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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Apport théorique d’une pratique obscure, humide et froide  (Lu 6241 fois)

26 février 2014 à 09:06:16
Lu 6241 fois

Cheguevarech


Bonjour à tous,
Dans l’idée de partager et d’enrichir les réflexions de chacun, je vous livre ici le concept ARA, pour Autonomie - Redondance - Adaptabilité, utilisé par les plongeurs souterrains. Pour ceux qui ne se font pas l’image, la plongée souterraine consiste à visiter et explorer les cavités noyées. Ces « siphons » peuvent être accessibles depuis l’extérieur (résurgence comme la fontaine de Vaucluse), ou débuter au fond d’une grotte accessible en marchant ou après plusieurs heures de descente sur corde, escalade… Il est aussi possible, et fréquent, de parcourir plusieurs siphons entrecoupés de passages exondés (sans eau), là aussi agrémenté d’obstacle en tous genres. Cette discipline conjugue donc les dangers (et les plaisirs ! :doubleup:) de la plongée et de la spéléologie.
L’apprentissage et la préparation de ce type de plongée se base donc sur les 3 piliers que sont l’Autonomie, la Redondance et l’Adaptabilité.

L’Autonomie s’envisage de 2 façons :
- En gaz respirable (avoir de quoi respirer pour ressortir en cas de problème) = en général, application de la règle des quarts (1/4 aller, ¼ retour, 2/4 en sécurité) ;
- En aptitudes/connaissances/savoir-faire (pour rester dans quelques choses qui vous parle). Par exemple, si je ne le sens pas, je n’y vais pas (aptitudes du moment) même si ça fait chier le reste du groupe.

La redondance nous fait doubler (au minimum) tout ce qui est vital :
- 2 bouteilles séparées équipées chacune d’un détendeur et d’un manomètre ;
- 2 masques, 3 lampes (capable chacune de tenir la totalité du temps passé sous terre et/ou sous l’eau), 2 moyens de contrôler sa décompression…
- 1 cerveau (bon, là ça pêche un peu, alors des fois on part en binôme pour doubler le potentiel d’emmerde de solution  ;#).

L’adaptabilité est une règle qui nous dit qu’il n’y a pas de règle (sinon l’ARA) et que chaque cavité étant différente (profondeur, distance, visibilité, étroitesse…), c’est le matériel et le plongeur qui doivent s’adapter.

C’est une méthode (utilisée par les « écoles » françaises) mais il y en a d’autres (Anglo-Saxonne notamment). Je vous laisse analyser tout ça et prendre ce qui vous intéresse, même si au fond il n’y a là rien de révolutionnaire, et je m’en vais expliquer à mes camarades « souteux » l’intérêt de l’EDC en post siphon (certains en ont, sans l’appeler comme ça, mais pas tous !).
A+
"La critique est nécessaire mais l'invention est vitale car dans toute invention il y a une critique de la convention". (Gustave Parking)

26 février 2014 à 10:26:26
Réponse #1

Ishi



- 1 cerveau (bon, là ça pêche un peu, alors des fois on part en binôme pour doubler le potentiel d’emmerde de solution  ;#).


A l'époque, je préférai plonger seul car au moins, je n'avais que moi à gérer et mes erreurs n'avaient de conséquence que sur moi-même.
Nous avions coutume de dire que lors d'une plongée à deux, si l'un des deux  avait un problème, l'autre devait suivre son chemin et ne pas lui porter secours. Le but étant de "n'avoir qu'un seul mort au lieu de deux".
Heureusement, je n'ai jamais eu à déplorer de problèmes lors de mes plongées en binôme car je pense qu'il m'aurait été impossible de ne pas porter secours à l'autre.
A mes débuts, je plongeai avec un copain qui est mort à l'äge de 19 ans suite à une narcose. J'ai depuis arrêté la plongée et la spéléo mais depuis quelques temps, je "stresse" car le parrain de ma fille s'y est mis.
Pour avoir pratiquer la plongée spéléo pendant quelques années, j'avoue avoir du mal à comprendre la confiance que certains plongeurs actuels accordent au matos (recycleur, mélange (nitrox) fait maison et autres). Mon "expérience" me fait savoir que malgré toute la préparation faite avant une plongée, les impondérables sont légions.
La terre n'appartient pas à l'homme, l'homme appartient à la terre.

