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Auteur Sujet: Quand notre prétention nous rend vulnérables  (Lu 4737 fois)

07 janvier 2014 à 23:24:17
Lu 4737 fois

Bruegel


Bonsoir à toutes et à tous,

Voila, depuis quelques années que je connais ce forum et je profite d'avoir ma contribution à apportée pour m'inscrire. Ce ne sera qu'une énième histoire d'accrochage qui aurait pu mal se terminer mais qui se finit pas-si-mal-que-ça, mais je pense que le fait de l'écrire va me permettre de prendre du recul et d'avoir les conseils de personnes plus aguerris que moi  :)

Donc voila, cet après-midi je faisais le tour des librairies de Lyon à la recherche d'un bouquin, quand en traversant une grande place (Bellecour pour les lyonnais parmi nous) je me suis fait accosté par un homme seul de 28-30 ans avec une valise qui marchait dans ma direction. Il s'est arrêté juste à ma hauteur, a marmonné quelque chose puis m'a demandé l'heure.

Le problème, c'est que dans sa façon de parler, il y avait un côté doucereux, une façon de prononcer les mots étrange, presque comme si il y avait une menace sous-entendue. C'est assez difficile à décrire, mais ce n'était vraiment pas un comportement normal, il dégageait une sensation d'instabilité, de danger.

Du coup j'ai eu un moment de bug pendant 2 à 3 secondes où je l'ai juste regardé en me demandant ce qu'il me voulait.

Là, il m'a pris le bras en me disant "Qu'est-ce qu'il y a, tu as peur ?".

Du coup j'ai repoussé sa main en lui répondant "Ne me touchez pas", de manière ferme, peut être même un poil agressive.

Il a prit quelques secondes à réfléchir, a mit sa main dans sa poche droite (petit coup de stress  :closedeyes:) et en me regardant m'a dit "Tu sais que t'as vraiment une sale gueule ? C'est fou ce que t'es moche".

A ce moment là je lui ai répondu "On n'a pas tous autant de chance, maintenant laissez moi tranquille" et je suis parti en m'arrangeant pour m'éloigner de 3-4 mètres avant de lui tourner le dos (de manière figurée, je le regardais du coin de l’œil).

Il a commencé à me suivre sur une petite distance puis il s'est arrêté lorsque je suis rentré dans la librairie où je voulais acheter mon bouquin.



Voila, c'est tout. Cela en décevra peut être certain qui auront eu le courage de me lire jusque là, mais il ne s'est rien passé de plus  ;#. J'avais quand même envie d'en parler pour plusieurs raisons.

Déjà, je ne suis pas quelqu'un qui attire naturellement les ennuis. Pour vous donner une idée, je mesure 1m87, je pèse 89 kilos (en étant plutôt sec, je pratique la méthode Lafay depuis 4 ans) et je fais de la boxe de manière régulière.

Du coup, je pense que ma première erreur est que le fait de ne jamais avoir d'ennuis fait que j'ai fini par croire que je n'en aurai jamais.


La question que je me suis posée après est pourquoi moi ?

Je sais que c'est une question récurrente chez les victimes d'un agresseur (je ne me considère pas comme victime ici), mais je n'arrive pas à trouver de réponse.

Le type était seul, si ç'avait été une bande, j'aurai pu croire à l'agression gratuite juste pour s'amuser.

J'avais à la main mon téléphone portable qui date de 2006 et doit se trouver à 10€ sur internet et je m'habille "bien" sans que ce soit des marques connues ou avec des logos visibles (ici je portais un simple pull en laine et un jean), du coup je ne crois pas non plus à la tentative de racket.


Le pire c'est que j'ai vu venir ce type d'assez loin mais je ne me suis pas particulièrement méfié, même s'il me paraissait "louche", on en croise des dizaines comme lui tous les jours. Il était juste jeune, grand, maigre, mal rasé et trainait un sac-valise à roulette.

Avec du recul, je ne pense pas avoir fait trop d'erreurs, mon seul regret est de ne pas avoir cherché une voiture de police pour signaler le type (non pas pour moi mais plus s'il ait allé voir quelqu'un d'autre derrière).


Voila, c'est tout ce que je voulais dire. En me relisant je me rends compte que ça peut être anodin comme situation, mais sur le moment j'ai eu une grosse montée d'adrénaline. Autant je n'aurai pas de problème à me défendre contre quelqu'un de "normal" qui me chercherait des ennuis, autant là ce type dégageait une sensation de danger que je n'ai pas du tout aimé.


