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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: La sécurité individuelle aux Philippines  (Lu 5927 fois)

21 juin 2006 à 18:00:24
Lu 5927 fois

Ancien forum



Posté par serge

En voyant le post sur l'égypte, je me suis souvenu que j'avais écrit pour un
autre forum un petit guide. Il ne se prétend pas
exaustif, mais il donne une idée des risques et de quelques trucs à éviter.

Bon l'original était sous format pdf, alors la mise en page est peut-être un
peu foireuse.

----

Petit guide de survie à l'usage des voyageurs aux Philippines

La semaine dernière jour pour jour, un expert en survie parlait devant une
jolie assemblée de sécurité personnelle et il évoquait entre autre la
connaissance des us et coutumes locales. J'ai alors pris conscience que
j'avais accumulé une certaine dose de savoir sur la survie aux Philippines.
Le terme survie ne fait pas référence ici à ce que l'on peut voir dans des films
à grand spectacle , mais simplement aux principes qui vous font visiter,
traverser, vivre dans un pays en minimisant les dangers.
C'est ainsi que j'ai commencé à verbaliser dans la voiture sur le chemin du
retour mon petit guide.

Vous ne partez pas aux Philippines, mais dans un autre pays ? Que diable,
réfléchissez un peu aux principes qui se cachent ici et extrapolez, le bon sens
doit faire le reste.
Serge Gilette.
Le 6 juin 2005


Si le bon sens vous est une chose inconnue, ne partez pas.
Si à chaque voyage il vous arrive des mésaventures, ne partez pas.

.1 Préparation
La "survie" commence avant de partir, la survie c'est un état d'esprit
quotidien.

.1.1 Médicaments de base
Pas besoin d'être parano, mais vérifiez vos vaccinations, prenez des antipalu,
embarquez avec vous de l'aspirine, et un médicament contre les
diarrhées. Ayez toujours de l'alcool à 90° à portée de main. Si vous n'êtes pas
en bonne santé, ne partez pas.

.1.2 Préparez votre corps
En Europe mangez de tout, soyez de temps en temps laxiste avec les règles
d'hygiène, Si vous êtes malade pour si peu, ne partez pas. En randonnée en
Europe, buvez à chaque fois un peu d'eau des torrents et mangez des fruits
cueillis sur des arbres. Si vous êtes malade pour si peu, ne partez pas.
Le corps humain sait se défendre, mais on ne lui en laisse pas assez
l'occasion. Entraînez le sans l'abîmer.

.1.3 Matériel de base
Vous devez avoir au minimum, sur vous dans une petite pochette discrète :
une photocopie de votre passeport, votre groupe sanguin, quelques numéros
de téléphones dont celui de l'ambassade ou du consulat de votre pays. Si
vous êtes sensible de l'estomac rajouté un ou deux médicaments appropriés
et des mouchoirs en papier. Ajoutez une centaine de dollars si vous êtes loin
de Manille.

.1.3.1 La serviette/mouchoir
Ayez sur vous une petite serviette en éponge (3 mains de long par une
de large) ou un bandana, ou un foulard un peu rustique. Et d'une aux
philippines il fait chaud et pouvoir s'essuyer le visage c'est un petit
plaisir, mais la serviette sur le nez vous fait un tampon anti-pollution,
sur le nez encore quand il pleut après une forte chaleur à Manille elle
vous protège des miasmes portés par l'eau s'évaporant du sol. Et au
delà des nombreux avantages que la serviette a non on est pas dans
le guide du routard galactique !) vous aurez un air plus philippin.

.1.3.2 Lampe de poche
En province et parfois à Manille l'éclairage est déficient. Une bonne
lampe de poche, petite pour être toujours transportée sur soi est à ne
pas négliger.

.1.3.3 Une lame
Une lame bon marché fera l'affaire, oubliez de suite votre custom à 200
euros. Il faut pouvoir se débarrasser de l'objet sans trop de remords.
Pas d'illusions, en cas de confrontation violente, il n'y a qu'une chance
infime que votre lame vous serve. Néanmoins une lame c'est très utile,
certains prédateurs savent repérer les porteurs de lame. N'essayez
jamais d'impressionner un philippin en sortant une lame ! Soit il s'agit
d'un brave gars et là oui vous lui ferez peur, encore que, mais un
prédateur lui vous tuera sans hésiter.