27 février 2014 à 13:23:01
Réponse #2

Cheguevarech


Pour avoir pratiquer la plongée spéléo pendant quelques années, j'avoue avoir du mal à comprendre la confiance que certains plongeurs actuels accordent au matos
Je plonge en recycleur et je confie ma vie à quelques capteurs d'oxygène et à de l'électronique, mais la technologie est tellement redondante que la gestion de la machine et de la plongée continue à ne dépendre que de moi, de ma capacité d'analyse et de mes réactions face aux problèmes. En fait, je crains beaucoup plus mes excés de confiance ou mon laisser aller.
Donc j'entretiens mon matériel mais surtout je me surveille !
A+
"La critique est nécessaire mais l'invention est vitale car dans toute invention il y a une critique de la convention". (Gustave Parking)

28 février 2014 à 09:06:10
Réponse #3

Gofannon


Je m'auto quote car mon post à plus sa place ici que sur le fil sur les situations de survie que l'on a vécue:

L'avantage de la plongée, c'est que ces situations d'urgences sont (normalement) drillé tout le long du cursus de formation du plongeur.

Plus on avance dans la pratique de la plongée, plus la recherche de la gestion de l'accident et sa prévention est importante.

Par exemple, je pratique depuis quelques années la plongée souterraine. Pas loin de l’Everest de la plongée en terme de préparation et de difficulté, même si tout comme l'alpinisme il est de plus en plus facile de pratiquer. (je ne suis qu'un débutant, disons que je ne suis qu'au camp de base et que je regarde les grands partir pour l'ascension   )

La notion de redondance matériel prends tout son sens:
- 3 lampes par plongeur en cas de défaillance d'une (être sous terre, sous l'eau sans lumière est assez flippant, mais c'est drillé aussi)
- 2 outils coupant (le fil d'arianne est notre meilleur ami mais il peut vite changer de bord. La perte du fil, fil cassé, plongeur emmêlé... tout est drillé)
- 2 réserves d'air séparés (exercice de panne d'air et de partage drillé jusqu'à l'automatisme)
- 2 masques (voir flou est presque aussi flippant que ne rien voir, ceux qui portent des lunettes me comprendrons   )
- ...

Tout comme la planification:
- Réserve d'air prévu pour faire face à la pire situation (suffisamment d'air pour sortir, avec son binome en panne d'air, on fait demi-tour dès que l'on a consommé 1/4 de son air disponible)
- Calcul de l'autonomie, et définition des limites
- ...

Un concept très important, le "what if?" (que faire si...)
On imagine toutes les situations qui peuvent arriver, puis on vérifie que l'on ai bien la solution pour s'en tirer. C'est fait physiquement, écris dans un tableau et drillé régulièrement....

Et puis il y a aussi les limites personnels, est ce que à 1km sous terre (soit 1h30 de plongée aller), la cheville en vrac suite à une chute, je vais avoir les forces et la volontés de rentrer?

Mais il y a toujours des personnes qui ne se rendent pas compte de la possibilité d'un risque quelconque. On n'échappe pas à la bêtise humaine.


Le parallèle avec ce qui nous rassemble sur ce forum est flagrant. 
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

28 février 2014 à 09:08:14
Réponse #4

Gofannon


Pour info, la plongée souterraine ça peut ressembler à ça:

C'est large, c'est clair, c'est beu, c'est topographié, il y a un fil d'arianne...
Et c'est Français. c'est le Ressel dans le Lot. Nous avons la chance d'avoir parmi les plus beau site de plongée souterraine au monde.

Mais ça peut aussi être ça:

Et la c'est étroit, trouble, pas de fil, pas de sécu, et inconnu...


 ;)
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

28 février 2014 à 09:15:39
Réponse #5

Gofannon


Je plonge en recycleur et je confie ma vie à quelques capteurs d'oxygène et à de l'électronique, mais la technologie est tellement redondante que la gestion de la machine et de la plongée continue à ne dépendre que de moi, de ma capacité d'analyse et de mes réactions face aux problèmes. En fait, je crains beaucoup plus mes excés de confiance ou mon laisser aller.
Donc j'entretiens mon matériel mais surtout je me surveille !
A+

J'ai pas les chiffres, pour autant qu'il y en ait, mais la grande majorité des accidents en plongée (sout, mélanges, loisir, recycleur) sont liés à la faute du bonhomme et pas du matériel 
Et un gros pourcentage des pannes matérielles ne mènent à rien de plus qu'un incident gère par le bonhomme.

