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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Retour après 10 mois d'installation sur une ferme semi-autarcique.  (Lu 19264 fois)

09 février 2015 à 23:55:59
Réponse #25

musher


Tiens, petite question : êtes-vous tous convaincu que l'on peut pas se passer de voiture ???

Oui et non
J'ai traversé la France Est en ouest et du Nord au Sud à cheval donc sans voiture. Faut pas être préssé.
Quand je devais aller dans des grandes villes, je laissais le cheval chez quelqu'un et je prenais les transports en commun. C'est un autre rythme. Tu compte en jour de marche.

Relis les récits d'avant 1914 sur le monde paysan, on se déplaçait à pied, en voiture à cheval et en transport en commun.

Faut pas être pressé. Pour aller à la préfecture, il te faut la journée au lieu d'une 1h.

Le problème, c'est comme tout le monde à sa voiture, les petites lignes de tacot ou les lignes d'autocar sont devenus non rentables et ont disparu

Je pense surtout au port de charge lourde (clôture des brebis, bois,...) mais aussi déplacement sur une
longue distance...
Du coup je peux pas faire les mêmes choses qu'avec un cheval, genre les déplacements sur une longue distance à dos d'âne, bof.

Il y a un très bon compromis : le mulet. Tu te trouves un mulet "d'artillerie". C'est un croisement Jument Mulasière/ane du poitou. Ca fait 1,6 m au garrot et ça portait 200 à 300 kg de charge en montagne. On en voit encore en ravitaillement de refuge.
C'est moins rapide qu'un cheval mais plus rapide qu'un ane et c'est beaucoup plus rustique qu'un cheval.
Tu peux atteler un ane. C'est plus confortable

Prévoir 1ha de pré pour un cheval et cela dépend de l'endroit mais  c'est possible de ne pas avoir besoin de lui donner autre chose que de l'herbe sur pied, même en hiver.

Pour se contenter que d'herbe, un cheval doit passer ses journées à brouter.
Lorsqu'il travaille, il n'a pas le temps de brouter et si le temps qu'il lui reste de repos, il le passe à brouter au lieu de se reposer, le lendemain, il va pas être au top.

En plus, en travaillant, il va consommer beaucoup plus d'énergie et le rapport energie/poids de l'herbe est tassez faible (sauf à certaines périodes de l'année) donc il va lui falloir énorment d'herbe pour reconstituer ses réserves. C'est pour ça que les chevaux de travail sont complétés avec des aliments riches (céréales, granulés...). Le travail agricole ou le débardage est physique pour un cheval.


La cohabitation ane/mulet et moutons va bien surtout si l'ane est rentré jeune dans le troupeau. Il faut juste faire attention si les patures sont humides à la douve du foie
Contre des loups, l'ane ne ferra pas le poids, par contre il ferra un tel rafut que vous vous leverez  ;D

Elle n'a que 9 mois, va falloir la dresser. On y connait pas grand chose, voir rien  dans l'élevage des ânes donc le dressage de la petite est un beau et gros "chantier" pour cette année.


Faites vous aider pour le débourrage et le dressage. C'est tellement agréable de travailler avec un animal bien éduqué en qui on a confiance.
Surtout si vous êtes dans une région de tradition anesière, il y aura surement un vieux qui se ferra un plaisir de montrer à des p'tits jeunes comment on travaillait dans le temps.
Dresser un jeune, c'est pas simple et un débourrage raté, c'est à vie.

Et surtout soyez pas trop pressé, l'ane a une croissance très longue et si on force trop vite, on aura un animal qui aura vite des problèmes d'ossature et sera inapte rapidement au batage.
Par contre 9 mois, c'est bien pour commencer à l'éduquer en main, à l'emmener découvrir le monde pour qu'elle soit pas sur l'oeil.

10 février 2015 à 06:14:22
Réponse #26

azur


Tiens, petite question : êtes-vous tous convaincu que l'on peut pas se passer de voiture ???
De notre côté, nous avons vraiment l'impression que tout est fait pour qu'on en soit l'esclave !
Oui... et pour une raison simple: question de sécurité.
Le jour où tu devras emmener un de tes enfants à l’hôpital et que tu n'auras pas réussi à joindre un numéro d'urgence, la voiture sera un moyen de sécurité, comme le téléphone ou internet.

