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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Questions sur les réchauds à huiles (usage en milieu froid)...  (Lu 7658 fois)

13 janvier 2014 à 14:56:03
Lu 7658 fois

lambda


Bonjour à tous. :)

Je viens à vous pour vous soumettre le problème suivant:

- lors de randonnées actiques/sub-arctiques ou montagnardes, bref, randonnées en milieu froid ou on a besoin d'utiliser un réchaud conçu pour ces conditions, typiquement réchaud à essence/multifuel... (pas que, je sais ;) ) et ou, pour ce rendre sur le point de départ de la randonnée, il faut prendre l'avion, on est confronté au problème (du moins c'est mon cas perso) suivant:

on ne peut pas embarquer que ce soit en soute ou cabine sa ou ses bouteilles d'essence (ou de gaz même) dans ces baggages.

Ce qui suppose qu'une fois arriver il faut faire un "crochet" par une station essence et/ou superette locale pour faire son plein de carburant.

Ce qui induit une notion de temps de logistique nécessaire supplémentaire...

D'ou mon questionnement sur le moyen de couper court à cette "perte de temps" (qui est une nécessité dans ce cas, c'est vrai) pour pouvoir démarrer son activité dès l'aéroport quitté...

De là je me suis penché sur la solution technique qui consiste à utiliser un réchaud à huile (alimentaire) en ce sens que l'huile alimentaire est, me semble t'il, permise dans les baggages en soute... En plus de faire double usage, de par sa nature alimentaire.

De là le coeur de ma requête:

- certains d'entre vous ont ils quelques expériences de ce type de réchaud: réchaud à huile?

- si oui, quelle version commercial? ou encore mieux, quelle version DIY a été utilisée?

- est ce que cela offre un pouvoir de chauffe comparable à un réchaud à essence pressurisé classique (coleman, primus, optimus...)

- inconvénients?

-... ?

Merci à vous sur vos éclairements là dessus! :)

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

13 janvier 2014 à 15:15:09
Réponse #1

musher


J'ai jamais utilisé de réchaud à l'huile alimentaire.
 
Mais le premier inconvénient que je vois, c'est que ça se fige donc tu vas avoir un réchaud à la margarine.

Après tous ceux que je connaisse qui ont pris l'avion pour aller dans ces régions, ont achetés leur carburant dans le premier drog-store qu'ils ont trouvé entre l'aéroport et le point de départ de leur périple.

13 janvier 2014 à 15:22:36
Réponse #2

lambda


Salut Musher.

C'est ce que je fais aussi, par défaut, c'est la solution la plus classique.

Mais j'aimerai bien court-circuiter cela... en plus de l'idée de connaître et tester un type de réchaud que je n'ai jamais utiliser jusqu'à présent.

Pour ce problème de solidification, j'avais bien pensé à imaginer un réchaud tout bête, "multi-mêches" dont l'huile serait maintenue à l'état liquide en chauffant ledit réchaud avec une simple bougie chauffe plat, du moins en mode "préchauffage"... le temps que ledit réchaud se mette en température.

Mais avant d'imaginer quoique ce soit, je préfère attendre d'autres retours supplémentaires.

merci!

à+,
Lambda

"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

13 janvier 2014 à 15:26:47
Réponse #3

François


Ma seule expérience n'a pas été très enthousiasmante : j'ai essayé de faire marcher un réchaud à pétrole pressurisé avec de l'huile alimentaire (de mémoire un réchaud Optimus avec de l'huile d'arachide)
La puissance était correcte, la même qu'au pétrole à peu près, mais le bruleur s'encrassait très vite (en quelques minutes). Je pense que la vaporisation se passait mal et que les composants les moins volatiles arrivaient au bruleur à l'état liquide, et y cuisaient plus qu'ils ne brulaient.
En climat froid se pose en plus le problème du figeage de l'huile, vers 5°C.

Sinon, un bruleur à mèche ça marche bien, et il semble qu'avec un dispositif de niveau constant pour l'huile, ou d'alimentation régulée, on arrive à des puissances respectables. Avant 1850, avant le pétrole, il existait des réchauds et des lampes à huile de forte puissance (les lampes des phares et balises, par exemple). Ils marchaient à l'huile de baleine, je crois.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

13 janvier 2014 à 15:37:07
Réponse #4

musher


Les esquimaux utilisaient des lampes à huile de phoque ou de baleine.

