Je remonte le fil parce qu'il me semble pouvoir le faire.

Pour une fois, je participe à une discussion sans avoir pris le temps de lire l'ensemble (8 pages de discussion), et ce pour une raison simple; Leif avait tout dit dès sa première intervention.
Clairement et sans appel.
une autre solution vous remplissez tous les vides qui ont permis a cette délinquance de s'incruster.
Petite mise en lumière d'un des aspects du problème sociétal que je tire de mon expérience personnelle.
J'ai grandi dans une petite ville du Loiret (Gien) comme il en existe partout en France. Les fleurs y fréquentent le béton dans un imbroglio urbain qui prend tantôt des allures de petite ville bourgeoise, tantôt des airs de cité dortoir.
Plus précisément, j'ai passé mon enfance dans la principale cité de cette ville. Tout n'était pas rose; mais tout n'était pas kaki.
Dans ma mémoire cohabitent aussi bien le souvenir de Yasser et de son visage ravagé par la soude versée dessus pour manquement de paiement, que celui des innombrables parties de foot jouées étant gosse.
On se tamponnait éperdument l'oreille avec une babouche du "black, blanc, beur" parce qu'on le vivait
au quotidien, chose ignorée de nos zélites fabricants de concepts.
Nos mères étaient tranquillement rassemblées dans le parc à côté et surveillaient du coin de l'oeil nos débordements. Nos papas étaient nos papas.
Et c'était cool, put**n.
Le monde se divisait en deux catégories distinctes, ceux qui insultent ta mère et ceux qui lui tiennent la porte.

Puis, d'un coup; d'un seul, le quartier a commencé à se ghettoiser. Doucement.
C'est d'abord l'intermarché qui a fermé ses portes pour s'installer en dehors de la ville. Les femmes devenaient donc esclaves de leurs maris et surtout, de leur motorisation; personne n'avait les moyens de posséder deux voitures, et les papas devaient donc jouer au taxi une fois la journée de boulot terminée, là ou auparavant, les mamans faisaient leurs courses elle-mêmes. Peu de ces dernières pouvaient dégager dans une journée les heures nécessaires afin de faire les 5 kilomètres aller-retour pour se rendre au supermarché.
A la longue, installer un comportement de dépendance n'est pas sain.
Puis, la mairie a pris la décision de
fermer le foyer des jeunes travailleurs Voila la gueule qu'il tire à ce jour.
Résumons:
1) fermeture des commerces (bureaux de tabac, boulangerie, supermarchés...)
2) éloignement de la jeunesse et dispersion de cette dernière dans le centre ville.
...
J'ai quitté ce bled peu ou prou à ce moment là.
...
J'y suis revenu lorsque je me suis réinstallé chez ma mère, il y a un an de cela.
Tout a changé. Tout. Les gosses ne jouent plus ensemble et les mères sont chacune à leurs affaires.
Je ne saurais tenter d'expliquer pourquoi dans le détail sans sombrer dans le politique, aussi; je m’abstiens.

Chacun tirera les conclusions qu'il veut, mais il me semble que de tout temps, l'organisation de la cité était faite de telle sorte que le marché était au coeur de la vie...
Plan plus détaillé de la ville de Pompéi
Plan du centre de Millet, le marché et ses alentours vers -200.http://fr.wikipedia.org/wiki/Milet
Il n'y a pas de hasard mais une volonté claire à l'oeuvre, le processus que je décris; je l'ai constaté partout en France.
Une simple recherche google avec les mots-clés [Fermeture supermarché/magasin] est en soi une preuve.
Ici,
là ...

Voila une piste de réflexion.
