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Auteur Sujet: Préparation physique - faire le filtre  (Lu 2529 fois)

24 juillet 2015 à 02:43:38
Lu 2529 fois

Patapon


Yo,

Je débute ce sujet, car force est de constater, qu'aujourd'hui, la préparation physique a pris un certain essor. Aussi, comment filtrer "ce qui me convient" de "ce qui ne me convient pas"?

Pour commencer, le but n'étant ni de traiter d'un système en particulier ou d'un autre et encore moins d'en faire le procès, je voudrais qu'on parte du principe que tout les systèmes de préparation physique sont très bien.

1. Rester ouvert mais critique

Il existe de multiples systèmes, de multiples exercices, de multiples philosophies. Au bout du compte, ce qui importe vraiment, c'est nous, nos objectifs, notre passé, nos compétences. Ainsi, ce n'est pas parce qu'un système convient à une personne, qu'il me conviendra: nous n'avons ni les même objectifs, le même physique, les même compétences ou les même séquelles de vie.

Exemple: si demain je trouves que le travail aux anneaux est révolutionnaire, qu'il me permet de progresser, toussa, que pour autant il conviendrait à une personne ayant de multiples lésions aux épaules.

Idem, demain je me lance dans une pratique qui va me permettre de prendre de la masse. Ce n'est pas pour autant qu'elle sera adaptée à une personne voulant perdre de la masse graisseuse.

Il faut garder à l'esprit, que nous sommes responsable de notre corps et de ce que nous en faisons. Si nous nous lançons dans un travail, sans en avoir les bases, le physique, ou alors qu'il soit inadapté à notre propre morpho, alors en cas de blessure, personne - pas plus l'auteur de la technique, que quiconque - viendra nous remplacer au boulot ou guérir à notre place. A chacun sa responsabilité! A chacun sa voie et son corps! Et soyons bien d'accord: ce n'est pas parce que c'est écrit dans un bouquin, ou utilisé par un tel ou une telle, que c'est forcément adapté à soi.

Ce n'est toutefois pas un appel à l'immobilisme: oui il y a des méthodes - beaucoup - et dans le lot certaines nous conviendrons ou non, ou pas complètement. Et pour s'en faire une idée, il faut:
  • Ce connaitre, et être honnête vis à vis de soit (cf: l'exemple des anneaux: si on sait qu'on a des problèmes d'épaule et qu'on se lance sans plus de préparation dans une pratique qui va beaucoup en solliciter la mobilité et le gainage, alors on assume)
  • Avoir quelques notions de "fonctionnement du corps humain"
  • Si on ne voit pas de risques particuliers, tester tranquillement et augmenter progressivement. Si un niveau entraîne des douleurs, checker, réfléchir, ce documenter, poser des questions: ne pas continuer dans des exercices qui, s'ils sont douloureux sont entrain de nous malmener et nous conduire à la blessure.

2. Le problème posturale

On parle souvent du problème de posture dans la réalisation d'un exercice. Quels en sont réellement les risques:
  • Un problème posturale, veut dire que nous effectuons un mouvement qui n'est pas en adéquation avec la "charte d'utilisation" de nos articulations et donc de nos muscles, tendons, ligaments, faciaux, etc. Au final, cela veut dire une pression excessive sur certaine chaîne et donc une compensation. De là, articulation excentrée (qui s'usera plus vite), donc des tendons en sur tension et d'autre en sous tension....bref: des blessures en perspective
  • Dans la majorité des systèmes que je connais, les mouvements sont répétés. Cela entraine à moyen terme, une modification de nos schémas moteur, pour rendre ces mouvements plus performant (moins d'énergie dépensée, mouvement plus fluide et plus puissant). Toutefois, des rep. sur avec une position compensée, vont également modifier ces schémas moteur, en y incluant la compensation....ce qui est de suite moins fun

3. Stabilité articulaire

Une articulation a besoin d'être centrée dans sa capsule pour fonctionner de façon optimale, mais également moins s'user. Pour ce faire, elle a besoin de muscles, de tendons et de ligaments aussi tonique d'un côté que de l'autre. A trop travailler un muscle et pas assez sont antagoniste, on crée un déséquilibre: un sera hypertonique et l'autre hyperlaxe: l'articulation n'est plus stabilisée.