Comme je le disais sur un autre sujet, il ne faut pas confondre
- l'approche dogmatique: je me passe de voiture par principe
- l'approche pragmatique: dans quelle mesure est-ce que je peux restreindre au maximum son usage sans me mettre en danger.

Il ne faut pas perdre de vue que, de toute façon, nous sommes interdépendants, sauf à vivre en ermite et sans descendance. On peut légitimement vouloir se détacher de l'esclavage consumériste, mais il est fou, à mon avis, de vouloir vivre coupé de la société, surtout lorsqu'on a des enfants qui devront, un jour, prendre leur indépendance sans faire forcément le même choix de vie.
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
------------------------------------------
Boviner, c'est contourner par le centre...

14 février 2015 à 09:51:49
Réponse #27

Arhya


Attendez, les gars (et désolé pour le HS)!! C'est le Magnum (et accessoirement le Thorgaal  :D!) qui avait fait ce voyage et ce retex génial, totalement mythique, il y a quelques années?? :love:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,32936.0.html
Nom de nom, ce récit, j'y pense très régulièrement! et je me demandais ce que devenaient les protagonistes! Sympa d'avoir des nouvelles!


Oui c'est bien ça ! Ils ont posé leur sacs en Corrèze !
Magnum se plait bien ici, il est bien entouré. :')

« You must be the change you want to see in the world » Gandhi

14 février 2015 à 10:42:27
Réponse #28

Arhya


Perso je suis cadre dans la territoriale donc le circuit des aides, je connais un "peu". Mais si je peux me permettre ( mode chiant on j'ai été prof avant  :lol:) histoire de rappeler ici certains fondamentaux, les aides  dont vous pouvez bénéficier, c'est de l'argent public que les contribuables, moi en l'occurrence mais un paquet d'autres de ce forum j'imagine également, confient à d'autres comme vous pour soutenir un démarrage d'activité, un projet, etc. Ça mérite bien un peu d'effort tu ne crois pas ?  ;)  Donc faire de la paperasse comme tu dis pour bénéficier de 30 000€ d'aides pour ne parler que de la DJA, ça ne devrait pas être vécu comme une fatalité mais plus comme une sacré opportunité.

L'argent public c'est Lavoisier: rien ne se perd dans les impôts, tout ce transforme. Alors ce serait bien de comprendre que les subventions ce n'est pas un dû mais une chance offerte à certains par la communauté. Et le ratio bénéficaires/contributeurs est loin d'être de 1.  :o

Je connais plein d'entrepreneurs qui font de la paperasse mais eux n'ont droit à pas grand chose voire rien.

Pour résumer, on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre,  et le etc. :love:

Pour ce qui est du caractère fastidieux des demandes d'aides, je reconnais que ce n'est pas toujours évident mais là encore l'explication existe, et encore on en revient à la gestion de l'argent public, de son contrôle et de la transparence de son affectation. En tant que contribuable je dois être sûr que l'argent que je vous confie au travers de mes impôts, va bien servir à développer une activité agricole dont je bénéficierai indirectement (alimentation de circuits courts, gain pour l'environnement... ) et pas à autre chose qui me coûterai (assistanat, fraude, addictions diverses...).

Après le passage à l'autarcie,  c'est aussi apprendre à se passer de tout, y compris des aides :lol: mais ça...


Très intéressant ton commentaire, et tu as tout à fait raison.
Je suis d'accord que cette argent public ne doit pas être distribué à n'importe qui et n'importe comment.
30 000 c'est une sacrée somme mais par rapport à l'investissement nécessaire à une ferme (normes dans les bâtiments,...) ce n'est pas si énorme que ça.
Enfaite, si il n'y avait pas d'aide agricole, les produits alimentaires de base conterait 2 fois plus cher. Au final le consommateur s'y retrouve plus que l'agriculteur.
Notre métier n'est vraiment pas rémunérateur et si on avait pas les aides, aucune ferme ne serait viable.
Les primes assurent un "revenu" aux agriculteurs qui souvent vendent leur produit bien en-dessous de leur juste valeur (temps de travail, frais,...)
Une brebis qui avorte parce qu’un  chien de chasse l'a coursé, ça me fait un agneau en moins et une brebis en lait en moins, donc moins de fromage à vendre. Et au bout du compte, on ne sait jamais ce qu'on va avoir à la fin du mois.
On a choisi ce métier par passion pour la nature, faut arrêter de croire que les paysans se la coulent douce avec les primes.