Bref, j'attends vos remarques / critiques / conseils et merci à vous si vous avez réussi à me lire jusqu'au bout.


(Et pour ceux qui se poserait la question, non je ne suis pas moche, je pense qu'au-delà de la provocation c'était juste une preuve de mauvais goût de sa part ;D)



08 janvier 2014 à 09:00:24
Réponse #1

emco


Je pense que s'il est bon de travailler sur sa protection personnelle, sur les messages qu'on envoie, son attitude etc etc etc, il ne faut pas non plus oublier qu'il y a des tas de tarés en liberté. Ca va du simple doux dingue au complétement fou stabilisé par son traitement. Ce que je veux dire par là, c'est que parfois, il n'y a pas de raisons particulières pour que l'on soit choisi et qu'il n'y avait surement pas de manoeuvre pour agir de manière malveillante.
On pourra rétorquer que les "fous" ne choisissent pas leur victimes par hasard. Parfois c'est le cas et parfois ça dépasse l'entendement.

08 janvier 2014 à 09:28:05
Réponse #2

musher


Bonjour,

Ca ressemble à un type avec un problème psy.

Pas nécessairement méchant, mais inquiétant car pas normal (pas comme les autres).

On en a qui traine en centre ville. L'avantage dans une petite ville, on finit par les connaître.

 Il y en a de pas méchant, Ils sont insistants et lourds quand il t'aborde, te sortent des grosses conneries comme "t'as une sale gueule" (ce qui leur vaut de régulièrement se faire passer à tabac car ils sont pas conscient de à qui ils sortent ça).

Après, tu as des dangereux : il te demande une clope, tu lui réponds non et il te tabasse. (Chez nous, il y en avait un. On changeait de trottoir quand on le voyait arriver car on savait jamais si il était dans un bon trip ou un mauvais trip. Il a fini par se faire butter un jour.)

Perso, quand je repère une personne pas clair que je connais pas, je l'évite : changement de trottoir, changement d'itinéraire...
Car ça peut être un fou pas dangereux ou un type qui va partir en live sans prévenir.

Quand à pourquoi moi ? Le type le sait même pas. Qu'est ce qui c'est passé dans son cerveau quand il t'a vu ???
Il y a pas de logique. Il t'a vu, ça a fait tilt, il t'a abordé.

08 janvier 2014 à 09:46:06
Réponse #3

Duncan



Du coup, je pense que ma première erreur est que le fait de ne jamais avoir d'ennuis fait que j'ai fini par croire que je n'en aurai jamais.

[...]

Autant je n'aurai pas de problème à me défendre contre quelqu'un de "normal" qui me chercherait des ennuis...


Attention, tu réitère ta première erreur (cf le titre de ton fil). A mon avis, il faut peut-être que tu travail là-dessus.

08 janvier 2014 à 09:46:20
Réponse #4

Bomby



Donc voila, cet après-midi je faisais le tour des librairies de Lyon à la recherche d'un bouquin, quand en traversant une grande place (Bellecour pour les lyonnais parmi nous) je me suis fait accosté par un homme seul de 28-30 ans avec une valise qui marchait dans ma direction. Il s'est arrêté juste à ma hauteur, a marmonné quelque chose puis m'a demandé l'heure.

Le problème, c'est que dans sa façon de parler, il y avait un côté doucereux, une façon de prononcer les mots étrange, presque comme si il y avait une menace sous-entendue. C'est assez difficile à décrire, mais ce n'était vraiment pas un comportement normal, il dégageait une sensation d'instabilité, de danger.

Du coup j'ai eu un moment de bug pendant 2 à 3 secondes où je l'ai juste regardé en me demandant ce qu'il me voulait.

Là, il m'a pris le bras en me disant "Qu'est-ce qu'il y a, tu as peur ?".

Du coup j'ai repoussé sa main en lui répondant "Ne me touchez pas", de manière ferme, peut être même un poil agressive.

Il a prit quelques secondes à réfléchir, a mit sa main dans sa poche droite (petit coup de stress  :closedeyes:) et en me regardant m'a dit "Tu sais que t'as vraiment une sale gueule ? C'est fou ce que t'es moche".

