Lors de mes sorties en autonomie, je me suis mis posé la question de l’apport de protéine animal à mon menu. Si à court terme, je savais gérer ma faim grâce au règne végétal, je me suis rendu compte de la difficulté de l’apport animal.
Avec ma réflexion quant à la résilience de mon unité restreinte à la famille, cette question est devenue plus pressante encore. En effet, mes rapports aux chasseurs et pêcheurs chevronnés m’ont montré les difficultés quant au résultat dépense énergie/résultat quant à un apport provenant de la Chasse ou de la trappe pour une unité aussi petite. J’ai donc d’abord expérimenté ce qui était étalé sur les blogs et forum ; la consommation d’invertébrés. D’abord en « GardenCraft », puis en sorties « Bushcraft », j’ai vulgarisé la consommation de vers et arthropodes, comme je l’ai fait auparavant lors de mes cueillettes. Non seulement je « mange des insectes et vers », mais je me suis aussi approprié par l’expérience leur consommation en cuisine de brousse. L’intérêt ? Ne plus avoir de risque avec l’effet Chimpanzé et rendre ce qui est occasionnel… NORMAL !
Dans notre quête d’économie/autonomie/résilience, nous avons un poulailler. L’expérience vient avec le temps et le temps de l’expérience nous a montré les limites d’autonomie d’un apport par la volaille :
- Pour le moment, nous n’avons que des pondeuses ; nous devons apprendre à « faire du poussin et du poulet »
- Notre infrastructure et nos ressources ne permettent pas une installation qui permettrait d’avoir un constance dans la production d’œuf et de poulet, coq, poules.
- Nous avons un manque de visibilité quant à l’apport en nourritures, notamment le maïs et le tourteau que je produis à partir des restes de récolte.
Une première solution est d’accoupler un petit élevage de lapin. Là aussi, j’ai un manque de visibilité et doit d’abord passer par l’apprentissage, en auto-didacte, avant de pouvoir affirmer la Résilience de l’unité Famille.
Une solution rapide et efficace ; l’élevage d’insectes. Même si elle a besoin de temps pour s’acclimater à cette nouvelle culture culinaire, la famille est consentante pour se lancer dans l’aventure. L’intérêt me demandera-t-on ? Le rendement sur une faible surface, avec un minimum d’énergie dépensée et un maximum de « récolte ». En effet, il ne faut pas beaucoup de matériel, et celui nécessaire n’est abordable, même sans moyen. De plus, il ne faut pas avoir de technique pointue et d’expérience. Il faut juste essayer et passer la frontière de la culture d’une société croulant sous la nourriture ultra-riche.
Je ne m’étalerai pas sur les apports. Je vous propose un petit topo sur le démarrage d’un élevage simple à mettre en place, celui des « Ténébrions »/Vers de Farine, l’élevage sur lequel se porte l’expérience actuelle.
Le ténébrionVer de farine est la larve d’un coléoptère : le ténébrion meunier (
tenebrio molitor)Reproduction et incubation
Dans les conditions idéales, la larve mue et grandit, se transforme en nymphe puis en imago (adulte).
Le cycle du ténébrion :
- Incubation ~10 jours
- Larves : ~70 jours
- Durée de vie des adultes imagos : 10 à 15 jours, parfois 20 jours
Matériel nécessaire :- Un bac d'élevage d'une taille approprié à choisir suivant le nombre d'individus. On n’est pas obligé de tabler sur du terrarium ; l’élevage se fait très bien en containers plastiques. Pour ma part, j’ai opté pour un rangement en tiroir. Les ténébrions ne volant pas ne pourront s’échapper du bac.
- Substrat (Farine, flocon d'avoine, son)
- Nourriture (Fruits, légumes, morceaux de pain sec, restes de table)
- Lampe incandescente de 40 à 60W. Une température entre 27 et 30°C permet une reproduction idéale tout en gardant un élevage sanitairement sain.
Préparation :L'élevage des vers de farine est très simple et ne requiert que très peu d'entretien.
Dans le bac d'élevage, placer 5 à 10 cm de substrat. J'ai utilisé de la farine de blé, du son de culture biologique.
Pour la nourriture, je place directement les fruits et légumes sur le substrat, je l'enlève le lendemain s'il en reste encore pour éviter les moisissures. Les fruits et légumes permettent d'apporter de l'eau, il n'est donc pas nécessaire d'ajouter un coton imbibé d'eau, comme on le voit pour l’élevage d’autres insectes. Il est même fortement déconseillé, ceci pourrait attirer les acariens.
Pour les adultes, j'ajoute des morceaux de pain pour que ceux-ci puissent se retourner en cas de chute sur le dos.
Je sépare toutes les nymphes des vers et des adultes pour éviter le cannibalisme. De manière générale, je sépare également les adultes des vers pour éviter que les vers ne mangent les œufs fraichement pondus. Voilà la raison essentielle de mon choix de bacs de rangement en tiroirs.
Les œufs sont invisibles à l’œil nu et sont pondus directement dans le substrat. Après quelques semaines, j’ai déplacé les adultes dans un tiroir « neuf ». Au bout de quelques jours, les jeunes vers sont apparus. Ils ont le même régime alimentaire que les vers de farine plus âgés, et que les imagos adultes).
Alimentation :Les vers de farines ne sont pas difficiles à nourrir, ils acceptent tous les fruits et légumes qui peuvent leur apporter de l'eau, il ne faut pas oublier d'éplucher les aliments pour éviter que les vers mangent les pesticides contenus dans la pelure.
Mais le principal élément de nourriture est bien leur substrat, (la farine, le son ou les céréales).
Voici une petite liste de ce qu'ils mangent :
- Fruits (épluchés sur non bio) : pommes, poires, bananes, groseilles, framboises, mûres, myrtilles, pêches, abricots, ananas, melons, pastèques, oranges et raisins.
- Légumes (idem) : Courgettes, concombres, petit pois, tomates, salades, céleri, pissenlits, carottes, champignons, maïs, betteraves, aubergines, avocats.
- Autres : Croquettes pour chiens ou pour chats, flocon d'avoine, granulés pour rongeur, morceaux de pain, cellulose, liège, farine, céréales.
MvM