Ce qui me saoule le plus au final, c'est faire des papiers pour avoir des aides parce que  notre travail n'est pas valorisé  et reconnu à sa juste valeur.
Et puis faut bien reconnaître que les demande d'aides sont mal foutus, même les conseillers de la Chambre d'Agriculture ne comprennent pas tout.
On nous envoi vers un autre service qui nous envoi à un autre service, etc....
Alors comment voulez vous que des paysans y comprennent quelque chose alors que ce n'est pas notre métier et que nous avons bien d'autres occupations!!! Parfois y'a de quoi en devenir dingue !
Ce que je reproche aussi c'est de favoriser les grosses installations. Les petites exploitations comme nous sont discriminés, pour avoir certaines primes, il faut avoir minimum 50 brebis, 25 chèvres, la capacité agricole...
Le consommateur préfère quoi ? Un fromage issu d'un petit troupeau bien soigné et fabriqué traditionnellement ou un fromage fabriqué avec du lait industrielle dans une fromagerie industrielle ???
On nous oblige aussi à adhérer à des "trucs" que nous ne voulons pas soutenir,  j'ai l'impression qu'on a plus aucune liberté, ce sont  les conseillers agricoles derrière leur bureau qui dictent ce qu'on doit faire. Et surtout ne pas oublier de toujours produire plus plus et plus !

Et je n'ai jamais dit qu'on voulait vivre en autarcie, mais semi-autarcie.
Par ce terme je voulais bien insister sur le fait qu'on ne veut pas se fermer au monde et qu'on a et aura toujours des échanges avec le monde extérieur.
Nous voulons gagner le peu d'argent que nous avons besoin en vendant du fromage, pas en "gagnant" le RSA.

L'été allez traire les brebis à 6h30 du matin sous le beau temps mais aussi sous la pluie, le vent ou l'orage et finir sa journée de boulot à 23h pour au final vendre un minuscule fromage 2€/pièce, faut le vouloir.
Mieux vaut pas savoir combien on se paie à l'heure !!

Pour conclure, pour commencer une ferme, les aides agricoles sont indispensables si on est pas riche à la base. Sinon je connais plusieurs personnes qui ne demandent pas les aides agricoles mais vivent grâce au  RSA, les allocs, APL et compagnie. On en revient toujours au même, sans aides y'aurai pas d'agriculture donc pas de bouffe.
« You must be the change you want to see in the world » Gandhi

14 février 2015 à 11:10:22
Réponse #29

modl


Pour se passer de voiture, avant 1914, on le faisait facilement, mais on ne sortait pas de son village, lequel disposait de tout !!!
Chez moi, à la fin des années 1970, certains vieux se déplaçait en mobylette avec une remorque derrière (surnommée "chignole" chez moi). Ça peut être une piste : pas besoin de permis, entretien relativement facile, assurances pas trop chère, et bonne capacité d'emport dans la remorque (j'ai vu avec 3 sacs de ciment, soit environ 100 kg).
Par contre, faut pas être pressé quand c'est chargé... Dommage que ça n'existe pas, la mob diesel : avec de l'huile, y'aurait moyen d'être autonome ;)
Autrement, félicitations pour votre projet, c'est magnifique. Et tenez-nous au courant !!!
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

14 février 2015 à 11:21:50
Réponse #30

Moleson


Les aides ont la propriété paradoxale d'en fait empêcher des initiatives de ce type, sauf à le faire uniquement par conviction et accepter un mode de vie plutôt rustique.

Sur 100.- de subventions agricoles que je paie avec par mes impôts. 30-50.- vont déjà servir à payer ceux qui vont distribuer cet argent. Ensuite comme dans toute bureaucratie, le receveur de l'aide va devoir consacrer un temps monstrueux à remplir des centaines de papiers et de courir d'une administration à l'autre.

Donc déjà ça serait plus utile d'utiliser directement cet argent pour payer l'agriculteur à sa juste valeur.

