Bonjour à tous,
Il y a quelques temps me suis amusé à relire les posts de la section « Survie Urbaine » et je me suis notamment attardé sur celui concernant la désescalade verbale (un post de David).
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,5065.0.htmlA la première page de ce post, David mentionne l’importance de fixer une limite à la diplomatie pour ne pas se laisser bouffer par l’interlocuteur.
Je souhaiterais rebondir dessus car ça me semble important et parce que j’ai pu trouver un peu de théorie en lisant le Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens (Joule et Beauvois, 2008) qui pourra faire l’objet d’un résumé quand je l’aurai fini et si cela s’avère intéressant. Pour les auteurs, ce phénomène se nomme le piège abscons :
Les pièges abscons :
1. L’individu (nous) a décidé de s’engager dans un processus de dépense (en argent, en temps, en énergie) pour atteindre un but donné.
2. Que l’individu en soit conscient ou non, l’atteinte du but n’est pas certaine.
3. La situation est telle que l’individu peut avoir l’impression que chaque dépense le rapproche du but.
4. Le processus se poursuit jusqu’à ce que l’individu décide activement de l’interrompre.
5. L’individu n’a pas fixé au départ, de limites à ses investissements.
Dans le bouquin les auteurs s’attardent sur des situations banales du quotidien mais je pense qu’on peut y transposer dans le cadre qui nous concerne, en partant d’une situation où on aurait à engager une désescalade, c’est-à-dire une altercation :
1. Le processus de dépense peut être en temps et en énergie certes, mais aussi d’une certaine manière en incertitude ou en risque encourus pour atteindre l’objectif qui est de ne pas aller jusqu’au combat. Et c’est un acte volontaire de notre part (cf. Post de David).
2. On est plus ou moins conscient que la réussite du processus n’est pas certaine car elle est déterminée par la volonté et la capacité des deux camps à calmer le jeu (cf. début du post de David, le JACA).
3. Idem, on peut fort bien penser que chaque pas vers l’autre nous rapproche d’une issue favorable. Cela nous fait miroiter que l’altercation va tourner vers un dénouement heureux plutôt que vers une bagarre.
On retombe alors sur ce que disait le Manitou qui semble douter de notre capacité à ce moment là, d’interrompre le processus (point 4) et qui préconise donc de SE fixer une limite claire qui servait d’alarme et qui nous dirait : « change d’outil pour gérer la suite des évènements » parce que la diplomatie ne fonctionne plus.
Voila, tout ça pour mettre en avant cette phrase qui me semblait importante et qui n’a pas été beaucoup développée, et pour mettre un nom dessus.
Au passage, peut-on l’appliquer au « savoir faire demi tour » dans un contexte de survie en milieu naturel ?
A+!