Par ailleurs, je pense qu'il serait bon de mettre à bas le dogme qui veut que parce qu'un mouvement est complet (plier - déplier le bras, par exemple) il est équilibré: cela n'est possible que lorsqu'aucune charge (n.b.: le poids du corps étant une charge) n'est exercée lors du mouvement. S'il y a une charge, alors celle si va jouer le rôle du muscle antagoniste au muscle utilisé pour effectuer le mouvement. Ainsi, par exemple, un squat, seul, n'est absolument pas complet en matière de musculation.

Pour autant l'exercice est il mauvais? Non: il nécessitera simplement un exercice en charge opposée pour travailler l'autre muscle (ou chaîne musculaire).

4. La récupération

Notre corps est un ensemble, pas seulement des muscles et des articulations, très complet, et qui fonctionne de manière globale. Ainsi, lorsque l'on soumet un ensemble de muscles à une tension, de façon à le développer, c'est l'ensemble qui doit s'adapter à sa nouvelle tonicité. Hors, si les muscles - en moyenne - récupèrent après 24 - 48h, les tendons et les facias auront un cycle allant plus chercher les 72h. Ainsi, ce n'est pas parce que le muscle est ok, que notre corps lui l'est.

Pour améliorer cette récupération de nombreux systèmes existent, allant de l'étirement, au massage (et auto-massage), en passant par l'alimentation et bien d'autres.

Voilà, un bref brossage des points qui me viennent à l'esprit - fatigué - ce soir. Il y en a d'autres, mais pas à cette heure! ;#

A vous :D

Tcho

Hugo
« Modifié: 24 juillet 2015 à 03:09:44 par Hurgoz »
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

24 juillet 2015 à 09:05:55
Réponse #1

Cheguevarech


    Salut,
(cf: l'exemple des anneaux: si on sait qu'on a des problèmes d'épaule et qu'on se lance sans plus de préparation dans une pratique qui va beaucoup en solliciter la mobilité et le gainage, alors on assume)[/li][/list]
alors on renonce, non ?
J'ai une épaule en vrac et j'ai arrêté Laffey même si ça m'allait super bien, et je n'ai pas non plus commencé les Kettlebels même si ça me fait super envie  >:(
Je me mets à la place d'un jeune plein de sève qui démarre (la vie et la préparation physique). Il se sens immortel et son corps répond à toutes les sollicitations sans jamais se plaindre (ou alors trop tard et très fort). Comment lui inculquer la modération, l'idée qu'il va falloir tenir 50 ans et que c'est dans la durée qu'il va falloir gérer sa carrière d'être vivant ?

La durée va aussi exiger l'envie, et là je pense qu'il faut s'offrir la variété.
Aborder une méthode, la comprendre, l'assimiler, la pratiquer 1 an, 2 ans, 3 ans... et quand on la maîtrise, s'ouvrir à une autre méthodes, accepter de redevenir débutant et recommencer. En revenant de temps en temps à la (aux) précédente(s) pour se faire plaisir, comparer... et peut-être finir par se faire sa méthode à soi...
A+
Alexis
"La critique est nécessaire mais l'invention est vitale car dans toute invention il y a une critique de la convention". (Gustave Parking)

24 juillet 2015 à 10:23:22
Réponse #2

Nostoc


Ha chouette, tu abordes un aspect de la préparation physique qui m'interroge et sur lequel j'avais souvent envie de ramener ma fraise.

Je critique un aspect, la sequentialisation extrème. Mais au contraire, la préparation physique, quelle qu’elle soit, je trouve ça capital. Je voudrais surtout promouvoir la préparation in situ. Parce qu’elle me semble apprendre en même temps à intégrer dans sa vie des pratiques riches. On n'a pas le temps de faire tout ce dont on a besoin par séquences. Il y a trop à faire, il faut densifier et trouver des activités qui combinent de nombreux apports.
Bref, je critique un peu la séquencialisation à l’extrême. J'écris pour soit aider si j'apporte quelque chose, soit avoir une critique si d'autres peuvent m'apporter.

