Je me permets d'ouvrir ce topic pour ouvrir une réflexion qui me semble nécessaire.
Après lecture du post «
Contenant particulier trousse de soin ; besoin d'aide », j'ai été amené à repenser aux nombreux posts, discussion autour de la notion de secours d'urgence et de soins en rando/voyage etc …
Je pense que nombreux s'engagent sur une pente glissante et en voulant bien faire, ils s'équipent de trop de matériels qui les détournent de l'essentiel: faire le lien entre l'accident et les secours sans s'y substituer, pouvoir atteindre une structure de soin.
Dans mon service (un SMUR) notre réflexion est à l'allègement, le retour à l'essentiel: ne garder que ce qui est utile pour la stabilisation en vue d'atteindre le CHU, pas plus pas moins, le plus grave est de perdre du temps. Combattre la peur du manque, l'inquiétude de la situation se présentant une fois sur 10 000.
Alors que c'est mon job, que je doute, me questionne toujours sur mes pratiques, je lis beaucoup de certitudes de personnes ayant une approche plus que partielle cherchant à multiplier les moyens d'agir, d'obtenir des paramètres compliqués qui n'ont aucun intérêt dans les premières minutes.
Au quotidien je constate cela: que de gestes inutiles pratiqués pour se rassurer sans que l'indispensable ne soit fait voire pire: l'inutile, le stress, le manque de lucidité ont empêché les gestes de survie, souvent les premiers gestes d'une équipe SMUR sont des compléments aux gestes de survie non effectues: poser un garrot, ajuster un compressif, corriger les actes d'une équipe déjà en place (ventilation, compressions …) puis l'équipe reprend son rôle propre.
Quelques exemples:
- le patient qui est passé en arrêt car sous O² et perf il n'a pas été aspiré sur une inhalation lors d'une intervention dans un sevice de médecine, personne ne comprenant la baisse de la SpO² (et pourtant il était monitoré ...), libérer les voies aériennes fut le premier acte,
- un massage cardiaque sur un arrêt avec une artère humérale sectionnée, la première chose que j'ai fait fut de poser un garrot simplement avec une sangle arrachée au MID,
- des pansements compressifs fait de pansements absorbants: un non sens
- Mettre des antiseptiques sur une plaie non brossé, non nettoyée au savon, c'est aberrant: on ne désinfecte que ce qui est propre ...
Bref.
Je pense que sur un forum grand public, il faut rester prudent et bien catégoriser nos interlocuteurs, à qui on s'adresse (- secouriste civil, - secouriste professionnels et entrainés type pompiers, croix-rouge, - paramédical - paramédical entrainé et protocolisé, - médical, - médecin urgentiste ou réanimateur) afin de leurs donner les bons réflexes:
- qu'est ce que je suis capable et que je veux faire (en gros quel est mon niveau d'exercice),
- quels sont les besoins réel en attendant les secours ou pour rejoindre une structure de soin,
- à partir de là, de quoi j'ai besoin pour enfin constituer ma trousse de secours
- quelles sont mes contraintes (à pied/véhicule), le niveau des soins dans le pays
Comme je l'écris l'important n'est pas ce que j'emporte mais ce que je veux, je sais faire alors je m'équipe en conséquence.
Enfin, suite à ce constat, j'ai écris une liste qui résume ma pratique, elle s'adresse à tous (hormis les médecins spécialisés plus qualifiés que moi) et couvre selon moi énormément de choses:
trousse_secours_perso.pdf ou alors voir en bas du post en pièce jointe.
bien souvent je prends beaucoup moins: esemple, en france point de perf, de collier cervical ou de coniotomie, la structure de secours est assez dense et suffisante.
Cela reflète mes habitudes et ma pratique, à chacun de construire la sienne.
Il faut rester simple, pragmatique, se servir de la clinique (oublier les artifices), bien connaître ses gestes de base (gérer une plaie, une fracture, stopper une hémorragie, la RCP et le malaise), rester humble et ne fermer aucune porte dans son éventail des hypothèses sur une situation de secours.
Je ne veux donner de leçon à personne, juste redescendre un débat qui se technicise et s'intellectualise trop alors que nous oublions que ce sont des gestes simples qui sauvent.
Merci de m'avoir lu.