La remise en question est essentielle pour progresser.
Cependant, il faut aussi savoir quand ne pas se remettre en question.
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Il faudrait donc trouver "le truc" pour savoir quand on doit, ou ne doit pas douter de soi.
On est un peu en dehors du fil initial, mais c'est là un truc qui me touche particulièrement, alors je me permets de poursuivre dans le sens de Rezemika...
Se poser des questions en permanence, c'est bien (voire c'est indispensable), mais comment on fait lorsque la situation craint vraiment, que du coup on n'a pas toute sa tête (effet chimpanzé bien connu de vous) et qu'il faut prendre une décision et agir vite, quitte à ce que la décision ne soit pas optimale ?
Là-dessus j'aime énormément l'approche de David dans ces stages et que l'on retrouve notamment dans le très utile
Check list manifesto : donner des moyens pour "penser simple" quand il faut aller vite ou que l'on est pris par la peur, le froid et autre. Les acronymes (CCMVD, RECC et consorts), règle de trois, et tout ces petits trucs nous apprennent justement à ne pas nous poser de questions et à simplement appliquer "bêtement" des listes de trucs à vérifier lorsque la situation est trop complexe pour la penser ou nien que l'on est pas en l'état pour le faire.
De la même manière la formation PSC1 (de ce que j'en ai compris) se base sur des protocoles assez stricts : si vous êtes dans telle situation, vous faites ça. Limite il faut apprendre par cœur. Du coup, le jour venu, on n'a pas à se poser de question pour savoir ce qu'il faut dire au 112 (ni se demander quel numéro appeler), la PLS se fait les yeux fermés, etc.
Je me dis que ces "règles" ont été réfléchies en amont, à l'entraînement, en debriefing de tas de cas que nous n'aurons jamais à traiter et que, du coup, on peut se permettre de les appliquer (presque) sans réfléchir.
Il me semble (je crois que cet article le montre également) que l'on a besoin de certitude, c'est une sorte de besoin naturel. Ca nous permet de nous rassurer face à l'hostilité du monde (ou du moins à notre difficulté à le comprendre...). Alors on peut essayer de lutter contre cette tendance et se remettre en question en permanence, quitte à sombrer dans la folie, parce que ça fatigue à la longue.
On peut aussi jouer de ce besoin naturel à être rassuré par des connaissances, de cette tendance et se laisser inculquer des trucs qui sont utiles, des connaissances qui ne nous enferment pas : une règle très stricte (du genre check list), mais qui soit tout de même ouverte et laisse un peu de place pour agir...
Tout cela me rappelle une réflexion dans je ne sais plus quel fil où il était question de faire nettement la différence entre l'"entraînement" et la "vie réelle". Dans un cas il faut essayer, s'appliquer des contraintes inutiles... et dans l'autre il faut arrêter de réfléchir et agir (toujours tricher, toujours gagner).
Bref il faut trouver une équilibre entre ces périodes de réflexions, de remise en question et ces autres où justement on arrête de couper les cheveux en 4 et on fonce.
Je ne sais pas si tout cela est bien clair, mais c'était mes réflexions du jeudi matin.
CB.