.2 Relations humaines

.2.1 Ego / Ouverture d'esprit
Laissez votre ego en Europe, vous n'êtes pas le représentant d'une
civilisation supérieure qui sait comment la vie doit être menée. Ecoutez,
regardez, apprenez, intéressez-vous, intégrez-vous

.2.2 Langage corporel
Le sourire, le visage ouvert aide à une communication simple et directe. Les
mains : utilisez les pour montrez que vous êtes ouvert. Soyez latin. Le
langage corporel est différent d'une culture à une autre, documentez vous sur
les particularités de celui des Philippines. (Voir Préparation)

.2.3 Barjacquer
Vous devez connaître un minimum de mots locaux. Ne serait-ce que pour dire
merci, bonjour, bonsoir. Une petite phrase en tagalog permet de désamorcer
une situation, ou laisse vos interlocuteurs pliés de rire ce qui vous permet de
poursuivre votre chemin. On vous apostrophe ? Répondez gaiement sans
vous arrêter.

.2.4 Etre à sa place
Vous devez toujours donner l'impression de savoir où vous êtes, ou vous
allez et que tout se déroule selon vos plans. Vous pouvez traverser les pires
zones de Tondo (de jour) en marchant d'un pas tranquille, en répondant aux
gens qui vous apostrophent (voir Barjacquer).

.2.5 Perte de face
Vous devez prendre grand soin à ne pas faire perdre la face à vos
interlocuteurs. Pour cela n'insistez jamais, ne vous moquez pas, tournez 7
fois la langue dans votre bouche. Les Philippins peuvent avoir sur certains
sujets de gros sentiments d'infériorité. Débrouillez vous pour que vos
interlocuteurs aient toujours une porte de sortie. La perte de face chez un
individu leader d'un groupe peut avoir des conséquences fâcheuses pour
votre santé.

.2.6 Refuser
Vous ne devez jamais refuser directement une proposition, sauf si vous êtes
sûr que votre interlocuteur ne perdra pas la face. Vous pouvez refuser
directement une proposition sexuelle d'une prostituée, celle d'un racoleur de
bar, mais vous devrez être subtil pour refuser une proposition à partager un
verre d'un groupe de Philippins attablés dans la rue , il peut y aller de votre
vie.

.2.7 Alcool
Ne buvez jamais d'alcool, même une simple bière avec des personnes qui ne
vous sont pas liés (lien de sang, de fraternité, ou d'hospitalité). Jamais ! Les
philippins peuvent devenir extrêmement chauds quand ils sont enivrés et une
bagarre au couteau peut éclater. Comment refuser de boire de l'alcool sans
vexer votre interlocuteur ? Soyez imaginatif : vous êtes malade, vous avez
pris des médicaments, vous êtes allergiques, votre religion vous l'interdit.
(Voir Refuser)

.2.8 Drogue
N'y pensez même pas, même de l'herbe. Si vous avez des besoins
compulsifs de consommer, ne partez pas. Seule chose acceptable, la noix de
bétel, mais il faut vraiment se trouver dans des coins où on la consomme
socialement.

.3 Les prédateurs
Tout milieu que ce soit la cours de récré, une place boursière ou la pire des
combat zone voit se créer une population des prédateurs et une de proie.
Connaître les habitudes des prédateurs aide à ne pas être leur proie. :

Souvent la première chose que regarde un Philippin est vos pieds. Vos chaussures
donnent une indication de votre position sociale : tong pour les pauvres, Nike et
chaussures de marque pour les riches. (J'ai évité de me faire planter parce que
j'étais en tong à Tondo) Eviter donc de vous afficher avec des vêtements trop
propres, beaux, de marque, et faites gaffe à vos pompes !

Comme partout faites attention à vos affaires. Mais le moindre des maux qui peut
vous arriver, c'est d'attirer l'attention d'un pickpoket.

.3.1 La police
Les policiers gagnent peu, sont globalement corrompus et rackettent en plein
jour les méga-taxis. Des policiers ont organisés des enlèvements d'hommes d'affaires,
couvre des traficants de drogue, ou travaillent avec des gangs de dealer. Il y a eut
des affaires de rackets de touristes par des policiers. La situation évolue lentement
vers le positif mais ne tentez pas le diable et restez loin d'eux si possible.

.3.2 Les militaires
A éviter si possible surtout en province.

.3.3 Les gangs à touristes
Le plus célèbre est nommé le gang Ativan du nom de la drogue qu'ils utilisent.
Ils cherchent à vous approcher, à sociabiliser pour finir par vous offrir de
partager un verre. Là sans que vous ne voyiez rien, ils droguent votre verre.
Vous vous réveilleriez quelques heures plus tard sans un sou en poche et
sans aucun papier d'identité. Ils ont plusieurs techniques d'approche :

  • Bonjour, sympa vos chaussures vous venez d'où ? la France ? ah

Alain Delon !
  • Ma fille est moi somme de Cébu, on fait du tourisme à Manille, vous

pourriez prendre une photo de nous avec notre appareil ?
  • Bonjour, vous vous souvenez de moi ? je travaille dans votre hôtel...
  • Bonjour, je vois que vous êtes américain. Non français ? oh incroyable

ma nièce va partir faire l'infirmière en France. Vous pourriez lui donner
quelques conseils , demain par exemple ?
  • ad nauséam...

