Avant de penser au matos, peaufinons notre SAC.
S = SAVOIR FAIRE
A = ATTITUDE
C = CONNAISSANCES
S = SAVOIR-FAIRE
Les savoir-faire se rapportent aux techniques : trouver et rendre potable de l'eau, construire un feu par tous les temps, construire un abri, se servir d'un couteau, d'une hache.
Cela n'exclut pas le matériel, ça inclut au contraire une expertise dans l'utilisation du matériel. D'après moi, l'idéal est d'avoir peu de matos, versatile, simple et solide, très adapté à mes besoins et dont je maîtrise parfaitement les différentes utilisations, les réparations potentielles.
Les savoir-faire s'apprennent mais surtout se travaillent dans la répétition et sous différentes conditions (ce qu'on réussit facilement dans son salon peu devenir très ardu sous la pluie ou par grand froid ou sous stress).
A = ATTITUDE
L'attitude, c'est la niak, la combativité, la volonté de lutter pour (sur)vivre.
Ce n'est pas inné, ça se travaille. Comment ? En mettant à l'épreuve sa volonté, en apprenant à faire face à l'adversité.
Quelques exemples : se donner des objectifs proches de sa limite lors d'exercices physiques et ne pas lâcher avant de les avoir atteints, sortir faire des randos par mauvais temps, marcher longtemps sous la pluie, …
1ère anecdote :
Un jour je faisais une ascension d'une voie difficile au Mont Blanc. J'étais pas bien entrainé, pas acclimaté à la haute altitude. Cependant la voie était en bonne condition, les copains ont insisté, je suis parti quand même. Arrivé au sommet du Mont Blanc après 12h d'escalade, j'étais cuit, rectifié, lessivé. J'ai eu le mal d'altitude (je délirais à moitié). Je n'avais jamais autant puisé dans mes réserves, approché si près mes limites. Et je n'étais qu'au sommet. A cette époque le téléphone portable n'existait pas, nous n'avions pas de radio et de toute façon sauf en cas d'accident grave, on appelait pas les secours. Il a fallu que je marche encore 6 h entre 4800 et 3800 pour descendre jusqu'à l'aiguille du Midi.
Ce jour-là, j'ai compris que mes limites étaient beaucoup, beaucoup plus loin que ce que j'imaginais et qu'avec de la volonté, de la niak on est capable de choses insoupçonnées.
2ème anecdote :
Un copain part faire l'ascension hivernale du Ben Nevis, petite montagne écossaise culminant à 1500 m mais exposée à des conditions climatiques qui rendent son escalade himalayenne.
Le matin dans le refuge, le copain ouvre la porte et constate la tempête : vent à 60 km/h, grésil horizontal. Il déclare que vu les mauvaises conditions, il reporte son ascension au lendemain. Là, un guide écossais l'interpelle : « What ? It's full condition !! ». Pour lui, la météo était optimum. Des deux, qui a le plus de chance de survie pris dans une tempête hivernale ?
C = CONNAISSANCES
Ce sont les connaissances théoriques et pratiques (règle des 3, C²VMD, météo, orientation …) qui vous feront prendre les bonnes décisions. C'est aussi la connaissance du terrain, des possibilités de repli, des ressources locales, mais aussi de vous-même.