Intéressant, merci Serge. En partie évident, certes, mais ça a le mérite d'apporter des nuances non seulement utiles mais nécessaires dans un discours souvent un peu trop systématique sur la nécessité d'une vigilance ("awareness") permanente.
Cependant...
(...) By paying more attention to your surroundings when you are in a more vulnerable situation, it will be easier to manage your personal defense efforts.[/i][/center]
(...)
"
En prêtant plus d'attention à votre environnement lorsque vous êtes dans une situation où vous êtes plus vulnérable, il vous sera plus facile de gérer vos efforts de défense personnelle." (traduction approximative).
Certes, mais ce n'est pas si simple en pratique. Je reprends l'exemple, d'ailleurs évoqué par Kelly Muir dans la vidéo de la sortie pour faire des courses dans, disons pour simplifier et banaliser, un supermarché, avec en particulier le point critique du moment transfert des courses du caddy ou du sac dans le coffre du véhicule...
Exemple indiqué comme étant (de façon relative, évidemment, par rapport notamment au fait de préparer le dîner ou de faire un tour dans un bar-restau où l'on a ses habitudes et connaît tout le monde) une situation de plus grande vulnérabilité. Et donc dans lequel il convient d'augmenter son niveau de vigilance (qui peut être à l'inverse réduit dans le bar-restau bien connu, et encore plus lors de la préparation du dîner à la maison).
De fait, il s'agit d'un mode opératoire relativement connu de certains prédateurs (notamment agressions à caractère sexuel après enlèvement et carjacking) : l'agresseur profite de l'accaparement de l'attention de la victime par le fait de devoir remplir son coffre pour la prendre totalement par surprise.
Sauf que, là, on a beau savoir qu'il convient d'être plus vigilant, il n'est pas forcément si facile d'élever son niveau d'attention...
On est généralement dans une situation de routine (donc avec amoindrissement de la vigilance) avec d'autres tâches à accomplir qui distraient et/ou accaparent et, en particulier par exemple, le fait de se tourner à répétition du caddy vers le coffre et réciproquement ainsi que la régularité des mouvements des autres clients alentour, sans parler de la possible obligation d'avoir des enfants à surveiller, compromettent l'identification possible d'une menace par des checks rapides autour de soi...
Personnellement, j'ai beau régulièrement m'efforcer de "driller" des checks réguliers à chaque corvée de courses au supermarché du coin, je reste désespérément focalisé sur mon caddy et mon coffre, avec de récurrents longs angles morts et quelques checks 360° bien artificiels où je ne perçois en réalité pas grand chose...
J'en viens à me dire que je n'ai probablement pas assez peur pour être vigilant dans ce genre de cas... Et de fait, vu la sociologie de l'endroit, l'heure et le jour, la probabilité pour moi d'avoir un quelconque problème est quasiment nulle et je n'éprouve évidemment pas la moindre appréhension dans un tel contexte. Ce qui serait très différent pour par exemple une jeune femme, avec des enfants et pas du tout formée à la SP, sur la parking d'une grande surface de pas mal d'autres endroits en France...
Dans la lignée de ce que j'ai posté ici
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,61949.msg480341.html#new sur l'utilité de la peur comme signale de danger, je me demande donc si une bonne piste n'est pas de commencer par ajuster en quelque sorte son niveau d'appréhension à la réalité (statistique) des risques auxquels on peut ou non être confronté, afin d'y puiser la motivation pour élever ou maintenir son niveau de vigilance...
Sans cultiver la peur ou l'appréhension pour autant, ne faut-il pas d'abord s'efforcer de la rationaliser, en essayant par une analyse raisonnée d'ajuster autant que possible l'émotion ressentie au niveau de risque raisonnablement prévisible, de façon à puiser dans l'émotion la motivation et l'énergie pour adapter pendant le temps nécessaire le niveau de vigilance ?
Il me semble que l'on peut difficilement, quand il s'agit d'ajuster son niveau de vigilance pour pouvoir bien le gérer dans la durée, faire abstraction de l'émotion suscitée par la peur ou l'appréhension... Et c'est sans doute une grande partie du problème, car les émotions, par définition, c'est compliqué à gérer (encore plus d'ailleurs pour ceux qui ont le trait de caractère d'être émotifs) !
Avec inévitablement deux écueils opposés récurrents : d'une part le risque grosso modo d'être tellement dans l'appréhension et le stress que ça tourne à la parano, pourrit la vie et nous épuise; d'autre part, l'endormissement rapide et régulier de la vigilance dans des situations routinières à risques relativement faibles mais non pas nuls.
Compliqué donc... Merci d'avance à ceux qui partageront leurs réflexions à ce sujet...
Cordialement,
Bomby