(J'ai du retard sur le sujet et je risque de répondre un peu dans le désordre, si possible avant la fin du monde
...)Le fait est que si on ne maitrise pas tout au volant, on maitrise tout de même plus de paramètres qu'en étant le simple passager d'un avion. Donc l'impression ici me parait très réelle.
De la même façon qu'on se sentira plus en sécurité chez soi qu'au volant de sa voiture alors que les statistiques sont impitoyables : le risque d'accidents et la mortalité sont supérieurs à domicile que sur la route. Statistiquement il y a également moins de risques de se faire agresser dans la rue que chez soi (cf. violences intra-familiales).
Ressenti purement personnel: les endroits où je me sens le plus en sécurité sont les salons d'arme.
Simplement parce que tu dois être habitué à côtoyer les armes et qu'en plus çà doit être 100x mieux surveillé que le salon du tricot et du macramé.
Je ne me sens jamais aussi peu en sécurité qu'en présence
ostentatoire de forces de l'ordre armées : si elles se sentent obligées de se montrer ainsi c'est que soit on l'estime nécessaire pour être réellement dissuasif (p.ex. plan Vigie-Pirate protégeant une cible potentielle), soit il s'agit de gesticulation médiatique (et dans ce cas il n'est pas rassurant que l’État nous prenne à ce point pour des c***).
Conclusion personnelle: je me méfie des statistiques 
Pourtant le commandant de bord aux commande de l'avion est beaucoup mieux formé au pilotage de son engin que toi aux commandes de ta voiture (sais tu rattraper un aquaplanning à 130km/h ou une voiture qui part en luge sur une plaque de glace dans une descente de montagne en épingle ?). De la même façon l'avion sera mieux entretenu et vérifié que ta voiture (malgré les contrôles techniques), les procédures de contrôle et de régulation du trafic sont nettement plus strictes que toutes les polices de la route, les autres avions en vol et pilotes sont soumis aux mêmes critères stricts, chaque cas d'accident fait l'objet d'une étude détaillée et de mesures correctives, chaque pièce mécanique est soumise à des critères de certifications drastiques, etc...
De la même façon es-tu plus à l'aise au volant ou en tant que passager d'une femme au volant ? Tout prouve pourtant qu'elles sont moins dangereuses que les hommes (les assurances ne rigolent pas avec les statistiques) !
...
Encore une fois il peut y avoir un décalage énorme entre ses impressions et le risque réel (qui peut également dépendre du contexte : on doit pouvoir trouver des cas de pilotes cuvant leur vodka dans un avion réparé à coup de duct-tape).
Pensez-vous que ce débat armes-pas armes puisse être rapproché de violence-pas violence?
Encore tout récemment, j'ai entendu la phrase suivante: "ça ne sert à rien de répondre par la violence, la violence entraine la violence".
La comparaison est intéressante : comme après chaque tuerie de ce style les ventes d'armes US montent en flèche et les ventes d'armes style AR15 explosent depuis qu'Obama envisage de les réguler. C'est à chaque fois la même réaction de surenchère alors que les statistiques semblent montrer qu'on ne peut pas établir de relation directe entre les deux : çà contribue donc à une prolifération a minima improductive (ou contreproductive selon le point de vue).
Par contre dès que qu'on essaie de dire que les libertés ne se sont finalement pas souvent gagnées sans les armes, les arguments sont plus hésitants...
Pourtant il y a des arguments simples : quasiment toutes les révolutions récentes (hors décolonisation) se sont faites sans prises d'armes massives !
Printemps de Prague : malgré les armes ils n'ont pas fait longtemps le poids en face des chars soviétiques
Afghanistan : les moudjahidine ont renvoyé les soviétiques à la maison uniquement grâce à l'aide extérieure (avec les conséquences que l'on connait aujourd'hui)
Pologne : Solidarność a pesé plus lourd sans armes que les chars
Allemagne de l'Est : même pas besoin de couteaux ou cailloux
"Printemps arabe" : émeutes ou manifestations massives mais sans armement général des révolutionnaires
Lybie : soulèvement armé mais condamné à l'échec sans l'intervention militaire massive de l'OTAN
Syrie : les armes des particuliers ne pèsent pas lourd dans les combats (filières d'approvisionnement extérieures, prises de stocks, retournement de militaires, etc.)
Il est aujourd'hui impossible de renverser un pouvoir stable par les armes à feu : on est certain de perdre à ce jeu du fait de la disproportion des forces et du principe de symétrie de la riposte qui va l'autoriser à employer les armes sans retenue (il est nettement plus difficile de faire "passer la pilule" aux Nations-Unies en tirant dans une foule sans armes).
