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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: harcelement (bullying)  (Lu 8901 fois)

13 février 2014 à 18:55:11
Réponse #25

b@s


oui, c'est vrai, harcèlement c'est mieux...

j'ai discuté pas plus tard qu'aujourd'hui avec une victime. il est dans un état de terreur difficilement descriptible.

quand tu as connaissance des faits incriminés, ça peut paraitre vraiment pas grand chose pour certains, mais pour lui, ça s'est révelé terrible. franchement ça fait mal au coeur, et c'est difficile de l'aider ...

je vais m'inspirer de tout ce qui a été dit ici ... merci à tous

13 février 2014 à 21:03:02
Réponse #26

sharky


[mode vieux con]

Le jargon professionnel est déjà bourré de mauvais globish : n'en rajoutons pas une couche...  ::)
[/mode vieux con]

C'est vrai çà, je vais ouvrir un fil sur les stalkers alors  ;# Oups pardon, les harceleurs nevrotiques :lol:.

''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

13 février 2014 à 21:31:33
Réponse #27

Phil67


[HS]

C'est vrai çà, je vais ouvrir un fil sur les stalkers alors  ;# Oups pardon, les harceleurs nevrotiques :lol:.
90% des francophones vont logiquement lancer une recherche sur rôdeur/harceleur ou harcèlement/intimidation plutôt que stalker ou bullying.

Il y a des cas où ça se complique encore plus avec les faux-amis :
   - FR : self-défense (anglicisme) = généralement non armé
   - FR : auto-défense = généralement armé
   - US : self-defense = armé ET non armé
=> il faudrait logiquement utiliser le terme défense personnelle en français pour éviter les ambiguïtés.
;#

(J'ai un job bourré de jargon technique anglophone et on nous reproche -fort justement- cette jargonite, pourquoi devrait-il en être autrement ici alors qu'il ne s'agit pas d'un domaine technique et que le vocabulaire grand-public existe déjà ?)

[/HS]
Nous avons deux vies, la seconde commence lorsqu'on réalise qu'on en a qu'une.

13 février 2014 à 21:34:36
Réponse #28

VERDUG0


Harcelement, c'est plus vaste que bullying.

Ca se traduirait par brutalisation, brutaliser.
Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

14 février 2014 à 00:00:49
Réponse #29

rezemika


Moi aussi, je sais ce que c'est.
Je ne me souviens pas de quand ça a commencé, la frontière est floue, mais ça fait longtemps. Heureusement, je crois que la fin arrive.

Pour résumer ma vie, je ne me suis jamais vraiment senti compris ou accepté.
Je connaissais et maîtrisais plusieurs sujets scientifiques en primaire. En CM1, je savais ce qu'était un atome. J'avais pensé au concept de voiture à hydrogène à ce moment là, par moi-même. J'ai toujours été fasciné par la science.
Le hic, c'est que j'étais donc l'opposé de tous mes camarades de classe, et donc leur énemi. Je ne garde presque aucun bon souvenir de mes moments à l'école, pareil au début du collège. Dans les petites classes, je mettais du temps à écrire, et le grand de la classe était de me dire tout le temps des slogans type "Allez l'escargot !". Mes récréations consistaient surtout à attendre la reprise des cours. Bref, je voyais chaque année comme l'égale de la précédente. "Vivement que l'année soit finie" alors qu'elle vient de commencer.

Au collège, ça a changé. En pire je crois.
J'étais dans un collège privé (raison de proximité), et je croyais vraiment que ça aurait pu s'améliorer (passage du publique au privé). A la violence psychologique s'est ajoutée la crainte de la violence physique.
Des rouleaux de scutch, des compas et autres outils volaient dans la classe pendant les cours. Les caids me menaçaient implicitement, en me rappellant tout le temps qu'ils étaient les plus forts.
C'était comme ça en sixième et en cinquième.

En quatrième, comme d'habitude, je voyais ça comme une année classique, mis à part ma rencontre avec quelques profs fort sympathiques qui m'ont bien aidés, rien que par leur façon d'être (tolérants et pédagogues).
Et puis Mathieu, un nouveau du collège, est venu me voir. Comme tout le monde lui disait que j'étais un "boloss", il est venu me demander si c'étazit effectivement le cas. Mon instinct fermé et solitaire et l'époque l'a envoyé pêtre, mais il est revenu.

Jamais je ne pourrais assez le remercier pour ça, il ne s'était pas arrêté à mon comportement superficiel , il voulait me connaitre un peu. Et, inconscient, je me suis dit que c'était quelqu'un de spécial, alors j'ai accepté. J'ai parlé, et du coup il m'a parlé. On s'est parlés. Il a appris à me connaître, et surtout, j'ai appris le connaître. Il m'a radicalement changé, en bien. Pour vous faire une idée, c'est quelqu'un qui se fiche de ce que les autres pensent : il pense par lui-même. Il sait quand être serieux, quand placer de l'humour, et il s'arrange tout le temps pour placer de l'humour dans les moments les plus sérieux. Avec lui, un drame devenait un problème.

