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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Rando solo de moyenne durée en moyenne montagne  (Lu 2483 fois)

11 mars 2014 à 00:53:24
Lu 2483 fois

Coq boiteux


Bonjour,

Courant septembre, je suis parti de Valence à pied pour rejoindre Menton, une trentaine de jours plus tard, en empruntant au maximum les montagnes. Ce voyage n'avait rien de particulièrement engagé mais était tout de même un peu plus délicat à gérer qu'un treck de 4-5 jours auquel j'étais jusqu'alors habitué.

Je livre ici quelques éléments de l'organisation que j'ai mise au point en ce qui concerne la "survie" (ne pas tomber dans une situation de survie, prévoir de quoi sortir d'une situation qui craint, etc.). Cette organisation étant essentiellement matérielle (mais pas que), j'ai supposé qu'il était pertinent de poster ici.


Présentation générale du voyage
L'idée du voyage était de profiter en solitaire de la montagne en automne, pas nécessairement loin de toute civilisation, mais en m'offrant de beaux spots de bivouac en altitude. S'ajoute à cela un tempérament pas téméraire pour deux sous qui fait que je n'avais pas du tout envie de prendre le risque de me retrouver dans une situation galère.

Plusieurs éléments de mon cahier des charges donc :
- jamais hyper loin des villages, mais souvent à plus d'une journée de marche
- couverture GSM très fréquente, mais non garantie
- besoin de faire face à des températures très variables entre les belles journées de septembre à plus de 20° et les froides nuits d'octobre à -10°
- possibilité de ravitaillement dans les villages, mais risque de trouver tout fermé
- sac de randonnée de 15kg max, avec de quoi tenir pendant plus d'un mois


Distinction "courant"/"exceptionnel", "consommable"/"costaud" et notion de kit "ultime"
Ma grosse difficulté a été de fignoler mes "kits". Fonds de sac, fond de poche,... ce n'est pas la littérature qui manque sur ce forum. Mais je ne m'y retrouvais pas complètement.

Ma question était en gros : comment faire du feu au quotidien pour me faire à manger et, le jour J où il y a un problème, être certain que je pourrais faire le feu qui va peut-être me sauver la vie. La question se pose pour le feu, mais aussi pour la lampe, la purification de l'eau, le téléphone, etc.
Autrement dit : comment concilier un usage courant et un besoin d'être certain certitude en cas d'exceptionnel.

Pour résoudre ce problème j'ai été amené à distinguer dans mon matériel deux catégories :
- le consommable ou le fragile : on peut l'utiliser tous les jours, le recharger aux villages si besoin, mais on ne peut pas compter dessus pour sauver sa peau
- le costaud qui ne s'use pas : on peut l'utiliser tous les jours et on sait qu'on pourra compter dessus si besoin.

Se rajoute à cela la notion d'ultime introduite par Corin dans son kit
son usage me sert de repère pour me dire qu'il y a un problème et rentrer immédiatement.
alors le tour est joué : on duplique dans un kit "ultime" tout ce qui est consommable ou fragile, afin de pouvoir compter le jour venu sur un objet pleinement opérationnel.


Importance de la communication
J'ai opté pour une approche progressive pour pouvoir communiquer et que l'on vienne me sortir d'un mauvais pas (CCMVD) :
- Normalement, en cas de besoin, je peux utiliser mon GSM pour alerter les secours.
- Si plus de batterie, j'utilise le GSM du kit ultime, toujours chargé.
- Si communication impossible car réseau insuffisant : utilisation de la balise de détresse personnelle. Mais elle ne permet pas une communication bilatérale pour préciser le problème (si on s'est fait mordre par une vipère ou si on est juste perdu...) ou avoir un avis médical par exemple.
- A cela s'ajoute une communication régulière avec mes proches par GSM, les tenant informé en gros du programme des jours à venir, mais sans être capable d'être très précis ni sur le planning, ni sur l'itinéraire.

De toutes les façons, les secours mettent un temps certain pour arriver sur site... Donc il faut pouvoir tenir en attendant et la communication ne remplace pas les besoins vitaux. Dans le cas présent, typiquement une immobilisation suite à une blessure, il faut surtout veiller à la régulation thermique qui est prioritaire, même dans le meilleur des cas (GSM + météo favorable).


Déclinaison en kits et strates
Mon scénario de base était simple : pendant 99% du temps je serais avec mon sac sur le dos qui contient à peu près tout, mais dans un endroit potentiellement pas accessible par les secours avant quelques heures (au mieux).
Mais je ne veux pas m'empêcher d'aller chercher de l'eau à la source à 200 mètres ou monter sur la crête voir le soleil se coucher... le tout sans porter en permanence 15kg sur le dos ni prendre le risque de crever de froid parce que je me serais pété la cheville à 200 mètres de tout mon matos (ah, la mobilité !).