A ce moment là je lui ai répondu "On n'a pas tous autant de chance, maintenant laissez moi tranquille" et je suis parti en m'arrangeant pour m'éloigner de 3-4 mètres avant de lui tourner le dos (de manière figurée, je le regardais du coin de l’œil).


Salut Bruegel, puisque tu demandes une critique, voici déjà une question susceptible d'amener une critique négative : si ton interlocuteur a pris "quelques secondes pour réfléchir" après que tu eus repoussé son bras en lui enjoignant de ne pas te toucher, qu'as-tu fait toi pendant ces quelques secondes ?

A te lire, on a l'impression que tu es resté sur place et as attendu un nouvel échange verbal pour prendre le large. Alors que, si c'est bien le cas, tu aurais pu (et à mon avis dû) te remettre immédiatement en mouvement pour prendre tranquillement le large...

Le point critique à mon sens, c'est que c'est toujours quand on reste scotché sur place, plus ou moins captif d'un échange verbal auquel on se prête par convenance sociale en étant immobilisé, qu'on est le plus vulnérable : on a perdu le mouvement, plus largement l'initiative, et on peut de surcroît assez facilement être distrait (avec les conséquences tactiques que cela comporte) par l'attention portée à la conversation entretenue, plus ou moins déstabilisante.

Donc, en cas d'interpellation de ce genre par un individu que l'on ne sent pas, rester en mouvement ou reprendre rapidement celui-ci me semblent des priorités tactiques...

Dans le cas que tu évoques, c'est à mon avis plus là que tu pourrais avoir légèrement failli et ça confirme une fois de plus à mon humble avis l'intérêt de travailler régulièrement ce point critique de la poursuite ou de la reprise du mouvement en lien avec une conversation improvisée, et la gestion de la distance voire d'une garde passive...

Globalement l'impression que donne ton récit est que tu as eu affaire à un déséquilibré, possiblement dangereux. Je rejoins ici l'avis donné plus haut par emco. Forcément, un déséquilibré, c'est déroutant...

Et donc à la réserve près formulée plus haut, je trouve que tu as globalement pas mal géré la situation, en identifiant assez bien divers signaux de risques et en prenant calmement le large.

Ceci dit, je ne suis pas sûr que la prétention que tu évoques dans le titre du fil ait joué tant que ça un rôle dans l'épisode.

Quoiqu'il soit quand même vrai qu'une certaine confiance en soi alliée à un certain respect humain peuvent parfois nous conduire à prendre un peu plus de risques, là où d'autres n'en prendraient pas forcément tant.

Cordialement,

Bomby

08 janvier 2014 à 11:20:54
Réponse #5

Oim


Pour rebondir là dessus :
Citation de: Bruegel
Déjà, je ne suis pas quelqu'un qui attire naturellement les ennuis. Pour vous donner une idée, je mesure 1m87, je pèse 89 kilos (en étant plutôt sec, je pratique la méthode Lafay depuis 4 ans) et je fais de la boxe de manière régulière.

Du coup, je pense que ma première erreur est que le fait de ne jamais avoir d'ennuis fait que j'ai fini par croire que je n'en aurai jamais.
Et la dessus :
Citation de: Bomby
...
A te lire, on a l'impression que tu es resté sur place et as attendu un nouvel échange verbal pour prendre le large. Alors que, si c'est bien le cas, tu aurais pu (et à mon avis dû) te remettre immédiatement en mouvement pour prendre tranquillement le large...

...une certaine confiance en soi alliée à un certain respect humain peuvent parfois nous conduire à prendre un peu plus de risques, là où d'autres n'en prendraient pas forcément tant.

J'ai un avis perso sur question :
Quand on dégage de l'assurance on éloigne naturellement les prédateurs qui cherchent une proie dans le but de la voler facilement.
En revanche j'ai l'impression que les "branques" ça les attire.
Les échanges de regards avant la prise de contact verbal y jouent un rôle important, je pense, et cela peut être travaillé.
Les "psychos" cherchent une relation, face aux passants lambda ils ont peu de chances d'y parvenir car les gens vont fuir immédiatement ou les envoyer paitre agressivement et ne pas leur laisser le temps de développer leur histoire.
Quand ils sentent une personne confiante, non craintive mais sans agressivité alors ils sentent un potentiel pour jouer leur scénario.

