J'ai été au boulot pendant 5 ans ou plus 200 jours par an été comme hiver en VTT.
Pas une grande distance (4km de mon habitation) mais je traversais une ville moyenne avec des dénivelés.
Je me permet de répondre point par point de par ma propre expérience.
Le vélo en ville est :
- rapide !
En ville ce serait le moyen de transport le plus rapide. Et plus on en fait, plus vite on va.
Pas tellement si on respecte les feux. Beaucoup plus en cas de circulation dense ou on circule sans rester pare-choc contre pare-choc
- sûr !
Malgré les appréhensions, c'est aussi sûr que la marche. Et plus la part modale du vélo augmente, plus la circulation est sûre pour tous (voire le taux d'accident à Copenhague avec 55 % de déplacements à vélo).
Pas vraiment, ça reste dangereux, la vitesse d'un vélo est trop souvent sous estimée, les priorités non respectées, le vélo n'est pas forcement très visible
J'ai failli plus d'une fois me faire tasser contre un trottoir, me battre pour faire respecté une priorité, me prendre une portière ouverte au dernier moment, surprendre une voiture en me situant dans son angle mort. Le vélo en ville le matin, quand tout le monde est pressé d'aller au boulot, c'est la roulette russe. La nuit, même éclairé comme un sapin de noël on se fait des frayeurs. L'hiver étant la meilleur saison pour se faire rentrer dedans.Et je ne parle pas des jours de pluie.
On oublie sans doute de dire que le vent, la pluie sont autant de problème. Pédaler contre le vent, la pluie dans la figure ... hum, délice. Ou partir le matin par -5° avec une petite descente à 40km/h, ça réveil.
Je ne doute pas que le civisme et la ville se prêtent bien au vélo à Copenhague mais ce n'est hélas pas le cas partout.
- sain !
Pour la santé du cycliste bien sûr, et pour celle des autres, grâce à une meilleure qualité de l'air (les projections des différentes etudes sont impressionnantes). Et pour celle de la planète évidemment.
Si tout le monde roulait en vélo peut-être mais le vélo en ville c'est aussi aspirer à plein poumons ce que les voitures recrachent. Et coté respiratoire, le volume d'air si tant est qu'on force un peu ce n'est pas celui de la marche. Autant dire qu'on recycle les gaz d'échappement. J'aime à penser que je participe à la récupération du CO² et contribue à diminuer l'effet de serre mais au prix d'une réduction de mon espérance de vie.
Là c'est l'été que j'apprécie le plus. Plus besoin de se poser la question du parfum, c'est transpiration et pollution.

- silencieux, économique, convivial et agréable... La liste pourrait s'allonger.
Oui, on arrive a surprendre les gens et on se fait beaucoup d'amis lorsque, sur les piste cyclable, on chasse le marcheur à poussette, la femme en téléphone, le gamin avec son ballon. Alors on se pousse sur le trottoir pour éviter la foule et on se fait de nouveaux amis qui essayent de nous remettre sur la piste cyclable ...

Quel vélo ?
Pas question de parler marques et matos dans le detail, il y en a des tartines sur les forums spécialisés.
Mais quelques généralités quand même :
Dans l'optique du forum on va privilégier la polyvalence, donc pas un tout carbone taillé pour le goudron, ni un vtt en aluminium tout suspendu, ni même un élégant hollandais lent et lourd comme un veau. Trop spécialisés ou trop fragiles.
Mieux vaut regarder du côté des vélos que prennent les voyageurs au long cours. Le cadre en acier, ça vieillit bien (gaffe à la rouille), ça se ressoude, les filetages sont solides, ça se plie bien avant de se briser et ça se redresse.
Le vélo doit avoir de quoi mettre des garde-boues et des porte-bagages (même si on peut bricoler pour en ajouter).
La transmission (3 plateaux devant, de 6 à 10 pignons derrière) permet de monter un col chargé et avec sa remorque.
La géométrie permet de mettre des pneus larges plus confortables et résistants.
Les freins et les manettes de vitesses (sur le cadre, à l'ancienne par exemple) sont facilement réparables, ne demandent pas de pièces introuvables.
Demain (sans pétrole ? ), comme hier (quand l'économie et la politique dérapent) et donc dès aujourd'hui, le vélo c'est un outil indispensable.
En ville c'est surtout une question de pneus, un pneu fait pour rouler sur route sans être freiné par les crampons. Et de préférence sans suspension (ça ne sert à rien sinon à pomper dans les côtes). Les accessoires ? bein, un sac à dos va très bien vu que malheureusement, les accessoire on la fâcheuse tendance à se faire voler. Le gros cadenas n'est pas de trop lui aussi.
Et je ne parle pas des petits malins qui percent les chambres à air durant la journée...
ça fait un peu désabusé mais voilà ce que je retiens de mon expérience en ville. Je fais toujours du vélo mais pour mon plaisir le week-end.
Pour ma survie au quotidien, je préfère marcher à pied pour aller au boulot. Tant que les gens ne seront pas plus respectueux envers les minorités à mollets galbés et musclés. Je ne tiens plus à leur servir de cible.