.3.4 Les braqueurs
Vous avez d'un côté les braqueurs qui écument les quartiers des affaires la
nuit et qui s'attaquent aux personnes qui ont eut la bêtise de se montrer en
train de retirer de l'argent à un distributeur. Ils n'hésitent pas à tirer avec des
armes de gros calibre et travaillent en groupe. Ils peuvent être même
motorisés.

D'un autre côté vous avez les braqueurs de jeepneys, pauvres, armés d'un
couteau qui une fois à bord vont menacer tout le monde.

Ayez toujours une certaine somme d'argent accessible rapidement sans
grande manipulation (poche de chemise). Cela vous permet de rapidement
donner ce qu'il demande au braqueur, de faire baisser sa nervosité et de vous
en sortir sans égratignure. Ne jamais tenter quoi que ce soit. Ils n'hésiterons
pas à vous laisser pour mort.

Nouveaux les braqueurs de portables. Ici on ne te menace pas pour obtenir
ton portable, on te lacère directement la main qui le tient d'un coup de
couteau. Méfiance donc. Observez votre environnement, soyez discrets.

.3.5 Les gros poissons
Les gros poissons se spécialisent dans le kidnapping d'hommes d'affaires
chinois, coréens,... A moins de vivre longtemps aux Philippines, ou de
s'afficher avec des gens très riches, vous ne risquez rien.

.3.6 Les prostituées
A éviter bien sûr, même si c'est "gratuit". Un maître célèbre a voulu vérifier et il
a failli finir dépouillé et sans son balisong et son air farouche il ne s'en serait
peut-être pas tiré si facilement.

.4 Les terrains de chasse
.4.1 Les combat zones
Clairement identifiées, soit vous y connaissez du monde, soit vous êtes
accompagnés, soit vous les évitez. En sachant que si de jour le risque est
acceptable, de nuit il devient trop important : ruelles, éclairage déficient,
philippins imbibés ou tournant au crack local. Ici on plante d'abord, on
demande le portefeuille ensuite.

.4.2 Les quartiers à touristes
Le domaine du gang Ativan. Prudence extrême dès que vous êtes accostés.
Votre premier réflexe est de vous dire que votre interlocuteur est
potentiellement dangereux. Cela n'aide pas à la sociabilisation, mais
certainement à la survie. Une astuce importante consiste à dire quand on
vous le demandera, que vous restez pour encore un mois dans le coin. Vous
devenez alors moins intéressant comme proie puisque cela empêchera votre
prédateur de travailler pendant un mois dans ce lieu par crainte de vous
revoir. Attention la police est parfois en cheville avec certains membres.

.4.3 Le quartier des affaires
Vous courrez les mêmes risques que dans le quartier à touriste mais
amoindris. La nuit par contre vous pouvez tomber sur des braqueurs. Quartier
à éviter de toute manière par son manque d'intérêt total.

.4.4 Les jeepneys
En province, se faire préciser le prix avant de monter à bord. Ne pas hésiter
à le faire répéter en prétextant votre mauvais anglais. Cela permet aussi de
discuter un peu avec le chauffeur, et comme c'est un gars du coin...

Il faut de préférence monter à côté du chauffeur, vers l'extérieur, ou derrière le
plus près possible de la sortie, ou sur le toit en province. Il faut pouvoir quitter
une jeepney le plus rapidement possible. Si une personne louche monte à
bord à Manille, vous descendez... Pas grave vous prendrez la suivante.
Attention aux trajets vers les aéroports. Certains gangs les fréquentent. Très
poliment on vous demande d'où vous venez, où vous allez, et on vous offre
des bonbons ou des biscuits drogués. Au réveil vous serez plus légers.

.4.5 La province
Les gens sont beaucoup moins tordus en province. C'est Manille et le
phénomène grande ville qui a transformé les philippins accueillants en
prédateurs. Faites quand même attention. Essayez d'avoir des bons contacts
avec les locaux. Si possible débrouillez vous pour avoir des connections avec
des relations du NPA (new people army) cela pourra vous éviter de vous faire
enlever. Faites toujours profil bas tout en étant extrêmement ouvert.

