Voici mon avis, bien personnel.
À choisir entre Mont-Tremblant et le parc de la Mauricie, je choisis ce dernier. Bon, il faut dire que Mont-Tremblant, je n'y suis allée que quelques fois, alors que celui de la Mauricie, pour avoir habité tout près, est dans mon coeur. Mais j'ai l'impression qu'en étant moins proche de Montréal, il est moins achalandé. C'est un super parc pour le canot-camping relax. Canot en lacs (le Wapizagonk

) qui donne accès à des sentiers de marche plus reculés, avec sites de camping confortables plus "sauvages" puisque accessibles seulement par canot. Rien d'extrême, du canot pépère, mais si tu veux "sentir" le Québec, je pense que le canot est incontournable (bon, ceci dit par une fille qui passerait sa vie en canot

) Si tu choisis cette voie-là, je pourrai te donner mon avis sur différents sites de camping du Wapizagonk.
Dans ton cas, je pense aussi que le Parc de la Mauricie est beaucoup plus sur ta route que le Mont-Tremblant. À part ça, je pense que ton itinéraire se tient, côté accessibilité par les routes.
Maintenant, deux mots concernant les avis à propos des grands espaces sauvages au Québec. J'aimerais nuancer.
Dans le sud du Québec, oui, j'ai bien l'impression que chaque pouce de forêt "publique" (quand on n'est pas chez quelqu'un) est règlementé et fait partie d'un parc (et toutes ses déclinaisons aux différences subtiles pour les non-initiés : ZECs, réserve faunique...) ou d'une pourvoirie... Il y a les inconvénients d'avoir moins de liberté, certes (rester dans les sentiers balisés, dans les sites de camping désignés, utiliser le bois fourni sur place...), mais ça permet de conserver la nature relativement intacte, avec un couvert végétal inférieur dense, pas piétiné, et des habitats fauniques préservés. C'est dans le sud du Québec que j'ai grandi et j'étais habituée à payer (souvent des montants minimes, quand même) pour avoir accès à cette belle nature, en sachant, d'ailleurs, que ma contribution permettait de l'entretenir.
Depuis que je suis dans le nord du Lac Saint-Jean, je découvre une toute autre vision de la nature québécoise, celle des terres publiques, les territoires non organisés (TNO, à ne pas confondre, si vous croisez cette appellation en préparant un voyage "sauvage" au Québec) avec Territoires du Nord-Ouest, une "province" du Canada). Dans ces TNO, on jouit d'une grande liberté. Les chemins d'accès sont nombreux, surtout pour ceux qui possèdent des véhicules à quatre roues motrices (utilitaires sport, camionnette de type "pick-up"...), car ils sont créés par les compagnies forestières pour accéder à leur ressource. Maintenant, ça implique aussi qu'ils mènent vers des territoires où la forêt a été exploitée commercialement, ce qui donne souvent un paysage désolé et désolant pour le promeneur. Mais attention : ce paysage change d'années en années avec la repousse et les zones qui ont été exploitées il y a plusieurs années sont encore accessibles par les chemins et la reprise de la végétation rend le paysage plus accueillant. Il existe des sites Web qui indiquent les zones de coupe, leur âge., ou encore les zones où le feu est passé (car dans ces TNO du nord, les feux sont aussi nombreux).
Il y a, tout près de chez moi (à moins d'une heure de route), de vrais paradis sauvages, où la nature semble intacte parce que les coupes datent de plusieurs années (décennies). Aucun coût d'accès, une grande liberté (avec tout de même certaines restrictions, comme ne pas construire d'installations permanentes ou encore observer les règlements de chasse et de pêche)... Je découvre ce monde avec délice... mais j'expérimente aussi ses inconvénients. Le principal, à mon avis, et celui qui rend difficile d'accès cette nature sauvage aux visiteurs, c'est qu'il faut presque nécessairement connaître quelqu'un qui connaît le territoire, pour savoir quels chemins sont encore praticables, quelles espèces de poissons sont présentes dans quels lacs, quel territoire est "traditionnellement" utilisé par telle famille, ou "clan", (dans les territoires non organisés, cette notion me semble présente autant chez les Blancs que chez les autochtones) où on se ferait regarder avec grande suspicion si on venait à croiser quelqu'un... Il y a des règles non dites d'utilisation du territoire, surtout par les chasseurs, ce qui instaure une sorte de compétition pour l'utilisation d'un coin de territoire. Dans mon cas, simple promeneuse et canoteuse, je devrais être moins concernée par ce "partage non dit" du territoire, mais quand on sait que certains "bloquent" l'accès à "leur" chemin avec des planches hérissées de clous et légèrement enterrées... C'est un peu la loi de la jungle (la jungle boréale!

)
Alors j'apprends à connaître ce territoire "libre", mais quand je pars seule pour plusieurs jours, j'aimais la tranquillité d'esprit qu'apportent les parcs, où je sais que les rencontres humaines que je risque d'y faire sont plus "balisées", chaque visiteur étant enregistré. Je sais que, dans les territoires "libres" les risques de rencontrer des humains hostiles à une canoteuse sont minimes, mais il y a toujours une petite voix qui me dit d'être prudente, en tant que fille seule dans le fin fond des bois, avec les rencontres masculines que je pourrais y faire... Malgré tout, dans la Verte, je crains plus les hommes que les animaux sauvages.
Je dois préciser, par contre, que pour les gens de la place, comme mon conjoint, mon attitude de méfiance envers les "inconnus dans les bois" est presque incompréhensible. C'est qu'eux, traditionnellement, ils savent qui fréquente telle zone. Si quelqu'un "fait du trouble", ils sauront qui soupçonner. D'ailleurs, pour eux, le fait qu'on puisse toujours croiser quelqu'un est plutôt rassurant, une police d'assurance en cas de pépin.
Enfin... J'ai un peu bifurqué du sujet principal et je pourrai plutôt créer un nouveau fil, si vous le jugez préférable. J'espère avoir tout de même amené des éléments de réponse à la question initiale, avec la première partie de mon message.
Quoiqu'il en soit, bonne visite chez nous!