HS: tu as quoi comme recycleur Cheguevarech? J'ai fait un baptême sur un dolphin de draeger mais je plonge régulièrement sous terre avec des mecs en inspi et meg. Je n'ai pas encore l'utilité du recycleur mais ça viendra très certainement un jour. Quasi obligatoire pour pratiquement assidûment le trimix. Ce qui n'est pas encore mon cas.
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

28 février 2014 à 10:06:31
Réponse #6

Cheguevarech


tu as quoi comme recycleur Cheguevarech?
Un Revo II.
Et puis il y a aussi les limites personnels, est ce que à 1km sous terre (soit 1h30 de plongée aller), la cheville en vrac suite à une chute, je vais avoir les forces et la volontés de rentrer?
Pour illustrer ce propos, voilà un lien vers le récit d'un accident en plongée sout qui c'est bien terminé :
http://www.plongeesout.com/accidents/secours/frayeur/lebel%20guigonne.htm
C'est un peu long et technique mais l'analyse qui est faite de l'état mentale pour survivre me parait avoir sa place ici.
"La critique est nécessaire mais l'invention est vitale car dans toute invention il y a une critique de la convention". (Gustave Parking)

28 février 2014 à 14:23:13
Réponse #7

Cheguevarech


Si je lis bien, en plongée spéléo, on facilement passe de -40m à +4000m en quelques minutes (en terme de pression sous l'eau / dans certaines cloches) et on ne sait pas toujours ce qu'on respire.
Les cloches en dépression, les cloches « mal gazées », les effondrements… sont des risques qui existent en plongée souterraine mais qui heureusement sont rares (et quand il y a un endroit qui craint, l’info remonte, parfois tragiquement, à la communauté et chacun prend ses précautions). Les accidents sont souvent du à une accumulation d’incident, que le plongeur saurait traiter indépendamment les uns des autres, mais qui « mélangés » mettent à mal ses facultés de réaction.
La théorie serait de :
1 : Faire le bilan des problèmes
2 : Décider de l’action à effectuer en priorité
3 : Poser le geste jusqu’au bout
4 : Reprendre en 1 pour s’attaquer au problème suivant.
Dans la pratique, et parce que la « Sout » a cette spécificité d’avoir une grosse pression du côté du 2e principe de la règle des trois, « 3 minutes sans oxygène », faut avoir mangé un gros bol de moine tibétain le matin pour rester zen, faire les bons choix et poser les bons gestes !

Mode prof ON.
Exercice : alors que vous faites demi-tour sur vos quarts (vous avez donc consommé un quart de chacune de vos 2 bouteilles), un moment d’inattention vous fait violement heurter une lame rocheuse qui sectionne le flexible d’un de vos détendeurs (donc vous perdez complètement une de vos 2 bouteilles). Le choc vous fait perdre l’équilibre, vous perdez le fil d’Ariane et vous soulevez un nuage de vase. Qu’est-ce que vous faites ? Vous avez 3 minutes !
Mode prof OFF.

Mais je suis curieux de savoir comment vous (les plongeurs) choisissez vos équipements (Revo/Dräger/Inspi/Meg - apparemment le sujet vous inspire) sachant que le marché est beaucoup plus petit que l'automobile (donc moins d'économies d'échelles pour la R&D et le contrôle qualité, et probablement pas de données statistiques pertinentes sur la fiabilité de tel ou tel produit).
Perso j’ai choisi le Revo parce qu’une occasion m’est passée sous le nez et j’en suis très content  :D ! Ça aurait pu être autre chose, mais de préférence un manuel (choix perso tout à fait subjectif). Que ce soit Revo, Inspiration, Megalodon, Joki… il y a des mecs, très très forts, qui font des plongées de ouf avec toutes ces machines (qui sont fiables si on les entretiens et qu'on sait s'en servir), pour explorer de nouvelles cavités ou aller plus loin (très loin et très profond !) dans des cavités en parties connues (la « première » est aujourd’hui très « chère » en plongée souterraine mais la passion de l’exploration reste pour beaucoup une très grosse motivation). C’est le plongeur qui fait la plongée, pas la machine ! Moi je me contente modestement de leur donner un coup de mains.

Pour finir, je tiens à préciser qu’il y a moyen de plonger sous terre sans se mettre la misère, juste pour le plaisir, sans se faire peur et sans que ce soit un pari sur la vie. Nos anciens ont déminé le terrain, en payant parfois le prix fort, et on leur doit un bel hommage.

