"En tapant 18, 112 ou 15 et expliquez ce qu'il y a, tiens!"
Si l'idée est là, l'appel aux secours le plus efficient est un peu plus compliqué que cela, mais accessible à tous.
Toute ressemblance avec des personnes existante ou ayant existé serait bien évidemment fortuite et inhérente à la volonté de l'auteur dans l'histoire qui va suivre.
Michel rentre chez lui, en voiture. Il vient de finir de travailler, il est 19h, il fait encore jour. La route de montagne qui mène jusqu'à chez lui, il pourrait la faire les yeux fermés, ça fait 20 ans maintenant qu'il l'emprunte. Premier virage, deuxième virage, ligne droite, virage, virage et encore un v... Et juste après, une voiture, dans le bas côté droit, légèrement dans le ravin, apparemment contre un arbre. Michel fait un écart, et aperçoit le conducteur, apparemment sonné, conscient, mais la vitesse avec laquelle il passe à côté l'empêche de voir les détails. Michel prend son téléphone, et tout en roulant passe un appel aux pompiers.
"Route x, y'a une personne dans sa voiture dans le bas-côté, qui a fait un accident" et Michel doit raccrocher parce que y'a une biche qui vient de passer devant lui et ça l'a effrayé et faut qu'il fasse attention à sa tension, quand même.
L'opérateur CODIS (Centre Opérationnel Départemental d'Incendie et de Secours) déclenche alors un VSAV (Véhicule de Secours et d'Assistance aux Victimes, une "ambulance", en fait) seul. La Gendarmerie est évidemment déclenchée, mais le délai est plus long.
La caserne la plus proche est une caserne exclusivement composée de volontaires. On a donc 8 minutes de délai (pour le Haut-Rhin, par exemple) entre le bip et le départ du véhicule, puis le délai pour arriver sur le lieu de l'intervention. 15 minutes après, les pompiers arrivent sur les lieux. Ils sont trois, un doit s'occuper du balisage parce que l'accident est juste après le virage, pendant que les deux autres font l'abordage du véhicule. La voiture est encastrée dans l'arbre, la personne sera impossible à sortir par la porte. La conductrice est inconsciente. Et l'enfant, couché à l'arrière, également. Le Chef d'Agres du VSAV doit donc passer un message et demander des moyens supplémentaires. A savoir, un véhicule de désincarcération (Un Fourgon Pompe-Tonne Secours Routier), ainsi qu'un deuxième VSAV pour prendre en charge la deuxième victime, puis enfin un SMUR parce que les personnes sont en état apparemment critique. 8 minutes + le temps d'arriver sur les lieux de l'intervention, plus le temps de remettre un balisage en place, le temps d'intervention commence à s'allonger. Rajouter à cela, le temps de la découpe et du dépavillonage du véhicule, et j'en passe et des meilleures. Du temps perdu, suite à un simple appel.
Et du temps perdu, ça signifie beaucoup pour une victime en état critique. Du sang perdu, des capacités cognitives perdues, etc...
Reprenons l'histoire, avec un autre personnage que Michel, au moment où il arrive sur les lieux de l'accident.
Jean-Marc s'arrête après l'accident. Il met les warnings, les phares, son gilet haute-visiblité, il fait certes jour mais c'est jaune flashy et ça sauve quand même des vies. Il prend son triangle, accessible dans l'habitacle direct de son véhicule pour éviter de sortir dans la précipitation, d'ouvrir son coffre et de se faire dégommer, et court avant le virage pour le poser par terre. Par chance, il a une lampe de poche dans la poche avec une fonction clignotante, qu'il pose par terre, parce que franchement le triangle c'est vraiment pas terrible. Puis il court jusqu'à la voiture. Le conductrice est inconsciente, l'enfant à l'arrière également, et les deux ne se réveillent pas même après plusieurs appels de JM. La voiture est complètement encastrée dans l'arbre. Le moteur est coupé, tant mieux. Tout en prenant son téléphone, JM ouvre une porte, prend le pouls carotidien de l'enfant qu'il perçoit. Il voit également sa respiration. Idem pour la femme. Il n'essaye surtout pas de déplacer les victimes ; interdit, après un accident.
"Je suis route x, juste après un virage dangereux, en présence d'un accident d'une voiture seule, encastré dans un arbre. 2 victimes, inconscientes. La conductrice est incarcérée dans l'habitacle..."
L'opérateur CODIS, avec tous les mots clés que JM a donné, a déjà déclenché deux VSAV (pour "deux victimes"), un FPTSR (pour "encastré", mais aussi "virage dangereux"), un SMUR (pour "inconscientes").
Délai : 8 minutes plus le temps d'arriver sur les lieux. Et le temps d'intervention est largement raccourci. Et la durée de vie des victimes prolongée.
Les messages précis sont également importants pour les pompiers qui partent sur les lieux, pour avoir un maximum d'informations sur leur feuille de départ et se préparer mentalement.
A retenir donc :
PROTEGER
Soi-même, lieu de l'accident. Eviter le sur-accident.
ALERTER
Message complet et détaillé aux pompiers/samu, après analyse de la situation.
SECOURIR
Dans la limite des connaissances et des compétences. Mieux vaut ne rien faire que de faire une connerie.
Dans l'ordre. Sauf si la voiture était déjà en train de brûler. Par exemple.
Un petit sujet grâce à mes maigres compétences de SPV, j'ai encore plein de sujets comme ça sur le secourisme, sur ce qu'il faut faire en cas d'incendie, ou dans certains cas précis, si ça intéresse je peux continuer.
Et si je suis hors-sujet, dans le mauvais forum, ou si ça a déjà été fait, je m'en excuse platement.
Trail'