Ensuite cette ponction sur mon revenu va diminuer mon revenu disponible et par là la possibilité de choisir de payer plus cher pour de la nourriture de qualité.
Si l'on prend le cas de David sur 100 Euro qu'il encaisse 75-80 repartent directement dans les poches de l'Etat.

la suite c'est que les gros producteurs industriels qui sont subventionné peuvent fabriquer et vendre très bon marché, le clampin de base lui n'a simplement pas les moyens de s'offrir le fromage de brebis de d'Arhya à sa juste valeur, parce que il a subventionné en amont avec sont revenu son seulement le producteur industriel mais aussi toute la machinerie à distribuer de l'argent.

Je prend un exemple simple, j'achète exclusivement de la viande bio, chez un paysan à 300m de chez moi. Je connais ses animaux, je sais ce qu'ils mangent, je sais que la croissance n'est pas forcée etc....

Lui il ne reçoit pas de subventions pour son activité. Pour qu'il puisse tourner, je paye le demi-cochon désossé et préparé 20.- le kilo. Le même en super-marché c'est 5.- le Kilo.
Donc le péquin moyen avec un budget limite, il a pas le choix. Résultat le bio et la qualité reste un luxe.

Un autre exemple il y 40 ans le paysan Suisse, était semi-autarcique il pouvait nourrir une famille 10 personnes et faire tourner une ferme avec 30 vaches. Sauf qu'à l'époque le litre de lait était payé 1.20 au producteur. Ça ferait aujourd'hui le double et le litre en magasin couterait 5.-

14 février 2015 à 11:25:59
Réponse #31

azur


Ce qui me saoule le plus au final, c'est faire des papiers pour avoir des aides parce que  notre travail n'est pas valorisé  et reconnu à sa juste valeur.
Et puis faut bien reconnaître que les demande d'aides sont mal foutus, même les conseillers de la Chambre d'Agriculture ne comprennent pas tout.
On nous envoi vers un autre service qui nous envoi à un autre service, etc....
Alors comment voulez vous que des paysans y comprennent quelque chose alors que ce n'est pas notre métier et que nous avons bien d'autres occupations!!! Parfois y'a de quoi en devenir dingue !
Ce que je reproche aussi c'est de favoriser les grosses installations. Les petites exploitations comme nous sont discriminés, pour avoir certaines primes, il faut avoir minimum 50 brebis, 25 chèvres, la capacité agricole...
Le consommateur préfère quoi ? Un fromage issu d'un petit troupeau bien soigné et fabriqué traditionnellement ou un fromage fabriqué avec du lait industrielle dans une fromagerie industrielle ???
On nous oblige aussi à adhérer à des "trucs" que nous ne voulons pas soutenir,  j'ai l'impression qu'on a plus aucune liberté, ce sont  les conseillers agricoles derrière leur bureau qui dictent ce qu'on doit faire. Et surtout ne pas oublier de toujours produire plus plus et plus !
Je dirais: bienvenu dans la réalité du monde agricole que subissent 80% des exploitants... soumis aux diktats d'intellectuels et de commerciaux qui n'ont pas la moindre idée de ce que représente la terre.
Le drame, c'est que les exploitants ont rarement le temps et la possibilité de se documenter pour contrer ce totalitarisme technocratique...
Tout le monde savait que c'était impossible... est venu un idiot qui ne le savait pas, et qui l'a fait!
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Boviner, c'est contourner par le centre...

14 février 2015 à 15:35:03
Réponse #32

Arhya


Oui... et pour une raison simple: question de sécurité.
Le jour où tu devras emmener un de tes enfants à l’hôpital et que tu n'auras pas réussi à joindre un numéro d'urgence, la voiture sera un moyen de sécurité, comme le téléphone ou internet.

Merci pour ta réponse.
La sécurité est effectivement une bonne raison d'avoir une voiture mais dans notre cas, je ne pense pas prendre trop de risque sachant qu'il y a une caserne de pompiers à 2km et nous avons le téléphone.

Mais j'imagine beaucoup plus difficilement vivre complétement paumé en montagne sans voiture. C'est déjà un peu plus risqué, mais pas impossible je pense.

Une bonne alternative pourrai être d'avoir une voiture partagé entre quelques familles et aussi  faire des groupements d'achats..

Pour se passer de voiture, avant 1914, on le faisait facilement, mais on ne sortait pas de son village, lequel disposait de tout !!!


