On essaye de nous manipuler de tous cotés. Pas seulement la presse, mais ceux qui la dénoncent sur Internet et qui fantasment sur Bilderberg, le NOM et autres.
Puis ceux qui ont découvert ces écrits ont tellement l'impression de détenir la vérité qu'ils font la propagande sur les forums. On rajoute un peu de secret et de mystère, ça donne de l'importance. On est dans le sensationnel. Surtout on évite de citer les sources, sinon les gens n'achèteraient pas le bouquin..
Sur un forum , j'ai répondu qu'en utilisant la théorie du complot, ils ne rendent pas service, parce que les autres sont tout de suite décrédibilisés.
J 'ai pris le réflexe Google : nom de l'auteur de l'article ou de l'interviewé à la télé, ou bien les noms cités que je ne connais pas.. pas seulement pour savoir pour qui roulent ces gens ou par peur d'être manipulée, je le fais aussi pour un peintre, un savant ou un écrivain que je ne connais pas.
Il va être difficile de ne pas parler de politique tellement elle régit notre quotidien.
Pour la fondation Bertelsmann de Pierre Hillard, j'ai cherché des infos en prenant le contrepied de la thése du complot, pour ne pas me faire influencer..
Ce qu'on peut dire déjà est qu 'ils ne se cachent pas. Tout est sur leur site Internet. Donc il n' y a pas de complot ! Mais il font du lobbying. L 'UE leur commande des études, et forcément ils influencent leurs décisions. Mais on peut tout lire , en particulier les PDF de chaque thème de réflexion et se faire une idée. On peut ne pas être d'accord avec leurs orientations. C 'est très clean, mais on peut faire deux lectures.
Après il y a tous les sites officiels ceux de la commission européenne, mais aussi du parlement, plus un autre où siègent des membres d'autres pays non UE et on sait qui a dit quoi, pour qui untel a voté, et s'il était présent.
Pierre Hillard je n'arrivais pas à le cibler, jusqu 'à une vidéo d'une conférence récente. Il a fait un bon travail d'investigations, mais là ( en famille ) il s'est lâché : il déplore la perte d'influence( de pouvoir ? ) des catholiques sur la politique, tout en reprochant à d'autres religions de le faire ou à l ' UE de vouloir faire entrer un pays islamique.. Cette fois je sais pour qui il roule et forcément ça influence ses analyses.
Idem pour l' Alliance Transatlantique, on trouve des rapports officiels des deux cotés, parfois remis à jour. Mais c 'est logique qu'un pays ait une vision stratégique pour les prochaines années, ça n'en fait pas un complot pour autant.
Par contre chercher ces informations officielles c'est très très long. Je peux le faire parce que je suis à la retraite, seule et motivée.
Pour la crise économique, j'ai voulu savoir si on nous racontait des conneries ou pas.
L 'économie ne m'a jamais intéressée ( hormis la rentabilité économique des projets sur lesquels j'ai bossé ). Pour comprendre ça demande des bases que je n'avais pas, puis ce n'est pas toujours facile à comprendre donc j'ai beaucoup lu sur wikipédia, ou autres sites, mais je suis loin de tout maitriser..
Là encore j'ai fait l'économie d'un bouquin ( désolée ) un peu partisan, pour comprendre le mécanisme des CDS, une bombe à retardement..
Il y a aussi le LEAP 2020 Laboratoire d' 'Etudes et d'Anticipation Politique , qui a prévu la crise en 2006. J 'ai remonté tous leurs bulletins pour voir si leurs prévisions mensuelles passées collaient à la réalité. Ca collait assez bien.
Lorsqu 'on écoute nos politiciens ou les journalistes économiques, on se dit ce n'est pas possible qu 'ils ne connaissent pas les rapports du LEAP.
Mais je comprend qu 'il ne faut pas faire paniquer les gens , ça précipiterait les choses.
Plus récemment je me demandais si les gens du LEAP ne prenaient pas leurs désirs pour des réalités. On sentait le parti pris , pour l'effondrement de l'économie américaine, comme s'ils la souhaitaient.
Vu le montant astronomique des dettes et des CDS c'est possible ! On peut ne peut pas écarter l'idée revivre une crise comme celle de 29.
Sauf que cette fois il ne sera pas possible de relancer la machine avec un New Deal avec la raréfaction des matières premières et l'explosion démographique. Ca ce sont des faits. Peu importe qui est aux manettes. Je ne leur jette même pas la pierre, je pense qu 'ils essayent d 'éviter la cata, mais ils n'ont pas tous les pouvoirs.
Comment continuer à gagner de l'argent avec une décroissance imposée ? Spéculation sur les matières premières ? Baisse drastique des salaires ?.
Les banquiers ne sont pas prêts à abandonner leurs privilèges. C 'est dans la nature humaine , personne ne veut régresser
Il ne suffira pas de reprendre la Bastille. Or on est un peu devant le même défi mais au niveau mondial
Puis on oublie qu 'après cette révolution dont on est si fiers qu' il y a eu la Terreur et pratiquement un siècle de violence et de massacres.
Plus près de nous Mai 68. Ca a tout de même mis un sacré bazar.
Les gens avaient du boulot, ils avaient à manger, ils n'étaient pas à la rue. Une augmentation de salaire et ça repart.
Grand changement aussi : A l'époque les gens avaient une base familiale rurale, plus importante, plus proche , plus solidaire aussi et plus autonome.
Notre société actuelle est beaucoup plus fragile, plus individualiste et plus violente aussi.
Sans sombrer dans le catastrophisme, on peut s'attendre à vivre des moments plus difficiles.
Ca je l'ai intégré et ça m'a soulagée. Déjà il ne faut rien attendre de la politique.
Je ne crois pas non plus aux mesures contre la dépendance. Vivre centenaire avec 2 000 € de cachetons par mois, je n'en vois pas l’intérêt. Économiquement ce n'est pas possible de le faire supporter à la nouvelle génération..
Reconstruire la suite , bien d'accord, oui mais comment ?
Une société plus solidaire, oui d'autant plus qu 'on marche sur la tête..
Récemment j'ai découvert les
AMAP, c'est une forme de réseau solidaire social et humain
http://www.reseau-amap.org/amap.php ( en plus ça évite de bouffer de la m**** ), qui retisse des liens producteurs consommateurs. Puis c'est exactement la solution pour continuer à avoir à manger en cas de pénurie dans les magasins.
Après finir sa vie chez soi demande parfois une certaine solidarité. Mais souvent on met en place des organisations qui consomment une grande part du budget. Il y a des endroits qui se débrouillent mieux que d'autres. D 'autres où il y a carrément rien. Des endroits où ça se fait naturellement, quand on a des relations de voisinage ou ses habitudes chez les commerçants.
J'ai découvert les services que proposait la petite ville où j'envisage de me "replier ", ce n'était pas ma préoccupation première. Retirer , serait un mot plus juste, il y a bien d'autres attraits comme la proximité de la nature, une rivière . Ici j'ai au moins 5 km de ville avant de pouvoir m'assoir dans un pré ou pour aller au lac où c'est bondé..
Puis j'ai éclaté de rire en regardant les activités. Se replier à coté d'une usine de salaisons de pays avec des centaine de jambons pendus : ça c'est un bon plan !
J 'aimais bien Barcelone , une mégapole, mais qui est très attachée à la notion de quartier, ça avait un parfum de village. Et la fête des voisins c'est tous les soirs. On peut vivre pratiquement sans sortir de son quartier. Puis quand on rencontre un voisin dans un autre quartier, ça me rappelait la campagne quand on croisait un voisin dans une autre village. On discute cinq minutes.
Dans un quartier Gracia , un village détaché de Barcelone autrefois, le soir j'ai vu des vieux sortir la chaise sur le trottoir pour discuter. Je l'avais vu à la campagne en Ardèche.
Tout l'été chaque quartier fait sa fête à tour de rôle, pendant une semaine ( presque non stop ), ils rivalisent entre eux dans la déco et l'animation. Puis ils viennent tous en famille.
On a tous une bulle autour de nous, et si qqun la franchit on est dérangé. Au restau on va se mettre loin des autres, on ne parle pas à la table voisine etc.. Là bas si on veut vivre normalement on a intérêt à réduire sa bulle au minimum, un peu par le manque de place. Au début j'étais gênée, mais personne ne m'a bouffée. Finalement c'est plus sympa si un voisin ou une voisine vient se mettre à notre table pour discuter pendant le repas. C 'est aussi un signe d'intégration. Puis tout le monde se mélange sans regarder la différence de classe sociale ou d'âge. Quelque chose m'avait beaucoup marquée aussi , leur attitude face au handicap. Un exemple à suivre. Les catalans ont leur caractère, mais une fois adoptée , ils marchent à la confiance.. Par contre il ne faut pas les trahir, ni crier vive le Real, car tu peux envisager de partir si tu veux pouvoir manger.
C 'est une différence culturelle, mais si déjà on retrouvait ces valeurs et ce vivre ensemble ce serait pas mal..
Le petit bar restau de quartier c'est un lieu d'échange, tout le monde y va, les pochetrons y sont très minoritaires. C 'est pas vraiment le cas chez nous. Parfois ça avait un coté "cour des miracles". Mais c'est le dernier endroit où on peut se faire des relations, si on ne veut pas s'enfoncer avec eux ou aller au devant de problèmes.
Hélas à Barcelone les loyers ont flambé, mes voisins m'ont prévenue : ils ont du quitter ce logement ; quand j'ai cherché un apparte plus petit pour anticiper, les prix étaient déjà à la limite de mon budget. Et avec toute la bande d'amis on a du partir au renouvellement du bail.. Retour en France difficile.
Je ne le regrette plus aujourd'hui, car je ne recherche pas les mêmes choses qu 'à l'époque, ce serait épuisant.. Pas de regrets non plus , car j'en ai profité à 200 % , sans qu 'il m'arrive rien . Parfois l'autre Barcelone je l'ai comparé à un manège dont il faut savoir descendre de temps en temps..