Du coup, mon organisation se décomposait entre ce que j'avais dans mes poches et ce que j'avais dans mon sac. Décomposition en strates bien classique qui s'ajoute à la décomposition courant/exceptionnel vue plus haut.


Le quotidien dans mon sac à dos
- de quoi manger (jusqu'à 5 jours d'autonomie pour traverser les Hts plateaux du Vercors)
- de quoi boire (deux Nalgene d'un litre + poche à eau de 2 litres)
- de quoi me couvrir (tente tarp, poncho, duvet -15°C, vêtements chauds, couverture de survie épaisse)
- de quoi communiquer (smartphone)
- de quoi me soigner (pansements, médicaments de base)
- de qui faire diverses réparations (duct tape, fil, piles de rechanges, multitool...)

Kit de communication ultime, dans le sac à dos
GSM "de secours" avec batterie séparée + balise de détresse + bâton lumineux pour signalisation (pas certain que ça fasse bon effet)


Robuste à usage quotidien : sur moi, en permanence
couteau (battonage & saucisson), firesteel, sifflet, lampe, boussole, papiers ID, cate bancaire.


Kit ultime : en permanence au fond de la poche cargo
Emballé sous ziplock, proche de celui de Corin, qui duplique les éléments fragiles.
- couverture de survie protégée dans du duct
- pastille esbit (sous duct)
- popotte en alu (barquette congelateur)
- sachet sucre (sous duct)
- briquet
- sac congelateur + 50€ en billets
- lampe (désossée pour éviter le contact) + pile neuve
- ficelle
- café
- toile coton
- coordonnées de l'assurance + personnes à prévenir en cas d'urgence + groupe sanguin
- au centre : duct sur carte de triathlon (on s'en fout, mais bon...)
- sachet doliprane
- coton vaseliné sous cellophane
- aquamira en sachet (9 litres)


A corriger, compléter pour la prochaine fois
Globalement, je suis satisfait de mon organisation. Mais vu que je n'ai pas eu de souci majeur (en dehors d'une ampoule dans les derniers jours), on n'est jamais sûr. J'avais sans doute sur-dimensionné la trousse de réparation qui a gagné depuis à s'alléger...

Signalisation en cas d'intervention des secours
Lors d'un passage en refuge j'ai été témoin par radio de deux interventions des secours. La question posée par le poste de secours était toujours la même : comment reconnaître la personne blessée.
D'où l'idée d'avoir une serviette de couleur fluo qui puisse être utilisée en drapeau de signalisation.

[Pour compléter l'histoire, le soir, nouvelle intervention : un groupe de personnes âgées n'était pas rentré. Il faisait nuit. L'équipe à terre était sur le point de partir quand on a vu arriver le groupe... éclairé avec leur portable :down: ils avaient juste mis plus de temps que prévu. Qui a parlé de mobilité et de vision ?]

Bâtons lumineux : utiles ?
Je prévoyais les bâtons lumineux, mais je ne suis pas certain que ce soit efficace en fait. A vérifier. A défaut, ça permet au moins d'avoir un éclairage de secours.

respecter les règles que l'on se fixe...
J'avais deux GSM avec cartes chez deux opérateurs, mais les cartes n'étaient pas compatibles avec le smartphone (pour quelle raison ?). Du coup, j'ai été amené à utiliser mon téléphone "ultime" un soir où seul le réseau SFR passait, violant donc le principe de "à n'utiliser qu'en cas d'urgence". A teste une prochaine fois avant le départ.  :down:

Dimensionnement du duvet
Le duvet aurait pu paraître sur-dimensionné (-15°C), mais je voulais une marge de manoeuvre par rapport au froid. Il se trouve que j'ai eu un épisode très froid (neige en plaine) alors que je me trouvais assez haut (dans le secteur du Chambeyron). En arrivant un jour dans une cabane refuge de à 2.800 m, il faisait bon dedans par rapport à la tempête qui faisait rage dehors : -5°C. J'ai apprécié le duvet et l'aurais encore plus apprécié s'il avait fallu dormir dehors...

Usure des emballages
Tous les trucs portés sur moi en permanence ont pas mal souffert de l'usure, à commencer par le ziplock du "kit ultime" que j'ai dû rafistoler au fur et à mesure avec du duct, mais qui aurait certainement pris l'eau si j'avais été trempé par une méchante pluie... Les emballages des médicaments ne font pas long feu et sont systématiquement doublés au duct... mais ça perd en lisibilité !

