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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Leadership de groupe en situation de survie  (Lu 6001 fois)

22 juin 2005 à 14:25:39
Lu 6001 fois

Ancien forum



Posté par Howling_Mike

Citation de: Tycho70  link=1115415104/60#68 date=1119431643
(...)
par contre, ce que j'entend plutôt dans la survie bourrine c'est que : d'abord tu t'auto-déclare le "chef" de la situation . Mais en conséquence, c'est à toi d'assumer cette responsabilité. Et pour moi, un vrai chef ça doit être quelqu'un d'increvable, toujours en train de faire quelquechose, jamais inactif, qui déploie une énergie impressionnante ! Ca ne pourra que motiver l'entourage. C'est aussi au chef d'assumer la responsabilité si il arrive un pépin.

En bref, le chef est là pour montrer l'exemple, pour motiver et aider les autres. Ce sera le seul vrai guide de la situation de survie même si il sait aussi être assez humble pour laisser les autres mettre la main à la pâte parfois.
En cela j'entend la survie bourrine.

Salut !


Suite à la discussion sur la survie "bourrinne ou douce" entamée dans cette même section, il me semble important de traîter d'un autre paramètre jusque là remarquablement délaissé sur ce forum, à savoir le leadership de groupe en situation de survie.

Je vais prendre, en toute amitié, pour point de départ le message de Tycho définissant la notion de "survie bourrinne".

"S'auto-déclarer chef"... très franchement il s'agit là selon moi de la pire chose à faire, et ce pour plusieurs raisons :

1/ tout d'abord, même si tu es animé des meilleurs intentions du monde, tu n'es jamais sûr d'être le plus compétent de l'équipe.

2/ Tu vas créer une hiérarchie artificielle dans le groupe, un émulation de compétition qui sera préjudiciable à la cohérence de ce groupe : on pourrait appeler ça le syndrôme "Iznogood", CAD que certains seront plus préoccupés par l'idée de prendre ta place que de participer aux activités nécessaires à la survie.

3/ Des clivages vont inmanquablement se créer au sein du groupe entre tes "partisans" et tes "détracteurs", conflits qui entraveront la moindre prise de décision ou la moindre action.

4/ D'autre part, aurais-tu la même facilité à t'auto-déclarer chef de la situation, si tu étais une blondinette d'un mètre soixante, et non un colosse de deux mètres chaussant du 48 ? ça donne à réfléchir...

5/  cette auto-proclamation entrainera un stress supplémentaire chez les personnes les plus vulnérables du groupe (les femmes notamment) qui peuvent y percevoir un danger potentiel pour leur intégrité physique.

Personnellement, si je me retrouvais en situation de survie en compagnie d'un groupe de parfaits inconnus et que l'un d'eux s'auto-déclarait chef de la situation, et bien je m'éclipserai illico, préférant tenter ma chance seul...

"mais en conséquence, c'est à toi d'assumer cette responsabilité"... S'auto-déclarer chef et faire ensuite ses preuves se résume à placer comme l'on dit la charrue avant les bœufs. la moindre erreur, le moindre faux pas ne sera pas pardonné.

de même que, comme disait Morpheus, "il existe une différence entre connaître le chemin et arpenter le chemin", c'est par les actes que le leadership doit s'affirmer :
lorsqu'au bout de trois jours il verront c'est toi qui auras ramené des plantes comestibles, construit un abri digne de ce nom, allumé le feu et pourvu aux besoins du groupe graçe à l'eau potable que tu auras su filtrer... alors tu n'auras même pas besoin de t'affirmer comme étant le chef, car tu le seras, naturellement, pour chacun d'entre eux, et ton autorité ne sera pas remise en question avant longtemps...

"En bref, le chef est là pour montrer l'exemple, pour motiver et aider les autres. Ce sera le seul vrai guide de la situation de survie même si il sait aussi être assez humble pour laisser les autres mettre la main à la pâte parfois." Cette définition me semble un peu trop idéale pour être réaliste dans une situation de survie. Elle reflète plutôt le rôle du chef (ou de l'officier) dans un groupe fortement hierarchisé, comme une section militaire ou une expédition. Mais dans le cas d'un groupe dont les membres ont été réunis par le hasard, le leadership ne repose sur aucune bases légales ou établies, il sera par conséquent entièrement dépendant des évènements et constamment remis en question. La relation de confiance prend totalement le pas sur celle d'autorité.

Pour résumer, le leadership en situation de survie ne doit pas reposer sur un rapport de force, mais sur un consensus qui doit venir de l'ensemble du groupe : il vaut mieux un groupe sans chef qu'un groupe commandé par quelqu'un qui ne fait pas l'unanimité.

