Bonjour à tous.
Je n’ai pas trouvé de retex similaire sur le site, je me dis que ça pourrait être bien de vous faire profiter de l’expérience que j’ai acqui bien malgré moi lorsque nous avons eu, avec ma femme, un accident de voiture.
L’accident :
On est en bretagne, le 1 février 2015. C’est un dimanche matin, il est 10h. Ma femme et moi allons visiter une salle à une vingtaine de km de chez nous, pour préparer notre mariage. Il fait froid, 1°.
Le souci, la route est blanche. Nous sommes les premiers à passer dessus de la matinée, ma femme roule donc mémère. On approche d’un corps de ferme, et on repère à 3-400 m un paysan qui fait traverser la route à ses vaches. Très bonne visibilité. Pour la jouer cool, ma femme laisse la voiture ralentir tranquillement. Arrivé à 100m, elle va pour revenir en première, la voiture fait une embardée, elle racle comme si l’ABS se mettait à agir, puis elle s’arrête. Ma femme « mais mais, j’ai rien fais ! ». Je regarde derrière, on a une voiture dans le cul. Je la rassure, puis on se check. Douleur pour l’instant légère au cou, mais mon mollet droit a pris un coup (tibia gauche ?)
Lpaysans arrivent, la femme prend les choses en main, elle demande à son mari de finir la traversée, elle vient nous voir, dit à ma femme de rester à l’intérieur. Puis elle va voir le gars derrière qui était sorti, je remarque qu’il pisse le sang par le nez, elle le fait rentrer. Puis elle appelle les secours.
Trois ambulances de pompier viennent nous chercher, plus les gendarmes. Une équipe prend en charge le gars, et l’amène à l’hôpital. Une autre s’occupe de ma femme. Puis vient mon tour. Une extraction de bagnole, pour finir sur un brancard, c’est quelque chose de vraiment horrible. Surtout quand on est coté fossé. Un bon pépère de presque 100kg demande quand même 6 pompiers. Je me dis que j’aurais vraiment du sortir tout seul…
On me vise la tête dans une araignée. Puis vient le trajet, une bonne demi-heure, jusqu’à l’hôpital. Là, on sent absolument tout ce sur quoi roule l’ambulance. Les dos d’âne, les ronds-points, les pavés… « Et encore, dans ce véhicule on a un stabilisateur ».
Aux urgences :
Premier arrivé, premier servit : le gus est examiné. Il n’a rien. Mais positif en alcoolémie : encore 1g. Il a arrosé la veille son nouveau taf, qu’il allait commencer. Comme chauffeur routier. […]
Ma femme passe ensuite, elle a déjà eu un accident de bagnole, check up complet. Elle n’a « rien », ITT 7 jours, pas d’arrêt de travail.
Je galère un peu plus. J’arrive dernier, ok. Du coup, j’attends pour une radio, ok. Mais c’est l’heure de la pause déjeuné du radiologue, donc je reste 2h scotché par la tête à mon brancard. Et cette m*rde est dure, au final j’ai super mal au dos. On me laisse juste attendre la, en fait. Puis tout s’enchaine, radio, écho du mollet, « coucou chérie, ta mère arrive ? ». ITT 10 jours, arrêt 7.
On rentre :
Après quatre heures sur place, on nous lâche. Je sors en fauteuil jusqu’à la voiture de belle maman, puis go pharmacie (minerve, antidouleurs, béquilles), puis maison. Sans elle, on restait à l’hosto et on se faisait ramener le lendemain. On contacte aussi l’assurance.
La fin d’aprem se passe bien, on reste à trois à la maison, c’est plus prudent. Valait mieux, parce que dès qu’elle se pose dans le canap après avoir mangé un bout, ma femme fait un malaise. Et je fais le même au moment de me coucher.
