Comme Karto, j’ai longtemps hésité pour prendre la plume. Je savais ce que j’avais à raconter, mais ce n’est pas facile de trouver les mots justes.
Voilà, j’ai fait de mon mieux, j’aurais encore bien des choses à dire, mais je vais en rester là …
[..] pour savoir si je suis le seul à m'inquiéter de l'état actuel des choses.
[..] J'ai l'impression que le niveau intellectuel moyen est en chute libre. Si cette impression était déjà là depuis un moment, j'ai récemment vu Idiocracy pour rire un coup. Sauf que, après coup, IRL c'est beaucoup moins drôle.
Soit j'ai un problème psychologique profond qui me pousse inconsciemment à chercher des signes d'abrutissement dans les faits et gestes de mes bipèdes adorés, soit le scénariste de cette comédie est un visionnaire.
http://www.youtube.com/embed/XRCIzZHpFtY?rel=0T’es pas seul rassure toi ! C’est tellement humain …
Il est tellement facile :
- de voir les défauts des autres, de s’en plaindre, de s’énerver
- de généraliser
- de caricaturer
Il est beaucoup plus difficile par contre de voir les qualités, de se pencher sur les cas individuels …
Voir les qualités des gens, leur intelligence et leurs qualités humaines dans ce qui est leur vie à eux … La part de bon sens que nous avons tous.
Il faudrait rencontrer les gens, en particulier, les connaître avant de « juger » en masse.
Là on s’apercevrait probablement que tel ou tel « abruti » fait preuve à l’occasion d’un sacré bon sens dans sa vie privée, dans son boulot. Que c’est peut-être un c*nnard – on est toujours le con de quelqu’un d’autre – mais qu’en fait c’est un bien meilleur père de famille, un bien meilleur ami que certaines personnes que nous considérons comme brillantes.
Il est beaucoup plus facile aussi de se faire une opinion des gens en général d’après l’image que nous en renvoient les médias, plutôt que par contacts personnels. En allant vraiment à la rencontre des gens, on découvre souvent une réalité toute autre. D’accord, il faut parfois gratter au-delà de la surface …
Bref, méfions-nous des généralisations faciles …
Réfléchissons aussi :
Le monde n’a jamais disposé d’autant de cerveaux brillants, vraiment brillants, et d’outils performants pour accroître et partager nos connaissances. Il n’y a pas que l’appât du gain ou l’ambition du pouvoir qui gouvernent le monde – ce ne sont là d’ailleurs que des manifestations primaires de l’instinct de survie. Il y a aussi la soif de savoir, la soif de vérité et la soif de justice. Dans l’histoire de l’humanité, c’est très récent et – amha - c’est une tendance irréversible une fois la survie assurée ...
Mais ces chercheurs de vérité, bien plus nombreux qu’il y a seulement cinquante ans, infiniment plus nombreux qu’il y a un siècle, ils travaillent dans l’ombre et font rarement la une des journaux.
Non pas qu’ils s’enferment dans une tour d’ivoire … mais seulement leur quête est bien loin des soucis de la vie quotidienne, et leurs découvertes peu accessibles par les non spécialistes.
N’empêche. Aujourd’hui ces « chercheur » autant en sciences dures qu’en sciences humaines communiquent entre eux aux quatre coins de la terre, valident ou invalident leurs hypothèses et fournissent leur enseignement aux futurs cadres et dirigeants du monde.
Un exemple : la théorie des jeux, la technique du gagnant-gagnant.
Appliquée à la géo^politique, cela a donné ceci :
Pendant que les USA et l’URSS se livraient à une guerre idéologique féroce et s’armaient à outrance, les fermiers yankee se faisaient du blé (jeu de mot facile) sur les céréales que les USA livraient à l’URSS sans trop de publicité …

Faut-il s’inquiéter de l’avenir du monde ?
Bien malins les futurologues des années 80 qui auraient pu prédire l’évolution du monde à seulement 10 ou 20 ans : effondrement du bloc de l’est et développement économique de la Chine, ordinateurs et internet dans tous les foyers, la télé inféodée à la publicité, la prise de conscience écologique, les multiples « crises » économiques et financières dont on ne se souvient même plus … et tous les petits bouleversements qui font que, aujourd’hui je suis encore en vie, que mes enfants se portent bien et que mes petits enfants reçoivent un enseignement ma foi pas trop mauvais. À vrai dire et à bien des égards : de meilleure qualité que celui dont j’ai bénéficié moi-même.
L’inquiétude me semble peu productive.
Par contre, l’action …
Il y a certainement des choses que l’on peut faire, chacun dans sa sphère de pouvoir, pour infléchir dans le bon sens : sa propre destinée, celle des proches, celle de l’entreprise pour laquelle on travaille et, si on a les épaules, celle de la cité.
Bien accomplir son devoir d’état, tout simplement.
Bien s’occuper des siens
Jeter la télé …
(Il y aurait entre 5 et 10% des foyers français qui ont fait le pas. Ce n’est pas une statistique dont on parle à la télé, mais n’est-ce pas encourageant ?)
PSs
1. Faudrait pas croire que je porte sur le monde d’aujourd’hui un regard teinté en rose, hein …
J’ai vécu de près un bouleversement politique majeur qui a plongé pour longtemps une bonne partie du monde dans la misère et les atrocités. Une immonde lâcheté que l’on a soigneusement camouflée, en réinventant l’histoire.
J’ai bien vu quelques sacrées défaites aussi pour l’honnête homme.
Mais bon, dans l’ensemble, le monde d’aujourd’hui me semble, définitivement, beaucoup moins con que le monde à ma naissance, le monde de mes vingt ans, le monde de mes quarante ans.
Pfft … diable, j’ai l’âge d’être arrière grand-père !
2. J'ai toujours été, je suis toujours, un "foutu caractère" et un sale râleur ...
Mais je me soigne