Mahalo !
Howling Mike

PS : Je le rappelle encore une fois, ce post n'a pas pour but de prendre parti pour ou contre la survie bourrinne ou douce, mais d'aborder la question délicate du leadership de groupe. Il existe déjà un post sur le sujet, et comme le dit Tycho, "c'est son topic !!!"  ;)

22 juin 2005 à 14:56:52
Réponse #1

Ancien forum



Posté par mister_chatoyant

Citation de: Howling_Mike  link=1119443139/0#0 date=1119443139
Personnellement, si je me retrouvais en situation de survie en compagnie d'un groupe de parfaits inconnus et que l'un d'eux s'auto-déclarait chef de la situation, et bien je m'éclipserai illico, préférant tenter ma chance seul...


c'est marrant ça, quand j'ai lu le post de Tycho70 ce matin ,je pençai à cette situation et dans s'elle si je me barerai façon "misanthrope style"...

22 juin 2005 à 14:58:14
Réponse #2

Ancien forum



Posté par Howling_Mike

Citation de: mister_chatoyant  link=1119443139/0#1 date=1119445012

c'est marrant ça, quand j'ai lu le post de Tycho70 ce matin ,je pençai à cette situation et dans s'elle si je me barerai façon "misanthrope style"...


Les grands esprits se rencontrent donc effectivement !

;D

Mahalo !
Howling Mike

22 juin 2005 à 15:12:27
Réponse #3

Ancien forum



Posté par DavidManise

HM,

Excellent post...  

Je serai pour ma part moins objectif, et beaucoup plus "imagé" dans ma réponse :

Un jour, j'étais en rando avec trois potes...  Potes est un bien grand mot.  On dira "connaissances".  On s'est un peu peaumés dans le brouillard.  Juste histoire d'être sûrs de pas tomber d'une barre rocheuse (ou dans une glacière, vu qu'on était dans le vercors), on a décidé de s'arrêter le temps qu'il faudrait...  

Et là -- alors que les trois autres étaient bien zens et sortaient les gâteaux en allumant un petit feu -- y'a un petit chef qui s'est levé et qui a commencé à brasser du vent et à nous "stimuler".  

"Allez, faut pas désespérer, on va s'en sortir", et tout et tout...  "On va ramasser du bois pour le feu, et pis on va se faire un abri...  Allez, David, toi, tu nous fais un abri et moi je vais faire le point sur la carte et pis toi, Fred, tu vas commencer à chercher du bois...".  

On l'a regardé...  et tout le monde a rigolé doucement, sans bouger.

Il s'excitait, et nous reprochait de nous laisser aller à l'hypothermie et à la nonchalance...  

J'ai dit aux autres "Tiens, on dirait qu'il a lu trop de mauvais bouquins de survie, votre pote"...  

Là il m'a dit que je dépassais les bornes, et que c'était pas le temps de la mutinerie...

J'ai pas eu le choix.  Y'a fallu que je me marre franchement.  J'ai dit "va te faire foutre, caporal, le seul qui flippe ici c'est toi".

En fait, notre "héros" était le plus (et le seul) paniqué d'entre nous...  comme c'est souvent le cas pour les petits chefs qui se donnent le rôle de héros en charge des opérations.  

Il a commencé à s'exciter pour de vrai et à m'engueuler, en me traitant de grosse larve apathique...  Si on devait crever sur cette montagne, ça serait de ma faute et tout et tout.  

Bonjour l'ambiance...  <rire> -- Moi et les deux autres on s'est regardés, puis on a soupiré en regardant en l'air et en continuant de faire notre petite vie tranquille...

Dans la mesure où nous étions dans une zone de haute pression et que la veille il y avait eu un orage, l'eau qui s'évaporait, au petit matin, nous donnait un brouillard dense...  qui s'est levé vers 10h.  Juste le temps qu'on se fasse chauffer un thé et qu'on mange un bout avant de repartir...

Bref, c'est bien beau de déployer une énergie impressionnante et tout et tout, mais avant tout il faut savoir faire preuve de calme et de discernement... Ça évite au petit chef de passer pour un con, et surtout ça évite à tout le monde de gaspiller une énergie impressionnante à des tâches débiles...  à commencer par supporter le petit chef en question.  

Dans une situation vraiment critique, y'a rien qui énerve plus que les petits chefs...  à part peut-être les "vrais leaders".  Je préfère de loin ceux qui restent calmes et qui agissent efficacement sans avoir besoin de brasser de l'air et de secouer tout le monde pour se rassurer eux-mêmes.

Je pense, Tycho, que toute ta théorie sur la survie "bourrine" ne repose pas sur l'expérience de terrain mais plutôt sur un mélange de mauvais bouquins et d'une idéologie politico-spirituelle qui date de bien avant la révolution.  

Howling Mike a posé le problème très clairement (et de manière plus calme que moi) dans son post : le statut de "chef" est un statut qui s'acquiert accidentellement par une sorte de référendum inconscient.  Le statut de trou du cul, par contre, est rapidement acquis par un comportement improductif et qui fout la m*rde plutôt qu'autre chose...  comme le fait de s'auto-proclamer chef.

David

22 juin 2005 à 16:49:43
Réponse #4

Ancien forum



Posté par Tycho70

Alors, beaucoup de choses vraies dans tes propos HM. ;)

Bon, s'auto-déclarer chef, c'est vrai que si tu dis "je suis le chef" tu ne te fera sans doute pas que des amis. Donc je suis d'accord avec toi, mener un groupe, ça s'acquiert par l'acte.