Suite 1 : la bagnole
Rdv le lundi 14h au garage qui a remorqué les voitures, pour faire le point, constat, etc…
Ma femme, elle, va au boulot, amené par une voisine et collègue. Je vais au garage avec ma belle mère. Déjà, les deux voitures sont mortes. Enfin, la nôtre pas tout à fait, mais on avait une boule de remorquage et le plancher a bougé. Faut compter 5000€ de réparation, la proposition de l’assurance est de 5500€. On peut contester, mais ça va allonger la procédure, et on a payé notre caisse 6000€ un an avant alors bon…
Le constat a par contre très mal commencé. Le gus, un gosse en fait, est la avec sa mère et discute avec la garagiste, ils se connaissent bien. Oui ta voiture est morte / c’est pas grave, j’ai trouvé « ça », c’est plus puissant / a ouais ? quelle couleur ? […]
On échange de franches salutations, et il commence, d’un trait sans reprendre son souffle : la route aurait du être salée les paysans n’ont pas signalé la traversé de leurs vaches vos freins étaient éteints et vous n’aviez pas mis les warning. J’avoue, j’ai un peu perdu mon sang froid. Je l’ai poussé du bout de ma béquille contre la vitre, un regard surement haineux, et je lui ai craché un truc. J’ai ignoré son « bon rétablissement » final, enfin les deux ou trois.
On a le droit à un véhicule de prêt. Les conditions sont bidon. En clair, on peut prendre ce que l’on veut, budget maximal de 600€. Mais pas plus d’une semaine. Donc je peux prendre le SUV nissan la, pour sept jours, mais pas la panda du leclerc, qui coute trois fois moins mais pour un mois ? Au final, on bidouille avec la loueuse pour ne pas mentionner de délai de location, et on garde le pot de yaourt deux mois.
Suite 2 : les soins, la paperasse
On a quelques visites obligatoires, pour monter le dossier vis-à-vis de l’assurance. Par contre, il nous faut envoyer quatre ou cinq fois les mêmes documents, à un service différent ou une date différente, dans les 6 mois.
Première erreur : on douille assez tard au final, j’ai mis trois semaines à avoir mal au cou, ma femme deux. Mais on n’est pas partis voir notre médecin pour avoir des arrêts. Ma femme va au taf en panda avec une minerve, on apprend après que si elle avait eu un accident, elle aurait été d’office en tords. Je reprends le travail après ma semaine d’arrêt, mon mollet ne me fait plus rien. J’ai plus de minerve, mais je roule 2-3h par jour.
Deuxième erreur : on oublie des trucs. Genre demander une attestation à l’ostéo après nos consultations, j’oublie une partie de mon dossier chez le radiologue. Après trois-quatre mois, on va mieux, on ne fait plus de suivit chez le médecin.
Suite 3 : le médecin légiste, 6 mois plus tard.
Ouais, dis comme ça, c’est un peu glauque, mais en fait on doit y passer pour valider la fin de notre dossier.
Il fait un examen complet. Mesure la rotation du cou, de la jambe pour moi. Il évalue la douleur, son intensité, sur combien de temps. Quelles en sont les conséquences sur nos vies. Je n’ai pas pu reprendre le sport, le jujitsu et les douleurs de cou… Ma femme a peur en voiture, c’est pire quand il pleut. Mais tout ça, ça demande des justificatifs, un suivi médical, il nous manque des trucs.
A chaque seuil de douleur correspond une indemnisation. On multiplie par la durée. Les incapacités physiques ajoutent un montant. Psychologique un autre. Je suis déclaré consolidé, j’ai le droit à 4500€. Ok. Ma femme conserve une douleur psycho, elle doit attendre un an le prochain rendez-vous. Elle a le droit à 5000€. Ok. Et ça s’arrête là.
Bilan :
L’accident, c’est traumatique, il faut se faire accompagner directement, raccompagner, entourer. Le choc physique au moment de la relâche est vraiment très violent et soudain.
Il faut un suivi médical sérieux derrière. Parce que les séquelles peuvent mettre du temps à apparaitre. Le choc était mineur, on n’avait franchement pas senti grand-chose sur le coup, pourtant j’ai douillé quatre mois, à partir du deuxième. Et il faut garder des traces de ce suivi. On aurait dû aller le lundi chez le médecin, pour que ma femme ait un arrêt. Je n’aurais pas du reprendre le travail aussi vite, aller plus vite chez l’osteo, directement même.
Merci d'être arrivés jusqu'ici !
On a été relativement bien indemnisés pour la voiture. Mais on avait eu une excellente occasion avec notre bagnole, presque 2000€ de moins que le prix du marché. Du coup, si c’est possible il vaut mieux faire une contre proposition, trouver quelqu’un qui peut la faire si on n’est pas en état. On était coincés, parce qu’on avait qu’une seule voiture, pas les moyens d’en acheter une autre, et que la location d’une semaine c’était trop court.