Je dis ça par expérience. étant plus  jeune (16/25 ans) dès qu'un naze ou un mec avec problème rentrait dans un lieu où j'étais, dès que j'avais échangé un regards avec lui je savais qu'il était pour moi et que maintenant ou dans une heure il viendrait forcément me chercher ... J'étais habitué...
Ca le fait moins maintenant mais, dans les rues de pays étrangers principalement, s'il y a un mec "barré"  c'est souvent vers moi qu'il se dirige, ce qui amuse beaucoup mes enfants que ça n'étonne plus...

Edit : Sinon 200% d'accord avec Bomby sur l'importance primordiale de gérer les contacts en restant en mouvement.
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

08 janvier 2014 à 14:09:21
Réponse #6

Bruegel


Ce que je veux dire par là, c'est que parfois, il n'y a pas de raisons particulières pour que l'on soit choisi et qu'il n'y avait surement pas de manoeuvre pour agir de manière malveillante.
Quand à pourquoi moi ? Le type le sait même pas. Qu'est ce qui c'est passé dans son cerveau quand il t'a vu ???
Il y a pas de logique. Il t'a vu, ça a fait tilt, il t'a abordé.
C'est ce que j'en ai conclu, que c'était probablement qu'un coup de malchance, j'étais au mauvais jour au mauvais endroit face à un type qui ne savait probablement pas ce qu'il faisait. Mais c'est assez dur de s'en convaincre, je ne peux pas m'empêcher de me demander s'il y avait quelque chose dans mon comportement qui l'a attiré vers moi.


Du coup, je pense que ma première erreur est que le fait de ne jamais avoir d'ennuis fait que j'ai fini par croire que je n'en aurai jamais.
[...]
Autant je n'aurai pas de problème à me défendre contre quelqu'un de "normal" qui me chercherait des ennuis...
Attention, tu réitère ta première erreur (cf le titre de ton fil). A mon avis, il faut peut-être que tu travail là-dessus.
Quand j'ai utilisé le terme défendre ici, c'était plus dans le sens gérer. Je ne suis plus dans le fantasme du jeune qui se croit invincible parce qu'il fait un sport de combat ou un art martial depuis quelques années.
Ce que je veux dire, c'est qu'avec quelqu'un de "normal" je sais plus facilement quel comportement adopter, je sais me montrer respectueux et ferme en même temps, ce qui permet la plupart du temps de désamorcer un conflit.


A te lire, on a l'impression que tu es resté sur place et as attendu un nouvel échange verbal pour prendre le large. Alors que, si c'est bien le cas, tu aurais pu (et à mon avis dû) te remettre immédiatement en mouvement pour prendre tranquillement le large...

Le point critique à mon sens, c'est que c'est toujours quand on reste scotché sur place, plus ou moins captif d'un échange verbal auquel on se prête par convenance sociale en étant immobilisé, qu'on est le plus vulnérable : on a perdu le mouvement, plus largement l'initiative, et on peut de surcroît assez facilement être distrait (avec les conséquences tactiques que cela comporte) par l'attention portée à la conversation entretenue, plus ou moins déstabilisante.

[...]

Quoiqu'il soit quand même vrai qu'une certaine confiance en soi alliée à un certain respect humain peuvent parfois nous conduire à prendre un peu plus de risques, là où d'autres n'en prendraient pas forcément tant.

Je pense que tu soulèves un point important Bomby, je pense qu'avec du recul le mieux est de partir avant de laisser la conversation s'envenimée. Avec ce genre de personne, plus le temps passe et plus la situation a de chances de tourner au conflit.

En l’occurrence je crois que si je ne suis pas parti c'est que j'attendais de voir ce qu'il allait faire, je ne n'arrivais pas à savoir ses réelles intentions. Mais du coup c'est vrai que ça m'a mis dans une situation de faiblesse, puisqu'à ce moment je lui laissais le choix de l'action, j'attendais qu'il agisse pour réagir.

Ce que je voulais dire par rapport à ma prétention et que tu soulèves avec justesse, c'est que le fait d'avoir l'habitude de ne pas avoir d'ennuis fait que j'ai fini par me convaincre inconsciemment que ça ne m'arriverait jamais. En prime, ça donne de l'assurance ce qui fait que dans cette situation je n'ai pas forcément cherché à m'en aller dès que j'en ai eu la possibilité, mais je suis plutôt resté pour voir ce qui allait se passer.


