Je ne vois pas vraiment en quoi cela peut être qualifié d'agression?
Une partie du problème de l'appréciation de la réalité de la violence vient à mon sens, du fait qu'elle peut se manifester sous bien des formes, parfois extrêmement complexes et pernicieuses, sans que soit forcément présente la notion d'atteinte physique (corporelle).
On peut citer comme exemple la problématique du harcèlement moral (sujet par ailleurs fort peu abordé sur le forum), qui possède de nombreuses caractéristiques communes avec une agression, (asymétrie des rapports de force, préparation, faible charge affective, choix d'une victime avec fort ratio bénéfice/risque, logique de contrôle et d'appropriation, etc.) à la différence que l'agression s'inscrira dans un instant T, tandis que le harcèlement s'inscrira lui dans la durée.
Un autre aspect du problème est que chacun possède sa propre appréciation, et tolérance à cette violence. Pour caricaturer, ce qui scandaliserait une mère de famille d'un quartier chic Parisien ne provoquerait probablement même pas un haussement de sourcil d'une même mère de famille habitant une favela de Rio.
Pour en revenir à l'histoire de Loriot, même s'il y a eu absence de violence physiques, il n'en demeure pas moins qu'il s'est senti menacé, (à mon sens plutôt à raison d'ailleurs) ce qui suffit dans l'absolu à catégoriser cette situation comme violente,
pour lui.
Ce qui est par contre très intéressant, c'est que ce cas est une parfaite illustration d'une notion chère à Rich Dimitri et au Senshido :
"Your aggressor may be a good person who is having a bad day", ou "Nous sommes tous esclaves de nos émotions".
Que ce soit de la peur, de la colère, de la tristesse, de la frustration, de la douleur... "L'agresseur" est parfois simplement un type bien, qui se trouve dans un état émotionnel exacerbé, et qui ne possède donc pas forcément les même qualités de patience, et de compréhension qu'en temps normal. Et comme il nous arrive à tous de traverser des passades difficiles de temps temps, nous pouvons donc tous nous retrouver potentiellement dans le rôle de l'agresseur.
Mon gravier,
Meven