Par contre tu ne peux pas être sur que même après avoir prouvé toutes tes compétences, ça ne déclenche pas de la jalousie ou autre chose.

Tout de même aussi, il me semble que le leadership tout le monde ne l'a pas. Ca ne veut pas dire qu'un leader c'est un mec qui geule fort, mais ça peut être quelqu'un qui sait avoir un mot d'humour pour dénouer des tensions. Je pense que leardership ça pet s'apprendre par la force des choses, mais ça peut être une qualité plus ou moins innée. Je suis sur que toi HM tu ferai un bon petit chef ! ;) (sauf si je suis là ;D <<<auto-dérision>>>)

Citation de: DavidManise  link=1119443139/0#3 date=1119445947
HM,

Je pense, Tycho, que toute ta théorie sur la survie "bourrine" ne repose pas sur l'expérience de terrain mais plutôt sur un mélange de mauvais bouquins et d'une idéologie politico-spirituelle qui date de bien avant la révolution.  
 


Penses ce que tu veux.
Ca fait "seulement" 4 années que je m'intéresse à la survie, et honnètement je ne pense pas devoir grand choses aux livres. La pratique est arrivée bien avant les bouquins. Enfin "les"...il me semble que le seul livre que je possède est "SAS Guide de survie". ( Forcément tu vas dire que c'est un livre de survie militaro-bourrine.  ;) )

J'aimerai savoir aussi ce que tu entends par politico-spirituel car là je vois pas trop de quoi tu veux parler...

Pour ce qui est de mon expérience, c'est juste que j'ai "remarqué" qu'un groupe marche mieux lorsqu'il y a un chef. Mais chef n'était peut être pas le terme le plus approprié. En fait ce serai plutôt un vétéran, doté d'un peu plus d'expérience que les autres, qui tout naturellement comme le dit HM prend ses responsabilités.

Et puis David, si tu trouves qu'il faut avoir un certain niveau d'expérience et de connaissances avant d'intervenir sur le forum alors ok je fermerai ma geule. Je croyais pourtant que chaque membre avait un niveau différent et que c'était accepté en tant que tel.

Je trouve ça dommage ce jugement. En relisant ta phrase, c'est limite si tu me dis pas que je suis jamais sorti en forêt...  

22 juin 2005 à 16:55:40
Réponse #5

Ancien forum



Posté par Tycho70

Citation de: Howling_Mike  link=1119443139/0#0 date=1119443139

Pour résumer, le leadership en situation de survie ne doit pas reposer sur un rapport de force, mais sur un consensus qui doit venir de l'ensemble du groupe : il vaut mieux un groupe sans chef qu'un groupe commandé par quelqu'un qui ne fait pas l'unanimité.


Je te retourne la critique HM  ;)
Cette conception d'un groupe en situation de survie sans chef me parait complètement idéaliste. Il y aura toujours quelqu'un qui voudra se prendre en main plus que les autres, ou qui critiquera plus le boulot de l'un ou de l'autre.

A part si tous les membres sont tous des as de la survie (dans ce cas c'est différent) je ne crois pas à cette vision. (pour le moment ! ;))

22 juin 2005 à 18:36:28
Réponse #6

Ancien forum



Posté par James

Mwais, le leadership, c'est l'art de faire accepter son autorite sans que personne n'ait envie de la contester. ca n'a rien a voir avec la legitimite de l'autorite. Et ca ne se fait pas en force, et ca ne prouve pas que le leader ait toujours raison, ce qui force donc a rajouter au leader en plus de la clair-voyance et des capacites diplomatiques, une capaciter a ecouter et a se remettre en cause.

donc, on veut un mec
- humble mais autoritaire,
- persistent mais pas bute
- avec un vision a suffisement long terme mais qui s'adapte
- qui impose mais qui n'en abuse pas
- qui ecoute mais qui sait ignorer
- honete mais qui triche quand il faut.

Wahahaha, si vous connaissez vraiment des comme ca, dites leur de m'envoyer leur CV, ma boite en cherche, et a mon avis, ca n'existe pas.

Comme toujours, les relations humaines sont faites de concessions, d'agrements plus ou mois tacites, et d'incomprehentions.

Franchement, je suis moyennement branche survie dans les bois (mais ca m'attire de plus en plus), mais j'ai survecu a pas mal de mes sports de plein air, entre le free-ride en snow ou il faut faire demi-tour dans un metre de poudre parceque tu a rate le repere, qu'en dessous de toi ya que de la falaise, et que tu sens la plaque de neige un peu trop sensible a ton gout, un aileron de planche qui m'a laisse 24 points de suture dans l'avant bras, apres avoir traverse  le dit bras a 400 m du rivage, (et je suis rentre tout seul), avec une artere ouverte, d'innombrables gamelles avec des fractures ou foulures et pannes en enduro et en VTT ou tu sais pas si, ou comment tu vas rentrer ou rester sur place, et pas mal de fois dans des conditions plus que limites, les fois ou on a pris des put**n de tempetes de mort au beau milieu de l'adriatique. J'en passe et des meilleures.