Est ce que l'huile de baleine ne fige pas à basse température et donc est utilisable en hiver ?

13 janvier 2014 à 16:21:30
Réponse #5

spica


https://www.youtube.com/watch?v=CZwG3xryLFs
A partir de 7:10 a 9:30 approximativement. On peut difficilement faire plus simple pour chauffer un igloo. :)

13 janvier 2014 à 16:30:43
Réponse #6

Arnaud


Y'a largement plus simple, par contre faut trouver une jolie esquimaude. 8)

Gaffe à pas faire trop chauffer l'igloo quand même sinon tu prends le toit sur la tête.
« When the last tree is cut, the last fish is caught, and the last river is polluted; when to breathe the air is sickening, you will realize, too late, that wealth is not in bank accounts and that you can’t eat money. »

13 janvier 2014 à 16:32:11
Réponse #7

Loriot


Et de bricoler un réchaud a paraffine? Avec une grosse mèche pour avoir une chauffe maximum. L'avantage de la paraffine est qu'elle a un bon pouvoir calorique et ne fume pas. (En plus tu peux la mettre sous les skis)

Si la paraffine peut être embarquée en avion... Ce que j'ignore.
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

13 janvier 2014 à 16:47:55
Réponse #8

lambda


... en effet!

à creuser, avec l'avantage de fonctionner par température négative et je transporte régulièrement sans problème des bougies en soute, donc la paraffine ne devrait pas poser de problème en elle même.

:)

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

13 janvier 2014 à 16:53:07
Réponse #9

Jean-Yves


Réponse simple : l'huile alimentaire est trop visqueuse et pas assez raffinée pour être utilisée avec la même flexibilité que le pétrole, à moins de se contenter de faibles puissances.
L'huile, ça coule et on s'en met systématiquement partout. C'est pour cela que les chandelles ont été inventées!

Il existe un "vrai" réchaud à cire/paraffine, le G-Micro PSL : http://www.gattgen.com/
Je ne l'ai pas testé moi-même, mais d'après ce que j'ai lu il n'est vraiment pas puissant et n'est absolument pas adapté à une utilisation hivernale. Il demande aussi quelques manipulations et préchauffage conséquent à l'allumage. Bref, ça serait surtout du dépannage.



Réponse détaillée et historique, sur l'huile végétale :

L'huile végétale a servi de combustible pendant quelques milliers d'années... jusqu'à l'époque 1900 environ.

Procédé 1 : lampe simple
Les petites lampes à huile ou à graisse (incluant celles à huile de baleine) fonctionnent comme une bougie, c'est-à-dire que la chaleur de la flamme fluidifie et gazéifie l'huile localement (les lampes en métal ont un bec qui plonge dans le réservoir pour réchauffer et fluidifier le combustible et améliorer ainsi la capillarité à travers la mèche).

Avantage : simple, fiable.
Inconvénient : peu puissant; la flamme noircit des fonds de gamelle.


Procédé 2 : lampe à pompe + bec à mèche tubulaire avec cheminée de verre
À l'époque des premières industries fin XVIIIe, s'est posé le problème d'avoir une flamme plus puissante, l'huile étant trop visqueuse et la capillarité d'une mèche même excellente étant insuffisante pour alimenter une flamme importante.
Solutions :
- avoir un réservoir plat à hauteur de la flamme (quinquet, sinombre);
- ajouter une pompe dans la lampe et faire monter l'huile pour noyer la mèche (système Carcel en 1800 avec un mécanisme d'horlogerie; lampe dite "à modérateur" vers 1840 avec un gros ressort dans le réservoir qui pousse l'huile des lampes vers le haut; lampes hydrostatique et autres qui utilisent de liquides plus lourds pour "pousser" l'huile — les noms de ces lampes te permettra de rechercher des schémas ou des photos).

D'ailleurs le bec avec une mèche circulaire et une cheminée de verre (bec Argand) aurait été inventé fin XVIIIe pour chauffer de grands réservoirs.

Avantage : assez puissant (mais moins que les hydrocarbures).
Inconvénients : les lampes type quinquet sont inutilisables sur une surface qui n'est pas plane et moyennement performantes; les lampes à pompe sont complexes (risque de panne, fragilité, coût), lourdes et volumineuses.