Je pense qu'avoir un village qui dispose de tout est envisageable, cela dépend uniquement de la volonté des gens. Si dans tout les petits villages il y avait une petite épicerie avec le minimum et quelques paysans qui vendent leur production, les gens auraient moins besoin de se déplacer pour faire leur courses en ville.
Après l'autre problème est que beaucoup de personnes se foutent royalement de manger des aliments de qualité, mais ça c'est une autre histoire.
« You must be the change you want to see in the world » Gandhi

14 février 2015 à 16:01:27
Réponse #33

Thomas 47310


Je suis d'accord que cette argent public ne doit pas être distribué à n'importe qui et n'importe comment.
30 000 c'est une sacrée somme mais par rapport à l'investissement nécessaire à une ferme (normes dans les bâtiments,...) ce n'est pas si énorme que ça.
Sérieusement? Les aides, c'est non remboursable donc pour ceux qui les touchent c'est tout bénéfice. C'est autant de moins à emprunter donc moins d'intérêt également. En plus c'est une "garantie" auprès des partenaires (collectivités, banques, centres de gestion, etc...) surtout sans le cadre de projets atypiques.

On a choisi ce métier par passion pour la nature, faut arrêter de croire que les paysans se la coulent douce avec les primes.
Des paysans, j'en connais plus beaucoup qui tiennent debout. Des exploitants agricoles, véritables chefs d'entreprise calculette à la main, ceux-là sont la majorité. Et en ce moment le regard porte plus sur la baisse des aides avec  la fin des DPU et comment trouver la combine pour toucher le même chose...

Ce qui me saoule le plus au final, c'est faire des papiers pour avoir des aides parce que  notre travail n'est pas valorisé  et reconnu à sa juste valeur.
En règle générale c'est le conseiller, le banquier et les administratifs qui font les papiers. Mais c'est sûr ça a un coût. Et le faire seul, c'est vrai peut être une vraie galère. Encore affaire de choix et de ratio avantage/inconvénient

Et puis faut bien reconnaître que les demande d'aides sont mal foutus, même les conseillers de la Chambre d'Agriculture ne comprennent pas tout.
On nous envoi vers un autre service qui nous envoi à un autre service, etc....
Alors comment voulez vous que des paysans y comprennent quelque chose alors que ce n'est pas notre métier et que nous avons bien d'autres occupations!!! Parfois y'a de quoi en devenir dingue !
Faut changer de Chambre d'agriculture!!! Je pense surtout que vu la nature du projet, les mecs (sans doute proche de la Fédé ) doivent vous prendre pour des Aliens, ce qui n'est pas très professionnel de leur part  :down:

Ce que je reproche aussi c'est de favoriser les grosses installations.
Ben la nouvelle PAC et la LAAF vont pas vraiment dans ce sens donc tant mieux  :doubleup:

Sur la question des diplômes minimum, on ne s'improvise pas pruniculteur ou bovins viande. Donc un passage à miniima par un CFAA ou un Legta me semble légitime.

Après que les passerelles manquent de souplesse pour ceux qui pourraient se prévaloir d'une réelle expérience de terrain, j'en suis d'accord....
Mieux vaut pas savoir combien on se paie à l'heure !!
J'étais sur un forum JA/Enseignement agricole, cette semaine justement avec le retour d'un NI en bio laitier, petite structure de 40 normandes, transfo sur place et vente directe. Pendant 3 ans lui et son associé ne se sont pas versés de salaire et ont vécu grâce à leurs compagnes. Il admet que c'est dur (mais difficile de dire autrement) mais surtout qu'il ne s'arrête pas à ça. Sinon il ne faut pas partir.

C'est que j'ai particulièrement apprécié dans le discours qu'il a tenu aux jeunes devant lui, c'est l'absence de larmoiement et la reconnaissance sans complaisance que l'accompagnement administratif lui a facilité la vie plus qu'autre chose.
« Modifié: 14 février 2015 à 16:17:56 par Thomas 47310 »
"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
(Charles Darwin / 1809-1882)

14 février 2015 à 16:36:40
Réponse #34

Thomas 47310


Sur 100.- de subventions agricoles que je paie avec par mes impôts. 30-50.- vont déjà servir à payer ceux qui vont distribuer cet argent.
:o on est pas un poil dans l'exagération là ? Pour rappel, les administratifs sont des salariés rémunérés sur la base de grilles indiciaires absolument pas indexėes sur les subventions versées. Ma collectivité consacre pas loin de 6,5M€/an au soutien et au développement de l'économie agricole (je précise par volonté politique et pas par obligation réglementaire, le développement économique étant une compétence facultative du Département), et malheureusement pour moi mon salaire n'a rien à voir avec le ratio que vous avancez. Sinon je ne travaillerais plus depuis longtemps  :lol:

Ensuite comme dans toute bureaucratie, le receveur de l'aide va devoir consacrer un temps monstrueux à remplir des centaines de papiers et de courir d'une administration à l'autre.
C'est vrai qu'une simplification est nécessaire. Mais elle va se faire d'elle-même dans un souci d'équilibre des fonds publics et de panne budgétaire. Les nouveaux textes appelent les collectivités à se recentrer sur leurs compétences obligatoires, ce qui en d'autres termes ne signifie ni plus ni moins que la fin d'un grand nombre aides. J'en connais qui vont faire la gueule  :-\
"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
(Charles Darwin / 1809-1882)

14 février 2015 à 17:49:48
Réponse #35

nox


malheureusement  je pense pas :

Quand tu parle de "ton salaire", tu vois peut être, ce que tu touches.
C'est sans compter les charges que tu payes, les charges sur le salaire de ton employeur, auxquelles s'ajoutent pour lui des charges diverses  : locaux, matériel divers, impôts ...

C'est pas spécifique à ce secteur ...

Exemple dans les "grosses associations" avec les frais de fonctionnement, quand tu donnes 100 pour soigner la maladie X ou aider la population Y, il y en a une bonne partie qui part dans la com, dans la rémunération, dans les frais divers ...

14 février 2015 à 17:51:58
Réponse #36

Moleson


:o on est pas un poil dans l'exagération là ? Pour rappel, les administratifs sont des salariés rémunérés sur la base de grilles indiciaires absolument pas indexėes sur les subventions versées. Ma collectivité consacre pas loin de 6,5M€/an au soutien et au développement de l'économie agricole (je précise par volonté politique et pas par obligation réglementaire, le développement économique étant une compétence facultative du Département), et malheureusement pour moi mon salaire n'a rien à voir avec le ratio que vous avancez. Sinon je ne travaillerais plus depuis longtemps  :lol:...

C'est pas que les personnes administratifs reçoivent un pourcentage X. C'est que si on additionne tous les salaires et les coûts des places de travail on arrive en règle général à des pourcentages de l'ordre de grandeur que j'ai cité, sauf que leur salaire n'est bien sur pas imputés sur les subventions, mais à la fin payé par le contribuable. Mais c'est une histoire de vase communicants, ce que tu ponctionne d'un côté tu ne la pas de l'autre.

14 février 2015 à 19:23:05
Réponse #37

Thomas 47310


Mais c'est une histoire de vase communicants, ce que tu ponctionne d'un côté tu ne la pas de l'autre.
On est d'accord pour les vases communicants, c'est le principe même de l'organisation des sociétés. Tout le monde bosse ensemble et les uns pour les autres. Une sorte de Lavoisier sociétal quoi.
"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements."
(Charles Darwin / 1809-1882)

12 mai 2015 à 07:33:44
Réponse #38

olivcody


bonjour Arhya,
j'admire la reussite dans ce projet de ferme "autarcique", toutefois, sans emettre de critiques, je trouve que d'avoir investi (à l'aide d'un pret) et donc etre soumis à une certaine rentabilité, a été une erreur. cela vous a obligé à recourir aux aides avec leurs difficultés administratives.

j'ai du attendre deux jours pour creer mon compte et te donner mon point de vue et tenter de l'ettayer et je suis finalement tombé sur un article fort interessant sur l'autosuffisance:
http://www.arpentnourricier.org/le-mythe-de-lautosuffisance/

ainsi que sur l'interview d'un "fermier" dans les vosges qui disait avoir abandonné certaines activités notament d'elevage car trop chronophage pour une faible rentabilité, ce qui l'a obligé à multiplier avec bonheur les contacts avec des tiers. c'est une autre partie importante à laquelle vous devriez faire attention, c'est de garder un lien social et d'impliquer vos voisins (directs, village, commune) dans votre projet.

une autre idée pour votre habitat, serai de batir autour de votre caravane pour l'abriter... cette premiere structure deviendrait un garage apres avoir construit le reste

12 mai 2015 à 09:42:09
Réponse #39

Troll


Bonjour,

Tout d'abord, je tiens à féliciter pour ce beau projet. Il est en effet très courageux de tenter une telle aventure, surtout par les temps actuels. Il représente beaucoup de défis, mais est aussi une source d'intérêt et de motivation humaine et technique. Bref, bravo !