La préparation holistique.

Je trouve indispensable de se donner une vie très active et saine, et j'ai l'impression que les préparations spécifiques (ça ressemble à des exercices de kiné)n'ont pas leur place hormis quelques touches ponctuelles. Je vois ça comme un médicament qui pallie à une défaillance. C'est évident pour certains, mais pleins d'hommes pensent que c’est LA voie car on ne leur dit pas que c'est juste une aide ponctuelle intégrée à un tout et qu'on n'est pas obligé de passer par là non plus.

J'ai beaucoup beaucoup cogité sur ce sujet car par mes différents métiers, j'ai côtoyé des hommes ayant un physique exceptionnel. Et comme j'ai encore des contacts, j'ai 20 ans d'observation, sur des hommes qui avaient de 20  à 70....(ça fait 40 à 85 maintenant).
J'ai écouté grand mes oreilles et posé beaucoup de questions. J'ai aussi passé mon corps à la moulinette de ces métiers.

Alors ce que j'en retiens : il faut durer, il faut endurer, longtemps (pour garder une bonne vie, saine et tous les plaisirs qui vont avec)
Et pour ça, l’hygiène de vie est le plus gros facteur de différence observable par tranches de 20 ans :
à 40 il y a les encore jeunes (qui ont une bonne hygiène) et les cassés (clope, alcool, brutes du travail et du sérieux, etc..),
à 60 les jeunes (ils ont 60, travaillent et font du sport à côté, mais ces rarissimes ont une hygiène de vie irréprochable et une vie relationnelle en béton) et les vieux déjà rabougris ou morts,
à 80, les jeunes vieillissant (et là, j'en connais pas par mes anciens boulots, mais des anciens sédentaires qui ont toujours fait du sport, excellente hygiène de vie et énormément d'activité physique depuis leur retraite) et les vieillard (en général ils ont eu un coup dur mais ils avaient une hygiène correcte) ou morts.

Ensuite, il y a l'adaptation. Les gens ont du confort dans ce à quoi ils se sont adapté. Et c’est si loin en général de ce qui nous est bon naturellement, que ça rend le naturel parfois difficile, ex: certaines personnes ne marchent jamais, même des grands sportifs. Les gens se cramponnent à ce qui les soutient dans cette adaptation. Ça donne de l'extérieur une impression de vie réduite, mais je crois que c'est comme ça, l'humain ne peut s'adapter à tout, car certaines adaptations sont antagonistes. Et je pense qu'une préparation physique antagoniste à notre style de vie, peut soit équilibrer, soit alourdir inutilement. Il faut réfléchir aux impacts de nos choix artificiels. Je garde en tête que les gars qui étaient le plus polyvalents (très forts et très endurants,capable de tenir des heures d'efforts intenses par jours sur des semaines...années, qui pouvaient rester joyeux en s'activant toute la journée avaient des muscles densifiés, pas de surplus)...je crois que le reste ça fatigue. Ils étaient adaptés à un effort soutenus et dans la durée : ils ne pouvaient pas rester assis toute la journée. Il y a un lien fort entre leur vie et leur "entrainement : c'est la même chose. Et plusieurs m'ont dit : il faut éviter les mouvements trop répétitifs et les positions statiques répétées. Et moi je rajoute : c’est vachement utile d'apprendre à écouter son corps et le laisser prendre les bonnes positions, amplifier inutilement des mouvements (inutiles pour le rendement immédiat, mais utile pour la récupération, la respiration). J'ai appris ça en en bavant avec des trucs hyper lourds pendant des jours, des semaines. Pas seulement apprendre intellectuellement, apprendre à le vivre, le laisser vivre. Bref ça devient du yoga, de la méditation en même temps qu'abattre un boulot de titan, on peut prendre son pied dans la précision, dans le plaisir du corps.

