Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Du danger des petites rivières sympa  (Lu 7563 fois)

04 juillet 2012 à 22:12:35
Lu 7563 fois

Moleson


Petite rivière tranquille dans le canton de Berne...

Et des pluies torrentielles en amont

http://www.20min.ch/videotv/?vid=260726&cid=105 :blink:

http://www.20min.ch/videotv/?vid=260706&cid=105


J'ai vécu la même chose dans le Sahara. Pluie a plus de 100km sur un massif montagneux. Sur place juste la pluie qui s'évapore avant d'arriver au sol.
Un oued desséché et juste avant qu'on le traverse un bruit comme un train qui arrive.
La même chose sauf que s'était des rochers à la place de troncs.  :o



Moléson
« Modifié: 04 juillet 2012 à 22:19:52 par Moleson »

04 juillet 2012 à 22:17:15
Réponse #1

Corazon


Vu un truc similaire en Autriche lors des inondations du siècle.  On a retrouvé un pécheur décédé une semaine après coincé en haut dans un arbre !   C'est très impressionnant  :o
Le monde est réservé à ceux qui se lèvent tôt.

04 juillet 2012 à 22:36:32
Réponse #2

Karto


(N'importe quoi c'est un truquage, y'a un mec sur un pont en amont qui balance des troncs d'arbres !)

Merci Moleson, très impressionnant.
Ca me rappelle une année en Ardèche où d'après la radio le niveau, au niveau le plus étroit des gorges, était monté de pas moins de neuf mètres en une ou deux heures. J'ai jamais vérifié la valeur mais ça paraissait plausible vu ce que je voyais de la rivière qui charriait des... caravanes  ;D
Extrêmement impressionnant, tout comme l'embouteillage de touristes évacués qui se tenaient pare-choc contre pare-choc sur des dizaines de kilomètres, direction la Hollande. Sans caravane.

Aucun mort cette fois là si ma mémoire est bonne, l'alerte météo avait fonctionné.
« Modifié: 04 juillet 2012 à 22:55:55 par Karto »


05 juillet 2012 à 00:03:15
Réponse #4

jacqueline


Oui l' Ardèche ( ainsi que ses affluents ) est réputée pour ça, avec des pluies très localisées, parfois de plus de 100 mm/h , c'est énorme sur un  petit cours d'eau et  400 mm de pluie par jour   provoque des crues énormes.

 Pour le bois,  il s'accumule par flottaison, puis sur les premiers obstacles forme un barrage qui casse d'un coup sous la pression amont, lâchant  d'énormes vagues  liquides  et solides qui glissent à toute vitesse sur le débit déjà installé dans la rivière  par la pluie.

 Un bon repère avant de planter la tente au bord de l'eau : les maisons des anciens, généralement très au dessus de la rivière.


 Dans ce genre de situation il ne faut pas compter sur la voiture pour fuire, elle est emportée par le courant, et je ne parle pas d'éboulements de rochers et d'arbres sur  les routes dans les Cévennes.

 Les crues cévenoles ont un historique, écrit de plusieurs siècles.

 Les crues  soudaines sont  une menace réelle pour les adeptes du canyoning, dans les Alpes et  un peu partout..  mais on voit toujours des campeurs sauvages ( ou pire un camp de scouts avec des gamins ) qui plantent la guitoune  au bord de l'eau.

Dernièrement c'était Nancy, c'est plus rare dans cette région où j'ai des amis qui n'ont pas eu trop de dégats, un peu la cave...

05 juillet 2012 à 08:32:28
Réponse #5

raphael


lors du tsunami en Indonesie , les chercheurs dans le domaine ont été étonné par la vitesse de progression de l'eau qui n'était pas en accord avec les modèles numériques.

Ils ont compris que l'eau déjà présente au sol (rivières, marre, première vague ...) servait de tapis roulant pour l'eau suivante et donc accélérait celle ci.

« Modifié: 05 juillet 2012 à 09:52:54 par raphael »
Se connaitre et s'accepter


05 juillet 2012 à 09:12:01
Réponse #6

Djeep


BJR En F il suffit de se souvenir de Vaison la Romaine  :o HN
Allumez le feu :-)
Donnez un titre honorifique à un clampin et il se sentira l'âme d'un petit chef !

