a dit le loueur

), donc le sol c'est une alternance de roches recouvertes d'une épaisse couche de végétation basse, donc irrégulier, et de tourbière pleine d'eau où on s'enfonce un peu comme quand on marche dans la neige... Le copain ne peut pas porter le canoë avec moi rien que de le regarder... le canoë n'a pas de joug de portage, il est en alu et est fait dans ces pays là, ils sont bizarres leurs canoës. Bon je me rend vite compte qu'on pourra pas passer quoi. On va donc à pied et sans bagages faire un tour jusqu'à ce fameux petit lac. C'est superbe, aucun passage, personne (ou presque) ne vient là.

Je tiens à voir la suite du chemin car j'avais quand même remarqué sur les vues satellites qu'il y avait une trace genre de pneus de véhicule. Et quand on y arrive... ben je me dis que les rennes doivent marcher par deux en fait !!


Non il n'y a vraiment rien par là, la seule chose qui fait une trace sur le sol c'est soit un animal soit l'eau..
Nous passons la nuit sur place puis le lendemain je décide de faire demi-tour, il fait beau, presque pas de vent et... dans le dos

Le retour est du coup beaucoup plus rapide, environ moitié du temps ! Mon collègue se croit arrivé avant d'être arrivé, ce qui est passablement agaçant, et de toutes façons en a déjà marre du canoë... La journée du lendemain étant prévue à la pluie (il a plu toute la journée) et après ne restant qu'une journée de loc, je préfère en rester là. La journée de pluie a servi à trainer en voiture, et le dernier jour à pécher dans le lac voisin depuis le bord (ben oui, j'avais pris un permis moi du coup, le con !

)

Moralité :
- Ce n'est pas la première mais c'est la dernière fois que j'essaie d'apprendre à pagayer à quelqu'un qui n'a ni l'envie d'apprendre, ni la capacité physique pour le faire. Le constat est toujours le même : le débutant a tendance à dire "houla ton truc c'est compliqué, j'y arrive pas, je fais comme je sais faire, et ça me va bien pour moi" Je conseille à ces gens là d'écrire un livre en rentrant : "Ma méthode du canoë", ça sera un best-seller ! C'est vrai quoi, on se demande pourquoi les indiens ont peaufiné des gestes pendant des centaines d'années pour qu'ils se transmettent jusqu'à nous alors que c'est si simple de faire n'importe comment !
- Il est très difficile de prévoir un parcours et de s'y tenir. J'avais prévu un truc vachement optimiste, bien sûr modulable en le raccourcissant, mais les conditions climatiques font qu'il n'est pas toujours possible de passer, que ça prend plus de temps, le manque d'habitude, l'organisation, bref, il vaut mieux prévoir trèèès large si on veut faire un grand parcours !
- A part ça j'ai été très content d'aller là où j'avais choisi car le coin était magnifique et nous n'avons croisé personne

Deuxième partie : la rando.
Oui j'ai préféré scinder les activités en deux, histoire de pas faire trop long pour chaque activité, de pas faire tout le temps la même chose et aussi pour une question de matériel et de bouffe. Nous sommes donc partis direction la vallée d'Hessdalen pour une rando sur quelques jours au rythme adapté aux souhaits de mon camarade. On pose la voiture puis direction un lac sur les hauteurs, par un court parcours, bivouac sur une mini plage pour être au sec et à l'abri du vent. Le coin est superbe, il n'y a personne.

Le lendemain départ dans la tourbière sur la hauteur, puis redescente dans la vallée pour remonter de l'autre coté se poser au bord d'un autre lac. Ce coté là est fait d'un grand plateau avec lacs et... tourbière

Le coin est encore plus beau, on arrive à trouver des petites places assez plates sur la mousse pour poser les tentes, nickel !

C'est à cet endroit que mon partenaire décide d'abandonner la rando... Le trajet en boucle autorisant un retour rapide à la voiture, je le laisserai redescendre le lendemain pour continuer seul.
Le lendemain je pars donc seul à travers le plateau fait de tourbière et d'un peu de relief puis de lacs, pour rejoindre la petite route touristique qui me permettra de finir le parcours sur un sol plus facile. J'essaie bien sûr d'éviter les endroits les plus gorgés d'eau mais ce n'est pas facile et au bout de quelques dizaines de minutes j'arrive à un endroit où au sol il y a quelques centimètres d'eau claire sur un fond lisse et marron. Bon, je m'engage dessus et là j'ai l'impression de marcher sur un immense Flamby, tout le fond bouge sous mes pieds

Je me dis hola là ça a pas l'air d'être bon, je me retourne et là, vrouuuff, je m'enfonce d'un coup jusqu'à mi-cuisse, tombe en avant, heureusement juste au bord et j'arrive à ressortir facilement. J'éviterai ces zones là par la suite...vé quand même pas crever là moi non ?
La journée se passe sous une petite pluie, je suis content de retrouver la route (enfin plutôt piste quoi), puis je me trouve un petit coin de bivouac tout mignon juste au bord d'un petit cours d'eau alors que la pluie s'arrête et que le soleil est là pour sécher mes affaires.

