Re,
Le problème c'est que c'est pas elle qui en assume les conséquences.
Si une personne a un accident avec des séquelles physiques graves, c'est quand même surtout elle qui en assume les conséquences.
Lorsque une personne finit comme un végétal parce qu'elle n'a pas voulu mettre de casque. Ce n'est pas elle qui assume les conséquences car très rapidement, elle n'en a plus les moyens financiers. Donc c'est la collectivité qui supporte son hospitalisation et son maintien en vie à plusieurs milliers d'euros par jour.
L'impact financier sur la société n'est pas, selon moi, un argument valable pour motiver une obligation de porter le casque.
En fait, la question de la prise en charge de ces accidents par la société est une vraie question de société. Est-ce que la société doit assumer les conséquences financières des accidents personnels?
Mais le choix de la société n'est pas uniquement de le prendre en charge. Il y a en a deux possibilités: soit elle l'accepte, soit elle ne l'accepte pas.
L'acceptation est un choix tout à fait possible. Si la société, informée du coût que cela représente ou risque de représenter, décide d'assumer les frais liés aux accidents de vélo pour des personnes ne portant pas le casque et bien dans ce cas, elle assume. C'est la société dans laquelle nous vivons actuellement.
Libre à chacun d'être contre cet état de fait dans ce cas et d'essayer de le changer, il faut voter pour des personnes qui le changeront. Au final, le choix doit être réalisé par un processus démocratique, pas parce que une ou plusieurs personnes ont un avis motivé par la survenance exceptionnelle d'un risque faible ou parce que les médias surmédiatisent des accidents isolés faussant ainsi la perception du risque.
La société peut aussi faire le choix de ne pas assumer la charge financière pour les personnes ne portant pas de casque. Dans ce cas là, il faut que les individus soient au courant que s'ils ont un accident, c'est eux et leurs proches qui devront en être de leur poche. Il est possible de supposer que dans ce cas, il y aurait encore moins de personnes qui feraient du vélo (ca c'est quasiment sur) et que les proches des personnes qui font du vélo seraient plus insistants pour que tout le monde porte un casque.
Dans les deux cas ci-dessus, la liberté et le libre-arbitre et la démocratie sont respectées alors que dans le cas d'une obligation du port de casque, ce n'est pas le cas.
Mais les conséquences pour sa famille, ses enfants, c'est pas lui qui les supporte.
En premier lieu, c'est quand même la personne qui a un accident qui souffre des conséquences qu'il s'agisse d'une blessure grave ou malheureusement d'un décès.
En second lieu, il y a des conséquences sur sa famille, ses enfants sans aucun doute. Mais chaque acte/action que nous prenons peut avoir une conséquence sur notre famille, nos enfants.
A partir du moment ou nous nous levons le matin, nous sommes en risques. Il m'arrive de descendre des escaliers trop rapidement et de manquer de tomber. Je pourrai me blesser gravement ou me tuer en ce faisant. Vite obligeons de porter le casque pour descendre les escaliers!
Faut-il que nous obligions tout le monde à porter des casques afin qu'il n'y ait jamais de conséquences sur qui que ce soit? Devons nous systématiquement essayer d'éteindre tout risque quel qu'il soit? D'aller vers une société sans plus aucun risque?
Au final, concernant l'obligation de porter le casque, il faut revenir à l'évaluation statistique du risque. Je ne redonnerai pas les chiffres que d'autres ont relayé dans les posts ci-dessus. Le fait est (en tout cas toutes les études.statistiques que j'ai vu vont dans ce sans) que faire du vélo sans porter de casque n'est pas une activité particulièrement risquée.
C'est certainement plus risqué de faire du vélo sans casque mais au global cela ne l'est pas tant que ca (hors activité sportive particulière). Donc l'attitude des gens qui ne mettent pas de casque est finalement assez rationnelle. Le risque étant faible, le casque ne se justifie pas.
Au niveau individuel, un accident de vélo avec des séquelles graves restera un phénomène tragique et traumatisant mais au niveau de la société ce n'est pas une raison suffisante pour imposer un port du casque à tous. Il ne faut surtout pas baser des politiques générales sur des incidents isolés non-représentatifs.
