Malheureusement, ce n'est pas le froid qui tue les SDF, vu que le pics de mort se situe alentour du printemps.
Le problème d'alcool et de drogues en revanches sont, eux, bien réels.
Mais a cela faut rajouter:
- Les brulures non soignée (brulures sèches liées souvent a s'etre endormi alcoolisé sur une bouche d'aeration chaude, hors celles ci chauffe fort, et en s'endormant ainsi, certains ne ressentent plus la douleur).
- Les pieds de tranchées (très courants avec le second problème liés aux engelures et au fait de garder les chaussettes en continu, certains ont parfois la chaussette qui fusionne avec la peau): dans le cas d'infection de ce genre, un bon moyen c'est le pediluve quand la chaussette ne s'enlève plus: on laisse mariner et ca se decolle tout seul.
- Les bras cassés, blessures, coups, et autres maladies (cancers, infections en tout genres) non soignés ou alors quand il est trop tard.
Concernant le manque d'alcool: en Rue, il tue plus que l'alcool, en fait l'alcool en rue c'est l'un des rares trucs sociabilisant pour un SDF, surtout avec les nouveaux venus. Le manque, le problème, c'est le degré de manque, parce que certains vont parfois rester avachis, vont partir en delirium tremens, et je ne parle meme pas des tremblements qui souvent font que la personne devient alors incapable de quoi que ce soit dans sa vie de rue quotidienne sans son litre de biere. Faut savoir aussi que le manque peu provoquer des crises cardiaques, et pour les plus anciens, l'issue est souvent plus fatale que le fait de dormir dans le froid.
Juste pour infos, vous savez comment on soigne la maladie mentale ou la dépendance en rue, par les autorités?
Je vais tenter de vous expliquer, parce que quand j'ai vu cela pour la première fois, j'ai légèrement halluciné et légèrement compris aussi comment certains mourraient plus vite que d'autres.
Chaque debut de mois, ils recoivent une piqure de produits, mais tellement shooté (quasi pour le mois) que pendant une a deux semaines, les mecs ne sont plus capable de faire quoi que ce soit. En fait, si ils ont pas quelqu'uns ou des potes pour veillers sur eux, ce serait catastrophique, car quand ils ont reçus le shoot, ils font plus rien, ils sont assis, le regard vide, parfois s'endorment, mais rien de plus, leurs parler sert a rien, ils sont au dela.
C'est ce que je reproche le plus aux connards qui ont vidés les hopitaux psy: ils font de la psychiatrie de rue en mettant ces pauvres gens en situation de faiblesse telle que sans quelqu'un pour veiller, ils crèvent facilement de froid ou par agression, parce qu'ils pourront pas se defendre ou bouger en cas de pépin, a cause du Shoot.
Shooter quelqu'un avec des psychotropes en rue, sous prétexte qu'il suivra pas le traitement, j'ai envie de dire que c'est criminel, la place de ces gens, c'est pas la rue, c'est un lit d'hopital, au chaud.
Et y a pas que des vieux, je vous jure que ca fait assez mal parfois de voir une gamine de 15 berges en rue, shootée par les medecins, sous prétexte qu'elle est en rue, schyzo et qu'elle a pas de famille.
Concernant le materiel: le problème c'est le SDF: pour l'avoir vu auprès des neophytes: avoir quelques choses en rue t'expose :
- Au vols (que ce soit des autres SDF comme de la part de petits cons de jeunots)
- a l'agression: (les meme que précedement)
- La revente (auprès de gens ou autres, vous seriez surpris de voir a quel point il peut etre facile d'avoir quelques Euros avec tout ce qu'on trouve en rue)
- La destruction (Ce dernier cas, est souvent issus du type qui n'as plus conscience de ce qu'il a autour de lui et qui ne lui sont pas familiers, soit par des cons de jeunes (et moins jeunes, voire de flics) qui y foutent le feu ou le bousille a coups de canif (tres courant quand on dort dans un endroit ou les flics ne veulent pas que vous soyez)).
Persos, je suis pas contre que tu le fasses, mais choisis bien a qui tu les files, suffit de voir avec les tentes et autres matos: certains y ont foutus le feu, d'autres ont vu les flics les detruirents (avec tout ce que cela contenaient de leurs maigres vies), et certains se les ont fait voler.
Le coups des bandes: je confirme, et parfois cela cause de sacré problème niveau survie, parce que dans la manche aussi ca se fait, j'en connais qui pour un bout de trottoir, se sont fait tabasser parce qu'il voulait pas le quitter, pour qu'il bosse pour faire de meme et rapporter a cette derniere.
