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Auteur Sujet: Vigilance en milieu urbain, oubli et conséquences  (Lu 2024 fois)

05 février 2014 à 11:32:15
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Tekkel


Comme souvent dit ici, l'ambiance urbaine peut vite dégénérer, plus vite qu'on ne le croit.

Je vais essayer de faire un retex de mon vécu lors de la Fête de la Musique à Nantes en 2005.

Lieu : Nantes, centre ville
Date : 21 Juin 2005
Contexte : Fête de la Musique qui dégénère.

Constat :
Forte densité de population dans les rues.
Population mixte ( familles, jeunes )
Les gens sont là pour faire la fête, beaucoup sont alcoolisés.
Les transports en commun sont coupés à certains endroits : Parmi la population, il y a donc des migrants, qui vont d'un point A à un point B, sans être dans l'ambiance de la rue.

Erreur 1 : En tant que migrante, j'étais plus préoccupée par mon trajet que par ce qui se passait autour de moi.

Erreur 2 : Connaissant bien la ville et la nature de l'événement, je n'étais pas vigilante. Je suis restée confiante dans ma bulle avec mes écouteurs, à zigzager entre les passants, avec mon seul objectif en tête.

Action : Je marchais donc pour aller à mon point B, complètement oublieuse de l'extérieur.

Conséquence :
A un moment, j'ai relevé le nez du trottoir. Je me sentais tout à coup seule ( cad sans piétons dans tous les sens ) et y'avait un truc bizarre dans l'atmosphère.
J'ai commencé à marcher plus vite (par réflexe ) en regardant partout.

Analyse de la situation en 1 seconde :
- Devant, une foule qui commence à gronder ( jeunes, plus ou moins alcoolisés, style punk à chien ( j'ai rien contre au contraire, mais ça donne une idée ))
- Derrière, une brigade de CRS en formation de je-ne-sais-quoi, mais en formation de quelque chose.
- Au milieu, le No Man's Land
- Aux extrémités latérales du No Man's Land, quelques piétons dans la lune qui commencent à se rendre compte de l'affaire ( dont la spicedicounass que je suis )

Résumé : Je suis à limite spatiale Est d'un truc craignos. Faut bouger.

Erreur 3 : Manquer d'objectivité dans mes choix et me fier plus à ce que je veux (fainéantise ) qu'à ce que je ressens (instinct de survie ).
- Mésestimer la dangerosité de la situation ( mais non ils ne vont pas charger, après tout, y'a des familles...)
- Manquer d'adaptabilité ( soit en avant, soit demi-tour, l'option de filer à l'Est, le plus sûr, ne m'a pas effleurée )
- Faire preuve de rigidité ( je veux aller au point B, je persiste dans mon trajet, le plus court, et pis c'est tout. )

Action : J'ai donc tracé ma route en longeant le No Man's Land par l'Est, jusqu'à quitter l'intersection ( et une voie de dégagement immédiat vers l'Est ) et emprunter le boulevard le long des bâtiments ( et une prochaine voie de dégagement à...200 mètres...dans la foule...et en talons... ).

Après réflexion, je pense que ce crétinisme est dû mon instinct grégaire.
Je me sentais isolée et vulnérable, au beau milieu d'un espace ouvert. Je crois que je suis allée sans réfléchir vers ce qui pouvait calmer mes émotions : les autres et un espace plus fermé ( recherche du terrier ?)

Conséquence :
Arrivée à l'orée dans la foule Est, j'ai constaté que certains n'avait rien calculé. Une foule lente en balade. Je repense notamment à cette famille à poussette qui allait vers le craignos et à qui j'ai dit de faire demi-tour rapido.
J'ai à peine eu le temps de leur dire que...
...J'ai entendu "shtomp ! shtomp !"
J'ai levé les yeux et aperçu deux projectiles fumants...dont un allait nous tomber dessus au lieu des belligérants.

Analyse éclair : Lacrymo ! Cassos !

Action : Je ne suis pas restée pour savoir si c'était un fumigène ou vraiment du lacrymo. ( c'était du fumigène )
J'ai juste galopé comme j'ai pu dans la masse, en tailleur et talons, en braillant aux gens avec enfants de se barrer ou de rentrer dans les magasins. ( J'ai une obsession avec les enfants )

Observation : Malgré les fumigènes, le bruit des bottes de CRS qui chargeaient les belligérents et eux qui braillaient, la foule alentours a eu un temps de réaction très TRES lent. La plus part des gens étaient offusqués et restaient ou allaient vers le merdier pour voir de leurs yeux ce qui se passait.

Bilan :
1.  L'impression de sécurité et l'absence de vigilance amènent à manquer d'objectivité en période de crise.
2. Etre réactif, c'est bien. Penser avant et être réactif pendant, c'est mieux.
3. L'individu en foule, est con. On peut être intelligent et autonome à la base, dans un mouvement de foule, on peut vite s'oublier et être con(ne).

Point Bonus :
- Quand on n'a pas de tête, on a des jambes : J'ai fait un chrono honorable pour un 200 mètres-talons.







 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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