05 juillet 2012 à 10:04:40
Réponse #7

philippe12


Bonjour a toutes et a tous

en Isére nous avons ce drame en memoire
http://www.liberation.fr/france/0101162117-comment-le-barrage-du-drac-a-fait-7-morts-six-enfants-et-une-accompagnatrice-ont-ete-noyes-dans-la-riviere

c'est un coin ou je me suis baigné tout petit ... il ya des centaines de personnes l'ete ...
 et c'est en  fait ..signaler de partout depuis 50 ans..
Il est dangereux de s'aventurer dans le lit de ce cours d'eau et dans les îlots et graviers. Le débit de l'eau peut varier brutalement et à tout moment par suite du fonctionnement des centrales hydrauliques et des barrages[/i]


amicalement
la joie est dans vos valeurs, ..contenez vous , soyez contents et conscients .. c'est cela la joie

05 juillet 2012 à 12:13:42
Réponse #8

gmaz87


Bjr,
C'est vraiment impressionnant!!
Dans mon coin (Limousin) il existe aussi un type de danger lié à l'eau, moins spectaculaire que celui en exemple mais tout aussi redoutable.
Ce sont les rivières sur lesquelles sont installés des barrages hydrauliques pour la production électriques et avec un lac de retenue en amont.
C'est bien pancarté avec les indications d'usage "il est dangereux de s'aventurer etc...) sauf que en été ces rivières sont quasi asséchées et que on a peine à y croire.
Pour avoir juste eu le temps de regagner la rive (en gros 3 mètres de distance), une fin de journée ou je pêchais à la mouche, j'ai bien retenu la leçon:
1) si d'un coup les truites mordent = attention
2) si au fil de l'eau commencent à arriver des feuilles, brindilles = attention
3) si je sens les cuissardes qui se décollent toutes seules du fond = il faut se casser immédiatement !!!
Normalement, c'est annoncé par sirène, mais on est parfois loin du barrage, et en théorie c'est en fin de journée sans doute parce qu'il n'y a personne (sauf les moucheurs... :-\)
Donc faire très attention si une retenue avec une centrale électrique est en amont, plus particulièrement si la rivière est large et que de plus ou voit des détritus juchés dans les arbres à 2/3 mètres de hauteur soit petit pied 4/5 mètres par rapport au lit de la rivière.
A+
Gérard
Quand le débutant est conscient de ses besoins, il finit par être plus intelligent que le sage distrait.»
(Lao Tseu)

L'ennui naquit un jour de l'uniformité

05 juillet 2012 à 12:20:23
Réponse #9

Corazon


Avec l'habitude tu entends une différence de son de l'eau.  Sur l'Amblèbe (Be), c'était le moyen de juger à temps de la montée des eaux.  La sirène n'était bien sur pas audible fort loin !
Le monde est réservé à ceux qui se lèvent tôt.

05 juillet 2012 à 21:30:26
Réponse #10

Loriot


Attention! Ce site semble prévenir que des crues météorologique... Encore que je suis étonné de voir des niveaux de rivières alpine Suisse en dessus du raisonnable et rien après...
Mais surtout un lâché de barrage... Une purge de retenue, etc... Ça prévient pas... Même pas sur un site internet.
(par contre éventuellement en contactant les sociétés électriques en amont...)
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

05 juillet 2012 à 21:41:04
Réponse #11

jacqueline


Même qualificatif : impressionnant.

Aucune chance de survie pour celui qui ferait trempette.
Je suis allé voir sur le site de météo France, pas de risques de crues en ce moment :
http://www.vigicrues.gouv.fr/

 Attention tout de même, ça peut changer très très vite
 
A cette heure l'ensemble de la France est en jaune et deux départements du Nord sont en orange.

 Je pense que les critères de passage au rouge  Météo France n'a pas le temps de les voir arriver pour alerter  assez tôt.

 Souvent c'est assez localisé.

06 juillet 2012 à 10:02:18
Réponse #12

bob48


Pratiquant le canyonisme, je suis souvent confronté à devoir évaluer le risque de crue avant de m'engager.

En gros il y a 2 types de crues :

La crue météo : "facile à prévoir", elle est fonction de la météo, du bassin versant du canyon ou de la  rivière, du type de végétation du bassin versant (si c'est une forêt, ou du granite à nu ce n'est pas le même pouvoir absorbant), du nombre d'affluent le long du parcours, etc...etc...