Les préparations physiques :

Du coup je vais un peu critiquer : se contenter de faire des exercices précis me semble dommage. Après ces années à travailler avec ces hommes naturellement façonnés par leurs activités, je vois bien dans la rue toutes les "déformations" qu'arborent fièrement des hommes, dues aux entrainements sur machine ou en salle ou autres artifices.
D'abord je trouve ça pas joli : ils gardent des parties de leur corps toutes frêles. Alors que les hommes qui ont vraiment une activité naturelle ont tout leur corps renforcé, même le visage se transforme. Surement que la chirurgie esthétique va se développer. Parfois même j'ai mal pour eux de voir une partie fragile et le reste surdéveloppé, à cause des douleurs qu'ils auront dans quelques années. Et sans parler de ceux qui se flinguent les reins ou autre avec des substances "virilisantes".
J'ai aussi travaillé un jour avec deux boxeurs. Un jeune, la 20aine adepte des trucages et l'autre la 30aine qui essayait de convaincre le jeune en donnant tous les arguments contre (et j'ai bien écouté tout ça). Il a convaincu le jeune avec un argument de poids :  un jour, je l'ai vu porter un sac de 250 à 300 kg, (parce que les autres à trois n'y arrivaient pas) comme moi je porte un sac de 10kg....sans effort. Un moment gravé dans ma mémoire : l'impression d'halluciner, et les autres hommes sous le choc. Son truc : l'entrainement sérieux, la patience, la ténacité et hygiène de vie irréprochable (zéro substances). (et petite parenthèse, cet homme était le plus hautain et dragueur avec les femmes, et ça, ça le rendait pas sexy du tout, malgré son corps de super-héro).

Proprioception
Un autre homme aussi qui m'a époustouflé : il faisait de la couture, et de la vente de ses œuvres, il était très grand, tout maigre. Mais un jour on s'est mis à jouer et je me suis retrouvée à faire mes acrobaties à 2 mètres du sol : il pouvait me lancer au dessus de lui et moi faire le poirier au dessus de sa tête, je faisais 62 kg à l'époque ! Je l'ai interrogé là dessus : il était ancien lutteur, jamais de cigarette ni d'alcool jamais de nourriture industrielle...il avait conservé un sacré équilibre et une force. On a joué un paquet de fois. Voilà, j'étais une kettlebell de 62 kg. Mais pas de mouvements répétitifs, bien au contraire.
C'est tellement important de CONNAITRE sa propre structure, sa propre réaction aux poids, à quoi ça sert d'être fort si on sait pas où sont les limites de nos articulations, si on sait pas où aller, où freiner, comment assembler nos forces ? Et ça dans toutes les situations, pas dans un ou dix mouvements.

La proprioception et la connaissances fine de ses limites en fonction de ses capacité du moment, grâce à des mises en situations diverses donne beaucoup de plaisir et les articulations sont renforcées au lieu d'être usée au même endroit. Il parait que passé un certain âge, les cartilages sont vascularisés (donc régénérés) essentiellement par le mouvement, les pressions décompressions.
Et puis je suis convaincue que en situation difficile, un corps habitué à l'endurance s'en sortira mieux. Et que l'endurance ne prive pas de force. Pas tant que ça, vraiment. Si après quatre heures le bonhomme est cuit, à quoi lui sert tous ses muscles ?
Et je suis convaincue aussi que n'importe quelle préparation physique est mieux que l'inactivité.

Le temps de repos :
là aussi je veux réagir. Ça m'interroge sur les différences entre un entrainement doux et endurant (il n'y a quasiment jamais de repos) et les exercices qui nécessitent du repos, voire des jours : n'est ce pas parce que c'est trop justement ?
Ces hommes me disaient que leur première année était difficile, mais qu'ensuite ça allait, et que dix ans après ils se sentaient vraiment des ailes. Je suis aussi passé par ces étapes : on apprend à se reposer en vivant, en travaillant. Dix ans après, oui j'avais des ailes. Mais je ne connaissais pas encore toutes mes limites et m'en suis prises quelques unes de plein fouet me mettant ko (ex : croire qu'on peut vivre bien en étant sédentaire). Et je recommence.