Si vous êtes chinois d'origine, évitez les zones où la NPA est présente. Les chinois
ont la réputation d'être riches et attirent les kidnapping.

21 juin 2006 à 18:49:38
Réponse #1

Ancien forum



Posté par survivalfred

Salut Serge,

Merci !

Superbe petite leçon ... a retenir  ;)

Citer
-Bonjour, vous vous souvenez de moi ? je travaille dans votre hôtel...
 

Vécu exactement la même situation et les mêmes approches "bateau" dans le souk à Marrakech  ::)

@ +

Fred

21 juin 2006 à 20:28:20
Réponse #2

Ancien forum



Posté par bison_solitaire

Ben sans vouloir être parano, alarmiste ou amalgamiste (je viens d'inventer un mot... appelez moi les Immortels) dans certaines cités c'est déjà un peu comme ça... même pour le coup de lame sur la main qui tient la lame.
Il y a déjà quelques années je me souviens d'un petit vieux qui s'est fait couper la main qui tenait la sacoche, c'était dans l'Oise.
Enfin, c'était juste pour dire que certaines choses expliquées par Serge sont aisément transposable ici et maintenant.
Merci Serge.

22 juin 2006 à 08:33:50
Réponse #3

Ancien forum



Posté par Lem

Merci Serge.... très très intéressant  8-)

22 juin 2006 à 08:39:13
Réponse #4

Ancien forum



Posté par vince

Texte efficace, merci, rien à dire sinon que le niveau de violence a l'air assez élevé finalement ; peut-être, encore une fois, toute la différence entre vivre dans un pays et y passer en touriste ?

Mais tout de même, ce que tu décris montre que la violence de prédation, du moins envers les étrangers, est largement moins inhibée qu'en Egypte, et autres pays du coin, y compris le Maroc dont il est question ci-dessus : si les techniques d'appatage sont assez universellement les mêmes, même en Egypte d'ailleurs, et l'objectif également identique - détrousser la proie - et bien les techniques et l'audace varient grandement en fonction des normes sociales et historiques.
D'ailleurs il y a un effet pervers : dans certains pays , c'est tellement rare, grave et impensable de voler un touriste que s'il n'y a pas de témoins, les voleurs peuvent paniquer et préférer tuer leur proie pour être sûr de pas être pris. C'est arrivé en Haute Egypte, des touristes seuls ou en couple qu'on a jamais retrouvés. Pas pareil que tuer pour accéder plus rapidement aux biens convoités, mais le résultat est malheureusement le même.

22 juin 2006 à 08:54:16
Réponse #5

Ancien forum



Posté par Diesel

Merci pour l'article. Toujours très intéressant d'en apprendre un peu plus sur les pays. :)

Bon, moi j'ai compris. Je n'irai pas dans le sud ou en asie. J'irai en Islande !
Là-bas, il n'y a pas assez d'habitant pour me gâcher mes vacances.  :D


22 juin 2006 à 09:29:32
Réponse #6

Ancien forum



Posté par serge

Oui aux Philippines le rapport à la mort est très spécial. Un philippin non éduqué à l'occidentale n'hésitera pas à en planter un autre pour une histoire de femme ou parcequ'il a refuser de boire un verre avec lui et ses potes... Le braqueur pauvre n'a rien à perdre. Le braqueur "haut de gamme" a trop à perdre. Pour la petite histoire un de mes potes là bas à viré du côté obscur de la force et a organisé un enlèvement d'un homme d'affaire. La police a réussi à les localiser et les a sommé de se rendre. Plutôt que d'obtempérer il y a eut un mini fort Alamo entrainant la mort d'un policier. C'est une culture de guerrier...

Ceci dit je me sens plus en sécurité là bas qu'à paname. moins d'aggressivité, les gens sont très très polis : ils savent que toute altercation peut dégénérer en bagarre, et qui dit bagarre dit mort d'homme...

Oui certaines choses sont transposables en France ou dans d'autres pays :-)

22 juin 2006 à 13:27:54
Réponse #7

Ancien forum



Posté par Tony

Salut

Post instructif, merci Serge.
C'est vrai qu'il faut un minimum de connaissances sur le pays avant de si avanturer.
Mais bon, il y a pas mal de personnes qui vont dans un pays en n'ayant pris aucune infos sur le lieu d'arrivé et après ils sont ''surpris''...
C'est comme pratiquer un sport de combat ou de la self sans avoir un minimum de connaissances en sécu perso.

A+.
Tony.