Selon moi le concept de "liberté par les armes" ne tient plus dans notre société actuelle : les États-Unis se basent encore sur le 2nd amendement d'une Constitution rédigée dans un contexte précis (libération par les armes en boutant les Anglais dehors) et sur la mythologie de la conquête de l'Ouest (indiens = ennemis intérieurs et absence de l’État pour y maintenir l'ordre). Sauf "accident de l'histoire" d'ici 1 siècle ce débat devrait logiquement faire partie de l'histoire des US (au même titre que l'esclavage ou les colonisations européennes).
Rappel du 2ème amendement (wikipedia) :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_amendement_de_la_Constitution_des_%C3%89tats-Unis« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. » [1]
La codification du droit de porter des armes dans le Bill of Rights fut influencée par la peur que le gouvernement fédéral pourrait désarmer le peuple afin d’imposer des règles par l’intermédiaire d’une armée de métier ou d’une milice, puisque l’histoire avait montré la façon dont les tyrans éliminaient la résistance en retirant les armes au peuple et en rendant illégal le fait d’en conserver afin de supprimer les opposants politiques. [2]
[1] Il a fallut attendre 2008 pour que la Cour Suprême (dépendant indirectement de subtils équilibres politiques) interprète cet amendement dans un sens favorable à l'autodéfense individuelle sans notion de "milice organisée" et attendre 2010 pour que cette interprétation s'applique à l'ensemble des états.
[2] Les moyens d'imposer ou non des règles ou d'"éliminer" des opposants politiques sont aujourd'hui beaucoup plus subtiles : aucun "opposant politique" ne peut légitimement faire appel aux armes sans se décrédibiliser dans ce pays.
Il parait qu'entre 1870 et 1935, on pouvait se procurer une arme de poing très facilement, c'était même offert en cadeau lors de l'achat d'un bijou ou d'un vélo (vélo dog). 1870 parce qu'il parait que la perte de la guerre était en partie due au manque d'armes qui étaient déjà importées des Etats Unis et qui coutaient très chères, et 1935 à cause d'un décret de Laval limitant l'accès aux armes et poussant les gens à se déclarer en préfecture quant à leur possession sur cette matière. Est-ce à cause de la manif du 6 février 1934 (qui a tiré en premier?) ou Laval envisageait-il de recenser les potentiels résistants?
Alors on peut comprendre qu'un accès restreint aux armes rassure, mais comment concilier accès restreint pour les gens qui la jouent "légale" et la réalité d'un accès facile à des armes que le citoyen lambda ne pourrait même pas commander pour des gens qui n'ont pas du tout les mêmes valeurs...
Si on parle de soulèvement politique ou social plus ou moins "organisé" (type révolte de banlieues), le problème ne se résout pas par les armes des citoyens lambda, mais par un travail de prévention quotidienne (sociale et policière) et en amont de renseignement intérieur sur les éventuelles filières d'approvisionnement ou organisations en bandes armées.
Si on parle de risque de vols à mains armées : la doctrine de DM étant de sauver des vies et non des biens il vaut mieux s'abstenir de sortir une arme en face d'une autre. Le "jeu" n'en vaut pas la chandelle : risque d'escalade ou de riposte et l'autodéfense n'est reconnue qu'en cas de risque d'atteinte à la vie et non aux biens (qui sont censés être couverts par les assurances).
Si on parle de risque d'homicides : il faut soit tomber sur un timbré qui attaque au hasard, soit sur un terroriste, soit avoir une vie particulièrement "exposée" par son activité. Encore une fois çà ne concerne pas le citoyen lambda (le port d'armes existe pour les personnalités potentiellement menacées).
et là c'est l'inverse: je ne suis pas rassuré de vivre dans un pays qui limite autant l'accès aux armes, connaissant par ailleurs la quasi absence d'entrainement des forces de l'ordre (à ce point que je me demande s'il ne vaudrait pas mieux désarmer la police... Ok là c'est pour choqué un peu)
En fait tu mets le doigts sur ce qui a déjà été cité précédemment : le lien de confiance qui lie le citoyen à l’État. En voyant les statistiques d'homicides (toutes armes confondues) au minimum doubles aux US par rapport aux autres pays occidentaux (hors zones "chaudes" spécifiques), on comprend mieux que ce lien de confiance y soit nettement plus ténu !