Pour finir, toute analyse doit considérer les avantages et les désavantages. Un obligation de porter le casque permettrait peut-être de réduire les conséquences de quelques incidents très minoritaires. Par contre, elle aurait surement pour effet de réduire l'utilisation du vélo ce qui a des aspects négatifs en termes de santé publique et de pollution.
Au final donc l'obligation de porter un casque est une mesure qui bafoue la liberté et le libre-arbitre pour des avantages minimes et avec des désavantages qui semblent compenser les avantages.
Je reste contre une obligation de port général.
Je continuerai toujours à essayer de convaincre ceux qui me sont chers de porter un casque en utilisant tous les arguments possibles. Cependant il est contre-productif de se facher avec ceux qui nous sont chers parce qu'une fois de temps en temps ils font du vélo "normal" sans casque car le risque est quasiment epsilonesque.
Evidemment si l'on connait ou a connu un drame personnel, il est naturel que l'évaluation du risque soit altérée mais une analyse rationnelle montre qu'il n'est pas significatif.
Combien de lois existent pour protéger les gens contre eux car leur comportement est complétement irresponsable.
Ce n'est pas parce qu'il existe déjà beaucoup de lois inutiles ou contre-productives qu'il faut en faire une autre!
Clairement la tendance depuis 50 ans est à la protection absolue, le zéro-risque, à la protection des citoyens malgré eux-mêmes par un Etat-nounou.
Est-ce que le fait que les gens ont un comportement "totalement irresponsable" (postulat de base contestable) justifie qu'il faille décider à leur place de ce qui est bon pour eux? A force de déresponsabiliser les gens et de les habituer à ce qu'on décide à leur place, on construit des tyrannies avec de genre de raisonnement. Ca se fait très insidieusement une petite loi pour les protéger d'eux-même à la fois.
Je crois, pour ma part, que face à des gens irresponsables, le rôle de la société/Etat est de les informer du risque qu'ils courent et de leur laisser prendre leur responsabilité.
Un bon exemple actuel est l'interdiction de la baignade à la Réunion à cause des attaques de requins. C'est une mesure qui n'est pas la bonne. Si quelqu'un qui est informé du risque qu'il coure en se baignant a envie de se baigner, qu'il se baigne. Et s'il se fait croquer, il n'aura que lui-même à qui se plaindre. Ensuite c'est à la société de décider si elle veut assumer une charge financière par rapport aux dégâts qu'il aura subi mais cela est une autre question.
Pour prendre un exemple comparable, regardons du côté des orages. Quand il y a des orages sur des régions, il y a des alertes orages, une information part et ensuite les gens peuvent décider de sortir ou de ne pas sortir (pourc eux qui ne sont pas déjà dehors et qui eux n'ont pas le choix). Faut-il interdire aux gens de sortir dehors car il y a un orage et donc un risque qu'il soit emporté par une inondation ou électrocuté par un éclair? Faut-il mettre une amende à ceux qui sortent pas temps d'orage? Ils ont eu un comportement à risque pourtant tout comme ceux qui ne portent pas de casque en faisant du vélo. Ils risquent d'endeuiller leurs familles et de leur faire porter les conséquences de leur accident. Faut-il leur interdire ce comportement ou les obliger à porter un casque?
J'ai peur que la réponse de certains soit de valider cette option mais clairement ce n'est pas la voie que je choisis.
Pour résumer, c'est facile d'interdire, c'est plus difficile d'informer et de responsabiliser mais comme le disait Maitre Yoda, la voie Obscure, c'est la voie de la facilité...
Mais est ce que le velib est un bien car depuis l'existence du vélib, les urgences choment pas à Paris.
En fait, les accidents à vélo sont en décroissance depuis des années comme l'ensemble des autres accidents et ce malgré l'augmentation de la pratique du vélo. Et les chiffres montrent que plus il y a de vélos moins il y a d'accidents. Après vu qu'il y a plus de pratiquants, c'est normal qu'il y ait plus de cas individuels mais l'accidentologie générale reste à la baisse sur le long terme.
S'il y a une raison pour arrêter le Vélib, ce n'est certainement pas la hausse des accidents.