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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Introduction à la philosophie de la survie, mon expérience  (Lu 3825 fois)

15 juin 2014 à 01:32:35
Lu 3825 fois

Cocoeau


Je suis bénévole auprès d'enfants depuis le début de cette année. J'ai eu beaucoup de discussions parfois profondes avec une jeune fille de 11 ans, et récemment j'ai tenté de lui parler de ce qu'était "se protéger", bref un peu dans l'idée de la philosophie du forum.
Je précise que je ne voulais pas lui parler d'une potentielle rupture brutale des approvisionnements ou de l'effondrement de notre système - si ses parents veulent le faire libre à eux, moi ce n'est pas mon boulot, car à cet âge on peut encore être très impressionnable ! J'ai plutôt orienté ça vers les risques communs et quotidiens, à partir de l'exemple de l'équipement de sécurité que le collège leur impose pour les cours d'escalade.

Voici ce que je lui ai dit, mot à mot - j'avais enregistré ça pour vous le retranscrire. J'aimerais savoir ce que vous en pensez, ce que j'ai pu oublier... Et si cela peut être une inspiration pour aborder le sujet de manière douce avec vos enfants, tant mieux :)

"Tu vois, parfois, quand tu fais quelque chose de dangereux, il faut prendre des précautions particulières, des trucs que tu ne ferais pas dans la vie quotidienne. Par exemple, quand au collège vous avez cours d'escalade, vous devez mettre un baudrier et vous assurer. Ca évite les accidents. Continuer à faire ça dans la vie de tous les jours peut être très utile. Je ne parle pas de mettre un baudrier, bien sur, mais de prendre des précautions. Par exemple quand ta mère te dis de ne pas suivre ou parler avec un inconnu dans la rue. Et il y a plein d'autres précautions qui peuvent te permettre d'être plus en sécurité.
- Comme quoi ?
- Est-ce que tu te souviens, quand on a visité le musée xxx ensemble, qu'à un moment je me sentais mal ?
- Oui, tu as bu un truc qui sentait bizarre.
- C'était du thé, bien fort et bien sucré, pour me redonner de l'énergie. Ce jour là j'étais malade, alors j'avais pas mangé le matin, c'est pour ça que je me sentais mal.
- La précaution, là, c'était de manger le matin ?
- Oui, ça peut être ça. Mais emmener mon thé, c'était aussi une manière de me protéger : je me suis sentie mieux après. J'ai fait ça parce que je savais que je risquais d'être pas bien. C'est pareil pour te protéger toi : à l'escalade, tu mets un baudrier parce que tu sais que tu risques de tomber.
- Et quand tonton xxx va au travail il porte un casque parce que des trucs peuvent lui tomber dessus, parce qu'il travaille sur des chantiers.
- Voilà c'est la même chose. C'est aussi parce qu'un accident de voiture peut arriver qu'il y a des ceintures de sécurité, ou parce qu'il peut y avoir un incendie qu'il y a des exercices d'évacuation au collège.
- Comment on fait si y a le feu en septembre ? Parce que nous, l'exercice, on l'a fait longtemps après la rentrée.
- Les profs apprennent ce qu'ils doivent faire dans ces cas là, et ils s'occupent des élèves. Il y a aussi des gens qui apprennent les premiers secours, savoir aider une personne qui ne se sent pas bien. Tu pourras apprendre ça quand tu seras un peu plus grande.
- Maman m'a expliqué que si quelqu'un va pas bien, il faut faire le 15, et si y a le feu le 18."

Nous avons donc parlé de la différence entre samu et pompiers, du 112 sur un portable, et de quoi dire une fois le centre de secours en ligne... Bref des trucs qui à mon avis devraient être au programme du collège au côté du secourisme, plutôt que d'apprendre comment marche un volcan - thème passionnant mais vachement moins utile au quotidien si l'on habite pas sur le Piton de la Fournaise.

Une conversation enrichissante pour moi car j'ai pas mal réfléchi en tentant de formuler tout ça simplement, et que j'espère instructive pour elle.

15 juin 2014 à 09:20:23
Réponse #1

Draven


C'est bien d'attaquer ce genre de sujets avec des exemples concrets du quotidien, pas besoin de partir dans des trucs super impressionnants, encore moins avec les enfants.
Et l'idéal c'est de les amener a se poser des questions eux mêmes, et a devoir y réfléchir par eux même, pour ensuite comparer les idées de solutions.
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

16 juin 2014 à 01:01:56
Réponse #2

Patapon


Yo,

Un truc qui marche avec les enfants (mais aussi avec les adultes), c'est de transmettre les infos en s'amusant.