PAVC car je me sens tout petit dans cette discussion avec mon misérable certificat de baptême de plongée avec bouteilles.
En même temps on est ici pour parler "Survie", et il n'est pas nécessaire d'être plongeur pour commenter ou critiquer la chose (la plongée souterraine n'est qu'un contexte, certes passionnant  :D).
"La critique est nécessaire mais l'invention est vitale car dans toute invention il y a une critique de la convention". (Gustave Parking)

01 mars 2014 à 19:47:48
Réponse #8

rapin thierry


je pratique l apnee et surtout la chasse sous marine depuis tres tres longtemp
j ai bosser en club de plongee au pin rolland a cote de st mandrier
mais j ai jamais "accroche " a la plongee bouteille

mais je suis admiratif des gars qui plongent version speleo

pourtant je peux rentre dans une faille pour admirer une cigale ou autres
mais sa j en serait incapable .
c'est en forgeant qu'on devient forgeron

03 mars 2014 à 12:29:40
Réponse #9

AC


Exercice : alors que vous faites demi-tour sur vos quarts (vous avez donc consommé un quart de chacune de vos 2 bouteilles), un moment d’inattention vous fait violement heurter une lame rocheuse qui sectionne le flexible d’un de vos détendeurs (donc vous perdez complètement une de vos 2 bouteilles). Le choc vous fait perdre l’équilibre, vous perdez le fil d’Ariane et vous soulevez un nuage de vase. Qu’est-ce que vous faites ? Vous avez 3 minutes !

Puisque les pros ne répondent pas, je tente ma chance:
  • J'essaie de rester zen, sinon les 3 minutes vont rapidement devenir 30 secondes.
  • Je ferme la bouteille, parce que le bouillon de bulles ne va pas arranger la visibilité. Par ailleurs je ne comprends pas pourquoi la bouteille est complètement perdue: il me semble qu'il y a toujours un premier détendeur au niveau du robinet, et que l'air est à seulement quelques bars dans le flexible, donc elle ne va pas se vider instantanément. En tout dernier recours je peux envisager de brancher l'autre flexible dessus (si le matériel est prévu pour), voire de respirer directement sur le tuyau sectionné (en régulant manuellement le débit avec le robinet pour éviter de me givrer les poumons à cause de la détente).
  • Je mets l'autre détendeur en bouche.
  • Je cherche le fil. Evidemment c'est plus facile dans un boyau étroit qu'au milieu d'une grotte de 10m de large.
  • Au debriefing, je maudis les instructeurs qui ne m'ont pas appris à m'attacher au fil avec une longe et un double mousqueton, comme en via ferrata (il y a probablement une bonne raison mais je ne connais pas suffisamment la pratique pour la deviner).

03 mars 2014 à 16:15:44
Réponse #10

Gofannon


Exercice : alors que vous faites demi-tour sur vos quarts (vous avez donc consommé un quart de chacune de vos 2 bouteilles), un moment d’inattention vous fait violemment heurter une lame rocheuse qui sectionne le flexible d’un de vos détendeurs (donc vous perdez complètement une de vos 2 bouteilles). Le choc vous fait perdre l’équilibre, vous perdez le fil d’Ariane et vous soulevez un nuage de vase. Qu’est-ce que vous faites ? Vous avez 3 minutes !

Pas très dur de décrire la procédure quand on a fait la formation ad hoc mais beaucoup moins simple sous l'eau, même en entrainement.

- Je ne bouge pas.
- J'agite ma lampe dans tout les sens pour signaler à mon buddy que je suis en détresse. (je plonge à "l'américaine" donc procédure de plongée par binome, et donc auparavant j'aurais fermé l'isolateur central de mon bi, puis déterminé du coté ou vient la fuite, mais ça revient au même que de perdre une bouteille)
Buddy que je ne vois plus car plus de visi.
- Je prends le cap de la sortie supposée avec mon compas.
- Je tâtonne pour voir si le fil n'est pas a proximité immédiate (on peut rêver) et j'en profite pour repérer un bon rocher pour amarrer mon dévidoir.
- J'amarre puis je fais le tour de cavité en dévidant mon fil pour enserrer le fil d'arianne.
- Je retrouve le fil.
- Je me dirige vers la sortie supposé.

C'est là ou il y a pas mal de cas de figure: je retrouve mon buddy, la visi s'améliore, j'atteins la sortie, je suis dans le mauvais sens, j'ai perdu trop d'air... chaque cas de figure se cumule avec d'autres et en découle d'autres possibilités...
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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