Si par inconscience ou pas de bol ou se retrouve en rivière ou canyon, une crue météo se caractérise par :

• Changement de la couleur de l'eau, turbidité de plus en plus élevée et cela avant la montée significative des eaux.
• Montée des eaux """en douceur""", pas de phénomène de vague de crue
• Le fameux courant d'air annonciateur
• Le bruit mais pas à chaque fois.

Une crue météo, on a plus ou moins le temps de sortir, tout dépend de la distance à parcourir, des précipitations, etc...etc...

Concernant la crue météo, il est noter que le bassin versant à son importance, notamment si vous êtes dans une région dite Karstique.
Dans ce cas là, le bassin versant que l'on appel aussi bassin d'alimentation, peut différer du bassin versant réel qui lui recoupe toutes les sources d'alimentation surfacique ou souterraine.
Et la le périmètre géographique peut être extrêmement important.

Pour exemple certains rivières ou canyons ont un bassin d'alimentation sur place quasi nul, par contre le bassin souterrain est immense et remonte à plusieurs kilomètre voir centaines de kilomètres de là. Et là il peut faire beau sur place, mais pleuvoir sur le bassin versant qui alimente le réseau karstique qui lui se charge et vient déborder dans le cours d'eau. Et là météo ciel bleu and Co mais phénomène de crue qui se caractérise par une vague de crue (si résurgence en amont) ou montée des eaux si résurgence le long du cours d'eau.

La crue d’embâcle. Alors celle là c'est la pire.

Car météo clémente ou grosse pluie ça ne fait pas de différence.

Les embâcles sont des barrages naturels qui se forment tout le long du cours d'eau, et qui "accumulent" un volume d'eau plus ou moins important selon leur taille.

L'embâcle peut céder pour x ou y raisons indépendamment de la météo. Et c'est bien là le problème.

Une crue d'embâcle peut avoir lieu alors que cela fait une semaine qu'il n'y a pas eu une goutte d'eau de tombée.

La crue a lieu lorsque l'embâcle cède. Et là 2 options :
- Soit il n'y a qu'un embâcle d'un volume plus ou moins important et qui va générer une vague de crue proportionnelle à sa taille.
- Soit il y a plusieurs embâcles en aval de celui qui cède et là, c'est l'effet domino avec le phénomène d'accélération de la vague du fait qu'il y a déjà une couche d'eau en aval via la présence des embâcles

Une crue d'embâcle se caractérise par :
• Un courant d'air important
• Le phénomène de Vague de Crue
• Une rapidité empêchant tout échappatoire
• Mortel dans la majorité des cas, si on se trouve sur son passage et qu'elle est importante.

La météo n'est qu'un facteur, dans le mécanisme de la crue. Certes c'est le plus visible mais on peut se trouver en rivière ou canyon sous un orage de grêle ou de pluie, sans forcément avoir un phénomène de crue à la clé. Cette situation est citée pour exemple, il vaut quand même mieux éviter.
« Modifié: 06 juillet 2012 à 10:40:09 par bob48 »

07 juillet 2012 à 06:32:00
Réponse #13

François


Mais surtout un lâché de barrage... Une purge de retenue, etc... Ça prévient pas... Même pas sur un site internet.
(par contre éventuellement en contactant les sociétés électriques en amont...)

En France, dans certains cas (pas partout, pas tous le temps), EDF fait des lâchers de semonce avant d'ouvrir les vannes en grand.
J'ignore quels sont les critères qui déterminent ces lâchers de semonce.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

07 juillet 2012 à 10:27:49
Réponse #14

jacqueline


 Ces lâchers de semonce   ( ou alerte pécheurs ) avaient été remis en cause, car justement ils bouchaient les trous  et préparaient un billard pour  le lâcher principal.

 Et du fait des séquences ouverture fermeture , les pêcheurs pensaient que le lâcher était terminé lorsque ça refermait, et restaient dans l'eau. L 'ouverture suivante  leur remplissait les bottes. Ou bien  ils sont coincés sur une ile,  qui sera submergée  après l'alerte.

 Après  l'accident dramatique évoqué  quelques posts plus haut, EDF a lancé une analyse de risques partout, présentée à l'autorité de tutelle la DRIRE. Dans certains endroits il a fallu faire des essais réels pour évaluer les risques, qui ne dépendent pas toujours de la taille des centrales..  Certaines installations anciennes peu rentables et  dangereuses ont été démolies.