De même, la barquette en alu du kit ultime à la fin du périple n'aurait plus pu que servir de passoire à pâtes vu les trous que j'y ai découvert a posteriori... :'(
Si vous avez des idées pour rendre ça plus durable, je suis preneur ! 


Edit : problème avec les photos.. ça n'a pas l'air de marcher. je verrais ça demain. Désolé !
« Modifié: 11 mars 2014 à 00:59:40 par Coq boiteux »

11 mars 2014 à 09:54:59
Réponse #1

bloodyfrog


Salut,

Merci pour le partage.
Ca rappelle quelques souvenirs, dans les débuts de ce forum. :)

Ta réflexion a l'air bien aboutie, je vois pas trop de critiques à apporter.
En vrac:
- en septembre à Menton, ça se justifie peut être pas, mais le kit com de secours, j'aurais tendance à le garder sur moi plutôt que dans le sac. Toujours accessible, et tenu au chaud.
- le cyalume pour la bricole au camp, pourquoi pas. pour la signalisation en milieu montagneux, ce ne serait pas mon choix. Pour rester dans l'esprit compact du kit, une lampe comme les petites Fenix ou 4sevens te donnera plus de lumière, et plus longtemps, pour un poids et un encombrement à peine supérieur.
- la barquette alu, je n'ai jamais été fan, pour les raisons que tu mets en évidence. Quand tu peux en avoir besoin, elle ne sera jamais au top de sa forme.
Ca et le fait que je ne crois pas qu'en situation véritablement dégradée, faire chauffer un bouillon sur un feu vite construit, dans une barquette alu recyclée, soit complètement réaliste.
- le contenant de mon kit ultime est une poche en nylon... le ziploc est à l'intérieur...

Manu. :)

11 mars 2014 à 10:23:25
Réponse #2

xackurush


Salut!

Sachant que le risque le plus évident de se retrouver en situation de survie en montagne est de chuter, se blesser et du coup de rester immobilisé en attendant les secours (pour peu qu'on puisse les prévenir: mais sur ce coup là tu as maximisé tes chances  :)).

Ce que je trouve surprenant c'est que tu as tout le matos qu'il te faut pour gérer un bivouac hivernal dans ton sac, mais que tu t'en sépare et garde 3 fois rien sur toi pour rejoindre un sommet ou une source. C'est paradoxal car c'est dans ces moments là, où tu as le plus de risque de te blesser à cause du terrain plus accidenté (car si il ne l'est pas tu aurais ton sac avec toi), que tu te sépares de ton matos qui pourrait te permettre d'attendre "confortablement" les secours dans le cas où tu te casserais une jambe.
Sous la pluie/neige à -2°C avec grand vent et sans moyen de faire du feu (à partir de 1500-2000m y'a parfois plus grand chose à brûler), tu risques d'être mal assez vite si tu dois attendre les secours quelques heures.

Est ce que tu as pensé à remettre un peu en question le matos que tu emmènes afin de t'alléger et de pouvoir garder constamment ton sac avec toi?

11 mars 2014 à 10:42:11
Réponse #3

Coq boiteux


Salut!

Sachant que le risque le plus évident de se retrouver en situation de survie en montagne est de chuter, se blesser et du coup de rester immobilisé en attendant les secours (pour peu qu'on puisse les prévenir: mais sur ce coup là tu as maximisé tes chances  :)).

Ce que je trouve surprenant c'est que tu as tout le matos qu'il te faut pour gérer un bivouac hivernal dans ton sac, mais que tu t'en sépare et garde 3 fois rien sur toi pour rejoindre un sommet ou une source. C'est paradoxal car c'est dans ces moments là, où tu as le plus de risque de te blesser à cause du terrain plus accidenté (car si il ne l'est pas tu aurais ton sac avec toi), que tu te sépares de ton matos qui pourrait te permettre d'attendre "confortablement" les secours dans le cas où tu te casserais une jambe.
Sous la pluie/neige à -2°C avec grand vent et sans moyen de faire du feu (à partir de 1500-2000m y'a parfois plus grand chose à brûler), tu risques d'être mal assez vite si tu dois attendre les secours quelques heures.

Est ce que tu as pensé à remettre un peu en question le matos que tu emmènes afin de t'alléger et de pouvoir garder constamment ton sac avec toi?

Effectivement, je suis d'accord avec ton analyse, mais réduire 15kg à quelques kilos pour les porter en permanence, je n'ai même pas essayé l'exercice MULien... ça me paraît juste infaisable !

Tout le problème était de trouver un compromis entre un gros sac qui contient tout (ou presque) et qui pèse lourd et mes poches qui sont limitées en taille...