22 juin 2006 à 14:15:35
Réponse #8

Ancien forum



Posté par DavidManise

Salut :)

Excellent post, merci Serge :)

On va rajouter ça au wiki aussi si t'es d'accord ! :)

David

23 juin 2006 à 11:53:11
Réponse #9

Ancien forum



Posté par serge

pas de soucis, et si cela peut donner l'envie à d'autre de faire ce genre de travail c'est tant mieux !

23 juin 2006 à 16:39:58
Réponse #10

Ancien forum



25 juin 2006 à 10:25:46
Réponse #11

Ancien forum



Posté par legugusse


Je me permets d'ajouter quelques mots à cet excellent petit guide dont je salue la concision, la densité et la qualité des informations. Merci Serge.

1) je ne me suis jamais senti autant en sécurité quelque part qu'à Manille, même au sein d'une foule de 3 milllions de personnes, à l'occasion de la marche du jeudi saint. La gaité des philippins est telle qu'avec un peu de temps, elle se communique même aux grands paranoiaques d'occidents. :-)
Mais, je le reconnais, c'est du "ressenti", et pas un jugement objectif.

2) Lorsqu'elle surgit, la violence là-bas est rapide et léthale. Pas de chichi, pas de paroles inutiles et pas d'escalade injurieuse. Juste des actes, vifs et définitifs. Puis un cadavre, retrouvé dans un coin sombre ou sur la route.Je n'ai que très rarement vu d'armes sur des civils à Manille. Mais je sais qu'il y en a énormément. Apparemment, quand elles sortent, c'est pour servir.  Bref, on est aux antipodes de la culture méditérannéenne du "tenez moi les gars, je vais me le faaaaaaaire!".

3) Il est un fait reconnu que les "faibles" ont plus de chance d'être attaqués aux Philippines. Parmi mes collègues et moi, ceux qui, en un an, ont été victimes d'agression étaient une jeune femme et un séminariste handicapé.
Les agressions se sont toujours "bien passés". Pas de violence gratuite. La jeune femme a été attaqué au couteau durant un typhon, à 50 mètres de chez nous, à 5 heures de l'après midi, alors que la visibilité était très mauvaise et les rues désertes.
Le séminariste s'est fait braquer à 4h du matin, dans sa rue, au revolver.
Ah oui, j'oubliais l'histoire d'un jeune français naïf, qui s'est fait aguicher par deux vieilles qui lui ont offert un tour de calèche dans le vieux Manille. Ensuite elles l'ont attiré chez elles, ont commencé à lui masser les épaules. Sa timidité s'est enfin évanouie lorsqu'elles ont insisté pour lui offrir du thé: il s'est souvenu de toutes ces histoires de touristes endormis et dépouillés et... s'est enfui à toutes jambes!

4) La condition de touriste nécessite surement une certaine prudence. Mais en tant que résident, basé dans un quartier, vous pouvez vous permettre de répondre aux invitations des voisins proches ou moins proche. Des gars jouent aux billard, vous crient "Hey Joe" et vous invitent à prendre une bière?
Pourquoi bouder son plaisir? En revanche, ils essaieront de vous refiler le portable de leur frangine, fille mère avec deux gosses, qui serait pour vous la meilleure épouse du monde... C'est de bonne guerre. :-)

5) Serge fait bien de souligner la dangerosité de certains philippins ennivrés. J'ai passé un an à me saouler la gueule fréquemment avec des philippins. Mais c'était toujours avec des copains (voisins, collègues etc...) et cela s'est toujours passé sans le moindre problème. Bien au contraire.
En revanche, le soir où j'ai été en terrain un peu moins connu, avec deux copines françaises, ça a failli dégénérer. Deux philippins bourrés ont commencé à draguer un peu lourdement les françaises. Et comme j'étais le seul "mâle" français, la tension a commencé à monter et l'un d'eux est devenu agressif. J'étais bourré comme un coin, je ne comprenais même pas pourquoi ce gars s'énervait. Et c'est un ami philippin, ancien du NBI (police judiciaire) qui a géré la situation. En me disant avec un grand sourire: "Ne t'inquiètes pas, nous agirons avant même qu'il ne pense seulement à agir."
A part cela, je n'ai jamais été importuné dans la rue par qui que ce soit.

6) D'ordinaire, le philippin est gai, chaleureux et jovial, notamment à l'égard des occidentaux. Il y a tout de même deux "endroits" où j'ai été l'objet d'une haine immédiate et d'une intensité très forte:
 - En prison (visite!) , face à un groupe de terroristes d'Abu Sayaf. Alors que les autres détenus étaient plutôt sympas avec moi.
 - Dans un quartier tenu par le NPA . Même le prêtre, au moment de la communion, a tenu à me faire sentir sa haine. Impressionnant.






 


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