Je me connais maintenant, parce que j'ai vecu ces situations, et je sais que ne panique pas, en cas de coup dur, je suis fiable, pour moi et pour les autres (c'est peut etre le seul moment ou je suis fiable :-) ). La tete froide, il n'y a que cela de vrai. d'une certaine maniere, le meilleur entrainement a la vraie survie, est la vraie survie, et je ne parle pas de se retrouver dans un coin a faire semblant avec tout planifie a l'avance et la voiture pas loin ou a moinds d'une heure, mais de se retrouver dans la vraie m*rde et de faire avec ce que l'on a (ou ce que l'on a pas).

Eh je ne vise personne, l'entrainement doux c'est bon, et comment savoir ce dont on a besoin sans se mettre au moins un peu dans la situation.

Les cas ou un certain nombre d'individus doivent se serrer les coudes pour survivre sont peu repandus, et il n'est pas sur qu'on survive mieux a ecouter un idiot ou un groupe d'idiots que tout seul. A la fin qui est mieux a meme de prendre soin de sa propre vie que soi meme.

Le seule regle pour survivre, c'est tete froide, bon sens et perseverance (dans le sens envie de vivre). Coup de bol, des milliers d'annees d'evolution font que ces choses arrivent mieux avec un petou d'adrenaline dans le sang, et que l'adrenaline vient avec la peur. La peur est une emotion, pas un comportement, la panique n'est pas une emotion, mais un comportement.

Dans certains cas j'ai laisse des mecs faire ce qui bon leur semblait car je n'etais pas d'accord, et quand la vie est en jeu, chacun son maitre, (bien m'en a pris d'ailleurs, car c'etait moins galere pour moi) si il ny a pas de terrain d'entente, simple on regroupe toutes les ressources et on les partage a equite et chacun sa vie (ou sa mort). Je preferre crever de mes erreurs que de celles d'un autre.

Donc voila, le leader, je ne reconnais pas quand ma vie est en jeu (ni quand elle n'est pas en jeu d'ailleur, je suis ALLERGIQUE A L'AUTORITE). L'experience et le bon sens, oui, le leader non. Donc le gars qui donne des ordres qui n'ont pas de sens sans expliquer pourquoi peut se brosser .Il n'y a la limite pas besoin d'un leader, mais d'un coordinateur de bonnes volontes.
Le principe en groupe n'est pas de diriger, mais de partager, ceux qui ont la peche ou la sagesse ou l'optimisme ou la connaissance doivent essayer de le passer aux autres, le reste c'est du pipeautage, et c'est jamais une seule personne qui a tout cela, le chef, c'est donc le meilleur moyen de se torcher. Donc ya pas de leader, mais un moderateur de tensions peut etre...

Si on laisse les choses se faire, en reprimant les petits chefs, en general, les gens prennent leurs responsabilites en fonctions de leur capacites. (et pour moi, le chef c'est un boulet qui fout la m*rde et merrite des baffes, chef, le 2 eme plus vieux metier du monde!)

Enfin voila, ce n'est que mon point de vue, mais pour une fois ce n'est pas ou peu negociable, ca vient avec le mec.

Bon , jai ete un peu long, desole, mais comme vous pouvez le lire, un sujet qui me tient a coeur.

22 juin 2005 à 21:30:18
Réponse #7

Ancien forum



Posté par DavidManise

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
Penses ce que tu veux.


J'vais me gêner... ::)

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
Ca fait "seulement" 4 années que je m'intéresse à la survie, et honnètement je ne pense pas devoir grand choses aux livres. La pratique est arrivée bien avant les bouquins. Enfin "les"...il me semble que le seul livre que je possède est "SAS Guide de survie". ( Forcément tu vas dire que c'est un livre de survie militaro-bourrine.  ;) )


Bon et pendant tes 4 années d'intérêt pour la survie, il t'es arrivé combien de fois de te retrouver dans des situations vraiment limites avec des groupes ?  Parce qu'à te lire, on dirait vraiment que t'as passé ta vie à gérer des crises au fond de la jungle...

J'ai absolument rien contre les gens qui ont une expérience de "seulement" 4 ans.  Par contre j'ai une GROSSE dent contre les mecs qui pensent tout savoir et qui postent des trucs en donnant des conseils aux gens sans savoir de quoi ils parlent, et qui ne se gênent pas pour employer un ton très affirmatif alors qu'ils ne font que spéculer.

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
J'aimerai savoir aussi ce que tu entends par politico-spirituel car là je vois pas trop de quoi tu veux parler...


Normal.  

Je pense que l'essentiel de ton attitude et de tes opinions sur la survie sont fortement structurées par ton idéologie et tes valeurs.  Ton discours tout entier transpire la droite catho conservatrice.  Tout le non-dit de tes posts, si on l'analyse, exprime très clairement tes valeurs.  Le choix des mots, ta manière d'encoder tes phrases...  la manière dont tu décodes les nôtres.  Il en va de même pour tout le monde, et moi le premier, bien sûr.  Y'a rien de mal à ça.  N'empêche que l'idéologie (la tienne comme la mienne d'ailleurs) n'a jamais été un bon moyen de trouver des solutions intelligentes à des problèmes réels.  

