http://dubasque.org/2015/03/20/la-mort-dun-educateur-specialise-assassine-dans-lexercice-de-son-travail/#more-2358Bonjour,
Je ne savais pas trop si ce lien et ce sujet avait sa place dans "Feu de Camp".
Dans le cas contraire, merci aux modos de faire ce qu'il faut.
Cet évènement qui s'est déroulé à Nantes résonne bizarrement pour moi,quelques jours après le stage ACDS de Montpellier.
Je ne connaissais pas le type qui est décédé, mais il était éducateur comme moi, et travaillait dans un service qui assure un espace rencontre parents enfants (service qui permet aux parents qui sont séparés de pouvoir rencontrer leurs enfants dans un cadre sécurisé), ce qui est aussi le cas de ma boite.
Je ne connais pas non plus les circonstances qui ont conduit à ce coup de couteau et a la mort du collègue.
Je ne peux qu'imaginer.
Peut être que l'équipe de travailleurs sociaux ont observés certains signes ne présageant rien de bon: alcoolisation, tension, gestes d'énervements, attitudes décalées.
Peut être savaient ils en ayant lu le dossier que cette rencontre était sous haute tension.
Peut être ont ils essayés, comme nous le faisons généralement, d'apaiser la situation, d'éloigner la gamine...
Peut être le collègue a t il eu le réflexe de se mettre en avant pour mettre à l'abri ses collègues.
Bref.
Ca s'est passé à 100 km de chez moi, et ça aurait pu être l'un de mes collègues, ou même moi.
Ça résonne car nous nous occupons de beaucoup de personnes qui sont " à la limite" qui peuvent avoir des réactions violentes, qui mériteraient un suivi psychiatrique lourd...
Nous intervenons au domicile, parfois seuls, "sans filets", dans des bureaux étroits.
Dernièrement, ma direction à fait installer des boutons d'alerte dans les bureaux. J'ai vérifié. On n'entend le son que dans le bureau et dans le hall. Nul part ailleurs. Autant dire qu'il ne faut pas compter sur une intervention d'un collègue en cas de souci.
Je suis persuadé qu'il est nécessaire de travailler ces procédures de sécurité en équipe. Comment on intervient, comment on se parle pendant les moments tendus, comment on reste disponible pour observer l'environnement. Des sujets qu'on ne peut pas traiter seuls dans son coin sous peine de passer pour le parano de service. Il me semble qu'il s'agit d'un problème collectif.
Je suis plein de questions.
Je suis triste aussi pour le collègue, sa famille, son équipe et cette petite fille qui a peut être tout vu.