Théo (quelqu'un qui m'acceptait avant, et qui m'appreciat après l'arrivée de Mathieu), Mathieu et moi-même, nous formions une sorte de trio indisociable, toujours à bosser ensemble, à rire ensemle, et à se défendre mutuellement.
On était amis. C'était une chose nouvelle pour moi, l'amitié. Et c'était vraiment génial. Finalement, toute la classe (à quelques exceptions près) me respectait.

On est restés deux ans ensemble, jusqu'à ce que l'orientation au lycée nous sépare, mais nous sommes encore en contact. On se revoit de temps en temps, et je ne sais toujours pas comment le remercier. J'ai une énorme dette envers lui. Grâce lui, je suis moi, et plus l'ombre de moi-même.

Arrivé au lycée, une sensation étrange m'envahissait. Je crois que c'était une sorte de terreur constante. J'avais perdu mes deux seuls amis, dans un monde hostile et inconnu. Il parait que ça se voyait de loin que j'étais traumatisé (c'est comme ça que je le resentais). Peu avant les vacances de la toussaint, j'ai enfin revu Mathieu, et je me suis senti libéré.
Je pouvais enfin reprendre ma vie, ma nouvelle vie.

Finalement, le changement d'établissement m'a offert un nouveau départ.
De nouvelles personnes qui ne me connaissaient, qui avaient donc une opinion de départ neutre, m'on acceptées, et finalement, tout le monde s'apprécie. (Je suis en seconde électrotechnique pour les curieux.)



Je sais que ça fait un gros pavé de texte, mais je me suis senti obligé de le faire. Déjà, j'espère avoir un peu contribué à la discussion, et surtout, c'est une des premières fois que j'en parles (2 psychologues ont essayés de me changer avant lui, aucun n'a réussi), et ça libère vachement.

Je me demande maintenant si je n'ai pas changé de sujet, car mon isolement venait surtout de mon caractère, le harcèlement est venu après.

Je dois aussi admettre que ce forum, de part sa simple existence, m'a bien aidé. Je le voyais comme une preuve que je n'étais pas qu'un fou associal. Je n'étais pas seul à penser comme ça, donc merci à vous !
Citation de: Ernest Renan
La société ne doit rien exiger de celui qui n'attend rien d'elle.

14 février 2014 à 21:16:47
Réponse #30

emco


Sujet fort appréciable qui me questionne beaucoup par rapport à mes deux marmots de 5 et 2 ans.
J'en entends au fond qui me disent que j'ai le temps. Je ne crois pas, non. Un autre gamin s'est déjà bien fait taper dessus par plusieurs gamins à la récré avant que les adultes référents n'interviennent. Les quolibets commencent déjà, et oui...
Et je suis persuadé que c'est à ces âges que beaucoup de choses se jouent notamment la confiance en soi.
Je vais donner l'impression d'enfoncer des portes ouvertes, tant pis.

Qu'est ce que je fais avec mes mouflets?
D'abord je leur file tout l'amour que je peux. Ca peut paraitre con, hein mais le quotidien, la routine, les emmerdes bah ça nous éloigne. Je veux qu'ils soient persuadés que quoi qu'il se passe, quoiqu'ils fassent je les aimerais toujours. les pluspervers prédateurs culpabilisent souvent leurs victimes pour qu'elles évitent de parler et il faut éviter cela. La communication est vitale.
C'est aussi en lien avec leur confiance en eux. Valorisation des réussites explications et paroles sur les échecs, pas de culpabilisation mais si je suis déçu, je le dis.
Le concept de violence légitime est compliqué pour des enfants de cet âge mais on y travaille. Même la plus jeune a déjà entendu sortir de ma bouche que si son frere recommençait, elle peut lui en coller une. Je ne lui dit pas "on ne tape pas" mais "là, tu n'as pas de raison de taper". "les gentilles filles vont au paradis, les autres vont où elles veulent"!
 Le plus grand sait qu'il doit s'adresser à un adulte référent avant de taper. Si ce référent ne fait rien ou que c'est sans résultat, là il peut et il doit se défendre. Pas toujours facile, il en a abusé mais pareil, on en rediscute, on refixe les contours etc.
Donc pour les plus grand, il faut leur dire que parfois, la violence c'est légitime mais aussi être claire sur les limites et les conséquences.
« Modifié: 15 février 2014 à 00:12:29 par emco »

15 avril 2014 à 22:43:40
Réponse #31

sharky




Une initiative qui change un peu:

http://shareittoendit.com/

Je vous laisse découvrir le court métrage, le visuel est assez bien fait et bien anxiogène
''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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