Dans la nuit je retrouverai quand même ma tente gelée (comme la nuit d'avant), bah oui pour un fin août fait quand même pas chaud...
J'écourterai par la suite la rando pour pouvoir avoir le temps de refaire les bagages pour le retour et se rapprocher de l'aéroport.
Je suis donc content aussi de mon choix sur le site de la rando, la vallée est superbe, vaste mais pas trop pour pouvoir se faire un parcours raisonnable à pied.
Conclusion
Pour donner un retour sur la différence d'expérience entre nous deux, je dirais que le copain s'en est bien sorti. Malgré les conditions, malgré un matériel réduit qu'il ne connaissait pas, il a plutôt bien supporté le bivouac, les conditions climatiques, le terrain, l'isolement. Il a plus péché sur l'activité physique, mais bon c'est un peu dans sa nature...
La Norvège c'est un drôle de pays. Il y a peu de gens, peu de voitures, les gens sont discrets, la nature omniprésente et tellement pure...
J'ai été globalement très satisfait de mon matériel, malgré le risque que j'ai pris d'en utiliser une bonne partie pour la première fois ! ce qu'il ne faut pas faire

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- Je suis content d'avoir enfin trouvé LES grolles pour le canoë, comme les pros m'avaient conseillé, la Bestard Canyon Guide. De la bonne chaussure de canyon, confortable, légère, bien protectrice, son seul défaut : une semelle glissante sur les rochers humides (pour une pompe de canyon c'est ballot...) mais je lui pardonne pour toutes ses autres qualités. Je les ai même conservées pour la rando, car quitte à avoir les pieds tout le temps mouillés autant que ce soit dans des chaussures confortables.. Si c'était à refaire et si je devais conseiller des chaussures pour marcher sur ce type de terrain ça serait sans hésiter : les bottes en caoutchouc !, confortables, faites pour marcher. C'est d'ailleurs ce qu'avait mis le loueur de canoë sur la liste de matos (pour marcher hein, pas pour faire du canoë) et c'est clairement le seul type de chaussant qui peut vous garder les pieds au sec.
- Très content aussi de mes fringues, surtout les couches externes du haut, dont j'ai longtemps cherché à percer le secret. La combinaison coupe-vent Pertex avec smock en coton Epic que j'ai choisi grâce aux conseils du forum est idéale, franchement j'en suis fan !

Déjà que pour la plupart des conditions le coupe vent suffit amplement, j'ai pu apprécier le confort de cette tenue à l'effort et avec les variations de température. Grosse modo là ou le copain n'arrêtait pas d'enlever une couche dès qu'il y avait un rayon de soleil ou que ça montait, de remettre sa veste de pluie à la moindre goutte, de la ré-enlever dès que ça s'arrêtait, moi j'ai tout fait de 0°C à 17°C sans inconfort, et sans transpirer. Et quand c'est mouillé hébin ça sèche assez vite. Juste un t-shirt et une polaire légère D4 à 5 euros en dessous et c'est parfait.
- Très content de ma tente 3F UL Gear qui m'a maintenu au sec malgré la pluie et le vent. Elle est suffisamment spacieuse pour mettre des affaires à l'intérieur, on peut facilement accéder aux absides de chaque coté pour mettre des choses à l'abri à l'extérieur, non vraiment... très bien ! Les sardines sont bien pensées et costaudes. Tous les haubans réfléchissants. Bien ventilée dans sa versions "été". Le seul "souci" que j'ai eu c'est qu'avec la pluie j'ai l'impression que le tissu se détend pas mal. Si par malchance on a pas trop de place pour pour la tendre correctement, la toile extérieure peut toucher la moustiquaire intérieure et quand on est grand (comme moi), le duvet peut se mouiller aux extrémités. Ca me l'a fait un peu sur la fin mais rien de grave.
- J'ai testé mon Rab Group Shelter 2 tout seul sur un sommet pelé alors qu'il pleuvait un peu au repas de midi pendant ma rando solitaire, non pas qu'il fût indispensable à ce moment là mais c'était une bonne occase pour l'essayer. C'est bien confortable mais il vaut mieux être à deux pour qu'il tienne en place, j'ai essayé de mettre mon sac à dos à la place de la deuxième personne mais ce n'est pas top.
- Content de mon système de filtration Sawyer que j'ai malheureusement dû remplacer en rentrant car je me suis fait surprendre par le gel les deux dernières nuits et il était resté dans mon sac... Bien que j'aurais pu m'en passer, je n'ai pratiquement utilisé que quelques gouttes de micropur, et encore, j'aurai pu m'en passer je pense..
- Content du réchaud Trangia, rustique comme les nordiques qui l'ont fait, qui ne fait pas très moderne, coute une blinde, mais qui MARCHE.
- J'ai apprécié le lyo en rando pour son confort d'utilisation et son poids/encombrement, je m'étais lancé dans le déshydraté maison mais au vu des incertitudes rencontrées lors des essais préalables au printemps j'ai préféré assurer le coup avec de l'alimentation qui ne me rendrait pas malade...

Voilà, j'espère que mon récit vous a plu, à vous Houston et à de prochaines aventures !!