Sinon faut compter aussi, pour ceux qui en Belgique ont le RIS de rue (interdit mais les CPAS s'en foutent), ou le RSA en france, certaines bandes de SDF plus jeunes et des bandes organisées, agressent aussi les SDF vers les debuts de mois, quand tombe le RIS et le RSA pour choper le fric, et ils sont assez violents pour l'obtenir, quitter a mutiler. Seul face a 6, tu sais pas faire grand chose malheureusement.
Maintenant pour en finir:
Les gens normeaux, n'ont pas a se substituer a l'Etat, on le vois très bien avec le 115 du particulier et ses dérives:
- un lit pour une soirée, certains demandent que le SDF travaille (genre refaire sa baraque), alors qu'il faut 6 mois pour réapprendre a vivre sans avoir peur, sans cauchemarder, une vie normale quoi, et surtout sans osciller entre rue et vie normale. Je ne parlerais pas de ceux qui les prennent pour la nounou et qui abandonne leurs droits parentaux pour faire ce qui leurs plaisent en laissant leurs enfants a quelqu'un qu'ils ne connaissent pas, pour eux avoir du temps libre.
Et dernier points: les regles: ok, avoir des regles c'est bien, sauf quand on balance les meme regles debiles que celles des centres: genre tu viens de 21h a 7h du mat, et cassos au matin. Ou genre, reveillé a 7h du mat, alors que le type vous a tenu le crachoir jusqu'a 23h. m*rde, on dort mal en rue, tres mal, et le premier truc, c'est de nous laisser reprendre nos heures, a notre rythme.
- le triage des "bons" et des "Mauvais" Elements SDF: en clairs, on exclu d'office du soutien: Les Alcooliques, les Malades mentaux, les Drogués, les anciens qui sont "asphaltisés", pour ne garder que les petits nouveaux qui ont encore un pied dans la normalité et les pas trop anciens qui arrivent et esperaient encore remonter la pente. Le cotés "Bon pauvre"-"Mauvais pauvre", franchement, certains meriteraient qu'on leurs enfoncent leurs pseudo gentilesse dans le c...
- La dangerosité: faut le dire, le 115 du particulier a amenés une sale dérive, surtout envers les jeunes et les femmes: y a eu des retour sur des viols de femmes par des particuliers et sur des jeunes (mineurs garçons comme filles). Problème, comme c'est non encadré, par de verifications, ni rien, et bien entendu, la majorité de ces gens en rue, ne porteront pas plainte parce qu'ils ont de gros apprioris sur une police qui a tendance a les harceller plus qu'a les aider.
Oui, le particulier peut etre un gros c*nnard en privé et le SDF peu, lui aussi, etre dangereux, suffit de voir en Belgique, une femme a hebergé un sdf, croyant qu'il etait clean, alors que c'etait un pedophile recidiviste.
Des deux cotés, on peu tomber sur tout, et la gentillesse n'est qu'un masque, faut que les gens comprennent qu'on peu avoir l'air sympa et être un put**n de c*nnard, ca les gens ne comprennent pas, pour eux, ils auront peurs des "mauvais" SDF, qu'ils considèrent comme danger, alors qu'un type souriant peut l'etre tout autant voire bien plus.
- La fausse compassion:
A quoi cela sert d'avoir quelqu'un qui vous aide soit disant, si quand vous arrivez, vous avez l'impression qu'il flippe a 100 a l'heure? Genre, vous suivre toute les 4 minutes meme au chiottes, fermer toute les portes a clés, planquer tout, y compris le debouche-chiotte, ect.
Non seulement, ca met mal a l'aise, mais on comprend très vite qu'on ne veux pas de nous, et que la personne fait cela, uniquement pour avoir bonne consience et dire a ses voisines "ho marie charlotte, regardez, j'ai aidé un sdf a revenir a une vie normale, n'est ce pas merveilleux?" (et j'exagère a peine, croyez moi).
Le mec qui t'aide sans contrepartie, c'est rare, parce que beaucoups ont en tête que seuls le "travail" remet quelqu'un de la rue dans le droit chemin. Sauf que beaucoups foutent des regles a la con qu'eux meme trouveraient anormals. et Je ne parlerait meme pas que les rares a nous aider sans rien demander, sont bizzarement ceux qui soit l'on vecu de loin ou de près, soit ceux qui ont compris que l'on doit donner sans contrepartie, ce qui veux dire: si tu donnes, ne t'attend a rien en retour, parce que donner, c'est justement donner. Si tu attends un truc en retour, ce que tu fais n'est pas un don, c'est de la vente de charité !
Desolée d'etres aussi longues, mais disons que les particuliers, y a eu trop de derives concernant le 115 du particuliers.