Pour être plus clair, je pense que tu appliques le modèle social que tu connais/idéalises aux situations de survie.  Un chef fort, une structure hiérarchique, et de l'action énergique pour se tirer de ce mauvais pas...  !  La bonne vieille opposition entre la nature sauvage et la volonté inflexible d'un groupe organisé et discipliné, y'a que ça de vrai ! ::)

Tu as droit à tes opinions, et je ne censure pas tes posts.  Je te l'ai déjà dit, je te laisse t'exprimer librement sur le forum.  Sauf que là, c'est mon tour, et comme mes opinions et mon idéologie sont radicalement différentes des tiennes, ben ça chauffe.  La liberté de parole, ça va dans les deux sens.  Et si t'as envie de m'en mettre plein la gueule, surtout ne te prive pas.  On est là pour ça.

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
Pour ce qui est de mon expérience, c'est juste que j'ai "remarqué" qu'un groupe marche mieux lorsqu'il y a un chef. Mais chef n'était peut être pas le terme le plus approprié. En fait ce serai plutôt un vétéran, doté d'un peu plus d'expérience que les autres, qui tout naturellement comme le dit HM prend ses responsabilités.


T'as droit à ton opinion.  Perso je trouve qu'un groupe va mieux quand tout le monde est fondamentalement d'accord sur ce qu'il veut faire collectivement et qu'on discute et agit de manière égalitaire, en se basant sur un consensus.  Et je pense que d'essayer forcer le consensus est une erreur.  Vaut mieux que le groupe se sépare (définitivement ou pas) plutôt que de tenter de réconcilier l'irréconciliable.

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
Et puis David, si tu trouves qu'il faut avoir un certain niveau d'expérience et de connaissances avant d'intervenir sur le forum alors ok je fermerai ma geule. Je croyais pourtant que chaque membre avait un niveau différent et que c'était accepté en tant que tel.


Je t'ai jamais empêché de poster.  Si je voulais t'en empêcher définitivement, je pourrais le faire en trois clics.  Pourtant non.  Je tiens à ce que tu aies le droit de t'exprimer librement, comme tous les autres.  Et moi j'ai le droit de pas être d'accord avec toi, et de le dire, même de manière très directe.  D'ailleurs, ça va peut-être te surprendre, mais je vais pas de virer du forum si tu me traites de c*nnard ou de trou du cul.  À la limite, si t'as des arguments et du contenu derrière, ça sera sans doute plus instructif que les posts où tu nous montres tes jolis smileys sans avoir d'info pertinente à mettre à côté.

Citation de: Tycho70  link=1119443139/0#4 date=1119451783
Je trouve ça dommage ce jugement. En relisant ta phrase, c'est limite si tu me dis pas que je suis jamais sorti en forêt...  


Non.  Je pense que tu parles de leadership de groupe en situation de crise réelle alors que t'en as jamais vécu.  C'est ce que je pense, mais peut-être que j'ai tort...  Sauf qu'à mon avis si t'avais déjà vécu ce genre de choses tu l'aurais tout simplement déjà dit, au lieu de me prendre la tête en jouant la vierge offensée.  

Ciao,

David

22 juin 2005 à 22:01:36
Réponse #8

Ancien forum



Posté par DavidManise

JM,

Je suis deux choses :

1) entièrement d'accord avec toi au sujet des chefs... ;)

2) content de voir confirmé ce que je sentais, à savoir que t'as déjà exploré tes limites et donc que tu te connais réellement.

Tu dis que le meilleur entraînement pour la vraie survie, c'est la vraie survie...  Je suis d'accord (eh oui ;)).

Dans mes cours, je ne place pas les gens en situation extrême, pour la simple et bonne raison que ça serait pas très gentil de leur ouvrir une artère ou de les déshydrater et de les larguer en pleine canicule pour une course d'endurance ;)  Je sais pas pourquoi, ça a tendance à décourager les élèves <rire>  

Alors qu'il discutait formation militaire avec un autre mec, Napoléon disait qque chose du style "Donnez moi 50000 hommes, et laissez moi le temps d'en faire tuer la moitié.  Ceux qui resteront seront formés."

C'est sans doute vrai.  Moi, n'empêche, je préfère former tout le monde avant de partir pour faire en sorte que sur les 50000, y'en ait 45000 qui survivent au lieu de seulement 25000...  Et ceux qui resteront seront encore mieux formés...  Tu comprends l'idée ?

Bref, on est là pour apprendre des techniques qui, idéalement, offriront quelques solutions POSSIBLES en cas de pépin.  Si la question est de savoir si les gens pourront utiliser les techniques que j'enseigne dans le feu de l'action, la réponse doit être donnée au cas par cas.  Certains pourrons.  D'autre pas.  Je fournis des techniques, et je fournis même des trucs qui aideront à rester "cool" dans des situations critiques, mais ça ne fait pas de miracles.  Ça aide.  La pratique régulière, aussi, aide les techniques de base à s'exprimer dans des situations critiques...  ça devient des automatismes, si tu veux...  

