Pour ma part, j'ai déjà passé de nombreuses fois plusieurs semaines (au maximum 2,
systématiquement) dans la nature, coupé du monde socio-technique.
Aucunement perdu, donc; et avec tout le confort nécessaire, à savoir une bâche, un duvet, une gamelle, des bouquins [etc etc] de la nourriture et de l'eau (1L/J, soit 15L; 3 bonbonnes en sioupermarché).
Je n'ai pas de souvenir particulier lié à un début de déprime et/ou d'asthénie, mais j'ai bien quelques réminiscences de situations vécues comme difficiles alors qu'elles ne l'étaient pas du tout.
Il me semble que le fait que la situation découlait alors d'un choix (subi au préalable, puis choisi) a contribué au bon déroulement de ces moments.
Mais je le répète, quelques fois; j'ai eu le plus grand mal à gérer des circonstances simples par ailleurs.
Exemple: j'ai passé une dizaine de jours en autonomie dans la forêt des Landes (à proximité de Vieux-Boucau les Bains) et lors d'une journée particulièrement chaude, j'ai commencé à littéralement entrer dans une rage folle contre les .... mouches plates. Ces créatures du malin, impossibles à exterminer, sinon par la scission brutale de leur corps

...
En temps normal, je me contentais de les chasser lorsqu'elles se posaient sur moi, mais ce jour là,
no way. La raison était simple, je n'avais pas bu de café le matin. Y'avait pu de café...

Ce simple élément a conditionné ma journée et je suis depuis craint par les mouches plates sur toute la surface du globe.
Ce qui parait stupide à l'écrit fut pourtant très éprouvant psychologiquement ...
Autre exemple: Lors d'un trip similaire dans la forêt d'Orléans, j'ai eu une crise de nerfs soudaine et relativement violente ... simplement parce que je n'ai pas réussi à allumer mon feu, le soir; du premier coup.
De cet échec est née une série de "piques psychiques" fulgurantes et agressives, «
t'es dans les bois comme un animal, comment t'as pu en arriver la... » / «
t'es bien le dernier des incapables » [etc etc]
Bien sûr, j'ai fini par allumer ce put**n de feu et passer ma soirée tranquillement, mais le mal était fait.
En conclusion, je pense que la priorité dans ce genre de situations, c'est de se raccrocher à des éléments tangibles, qu'ils soient psychologiques et/ou physiques.
Les journées contemplatives étaient plus longues que celles ou je m'adonnais à une activité quelconque (coupe de bois, "pistage", musculation "forestière" [etc etc])