Un peu partout  ils ont réduit  les augmentations de débit lors du démarrage des centrales. C'est plus progressif et ça laisse aux gens le temps de partir.

Mais ce n'est pas le seul danger, dans les Cévennes pas mal d'accidents sont dus aux glissades sur les rochers et s’assomment.

Triste de voir une colonie s'installer  à l'aval d'un barrage ( non EDF ) après cet accident dramatique, avec un permis de construire, pourtant tous les services de l' Etat avaient  reçu des consignes après cet accident, pourtant très médiatisé ; jamais ce permis de construire n'aurait du être signé. Et en même temps il y avait un chantier pour augmenter le débit des évacuateurs de crue..

 Quelques années plus tôt dans les Cévennes c'était un camp de scouts belges , une centaine,  qui avaient installé leurs tentes  au bord de l'eau malgré les panneaux. Impossible de les déloger.

 Les relations avec le kayak et le canyoning et  rafting existaient,  elles devaient être mieux formalisées. Des sites devaient être équipés de sirènes.

 Ailleurs, dans les hôtels restaurants  on trouvait un prospectus  de rando avec  un parcours dans le lit de la rivière à l'aval d'un petit barrage  très au dessus, équipé d'une vanne qui  fonctionne comme une chasse d'eau, de quoi emporter un groupe de randonneurs. La centrale , en bas au départ de la rando était entourée de panneaux de danger , comme si elle avait été  piégée, alors que ce n'était pas elle le danger, et aucun panneau dans le lit  de la rivière au dessus.

 Il  fallait compléter l'information avec  les offices du tourisme  :  les campings, la rando et la pêche  ( l'autre danger pour les pêcheurs est l’électrocution, avec leurs cannes et les lignes , chaque année il y en a. ).

 Mais comme souvent avec le temps  on oublie ces accidents et la pression retombe..  les gens qui l'ont vécu ont été assez traumatisés dans toute la France, car ça aurait pu arriver n'importe où.   Mais   ils sont partis à la retraite, ce sont des nouveaux.

Les barrages qui écrêtent les crues, c'est une légende ( à l'exception des retenues immenses comme Serre Ponçon ).

C 'est  souvent le contraire :  Le barrage se remplit  au début de la crue qui est progressive, à l'aval rien ou presque, et une fois que le barrage est plein au bout de quelques heures, l'eau passe par dessus avec un débit qui peut correspondre au pic de crue.  A l'aval on passe de presque rien au débit maxi en qq minutes. Les gens n'ont pas le temps de s'en aller ou de se protéger.   Pas facile à faire admettre, pourtant c'est ce qui se passe.

Une association  a réussi dans une région à faire sauter des projets de barrages inutiles de l' EPALA sur la Loire et sur le Cher.  :doubleup: 

Elle va en faire arraser un qui est un obstacle pour la remontée de saumons sur l' Allier, EDF traine les pieds ( comme d'habitude ), mais en plus c'est un barrage très dangereux, un point qui n'est pas suffisamment évoqué...

( car il a été surélevé  dans les années folles ( après guerre) et équipé de vannes avec des piles qui peuvent bloquer des arbres ça s'accumule et ça peut coucher le barrage ou le cisailler au niveau du raccord.  En le comparant à d'autres les vannes sont  sous dimensionnées,  incapables de passer la plus grosse crue de l' Allier qui a eu lieu vers 1800 : il y a des plaques, mais les aménageurs s'en foutent souvent, puis il ne faisait pas partie des grands barrages beaucoup plus surveillés )       


     

08 août 2012 à 05:03:58
Réponse #15

Douinie


 :o Très impressionnante, la vidéo!!

Ça me fait beaucoup réfléchir, étant une adepte du canot-camping   :ohmy: J'ai l'habitude de surtout fréquenter des lacs, mais depuis peu, je me mets tranquillement aux rivières... D'ailleurs, je pars la semaine prochaine dans un coin où les sites pour dormir sont tous des berges de sable. La forêt est trop dense plus loin...

Alors les consignes de sécurité sont d'être toujours alerte et de ne pas installer le bivouac près de l'eau, mais dans des conditions de canot-camping, c'est souvent difficile de faire différemment  :-\

Ouaip, ça fait réfléchir...
Everyone must believe in something. I believe I'll go canoeing - Henry David Thoreau

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //