Perso je suis cadre dans la territoriale donc le circuit des aides, je connais un "peu". Mais si je peux me permettre ( mode chiant on j'ai été prof avant
) histoire de rappeler ici certains fondamentaux, les aides dont vous pouvez bénéficier, c'est de l'argent public que les contribuables, moi en l'occurrence mais un paquet d'autres de ce forum j'imagine également, confient à d'autres comme vous pour soutenir un démarrage d'activité, un projet, etc. Ça mérite bien un peu d'effort tu ne crois pas ?
Donc faire de la paperasse comme tu dis pour bénéficier de 30 000€ d'aides pour ne parler que de la DJA, ça ne devrait pas être vécu comme une fatalité mais plus comme une sacré opportunité.
L'argent public c'est Lavoisier: rien ne se perd dans les impôts, tout ce transforme. Alors ce serait bien de comprendre que les subventions ce n'est pas un dû mais une chance offerte à certains par la communauté. Et le ratio bénéficaires/contributeurs est loin d'être de 1. 
Je connais plein d'entrepreneurs qui font de la paperasse mais eux n'ont droit à pas grand chose voire rien.
Pour résumer, on ne peut pas avoir le beurre, l'argent du beurre, et le etc. 
Pour ce qui est du caractère fastidieux des demandes d'aides, je reconnais que ce n'est pas toujours évident mais là encore l'explication existe, et encore on en revient à la gestion de l'argent public, de son contrôle et de la transparence de son affectation. En tant que contribuable je dois être sûr que l'argent que je vous confie au travers de mes impôts, va bien servir à développer une activité agricole dont je bénéficierai indirectement (alimentation de circuits courts, gain pour l'environnement... ) et pas à autre chose qui me coûterai (assistanat, fraude, addictions diverses...).
Après le passage à l'autarcie, c'est aussi apprendre à se passer de tout, y compris des aides
mais ça...
Très intéressant ton commentaire, et tu as tout à fait raison.
Je suis d'accord que cette argent public ne doit pas être distribué à n'importe qui et n'importe comment.
30 000 c'est une sacrée somme mais par rapport à l'investissement nécessaire à une ferme (normes dans les bâtiments,...) ce n'est pas si énorme que ça.
Enfaite, si il n'y avait pas d'aide agricole, les produits alimentaires de base conterait 2 fois plus cher. Au final le consommateur s'y retrouve plus que l'agriculteur.
Notre métier n'est vraiment pas rémunérateur et si on avait pas les aides, aucune ferme ne serait viable.
Les primes assurent un "revenu" aux agriculteurs qui souvent vendent leur produit bien en-dessous de leur juste valeur (temps de travail, frais,...)
Une brebis qui avorte parce qu’un chien de chasse l'a coursé, ça me fait un agneau en moins et une brebis en lait en moins, donc moins de fromage à vendre. Et au bout du compte, on ne sait jamais ce qu'on va avoir à la fin du mois.
On a choisi ce métier par passion pour la nature, faut arrêter de croire que les paysans se la coulent douce avec les primes.
Ce qui me saoule le plus au final, c'est faire des papiers pour avoir des aides parce que notre travail n'est pas valorisé et reconnu à sa juste valeur.
Et puis faut bien reconnaître que les demande d'aides sont mal foutus, même les conseillers de la Chambre d'Agriculture ne comprennent pas tout.
On nous envoi vers un autre service qui nous envoi à un autre service, etc....
Alors comment voulez vous que des paysans y comprennent quelque chose alors que ce n'est pas notre métier et que nous avons bien d'autres occupations!!! Parfois y'a de quoi en devenir dingue !
Ce que je reproche aussi c'est de favoriser les grosses installations. Les petites exploitations comme nous sont discriminés, pour avoir certaines primes, il faut avoir minimum 50 brebis, 25 chèvres, la capacité agricole...
Le consommateur préfère quoi ? Un fromage issu d'un petit troupeau bien soigné et fabriqué traditionnellement ou un fromage fabriqué avec du lait industrielle dans une fromagerie industrielle ???
On nous oblige aussi à adhérer à des "trucs" que nous ne voulons pas soutenir, j'ai l'impression qu'on a plus aucune liberté, ce sont les conseillers agricoles derrière leur bureau qui dictent ce qu'on doit faire. Et surtout ne pas oublier de toujours produire plus plus et plus !
Et je n'ai jamais dit qu'on voulait vivre en autarcie, mais semi-autarcie.
Par ce terme je voulais bien insister sur le fait qu'on ne veut pas se fermer au monde et qu'on a et aura toujours des échanges avec le monde extérieur.
Nous voulons gagner le peu d'argent que nous avons besoin en vendant du fromage, pas en "gagnant" le RSA.
L'été allez traire les brebis à 6h30 du matin sous le beau temps mais aussi sous la pluie, le vent ou l'orage et finir sa journée de boulot à 23h pour au final vendre un minuscule fromage 2€/pièce, faut le vouloir.
Mieux vaut pas savoir combien on se paie à l'heure !!
Pour conclure, pour commencer une ferme, les aides agricoles sont indispensables si on est pas riche à la base. Sinon je connais plusieurs personnes qui ne demandent pas les aides agricoles mais vivent grâce au RSA, les allocs, APL et compagnie. On en revient toujours au même, sans aides y'aurai pas d'agriculture donc pas de bouffe.