Bref, je pense que l'entraînement doux est utile (comme tu le dis aussi).  Ça permet à pas mal de gens de vivre assez longtemps pour apprendre de leurs erreurs ;)

Ceci dit, je suis entièrement d'accord sur un point : ça n'est qu'une fois qu'on a vraiment vécu un truc hard qu'on sait vraiment comment on se comporte à ce moment là.  Comme toi, j'ai tendance à être plus fiable quand ça chie que quand tout va bien (ma copine te le confirmera <rire>)...  bien qu'il me soit arrivé de flancher une fois ou deux dans des situations où j'avais pas le droit à l'erreur.  Shit happens... :-/

Bref -- et je te dis ça avec tout le respect qui s'impose vu ton grand âge ;D ;) --  faut pas prendre les choses pour acquis...  surtout quand quand on parle de stress à long terme.

Ciao ;)

David

22 juin 2005 à 22:32:28
Réponse #9

Ancien forum



Posté par bloodyfrog

Wizzzzzz... ;)

Bonjour à tous,

Juste un mot pour dire que j'aime bien vos posts, que je confirme (petite expérience - mais riche en conduite d'équipe en situation tendue...), le leader en situation de crise est rarement la grande gueule du début...

Et puis qu'on arrête de parler survie bourrine = survie militaire...

Quand vous voyez les légionnaires aux infos qui sautent dans la boue en Guyane, même si le centre offre qq enseignements de vie en forêt équitoriale, l'objectif du séjour est surtout de créer une cohésion de groupe et d'aguerrir une unité dans l'effort, la fatigue, le stress pour justement voir les leaders et les forts se détacher

Un jour je vous parlerai vraie survie militaire...
En gros, c'est "cours! arrête toi! écoute... cours!" ;D
Pas grand chose à voir avec la survie comme on l'aime sur ce forum...  

Mes two cents... ;)

Manu.

22 juin 2005 à 22:41:21
Réponse #10

Ancien forum



Posté par bloodyfrog

Ah oui, une expression sympa sur le thème, très sympa à ressortir lors d'une garden party à Chambord... ;)

"Il a vu l'éléphant..."

Du temps des premières chasses africaines, le chasseur blanc qui avait vu l'éléphant était un gars qui en principe avait la tête froide en situation de stress...
Il fallait que le chasseur puisse recharger son fusil (à l'époque, arme à poudre noire, longue à recharger...) après un premier tir, sachant qu'un éléphant blessé pas content arrivait sur lui... ;D

On peut dire que James a vu l'éléphant, encore que j'ai un doute, pas sur qu'il y en ai au milieu de l'Adriatique... ;D

22 juin 2005 à 22:48:30
Réponse #11

Ancien forum



Posté par James

Ah t'inquietes je connais suffisemment les hostos pour ne pas aimer ;-)

ah ben oui il n'y a que deux manieres d'apprendre:

1 Faire son experience.
2 Se fier a l'experience d'un autre, ce qui implique une phase de verification.

Il y a toujours des ratées, sinon on n'apprend pas, quand il y a situation de survie, faut bien en etre arrivé la aussi ;-) la survie c'est du rattrapage, c'est pas pour l'elite, c'est pour les cancres qui se ratent (j'en suis, et vous tous aussi, on se rate tous un jour, eh eh ), la vie c'est pour l'elite, et ce mot la est un pur concept de l'eprit;-) .

La gestion du stress, c'est le facteur clé, (ptain j'ai retrouve les accents!) seul ou en groupe. C'est marrant j'ai trouvé qu'il y a un bemol a mon beau controle de tête froide, c'est quand ca touche mes gosses, je reste froid,  mais ca m'angoisse méchant, surtout pour les touts petits.Ou je peux aussi devenir tres tres mechant si c'est en defense. Doit y avoir de l'instinct la dedans.

Mon age avance ;-) accepte bien que rien ne soit jamais acquis en aucun domaine, ce serait chiant sur cette planette sinon.

Pour la petite histoire, j'ai vu des mecs qui s'évanouissaient au lieu de me faire une compresse, heureusement, chuis pas comme ca, sinon je serais qu'une flaque se sang sur le sol. Je lui souhaite pas de se retrouver dans la meme situation avec un mec comme lui. Enfin, darwinisme et evolution hein ?

Comme tu dis, on ne connait son comportement dans une situation donnee que quand on l'a vecue, on peut toujours extrapoler, mais c'est du pipeau souvent et quand on change un petit parametre (une personne dans un groupe, du matos, une maniere de faire) c'est déja plus la meme donne.

Bah puis un petit peu d'intuition aussi, ca marche bien l'intuition et l'instinct, c'est moins intellectuel, moins facile a expliquer (voir impossible), mais tout aussi efficace, etrangement.

Un mec a ecrit que seul ce qui est verifiable par les sens a de la valeur, et que le reste n'est qu'un tissu de deductions et de modelisation qui se fait dans la cervelle (et cree des noeuds :-) ). Un jour je vous parlerai de la semantique generale, et des doubles conflits, c'est interressant pour la comprehension de la communication humaine, quoi quíl n'y ait pas grand chose a comprendre si ce n'est que l'on communique mieux et plus durablement en faisant quelque chose avec quelqu'un qu'en lui parlant.

Mwais, bon on va arreter, je deviens chiant a philosopher la. :-)


Eh, tot ou tard, tout le monde voit l'élephant, mais moi j'ai souvent appliqué le "no brain - no pain" pas de cerveau, pas de mal :-D a posteriori j'aurais pu me passer de certains elephants ;-)

23 juin 2005 à 11:40:49
Réponse #12

Ancien forum



Posté par Tycho70

Allez David, on dirait un vieux ménage qui s'engeule comme du poisson pourri en se balançant les 4 vérités.

Citer
Et si t'as envie de m'en mettre plein la gueule, surtout ne te prive pas.

Nan, j'ai pas envie de t'en mettre plein la geule, je t'aime bien.   ;)

Citer
je vais pas te virer du forum si tu me traites de c*nnard ou de trou du cul.
Tu me vois réellement te dire ça ???

Citer
Ton discours tout entier transpire la droite catho conservatrice.
Peut être bien, mais ça relève de l'opinion personnelle, donc respect. Par contre, conservateur non pas du tout et de droite, je sais pas, j'aime pas la notion de droite et de gauche (au states ça existe pas et c'est bien mieux), en tout cas pas la droite qui est au gouvernement !

Citer
T'as droit à ton opinion.  Perso je trouve qu'un groupe va mieux quand tout le monde est fondamentalement d'accord sur ce qu'il veut faire collectivement et qu'on discute et agit de manière égalitaire, en se basant sur un consensus.  Et je pense que d'essayer forcer le consensus est une erreur.  Vaut mieux que le groupe se sépare (définitivement ou pas) plutôt que de tenter de réconcilier l'irréconciliable.

J'acquiesse.

Citer
Non.  Je pense que tu parles de leadership de groupe en situation de crise réelle alors que t'en as jamais vécu.
Si, j'ai une expérience perso de situation limite, mais elle n'apporterai rien de plus ici (si tu veux en mp).

Citer
je tiens à ce que tu aies le droit de t'exprimer librement, comme tous les autres.

Peu de modo pensent comme toi. Tout de même, c'est bien aussi d'avoir une limite, tu ne crois pas ?

Citer
a sera sans doute plus instructif que les posts où tu nous montres tes jolis smileys sans avoir d'info pertinente à mettre à côté.
Là c'est l'artiste qui te parle, tant que je serai ici il y aura des smileys ! Ca agrémente le forum et ça le rend plus sympa. En plus un bon smiley ça peut remplacer un long discours.

Citer
Par contre j'ai une GROSSE dent contre les mecs qui pensent tout savoir
Désolé si je donne cette impression là, je considère pourtant que je ne sais pas grand chose. D'ailleurs faudrait bien que je fasse un petit stage avec toi, je suis sur que tu saurai me juger... à ma juste valeur. "Je sais que je ne sais rien" Platon; je me retrouve plus dans cette phrase.
Allez David, je cherche vraiment pas à passer pour le monsieur je sais tout, car d'abord je n'en ai pas du tout les moyens ni l'envie.

Sur ce, j'espère que rien ne te choque encore David.


Pour revenir au topic lui même, je pense que le leadership c'est une qualité( personne n'a l'air d'etre d'accord avec moi). Certaines personnes sont plus innée au commandement que d'autre. Mais encore une fois, ça ne veux pas dire qu'il faut se déclarer chef, ça se fait tout seul. Là aussi ça va peut être en faire bondir certain, mais l'âge compte beaucoup (oh le jeu de mots !).

bloodyfrog a écrit
Citer
Un jour je vous parlerai vraie survie militaire...
T'es ou t'as été militaire ?

23 juin 2005 à 12:50:10
Réponse #13

Ancien forum



Posté par DavidManise

Citation de: bloodyfrog  link=1119443139/0#9 date=1119472348
Un jour je vous parlerai vraie survie militaire...
En gros, c'est "cours! arrête toi! écoute... cours!" ;D


Bah c'est de la vraie survie aussi, dans le contexte...  La même méthode s'applique : reconnaître le problème, trouver des solutions qui -- si possible -- ne causent pas d'autre problèmes :)

Dans un contexte donné, "cours, stop, écoute, cours", c'est la meilleure manière de survivre.  Dans un autre contexte, ça peut être "trouve de l'eau, construis un abri, allume un feu...".  Problème différent, méthodes différentes :)

Enfin bon :)

Ciao ;)

David

23 juin 2005 à 13:07:15
Réponse #14

Ancien forum



Posté par DavidManise

Citation de: James  link=1119443139/0#11 date=1119473310
C'est marrant j'ai trouvé qu'il y a un bemol a mon beau controle de tête froide, c'est quand ca touche mes gosses, je reste froid,  mais ca m'angoisse méchant, surtout pour les touts petits.Ou je peux aussi devenir tres tres mechant si c'est en defense. Doit y avoir de l'instinct la dedans.