En revanche j'ai l'impression que les "branques" ça les attire.
Les échanges de regards avant la prise de contact verbal y jouent un rôle important, je pense, et cela peut être travaillé.
Les "psychos" cherchent une relation, face aux passants lambda ils ont peu de chances d'y parvenir car les gens vont fuir immédiatement ou les envoyer paitre agressivement et ne pas leur laisser le temps de développer leur histoire.
Quand ils sentent une personne confiante, non craintive mais sans agressivité alors ils sentent un potentiel pour jouer leur scénario.

C'est vrai que j'ai naturellement tendance à scanner mon environnement et à regarder le visage des gens qui arrivent vers moi. Du coup certaines personnes doivent pouvoir y voir une forme de défiance et il faudrait effectivement que je fasse attention à ce point.

Surtout que là j'étais seul et dans le pire des cas il y avait toujours la possibilité de trouver une ouverture et de partir en courant, mais si j'avais été avec ma copine ou quelqu'un d'autre, je ne suis pas sûr d'avoir pu me sortir aussi bien de la situation.



Enfin bref, merci à tous pour vos participations, ça m'apporte des réponses et je pense que dorénavant dans ce genre de situation je devrais savoir comment réagir.

08 janvier 2014 à 15:01:26
Réponse #7

dkjm


Il y a quelque chose qui m'a interpellé dans ton récit, c'est à peu près le même moment que Bomby à évoqué lorsque la personne en face prend quelques secondes et met la main dans sa poche.

Plusieurs fois, j'ai entendu, et lu "main cachée, main armée" ...

Aussi, j'ai une question, quand il a mis la main dans la poche, tu es resté sur place sans rien faire ? Tu as bougé ? Tu as fais quoi ? Parce que perso, je serais passé en code noir de chez noir et j'aurais probablement frappé ... Ce qui a l'évidence et au vu de la suite de ton récit aurait été une erreur...


Donc ma question est la suivante : comment savoir quand utiliser la frappe préventive (là, pour moi ça rentrait dans les moments où elle était nécessaire ...) ?

08 janvier 2014 à 22:25:25
Réponse #8

Bruegel


En fait dès le moment où j'ai repoussé son bras, j'ai instinctivement reculé pour me mettre hors de portée de son allonge.

Après, quand il a mit la main dans sa poche je dois avouer que j'ai pensé à le frapper de manière préventive. Au final j'ai hésité, probablement parce que comme je le disais avant, ses intentions n'était pas clair et du coup je lui ai laissé le bénéfice du doute. Mais j'avais les yeux fixés sur ses mains et j'aurais réagi au moindre mouvement brusque.

Ici tout est bien qui fini bien, mais avec du recul je ne pense que le frapper ait été une bonne solution. Je n'ai pas assez d'expérience pour vraiment pouvoir te dire à à partir de quelle limite il faut que tu attaques, mais je pense qu'il faut aussi garder en tête la possibilité qu'il n'avait rien dans sa poche et/ou que tu puisses le blesser sévèrement en le frappant.

Dans une situation comme celle-là, si tu le sens vraiment mal et que tu veux agir en premier, je pense que le mieux serait de le balancer au sol et de partir en courant. L'avantage de projeter quelqu'un au sol, c'est que ça surprend la personne tout en te laissant le temps de t'enfuir et le risque de blessure est plus limité que si tu le frappe à la tempe ou à la gorge.

09 janvier 2014 à 14:30:21
Réponse #9

Copper Jack


En ville, le risque d'une mauvaise chute n'est-il pas plutôt énorme ?
Je veux dire, même sans poteau ou trottoir aux alentours, ils suffit qu'une personne jetée au sol manque d'équilibre, ou ait un mauvais réflexe, pour que sa tête touche le sol en premier, et ça ça pardonne peu.

09 janvier 2014 à 15:15:51
Réponse #10

Bomby



Plusieurs fois, j'ai entendu, et lu "main cachée, main armée" ...

(...)

Donc ma question est la suivante : comment savoir quand utiliser la frappe préventive (là, pour moi ça rentrait dans les moments où elle était nécessaire ...) ?

On ne peut pas savoir à l'avance, puisque ça dépend forcément du contexte très précis et instantané dans lequel on sera plongé le moment venu.

Mais la question est légitime et, parmi les premiers critères pour y répondre, il me semble qu'il y a notamment la distance par rapport à la menace et la capacité à s'enfuir rapidement.