Il y a tellement à apprendre pour profiter pleinement de la vie. Mais la première chose c'est de le vivre.

« Modifié: 24 juillet 2015 à 10:29:23 par Nostoc »

26 juillet 2015 à 23:32:58
Réponse #3

Patapon


Yo,

    Salut, alors on renonce, non ?
Pas vraiment. Déjà, il faut établir ce pourquoi tu pratiques la préparation physique. Si tu pratiques pour pratiquer, alors oui, tu es en situation d'échec.

Parcontre, si tu pratiques pour être en meilleur santée, plus performant, etc alors la méthode en elle même n'est qu'un outil. Que tu fasses du Lafay, du S&S ou que sais je, n'a donc aucune importance du moment où cela va dans le sens de tes objectifs.

Citer
Je me mets à la place d'un jeune plein de sève qui démarre (la vie et la préparation physique). Il se sens immortel et son corps répond à toutes les sollicitations sans jamais se plaindre (ou alors trop tard et très fort). Comment lui inculquer la modération, l'idée qu'il va falloir tenir 50 ans et que c'est dans la durée qu'il va falloir gérer sa carrière d'être vivant ?

La durée va aussi exiger l'envie, et là je pense qu'il faut s'offrir la variété.
Aborder une méthode, la comprendre, l'assimiler, la pratiquer 1 an, 2 ans, 3 ans... et quand on la maîtrise, s'ouvrir à une autre méthodes, accepter de redevenir débutant et recommencer. En revenant de temps en temps à la (aux) précédente(s) pour se faire plaisir, comparer... et peut-être finir par se faire sa méthode à soi...

Oui, je suis d'accord. Mais si une des variétés n'est pas adapté à ton état physique ou tes objecitfs, à quoi bon la pratiquer? D'ailleurs, pour déterminer qu'elle va ou non dans le sens de tes objectifs est mon premier point: l'analyser et en tirer tes propres conclusions. :)

Je critique un aspect, la sequentialisation extrème. Mais au contraire, la préparation physique, quelle qu’elle soit, je trouve ça capital. Je voudrais surtout promouvoir la préparation in situ. Parce qu’elle me semble apprendre en même temps à intégrer dans sa vie des pratiques riches. On n'a pas le temps de faire tout ce dont on a besoin par séquences. Il y a trop à faire, il faut densifier et trouver des activités qui combinent de nombreux apports.
Bref, je critique un peu la séquencialisation à l’extrême. J'écris pour soit aider si j'apporte quelque chose, soit avoir une critique si d'autres peuvent m'apporter.

Je suis assez d'accord avec ça; le corps c'est un ensemble, et notamment niveau musculaire on parle de plus en plus de chaînes et pas simplement d'un muscle. Parce qu'au delà de la musculation il y a aussi le fait d'apprendre aux muscles à travailler entre eux (c'est un peu plus complexe que ça, mais je simplifies).

Citer
La préparation holistique.

Je trouve indispensable de se donner une vie très active et saine, et j'ai l'impression que les préparations spécifiques (ça ressemble à des exercices de kiné)n'ont pas leur place hormis quelques touches ponctuelles. Je vois ça comme un médicament qui pallie à une défaillance. C'est évident pour certains, mais pleins d'hommes pensent que c’est LA voie car on ne leur dit pas que c'est juste une aide ponctuelle intégrée à un tout et qu'on n'est pas obligé de passer par là non plus.

J'ai beaucoup beaucoup cogité sur ce sujet car par mes différents métiers, j'ai côtoyé des hommes ayant un physique exceptionnel. Et comme j'ai encore des contacts, j'ai 20 ans d'observation, sur des hommes qui avaient de 20  à 70....(ça fait 40 à 85 maintenant).
J'ai écouté grand mes oreilles et posé beaucoup de questions. J'ai aussi passé mon corps à la moulinette de ces métiers.