Idem ici.  Autant je reste poli et calme quand on s'en prend à moi, autant le mec qui s'en prend à mes gamins il a intérêt à pas rester dans le coin trop longtemps sinon sa gueule se transforme en bouillie...  

Je pense effectivement qu'il y a de l'instinct là-dedans.  Primaire.  Très primaire.  

Citation de: James  link=1119443139/0#11 date=1119473310
Un mec a ecrit que seul ce qui est verifiable par les sens a de la valeur, et que le reste n'est qu'un tissu de deductions et de modelisation qui se fait dans la cervelle (et cree des noeuds :-) ). Un jour je vous parlerai de la semantique generale, et des doubles conflits, c'est interressant pour la comprehension de la communication humaine, quoi quíl n'y ait pas grand chose a comprendre si ce n'est que l'on communique mieux et plus durablement en faisant quelque chose avec quelqu'un qu'en lui parlant.


Tafdak.

Ça me rappelle mes cours d'anthropo <rire>

Ciao ;)

David

23 juin 2005 à 21:21:25
Réponse #15

Ancien forum



Posté par DavidManise

Tycho,

Désolé, j'avais pas vu ton post...

Donc bon.  Je disais que t'avais le droit de m'engueuler, c'était juste pour dire que ça allait dans les deux sens et que si je suis capable de gueuler, je suis aussi capable d'en prendre plein la gueule.  Simple question de réciprocité ;)

Au sujet de tes smileys, j'ai rien contre eux.  Même que je les trouve marrants.  L'idée c'est juste qu'idéalement il faut que les posts aient un contenu qui colle au topic.  C'est comme ça qu'on maintient un rapport signal/bruit intéressant sur un forum.  Évidemment, c'est un idéal...  

Voilà, c'est tout...

Moi aussi je t'aime bien Tycho, même si tu m'énerves, parfois ;)

Ciao,

David

24 juin 2005 à 03:38:17
Réponse #16

Ancien forum



Posté par Howling_Mike

Il me semble important de recadrer un brin la discussion sur le thème de départ, car le débat me semble un peu trop déraper sur un terrain plus relationnel que survivaliste...

J'ai commencé à m'intéresser à cette notion de "leadership en situation de survie" lorsqu'en 1997 j'ai eu à animer des stages d'entreprise (ils appellaient généralement ça "séminaire"  ::) ) où la question était assez récurrente.

Le terme "Leadership" dans le titre du topic ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt : il ne s'agit pas d'expliquer comment prendre le "contrôle" d'un groupe en situation de survie (notez les guillemets) mais plutôt de mettre à jour les mécanismes qui vont entrer en jeu dans la dynamique de ce groupe. C'est donc un regard plus analytique que stratégique qui prévaut ici.

Il est évident qu'il n'existe aucun "leader idéal" pour un groupe en situation de survie, pour la bonne et simple raison qu'un groupe est par définition un "ensemble" de sensibilités disparates qui répondront donc de façon diverses aux stimuli nombreux et inattendus qu'une situation de survie imposera.

Une unité militaire bénéficie d'une hiérarchie forte et établie qui sert à la fois la cohérence du groupe et son efficacité dans des situations données. On retrouve ce type de "stabilité" dans (par exemple) un safari ou une cordée d'escalade, ou un guide assure (ou est censé assurer) la sécurité et le bon fonctionnement du groupe.

Mais les situations de survie n'obéissent par définition à aucune règle, et prennent généralement au dépourvu des individus qui ne sont d'une part généralement pas préparés physiquement, mentalement et matériellement, et qui d'autre part ne sont pas habitués à "gérer" collectivement des situations de stress.

Le plus souvent un groupe de survivants ne se retrouve réuni que par le hasard, Il n'y a pas de mission ou de quête (celle d'un trophée dans le cas d'un safari par exemple) à accomplir. Lorsqu'un navire sombre et laisse sur la plage une vingtaine de naufragés, le seul point commun qu'ont ces pauvres bougres, c'est généralement d'être certains de ne pas rallier leur destinations respectives avant longtemps...

L'intérêt de savoir décoder les rapports de leadership dans un groupe en situation de survie est primordial, car il permet notamment de pouvoir analyser plus finement les motivations et les comportements de chacun de ses compagnons d'infortune, et également de pouvoir déceler à l'avance les risques de conflit, de crise ou de "flanchage" de l'un ou l'autre : un outil précieux lorsque l'on se retrouve dans une situation extrême.

Mais le champ d'application de ce type d'analyse est bien plus vaste, et ouvre bien des perspectives intéressantes tant dans le domaines des sciences humaines que dans celui des techniques de survie...

Mahalo !
Howling Mike

 


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