La capacité des jeunes à ce concentrer longtemps sur un sujet étant limitée (ils sont très vite intéressé par autrechose), leur donner un côté ludique est très profitable et permet de les garder plus longtemps sur le truc.

Par ailleurs, du fait de ce "problème" à rester longtemps concentré, il ne faut pas hésiter à présenter le même sujet sous plusieurs formes (en gros, le cour magistral, ça marche moyen)

Tcho

Hugo
"Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les laissent faire"....en d'autre termes, il faut se sortir les doigts....

16 juin 2014 à 20:29:35
Réponse #3

Cocoeau



16 juin 2014 à 21:52:38
Réponse #4

Oim


Merci Cocoeau pour ce "témoignage" ça donne à réfléchir...

Si on veut aider ne pas partir d'où on est dans la reflexion mais d'où en est la personne avec qui l'on parle.
Vrai aussi avec les adultes, même proches...


 ;) im
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

16 juin 2014 à 22:25:26
Réponse #5

jozz54


Citer
Nous avons donc parlé de la différence entre samu et pompiers, du 112 sur un portable, et de quoi dire une fois le centre de secours en ligne... Bref des trucs qui à mon avis devraient être au programme du collège au côté du secourisme, plutôt que d'apprendre comment marche un volcan - thème passionnant mais vachement moins utile au quotidien si l'on habite pas sur le Piton de la Fournaise.

Je suis enseignant en collège et formateur PSC1: Le PSC1 est dispensé dans de nombreux collèges et l'EN forme de nombreux moniteurs (de manière exponentielle) depuis quelques années...

Citer
Un truc qui marche avec les enfants (mais aussi avec les adultes), c'est de transmettre les infos en s'amusant.

La capacité des jeunes à ce concentrer longtemps sur un sujet étant limitée (ils sont très vite intéressé par autrechose), leur donner un côté ludique est très profitable et permet de les garder plus longtemps sur le truc.

Par ailleurs, du fait de ce "problème" à rester longtemps concentré, il ne faut pas hésiter à présenter le même sujet sous plusieurs formes (en gros, le cour magistral, ça marche moyen)

La formation PSC1 est tout sauf un cours magistral, mais comprends de nombreux ateliers, mise en pratique et cas concrets  ;)

Quand à la pédagogie avec de jeunes (ou moins jeunes) élèves, elle est de plus en plus (et aurait toujours due être) basée sur des états d'esprits (curiosité, adaptation, polyvalence, créativité), sur des thèmes concrets (donc quotidiens de l'élève) et des compétences ré-investissables : moins mais mieux...
Il vaut mieux l'avoir et ne pas en avoir besoin, qu'en avoir besoin et ne pas l'avoir....

17 juin 2014 à 00:14:32
Réponse #6

Cocoeau


Je suis enseignant en collège et formateur PSC1: Le PSC1 est dispensé dans de nombreux collèges et l'EN forme de nombreux moniteurs (de manière exponentielle) depuis quelques années...

Oui, en effet et c'est bien. Obligatoire dans tous les collèges (ou lycées), ça serait encore mieux, car beaucoup ne proposent pas encore cette formation. D'autres ne l'offrent qu'à un nombre limité : dans mon lycée il y avait eu une journée de formation, mais réservée aux élèves de session professionnelle.
Cela dit il est vrai que des efforts ont été faits en la matière.

La formation PSC1 est tout sauf un cours magistral, mais comprends de nombreux ateliers, mise en pratique et cas concrets  ;)

Ca oui, pour l'avoir passé je suis entièrement d'accord. En revanche à 11 ans une petite fille n'a peut être pas la force physique pour mettre un adulte en PLS ou pratiquer un massage cardiaque en cas de besoin. Sans compter la pression sur ses jeunes épaules ! 15-16 ans me semble un âge plus rationnel, sois en classe de 3ème / 2nde.

17 juin 2014 à 15:43:04
Réponse #7

musher


En revanche à 11 ans une petite fille n'a peut être pas la force physique pour mettre un adulte en PLS ou pratiquer un massage cardiaque en cas de besoin. Sans compter la pression sur ses jeunes épaules ! 15-16 ans me semble un âge plus rationnel, sois en classe de 3ème / 2nde.

Si le formateur est un bon formateur, il va adapter son discours à son public. Il va accentuer son discours sur les points du PSC1 réalisable par un enfant de 11 ans (prévenir, sécuriser...) quitte à ne pas aborder d'autres inadaptés à cet age.

De même pour avoir suivi 2 PSC1 avec deux publics différents et le même formateur, les cas pratiques ont pas été les mêmes car le formateur les a adaptés aux situations que son public risquait de rencontrer. (Déjà, c'est plus concret pour le stagiaires)

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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