Si on a les deux, on peut se dispenser d'une frappe préventive pour privilégier un repli stratégique, et on a sans doute intérêt à le faire.

Si on a juste la distance, mais pas la capacité à fuir, c'est déjà différent.

Si on a ni l'un ni l'autre, le choix d'options est déjà bien restreint.

Ici, à titre d'exemple, Bruegel indique qu'il avait pris ses distances avant que la main ne soit portée à sa poche par son interlocuteur et je comprends qu'il était apparemment en mesure de prendre ses jambes à son cou si nécessaire, tout en surveillant les mains de l'intéressé.

Il ne me semble donc pas qu'une frappe préventive s'imposait. Eût-elle été faite qu'elle n'aurait d'ailleurs pas été forcément justifiable...

Citer
Bruegel : Dans une situation comme celle-là, si tu le sens vraiment mal et que tu veux agir en premier, je pense que le mieux serait de le balancer au sol et de partir en courant. L'avantage de projeter quelqu'un au sol, c'est que ça surprend la personne tout en te laissant le temps de t'enfuir et le risque de blessure est plus limité que si tu le frappe à la tempe ou à la gorge.

Plutôt d'accord, je trouve intéressant en effet de partir en courant ("je ne cherche pas les ennuis, au contraire je les redoute donc je m'enfuis)  et avant cela de déstabiliser l'adversaire, si possible de l'envoyer au sol, de façon à pouvoir prendre tout de suite un temps d'avance décisif en cas de poursuite, voire de rendre celle-ci impossible.

Cependant, pour pouvoir "balancer" quelqu'un au sol avant de partir en courant, c'est quand même plus facile si on a un certain avantage de gabarit et si on est en bonne forme physique. C'est apparemment le cas de Bruegel, mais pas forcément celui de tous...

Pour revenir à la question "frappe préventive ou non" face à une main cachée possiblement armée, je reviens sur la gestion de la distance.

Si l'on n'est pas suffisamment à distance pour éviter un premier coup de la main possiblement armée avec possibilité de s'enfuir, et que le contexte ne semble pas encore justifier une frappe préventive, il faut peut-être paradoxalement se rapprocher et anticiper avec la main avant un blocage du bras possiblement armé. De façon à pouvoir tout de suite faire obstacle à un début de mouvement offensif de celui-ci, avant qu'il n'ait pu prendre de l'élan ou prendre une trajectoire surprenante.

Du coup, si ça se dégrade et que ça démarre, on peut rentrer tout de suite vers l'adversaire, en bloquant le bras suspect et en tentant de mettre le "méchant" en déséquilibre arrière. Et, je dirais: avec ou sans frappe réellement offensive, selon le contexte : dans un contexte un peu similaire à celui décrit par Bruegel, il ne serait pas forcément immédiatement justifié d'envoyer d'entrée un chin-jab; mais dans d'autres cas, peut-être et/ou, en deuxième ou troisième intention selon la réaction de l'autre, peut-être également...

Personnellement je travaille ça de temps en temps à l'entraînement en scenario et je trouve ça plutôt plus adapté qu'une simple frappe offensive directe dans ce genre de cas (main cachée mais intentions peu claires). Il me semble que ça permet de continuer à laisser ses chances à la désescalade tout en permettant d'un peu mieux doser la riposte, voire de gérer un malentendu.

Il me semble aussi qu'en fait ça revient simplement, face à une menace un peu plus identifiée (la main "cachée" révélant paradoxalement l'axe principal d'où viendrait le danger), à utiliser cette information pour mieux anticiper la réaction à prévoir...

Et ça peut peut-être aussi contribuer à résoudre autrement, dans certains contextes, l'équation impossible "est-ce que je le tue tout de suite avant sa prochaine respiration alors que si ça se trouve il ne me fera aucun mal ou est-ce que je pars tout de suite en courant comme un parano bon à interner ?"...

Cordialement,

Bomby

09 janvier 2014 à 17:50:19
Réponse #11

Bomby



Et ça peut peut-être aussi contribuer à résoudre autrement, dans certains contextes, l'équation impossible "est-ce que je le tue tout de suite avant sa prochaine respiration alors que si ça se trouve il ne me fera aucun mal ou est-ce que je pars tout de suite en courant comme un parano bon à interner ?"...