Procédé 3 : flamme bleue
Il y a eu quelques tentatives à la fin du XIXe pour avoir une flamme bleue (type Bunsen) avec l'huile végétale, mais sans succès. Le pétrole et le gaz le permettent beaucoup, beaucoup plus facilement.
Quant à avoir un système d'injecteur, je ne suis pas surpris que "ça bouche", l'huile végétale doit se décomposer avec la chaleur et laisser des résidus solides dans l'injecteur.
« Modifié: 13 janvier 2014 à 17:31:11 par Cavannus »

14 janvier 2014 à 08:47:04
Réponse #10

François


La difficulté avec les réchauds à paraffine (ou stéarine) est la même qu'avec les réchauds à huile : pour obtenir à la fois une bonne combustion et une puissance intéressante, il faut utiliser des mèches tubulaires concentriques avec des alimentations en air frais pour chaque mèche.
Pour un réchaud à paraffine, le plus simple est peut être de préparer des bougies annulaires concentriques, laissant un espace entre chaque anneau pour l'alimentation en air.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

14 janvier 2014 à 12:27:26
Réponse #11

Karto


En plus des réponses approfondies ci-dessus, réponse complémentaire pour les réchauds commerciaux/pressurisés : à ma connaissance, un seul réchaud portatif commercial peut consommer de l'huile végétale sans problème rapide et majeur, c'est le Primus Omnifuel, bien-sûr en prenant la peine de monter le gicleur adéquat (celui pour le diesel). Mais même avec ce roi des réchauds, l'huile est carburant pour situations dégradées, pas un truc optimal à utiliser de manière régulière.

Pour le reste, les systèmes simples à mèche/graisse étaient traditionnellement utilisés par les eskimos pour chauffer les igloos. Les rendements ne sont évidemment pas les mêmes, mais l'idée reste par principe valable.

Après, au lieu de passer au drug-store pour un peu d'essence C, t'as plus qu'à aller tuer un phoque, ou te faire des incisions au bide pour en sortir un peu de carburant de temps en temps. ;)

14 janvier 2014 à 12:54:07
Réponse #12

Loriot


Ça m'intéresse ce sujet, je vais quand même voire ce qu'il est possible de faire cracher a un appareil de chauffage non conventionnel. (ACNC)
Les carburants liquide semblent avoir l'avantage calorique, les solides le pratique. Encore que la frontière semble floue pour certains (huiles et parafine par exemple).

Dommage que les congés de Noël soient fini...

A+

(J'adore la lampe a pétrole: en plus d'éclairer, elle chauffe et donne au salon une odeur de parking poid lourd)
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

15 janvier 2014 à 02:04:26
Réponse #13

Jean-Yves


Je viens de me rappeler qu'il existait des éclairages à huiles lourdes (donc peu raffinées), pour les chantiers. C'étaient de gros réservoirs à peu près de la taille d'une poubelle, avec une pompe pour pressuriser le réservoir et un chalumeau avec une flamme "façon torche" non pas bleue, mais jaune.

Par contre ce devait être "du gros", sans la précision d'un réchaud à flamme bleue destiné à chauffer des aliments. J'ai juste vu des dessins de catalogues d'époque, donc je ne connais pas les détails techniques.

15 janvier 2014 à 15:01:39
Réponse #14

Karto


Oui on peut brûler efficacement l'huile lourde. Mais il faut de la machinerie adaptée. Là par exemple précisément c'est ça qu'ils font :


15 janvier 2014 à 16:38:01
Réponse #15

lambda


Merci à tous pour vos réponses et éclaircissements! :)

- J'utilise en effet un omnifiuel de chez primus, mais n'ai jamais pensé à changer de gicleur pour utiliser de l'huile, étant simplement habitué à l'essence C ou au SP 95... Merci Karto de ce rappel! je m'en vais tester ça, et il y'a de grande chance que cela soit la solution à mon problème pour la prochaine là haut.

