Salut,
En ce qui concerne le traitement immédiat de la brûlure, ton reflexe a été le bon, à savoir refroidir le plus rapidement possible pour limiter l'extension thermique par conduction dans les tissus et bénéficier des effets antalgiques du froid. Même si dans l'absolu pour cela, l'eau entre 15 et 18° est recommandée, à part se faire une poche à glace avec un t-shirt, torchon ou autre contenant de la neige pour éviter un contact direct avec les tissus lésés et la glace, c'était dur de faire mieux avec ce que tu avais sous la main.
- quels sont les moyens naturels à notre disposition (hormis l'eau, la neige ou la glace) pour traiter dans les première minute une brûlure ?
Dans la littérature médicale, il n'y a pas d'autre recommandation que l'eau froide, avec un temps d'exposition d'au moins 10mn, sans recommandation en ce qui concerne le temps de refroidissement optimal. Il est à adapter en fonction de la douleur. Attention aussi au
risque hypothermique lorsque l'on refroidit une brûlure, penser à se couvrir, au besoin utiliser une couverture de survie.
Pour ce qui est des huiles essentielles, rien n'a été démontré à leur sujet, à prendre donc avec des pincettes.
Pour ce qui est de l'argile, le risque septique me parait effectivement beaucoup plus important qu'avec de la neige ou de l'eau.
- j'ai essayé de comprendre le mécanisme de qui se met en oeuvre lorsqu'on se brûle, mais force est de constater que je n'y arrive pas vraiment.
Un petit mot donc sur la physiopathologie des cloques :
Dans une brûlure, il y a 2 zones différentes :
- une zone de nécrose centrale (peau morte, partie sup de la cloque) correspondant à l'endroit de la brûlure, plus ou poins superficielle dans les stades 2, profonde dans le stade 3.
- une zone d'inflammation périphérique et en profondeur.
C'est cette inflammation qui va déclencher tout un tas de mécanismes cellulaires dont le but premier est de faciliter la cicatrisation, mais qui vont aussi avoir quelques effets "secondaires" qui vont conduire à l'apparition des cloques.
à savoir :
- Un "effet passoire" : les capillaires se dilatent et deviennent hyper-perméables, de l'eau et des molécules passent donc dans l'espace interstitiel.
- Un "effet buvard" : La brulure, en désorganisant les structures "architecturales" de l'espace interstitiel, créent un "appel d'eau" des capillaires déjà hyper-perméables, vers l'espace interstitiel.
Après, quelle conduite à tenir face à ces cloques ?
Il n'y a pas vraiment de consensus en la matière, mais :
- Leur contenu est stérile, les conserver permet de protéger, du moins les premiers jours, des infections.
- les cloques sont hyper douloureuses, les percer permet de soulager efficacement.
- Une fois percées, n'ayant plus d'épiderme pour jouer le rôle de barrière naturelle, le risque septique devient plus important. Il faut donc maintenir la brûlure propre et la protéger par un pansement adapté, à changer tous les 2-3 jours.
- Il est de toute manière recommandé de retirer la peau détachée au bout de 4 jours.
Comme David dans un des premiers posts de ce topic, je ré-insiste aussi sur le fait qu'une brûlure de la face ou de la gorge est TOUJOURS grave.
Une brûlure chez un enfant est TOUJOURS grave.
Les brûlures ne sont pas des blessures à prendre à la légère, qui peuvent avoir des conséquences importantes à court, moyen et long terme. Ne pas hésiter donc à consulter un médecin ou aux urgences au moindre doute.
Penser également à vérifier sa
vaccination anti-tétanos. C'est toujours une maladie mortelle, et la vaccination se refait tous les 10 ans.
Mon gravier,
Meven