Je demande pardon d'avance aux diptères 
Si le sens de la vie (au sens large) c'était rien d'autre que d'essayer de perpétuer cette vie au travers des générations successives ?
Quand je regarde la nature (y compris les Hommes qui font pourtant tout pour s'en extraire) c'est ce qui me fascine toujours: la vie au sens brute, la somme de toutes les vies... en transformation constante.
En ce qui concerne le sens d'une vie individuelle, c'est bien humain comme questionnement... mais bon on a le choix, alors pourquoi pas
m'étonnerai quand même que beaucoup d'autres espèces animales se pose la question, contrairement à d'autres questions plus universelles: manger ou être mangé ? se reproduire avec ce "partenaire" ou un autre ? etc...
Tu as raison: Toute vie tend à déborder d'elle même sous toute formes
Pour les autres espèces, on partage l'instinctif et la sensibilité/affectif/social, mais ils ne disposent pas vraiment de l'intelligence qui permet la mise en place de stratégie et l'anticipation (du moins pas dans la même mesure), source de nos questionnements
Extrait d'une interview de Nicolas Grimaldi:
La vie, dites-vous, est à elle-même son propre sens mais le sens de la vie est de donner la vie…
La vie est le dynamisme d’une expansivité, le propre de la vie est de déborder d’elle-même, de se répandre, de se diffuser. L’illusion c’est de croire que je suis une réalité, une substance, quelque chose qui existe pour soi-même et en soi-même. En fait, je ne suis qu’une médiation. On ne peut pas me séparer des autres, je ne vis que par eux et que pour eux, tout ce que je suis je l’ai reçu. On ne peut pas penser la vie sans sentir que c’est elle le principe, elle qui nous porte, qui nous traverse, nous la servons.
Mais d’où vient que le don soit le sens de la vie et que la vie nous le cache ?
C’est que la vie nous entretient dans une illusion qui est celle de notre singularité et de notre retranchement. Le moi est la mieux fondée mais la plus constante des illusions. Il y a un ordre de la représentation, nous dit Tolstoï, et un ordre de la vie, et le premier nous cache le second. Car le propre de la vie est qu’elle ne s’accomplit qu’en s’enfermant à chaque fois dans un individu. Il n’y a pas une cellule qui ne soit pas couturée par une membrane. L’individu est une unité qui s’éprouve comme une totalité, qui se croit close dans son épiderme. Nous pensons que c’est une frontière, une limite, mais l’épiderme n’est qu’un organe de communication. Parce que les choses n’existent pour moi qu’autant que je les perçois, je m’éprouve comme le centre du monde. Ce que je ne perçois pas, c’est comme s’il n’existait pas. Réciproquement, je n’existe pour les autres qu’autant qu’ils me perçoivent, qu’ils m’observent. Être, c’est être vu. N’être pas vu, c’est être aussi peu que rien. Il faut donc vivre sur l’estrade, attirer les regards, faire du bruit. D’où cette rivalité de tous contre tous. Pour ne pas y céder, il faut pratiquer une sorte d’ascèse intérieure, se rappeler sans cesse que le moi est un presque rien. Il est comme une vague, on le voit se former, enfler et cependant il n’existe pas. Si je me soucie de l’image que les autres ont de moi, je n’en maîtrise rien. Quoique j’en imagine, je m’abuse, ce ne sont que des fantasmes. Mon moi sous le regard d’autrui est donc le fantasme que j’entretiens avec moi-même. Il faut s’en détacher, se défier du désir de plaire. Les autres ne sont pas mon tribunal.
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