- le fait est que le rendement énergétique soit moins grand qu'avec de l'essence reste pour moi secondaire, l'idée étant pour être plus complet dans mon exposé de:
* éviter de passer par le shop en sortant de l'aéroport (rien de dramatique, c'est ce que je fais à chaque fois, mais j'aime simplement pas briser "la mécanique de ma fantaisie" déjà bien amorçée pendant le voyage en avion, et le côté "partir dans la taïga au saut du tarmac" me plaît bien...)
* pour la virée prochaîne, ca se fera plutôt en camp lourd statique, sur une parcelle que j'ai récemment acquis Là haut il y'a quelques temps, avec du rayonnement à la journée ou sur 2 jours, avec beaucoup de boulot à abattre et tout ça dans un esprit un peu plus accentué "old-school", idéalement en utilisant comme source de chaleur, que le feu de camp: mais d'un autre côté, afin de ne pas épuisé prématurément les ressources de ma parcelle, je vais m'efforcer de ne faire du feu au camp que le soir. D'ou la nécessité pour le dej et les différentes pauses de journées de faire fonctionner rapido ma trapanelle habituelle, mais à chaque fois pour de petits "frichtis" ne nécessitant pas des chauffes énormes pour être consommées...
* enfin, gagner un peu en volume de paquetage en embarquant uniquement que de l'huile alimentaire et profiter de son double usage.

voili, voilà.

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

15 janvier 2014 à 17:35:58
Réponse #16

Brice


Tu as pensé au réchaud à bois ?  C'est plus du tout la même conso qu'un feu de camp.

I vo mé savé k'davé

15 janvier 2014 à 19:00:48
Réponse #17

Ecto


J'utilise en effet un omnifiuel de chez primus, mais n'ai jamais pensé à changer de gicleur pour utiliser de l'huile, étant simplement habitué à l'essence C ou au SP 95... Merci Karto de ce rappel! je m'en vais tester ça, et il y'a de grande chance que cela soit la solution à mon problème pour la prochaine là haut.


Tu voudras bien nous faire un retour là dessus ? :) Ca me semble intéressant.

16 janvier 2014 à 09:54:14
Réponse #18

lambda


Salut! :)

Oui, dès que je fais ça, j'en reparlerai ici. :)

Pour l'idée d'itiliser un réchaud à bois, c'est vrai qu'en y pensant, ca résoudrait complètement:

- la nécessité d'amener avec soi/d'acheter sur place le carburant,

En plus de ne plus avoir à emporter avec soi un réchaud pressurisé avec sa bouteille, sa pompe et ses accessoires en général.

Maintenant: en trek ou rando, ne pas prendre ce type d'équipement, ne serait-ce qu'en back-up (réchaud é essence ou autres solutions "technologque" adaptées au grand froid) pour ces environnements, c'est prendre un risque certain AMHA, mais dans la situation que je vous décris ici, tout en tenant compte de mon souci de ne pas taper trop fort dans les ressources du terrain, l'idée d'utilise un réchaud bien conçu et marchant avec de la brindille et des trognos de bois sec prélevé de ci de là, ca me va bien aussi... :)

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

16 janvier 2014 à 10:56:21
Réponse #19

Kilbith


Ca coute un bras, mais il existe des petits poeles démontables qui peuvent parfaitement servir en rando itinérante (pas en montagne, mais en zone vallonnée boisée c'est faisable, encore mieux si pulka).

Le small box stove Titanium Goat chez pyrene buschraft :

http://www.pyrene-bushcraft.com/small-box-stove-titanium-goat,fr,4,TIG-SBS7-5.cfm

Citer
Livré avec une housse de transport pour le tuyau et pour le corps du poêle

Taille en fonctionnement : Longueur 25.5 cm - Largeur 18 cm - Hauteur 15 cm (28 cm avec les pieds)

Taille replié : Tuyau : Longueur 31 cm - Diamètre 5 cm / Corps du poêle : 25.5 x 18 x 2.5 cm

Hauteur du tuyau : 256 cm (Longueur tuyau 228 cm + hauteur poêle 28 cm)

Poids : 1320 g avec les housses de transport

Il y a plus léger, mais le montage doit être fastidieux...
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"


16 janvier 2014 à 15:12:22
Réponse #21

lambda


Merci pour ces dernières suggestions concernant les poeles!
sous tente fermée, ca serait l'idéal quelque part,

maintenant, je serais ous tarp, et en journée de toute façon, n'utiliserait une source de chaleur que pour préparer les casses dalles/eau liquide.

de plus, sur ce coup ci, je n'aurai pas de pulka.

Ca me fait, pour ce coup ci écarter l'option du poele...

Mais ca fait clairement partie des items à m'équiper pour la suite de mes projets sur ce terrain... ;)

à+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

 


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