J'ai lu qu'un séchoir solaire était prévu. Je ne peux qu'abonder en ce sens. Quid, pourquoi pas d'un fumoir si tu possèdes une grange / cheminée / une infrastructure partiellement close ainsi que du bois en quantité nécessaire ?

En complément du site présenté plus haut sur la permaculture, le livre de Seymour 'revivre à la campagne' est une mine d'informations et une référence s'agissant de l'agriculture autarcique. Enfin, tu le connais sans doute !

Hélas, je rejoins les alertes évoquées plus haut quant aux aides que tu as été obligée de demander. En effet, les échéances t'amèneront fatalement à choisir quasi exclusivement les activités les plus excédentaires afin de les rembourser, quitte à sacrifier une partie de la "doctrine" du projet initial...

Je n'ai aucune prétention et ne suis pas la science infuse, loin de là car comme dit mon Papy "avec tout ce que je ne sais pas, il y a de quoi écrire de beaux livres" ! Néanmoins je sais un peu de quoi je cause que lors de mes études (je ne raconterai pas ici ma vie, mais je sors d'une Ecole de Commerce, spé finance) j'ai dû accompagner des porteurs de projet de création d'entreprise / développement d'activité.

L'un d'entre eux en particulier était dans le même esprit que le tien en ce sens qu'il voulait développer une activité "traditionnelle". Plus précisémment, il s'agissait de lancer un chantier naval (un peu comme l'Hermione), dans le port de Fécamp, afin de construire un harenguier comme au début du siècle (outillage d'époque, matériaux d'époque, méthode d'époque, etc...). Le financement venait pour partie des visites du chantier et de prêts.

Il avait été proposé différentes activités pour collecter des fonds : initiation au matelotage, à la ferronerie, la charpenterie navale, etc...

Lors de l'étude de marché, il s'est avéré qu'aucune activité de ce genre n'était susceptible d'intéresser assez de monde à des fins de financement.

Il a donc fallu annoncer la couleur au porteur, ce qui faisait assez mal au coeur car il était réellement passionné par ce qu'il faisait. Le porteur a, au sens strict, changé de couleur...

Lors de l'étude financière - même dans les scenarii les plus optimistes - nous avons dû nous orienter, tristement, vers un prêt plus important en sacrifiant les activités les plus "ludiques" et traditionnelles. La marée de paperasse pour obtenir des fonds nationaux / européens (donc non remboursables) est juste une barrière colossale... Le simple remboursement pour arriver à l'équilibre (l'idée à long terme n'était pas de gagner de l'argent, mais de faire naviguer simplement le bateau) prendrait 15 ans...dans le meilleur des cas.

Les normes étaient également très contraignantes en termes logistiques et financières (sécurité sur un chantier, en bord d'eau, etc...) et

Au début du fil, tu évoquais un atelier pour la confection de fromage. Si celui-ci est uniquement dédié à une production personnelle, aucun souci. Par contre, les normes sanitaires à satisfaire si tu comptes vendre...de même que les sous à mettre....

Je suis vraiment désolé d'avoir un point de vue si noir et démoralisant, d'autant plus quand je vois l'ampleur du courage que tu as dû avoir, ainsi que le stress supporté, l'énergie que tu développes / consacres et surtout...les résultats juste énormes obtenus. Sincèrement, j'aimerais en avoir autant que toi !

Malgré mon ton alarmiste et inquiet, il ne faut y voir, en toute honnêteté que de la bienveillance car j'avais mal au cœur pour mon charpentier naval (comme quoi, même les financiers peuvent avoir un cœur, même petit !).

J'espère que ton projet continuera de vivre et grandir et qu'on aura le plaisir de lire ici tes nouvelles réussites !

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

12 mai 2015 à 12:21:42
Réponse #40

Draven


Pour accéder a la propriété il n'y a pas 150 solutions de toute manière, surtout quand on a entre 20 et 25ans et qu'on fait un boulot un peu " exotique ".

Si pas de fonds personnel, le crédit est quasiment obligatoire. Au moins Arhya et Thorgal n'ont pas de dépenses excessives, donc le peu de revenu générer par leur ferme va pouvoir aller au remboursement des échéances.

