Salut,
Il y a 15 jours, en allant rejoindre David sur un stage niveau 3, j'avais profité d'une remise à niveau involontaire en recherche de trace ou traque.
2 points m'avaient marqué de leur pertinence, en plus de l'observation au ras du sol:
1. Se mettre dans la peau de celui qu'on traque.
2. Prendre le temps de s'imprégner de l'environnement.
N'étant pas chasseur, les occasions de mise en pratique risquaient d'être rares. Et pourtant..,
Mardi, je suis allé aux champignons. Après les pluies de ce mois de juin, les quelques jours de soleil de ce début juillet étaient propices à la pousse des girolles.
Me voilà parti, tôt le matin, dans une petite forêt périgourdine à la recherche des précieuses chanterelles. Il fait frais, j'ai emporté un bonnet. Pour autant, après une demi-heure de marche, il ne m'est plus nécessaire et m'encombre. Je le prends à la main.
Je passe par des ronciers, emprunte des chemins improbables, découvre des clairières. Bref, je furète et je ramasse bien quelques girolles.
J'étais tout à ma satisfaction d'avoir trouvé des champignons dans un endroit que je ne connais pas, en rentrant à ma voiture, quand je fais un constat dramatique: j'ai perdu mon bonnet.
Ce bonnet ne vaut rien. Pour 3€, on trouve le même en surplus.
Bien sûr, pour moi, il est un souvenir d'une mission en Bosnie, lié à un camarade disparu, et un compagnon de plus de 15 ans. Pourtant, je ne le prends pas toujours. Il est en synthétique alors que j'en ai de bien plus efficaces en laine.
Je me suis donc fait, à regret, à l'idée de sa perte.
Et puis, tout à l'heure, désœuvré à cette heure où le soleil de plomb ramollit toute volonté, je décide d'essayer de retrouver mon bonnet en recherchant ma trace dans cette forêt.
J'allais donc traquer un animal que je connais bien, a priori: moi.
Je repars, dans la forêt, à l'endroit où je pense ne plus y avoir fait attention, au moment où j'ai traversé des ronciers.
Je retrouve la mémoire des lieux: là deux troncs couchés, là une marque de peinture faite par les forestiers.
De mon passage, il ne reste rien. J'avance et cherche par où j'ai fait ma trace.
J'observe et finis par trouver des ronces cassées et plus loin de l'herbe couchée par un pied. C'est là que je suis passé. Au milieu des herbes droites ou arrondies, une ronce à angle droit ou des herbes aplaties, ça finit par sauter aux yeux.
Je chemine ainsi de place en place. Parfois, je rebrousse chemin. J'y suis depuis une heure quand j'arrive sur la fin de mon parcours.
Je passe ce qui était le dernier roncier franchi quand je débouche dans une partie plus forestière.
J'avance mais je n'ai plus guère d'espoir tant j'étais convaincu de l'avoir lâché en franchissant un roncier.
Face à moi un abatis. J'avance en sa direction quand je me dis: "je cherchais des champignons, je ne suis pas passé par là". Je regarde à droite. Une petite sente herbacée se dessine. Elle ne me rappelle rien et il n'y a aucune trace.
Pour autant, c'est le plus logique.
Je m'engage et, soudain, contre toute attente, je tombe sur mon bonnet dans l'herbe.
Moralité:
1. Se mettre dans la tête de celui qu'on traque.
2. Observer en utilisant un regard rasant.
3. prendre le temps d'observer longuement l'environnement et se laisser guider par la logique du terrain.
J'en ajoute un dernier:
4.Ne pas se décourager.
A+
PS: on peut aussi profiter de n'importe quelle occasion pour tester des techniques ou matériels