Alors ce que j'en retiens : il faut durer, il faut endurer, longtemps (pour garder une bonne vie, saine et tous les plaisirs qui vont avec)
Et pour ça, l’hygiène de vie est le plus gros facteur de différence observable par tranches de 20 ans :
à 40 il y a les encore jeunes (qui ont une bonne hygiène) et les cassés (clope, alcool, brutes du travail et du sérieux, etc..),
à 60 les jeunes (ils ont 60, travaillent et font du sport à côté, mais ces rarissimes ont une hygiène de vie irréprochable et une vie relationnelle en béton) et les vieux déjà rabougris ou morts,
à 80, les jeunes vieillissant (et là, j'en connais pas par mes anciens boulots, mais des anciens sédentaires qui ont toujours fait du sport, excellente hygiène de vie et énormément d'activité physique depuis leur retraite) et les vieillard (en général ils ont eu un coup dur mais ils avaient une hygiène correcte) ou morts.

Ensuite, il y a l'adaptation. Les gens ont du confort dans ce à quoi ils se sont adapté. Et c’est si loin en général de ce qui nous est bon naturellement, que ça rend le naturel parfois difficile, ex: certaines personnes ne marchent jamais, même des grands sportifs. Les gens se cramponnent à ce qui les soutient dans cette adaptation. Ça donne de l'extérieur une impression de vie réduite, mais je crois que c'est comme ça, l'humain ne peut s'adapter à tout, car certaines adaptations sont antagonistes. Et je pense qu'une préparation physique antagoniste à notre style de vie, peut soit équilibrer, soit alourdir inutilement. Il faut réfléchir aux impacts de nos choix artificiels. Je garde en tête que les gars qui étaient le plus polyvalents (très forts et très endurants,capable de tenir des heures d'efforts intenses par jours sur des semaines...années, qui pouvaient rester joyeux en s'activant toute la journée avaient des muscles densifiés, pas de surplus)...je crois que le reste ça fatigue. Ils étaient adaptés à un effort soutenus et dans la durée : ils ne pouvaient pas rester assis toute la journée. Il y a un lien fort entre leur vie et leur "entrainement : c'est la même chose. Et plusieurs m'ont dit : il faut éviter les mouvements trop répétitifs et les positions statiques répétées. Et moi je rajoute : c’est vachement utile d'apprendre à écouter son corps et le laisser prendre les bonnes positions, amplifier inutilement des mouvements (inutiles pour le rendement immédiat, mais utile pour la récupération, la respiration). J'ai appris ça en en bavant avec des trucs hyper lourds pendant des jours, des semaines. Pas seulement apprendre intellectuellement, apprendre à le vivre, le laisser vivre. Bref ça devient du yoga, de la méditation en même temps qu'abattre un boulot de titan, on peut prendre son pied dans la précision, dans le plaisir du corps.

Ben justement: la préparation physique intervient parce que nos vie ne sont plus forcément assez riches en mouvement pour travailler l'ensemble (la position assise est notamment un gros problème). Hors, si en 50000 ans, les activités humaines ont changé, nos corps pas tant; et nous gardons plus une architecture physique le chasseur cueilleur que de sédentaires, assis devant leur pc. Ce qui entraine des déséquilibres physiques important et la nécessité de faire travailler de façon artificiel notre corps.

Difficile en effet de comparer l'activité physique d'un ouvrier du bâtiment (et même dans ce cas, il y a souvent pas mal de déséquilibre) et celle d'un comptable, par exemple. Hors, l'un comme l'autre peuvent avoir des déséquilibres à soigner.