Mine de rien, ils n'ont pas d'enfants, pas de voiture ( assurance, entretien, etc.. ), pas d'abonnement EDF/GDF prohibitif, etc... Je pense réellement qu'ils pouvaient se permettre un crédit, de toute manière ils n'avaient pas le choix...

J'espère qu'on va avoir d'autres news régulièrement !
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

12 mai 2015 à 12:56:43
Réponse #41

Troll


Bonjour,

Je te rejoins entièrement et je suis parfaitement conscient que l'accession à la propriété est de nos jours pratiquement impossible pour un couple de cet âge, de plus dans ce genre d'activité "exotique" comme tu l'as souligné.

Mon propos n'était cependant pas de dire qu'ils ne devaient pas se lancer ou bien qu'ils auraient dû procéder autrement hein ! Au contraire même ! J'en veux pour preuve que malgré tout, ils réussissent. En effet, ce n'est pas parce que je n'aurai pas le cran de faire ce qu'ils font qu'il faut chercher à les en dissuader.

Je voulais simplement donner un exemple dans lequel j'avais été contributif et souligner tout le mérite qu'ils ont ;)

Comme tu dis, il est clair que sans auto et frais inhérents, énergie, etc.. cela fait des frais en moins ! (surtout quand je vois ce que j'y laisse comme plumes grrr !). De plus, les prêts n'auraient pas été accordés si les banques ou autres n'avaient pas jugé le projet solide et bien mené. C'est à mon sens une autre preuve de leur sérieux !

Encore une fois, je te rejoins et j'espère qu'on aura très rapidement de leurs nouvelles et qu'elles seront bonnes en plus.

Ainsi, je m'excuse par avance auprès des futurs lecteurs quant à mon précédent post que je ne voulais pas décourageant, blasant, rabaissant ou quoi que ce soit.

Je leur renouvelle mon soutien et reste à l'écoute du fil ! :)

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

12 mai 2015 à 19:26:36
Réponse #42

olivcody


salut troll,
premierement j'adore ton avatar....

deuxiemement, j'ai mis le lien de l'article car j'avais la meme réaction quand à leur projet mais je trouvais que tout y était résumé.
de plus draven,il semble que l'activité agricole ne soit pas encore remuneratrice/rentable, donc envisager le remboursement du pret semble mal parti. c'est surement pour cette raison que thorgal à du travailler tout l'été.
je pense que c'est une bonne option de garder une activité remuneré identifiée, ça plait aux preteurs et ça permet de financer ce qui manque.

12 mai 2015 à 20:01:10
Réponse #43

Zecrow


Belle expérience  :doubleup:
Avez-vous pensé à l'association maïs / courge / haricots des sud-américains ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_s%C5%93urs_%28agriculture%29
« Le secret du bonheur ne consiste pas à rechercher toujours plus, mais à développer la capacité d'apprécier avec moins. »
Dan Millman

J'y travaille ! :-)

12 mai 2015 à 21:59:42
Réponse #44

Troll


Bonjour,

Olivcody a selon moi la bonne approche lorsqu'il explique que conserver une activité rémunérée clairement identifiée est la bonne option. En finance, on parlerait d'une "vache à lait", sans jeu de mots ! ;)

Je ne sais pas si le maintien de cette activité est choisi ou subi, mais dans tous les cas, il permet en effet de financer le projet, tout du moins à court-terme.

Dans le cas où cette activité n'a pas vocation à être conservée ultérieurement, je pense qu'il ne faut pas la considérer comme une contrainte en tant que telle - au sens d'une nuisance à l'esprit du projet - mais plutôt comme un "mal nécessaire et temporaire". Comme tout projet, il faut le temps que tout se mette en place, voir ce qui fonctionne bien, ce qui ne fonctionne pas et ce qui pourrait mieux fonctionner.

Cette ligne d'argent entrant dans le business plan "fait bien", permet d'être pérenne, pourquoi s'en priver pour le moment !

Je reste admiratif quant à leur capacité à tout piloter jusque maintenant en gardant la tête froide. M'est avis que c'est une excellente qualité qu'il ne faut pas perdre afin de continuer à prendre des décisions sensées et objectives, surtout en recherche d'autarcie où un fragile équilibre est à trouver et maintenir.

Bien cordialement,

Troll
Semper potest proficio

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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