Concrètement vous avez tous les deux raisons.
L'aspirine peut être pris par le patient lui-même sous l'ordre du médecin régulateur du centre 15, mais dans une écrasante majorité des cas ça ne sera pas utile, l'injection d'aspirine se faisant immédiatement sous forme intra-veineuse par le SMUR ( qui est en général très vite sur place ), une forme qui confère au médicament une concentration plasmatique plus importante et surtout bien plus rapide que la prise orale, qui selon l'état de jeun peut mettre jusqu'à 40 minutes ( avec un pourcentage de perte du au passage par le métabolisme hépatique ) à atteindre une concentration maximale.
Si le SMUR risque d'être long à arriver ou selon d'autres critères divers appréciés par le médecin régulateur seul et au cas par cas, celui-ci donnera ses consignes pour une auto-médications ( donc seulement sur son avis ).
Les IEC ( Inhibiteur de l'Enzyme de Conversion, comme le " ramipril " et ses cousins ) en revanche n'ont pas d’intérêt dans la phase aigüe de l'infarctus. C'est un médicament qui est classiquement commencé au 2e ou 3e jour, et un traitement de sortie que le patient aura probablement à vie une fois guéri, mais sur l'instant même et en urgence, il ne fait pas partie des algorithmes de traitement.
Par ailleurs, si le clopidogrel fait toujours partie intégrante du traitement de l'infarctus en phase aigüe ( les récentes études étant mitigées mais n'arrivant pas à trancher ), il est contre-indiqué si une bloc opératoire est envisagé ( pontage en urgence )... encore une fois cela insiste sur la nécessité de s'en remettre entièrement aux consignes du médecin régulateur et surtout ne rien improviser.