Citer
Les préparations physiques :
Du coup je vais un peu critiquer : se contenter de faire des exercices précis me semble dommage. Après ces années à travailler avec ces hommes naturellement façonnés par leurs activités, je vois bien dans la rue toutes les "déformations" qu'arborent fièrement des hommes, dues aux entrainements sur machine ou en salle ou autres artifices.
D'abord je trouve ça pas joli : ils gardent des parties de leur corps toutes frêles. Alors que les hommes qui ont vraiment une activité naturelle ont tout leur corps renforcé, même le visage se transforme. Surement que la chirurgie esthétique va se développer. Parfois même j'ai mal pour eux de voir une partie fragile et le reste surdéveloppé, à cause des douleurs qu'ils auront dans quelques années. Et sans parler de ceux qui se flinguent les reins ou autre avec des substances "virilisantes".
J'ai aussi travaillé un jour avec deux boxeurs. Un jeune, la 20aine adepte des trucages et l'autre la 30aine qui essayait de convaincre le jeune en donnant tous les arguments contre (et j'ai bien écouté tout ça). Il a convaincu le jeune avec un argument de poids :  un jour, je l'ai vu porter un sac de 250 à 300 kg, (parce que les autres à trois n'y arrivaient pas) comme moi je porte un sac de 10kg....sans effort. Un moment gravé dans ma mémoire : l'impression d'halluciner, et les autres hommes sous le choc. Son truc : l'entrainement sérieux, la patience, la ténacité et hygiène de vie irréprochable (zéro substances). (et petite parenthèse, cet homme était le plus hautain et dragueur avec les femmes, et ça, ça le rendait pas sexy du tout, malgré son corps de super-héro).

Là on est dans un problème d'objectifs: si l'idée c'était de paraitre, alors objectif atteint! Que se soit une connerie au niveau de l'équilibre corporel est une chose, mais c'est peut être très bien accepté.

Citer
C'est tellement important de CONNAITRE sa propre structure, sa propre réaction aux poids, à quoi ça sert d'être fort si on sait pas où sont les limites de nos articulations, si on sait pas où aller, où freiner, comment assembler nos forces ? Et ça dans toutes les situations, pas dans un ou dix mouvements.

La proprioception et la connaissances fine de ses limites en fonction de ses capacité du moment, grâce à des mises en situations diverses donne beaucoup de plaisir et les articulations sont renforcées au lieu d'être usée au même endroit. Il parait que passé un certain âge, les cartilages sont vascularisés (donc régénérés) essentiellement par le mouvement, les pressions décompressions.
Et puis je suis convaincue que en situation difficile, un corps habitué à l'endurance s'en sortira mieux. Et que l'endurance ne prive pas de force. Pas tant que ça, vraiment. Si après quatre heures le bonhomme est cuit, à quoi lui sert tous ses muscles ?
Et je suis convaincue aussi que n'importe quelle préparation physique est mieux que l'inactivité.

Mouais...je ne pense pas qu'il faille forcément prioriser: pourquoi plus d'endurance ou plus de forcé? Pourquoi ne pas travailler les deux?

Citer
Le temps de repos :
là aussi je veux réagir. Ça m'interroge sur les différences entre un entrainement doux et endurant (il n'y a quasiment jamais de repos) et les exercices qui nécessitent du repos, voire des jours : n'est ce pas parce que c'est trop justement ?
Ces hommes me disaient que leur première année était difficile, mais qu'ensuite ça allait, et que dix ans après ils se sentaient vraiment des ailes. Je suis aussi passé par ces étapes : on apprend à se reposer en vivant, en travaillant. Dix ans après, oui j'avais des ailes. Mais je ne connaissais pas encore toutes mes limites et m'en suis prises quelques unes de plein fouet me mettant ko (ex : croire qu'on peut vivre bien en étant sédentaire). Et je recommence.

Mouais...déjà il y a plusieurs raisons à la douleur. Tu ne peux pas parler de courbatures de la même façon que d'inflammations: les causes sont complètement différentes.

Après, sur le phénomène courbatures, il faut bien voir qu'avant tout ce sont des micro-lésions de la fibre musculaire. Plus tu en as, plus les courbatures sont importantes, au point de pouvoir devenir handicapantes. C'est pour cela qu'il faut bien doser l'effort de façon à progresser sans pour autant se blesser.

Tcho

Hugo[/list]
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