En revanche, j'ai oublié de le mentionner, mais j'avais aussi dans mon sac un sac super léger (genre sac étanche avec des bretelles) que j'utilisais lorsque je partais "à la journée" ou pour une petite excursion un peu loin de mon gros sac. Je pouvais alors y fourrer ce qui va bien et qui ne rentrait pas dans mes poches.

Et sinon, d'expérience, c'est presque sur terrain plat, juste avant le village, qu'on se blesse le plus, plutôt qu'en terrain accidenté où la vigilance est très élevée. Et s'alléger de 15kg, c'est minimiser le risque d'entorse ! ;)
Autrement dit, aller sans sac voir le coucher de soleil sur la crête, c'est minimiser l'exposition à un  problème, même si on en augmente la gravité potentielle.

CB.

11 mars 2014 à 10:54:24
Réponse #4

Coq boiteux


- en septembre à Menton, ça se justifie peut être pas, mais le kit com de secours, j'aurais tendance à le garder sur moi plutôt que dans le sac. Toujours accessible, et tenu au chaud.
Affaire de compromis : le kit communication, c'est 400g en plus à fourrer dans les poches. Comme je le disais, je préférerai devoir gérer seul et ne pas pouvoir appeler que de pouvoir appeler et m'entendre dire : fait pas beau, on peut pas envoyer l'hélico, prenez patience et gérez seul votre régulation thermique en attendant.

Mais dans l'absolu j'aimerais garder les deux sur moi   :-\ (et n'avoir jamais besoin de l'utiliser !)

Peut-être une solution du type banane à accrocher à la ceinture dès qu'on pose le sac permettrait de régler ce dilemme ? A réfléchir.

- le cyalume pour la bricole au camp, pourquoi pas. pour la signalisation en milieu montagneux, ce ne serait pas mon choix. Pour rester dans l'esprit compact du kit, une lampe comme les petites Fenix ou 4sevens te donnera plus de lumière, et plus longtemps, pour un poids et un encombrement à peine supérieur.
On est d'accord. J'avais une lampe AAA dans la poche et une autre avec pile neuve dans le kit ultime.
Quand je parlais de signalisation je pensais plus à signaler ma tente de nuit pendant une durée longue.

- la barquette alu, je n'ai jamais été fan, pour les raisons que tu mets en évidence. Quand tu peux en avoir besoin, elle ne sera jamais au top de sa forme.
Ca et le fait que je ne crois pas qu'en situation véritablement dégradée, faire chauffer un bouillon sur un feu vite construit, dans une barquette alu recyclée, soit complètement réaliste.
- le contenant de mon kit ultime est une poche en nylon... le ziploc est à l'intérieur...
A mon retour c'est un peu ce sentiment qui m'habite : est-ce que c'était vraiment utile (sauf pour égoutter les pâtes... 8)) ? Un truc ultime sur lequel on ne peut pas compter, ça devient futile, non ?

CB.

11 mars 2014 à 11:46:35
Réponse #5

musher


Perso, j'ai une grosse banane autour de la ceinture qui doit me permettre de tenir 24 h en cas de pépin en hiver.

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,64006.msg501365.html

Ayant toujours fait de la rando avec animaux (cheval, traineau à chiens), tout mon matos est/était dans les sacoches de la selle ou dans le traineau, donc en cas d'accident, je me retrouve avec que ce que j'ai sur moi.

De plus, certaines blessures sont tellement handicapantes qu'on peut plus se déplacer donc on survit avec ce qu'on a sur soi et ce qu'on peut atteindre à 2 ou 3 m autour de soi. (Donc pas d'eau, pas de bois parfois)

La cyalume a un intéret pour éclairer longtemps ( 8 h) et à faible portée. Se signaler à des secours même si on a perdu connaissance, garder une source lumineuse pour rester éveiller dans le noir...


Pour la barquette alu, j'ai pris un quart alu militaire (qui remplace le quart alu D4 sur les photos).
C'est solide. Ca me sert à protéger des chocs les éléments "fragiles" de l'EDC.   

11 mars 2014 à 15:27:25
Réponse #6

Magic Manu


Toujours le même problème du contenant qui se plie, qui passe au feux sans s'abîmer! Pour l'instant, je ne vois que le Tetra recap (je vais chercher le lien ici) de Corin! Et encore! Passé au feux 2 ou 3 fois, il finit par s'abimer. Mais, par contre, pas de trou si stocké plié correctement. Le mec qui trouve le contenant pliant étanche qui passe au feu, il fera notre bonheur!
Par ailleurs, plutôt que du Ductape, sur les tablettes de médoc, du simple scotch transparent sur la face métallisée, ça évite bien aux comprimés de se barrer, ça reste lisible, et les comprimés restent accessibles!
« Modifié: 11 mars 2014 à 19:58:47 par Magic Manu »
Hope for the best, expect the worst...

 


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