Je m'auto-cite sans vergogne, parce qu'à la réflexion la discussion sur ce fil me fait repenser à un autre sujet que j'avais lancé à propos de la nécessité d'adapter son entraînement à son éthique personnelle, à partir d'autres discussions en cours : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,62434.0.html.

Je crois que le cas présenté par Bruegel et à propos duquel jvanier s'interrogeait plus haut est assez typique : main cachée, donc main possiblement armée, chez un individu possiblement hostile mais surtout difficilement lisible et prévisible... Frappe préventive ou pas ? Fuite immédiate ou pas ?

Pour la plupart d'entre nous ici, notre éthique personnelle nous freinera au moment de lancer une frappe préventive alors que nous ne sommes pas encore certains de sa nécessité, ni même de son utilité...

"Quand il y un doute, il n'y a pas de doute", certes, selon cette maxime il convient donc de suivre son intuition pour se préserver du danger, mais pas forcément n'importe comment et notamment pas en détruisant sans plus attendre notre interlocuteur qui représente un niveau de menace encore incertain.

Et donc, dans un cas similaire et si on n'a drillé par exemple que la frappe préventive ou la fuite, sans autres nuances intermédiaires ou autres options, on risque fortement de se retrouver scotché, inhibé par notre conscience morale, à prendre des risques inappropriés.

On peut voir notre conscience morale comme un handicap pour la survie, et chercher à s'en débarrasser, mais ce n'est pas forcément très réaliste et, vu que pour la plupart nous avons vocation à vivre en société, ça peut quand même servir.

On peut alors aussi chercher à adapter notre entraînement de protection personnelle à notre éthique, avec notamment un travail en scenario, de façon à driller des comportements que nous pourrions réellement mettre en œuvre sans problème éthique dans les données du scenario joué.

Ça me semble personnellement préférable. Mais dans certains systèmes d'entraînement collectif, ça nécessitera peut-être de pouvoir s'efforcer d'influencer ce qui est par défaut proposé à tous...

Ce qu'il faut retenir à mon sens, c'est surtout que driller de l'overkill et a fortiori uniquement de l'overkill, en plus d'être éventuellement pénalisant pénalement en cas de mise en œuvre dans la vraie vie, ça peut surtout avant même ce stade judiciaire nous pétrifier dans des situations équivoques telles qu'on en rencontre typiquement dans la vraie vie et nous mettre finalement sérieusement en danger physique.

Cordialement,

Bomby

09 janvier 2014 à 19:35:35
Réponse #12

Meven


En ville, le risque d'une mauvaise chute n'est-il pas plutôt énorme ?
Je veux dire, même sans poteau ou trottoir aux alentours, ils suffit qu'une personne jetée au sol manque d'équilibre, ou ait un mauvais réflexe, pour que sa tête touche le sol en premier, et ça ça pardonne peu.

Restons réalistes.

Si le risque d'une mauvaise chute et d'un éventuel trauma crânien est bel et bien réel, la réaction "instinctive", enfouie profondément dans le cerveau humain lors d'un déséquilibre arrière serait plutôt de rentrer la tête, et d'amortir le choc avec les membres supérieurs, puis le bassin.

D'une manière générale, lors d'une chute de leur hauteur, on voit arriver aux urgences bien peu de traumatismes crâniens en comparaison des multiples fractures de poignet, de coude, d'épaule, de hanche....






Réagir en situation est déjà suffisamment difficile en soi, ne soyons pas non plus inhibés par des appréhensions qui n'ont pas lieu d'être.

La seule exception qui me vient à l'esprit dans le cadre d'une agression serait le mec complètement déchiré : du fait de l'atonie musculaire, et des troubles de la coordination et de l'équilibre induits par l'alcool, la possibilité d'un traumatisme crânien lors d'une chute devient alors beaucoup plus probable. Sans compter que les éthyliques chroniques ont très souvent des troubles de la coagulation favorisant aussi les saignements et donc les hématomes intracrâniens...

N'importe quelle action impliquant un contact physique peut potentiellement avoir des conséquences irréversibles. La personne en face peut tomber dans les escaliers, passer par dessus une rembarde, atterrir sur la route et se faire percuter par un véhicule...  il n'y aura jamais aucune garantie, et c'est pourquoi l'évitement et la fuite resterons toujours, et de loin, les meilleures options.

Mon gravier,

Meven

 


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