Petit débriefing. Je raconte "à chaud".
Fin de soirée avec plusieurs amis, à Nancy. Tout le monde se sépare, et finalement on ne reste plus qu'à deux. Un ami "fluet", non violent au possible et assez grande gueule (Point important !!), et moi, qui n'aime pas particulièrement me battre, mais ai (de loin) une allure peu accommodante, avec mon mètre quatre-vingt quinze, mes cent kg et mon air de rescapé des goulags.
On achète une barquette de frittes, et on se pose sur un banc, à coté de la gare. Endroit plutôt mal famé, mais bon... Il est tard, on est pas complétement sobres, donc on n'y prête pas particulièrement attention. (Erreur, je sais...

)
J'ai vaguement regardé les gens autour avant qu'on s'installe. Rien de dangereux immédiatement. 3 jeunes sont sur un banc en face, à une distance d'environ 30 mètres. Sur le coup, j'ai pensé qu'ils faisaient comme nous, et qu'ils ne chercheraient pas de noises.
Au bout d'une dizaine de minutes, ils nous repèrent. Injonctions de loin (Qu'est ce que t'as à me regarder, toi, casse toi...) de l'un des mecs. (Appelons le "blondinet" pour le reste du récit.) Comme on ne bouge pas, et qu'on ne réagis pas (Je suis un code
rouge vif orange, mais mon pote est en train de finir ses frites, et n'a pas remarqué grand chose), ils s’arrêtent quelques minutes. Sur le coup, j’interprète ça comme le fait qu'ils ce disent que nous ne sommes pas assez intéressants.
Puis, blondinet arrive vers nous rapidement, nous crie un truc comme "Qu'est ce que vous avez à me regarder, je vais vous buter". Là, je comprends que le temps de calme n'était qu'une discussion entre eux pour savoir comment ils allaient agir. Et donc qu'on commence à être sacrément dans la m*rde.
Il s'adresse directement à mon pote plutôt qu'à moi. (Pas con... il a repéré le plus "fragile" des deux). Quand il arrive à 5 ou 6 mètres, je me lève.
Là, comme je le dépasse de deux têtes, il stoppe immédiatement. Il demande à mon pote si on a des sous, afin qu'ils puissent s'acheter à boire. Je reprends la conversation en disant qu'on est étudiants, donc fauchés,et qu'on veut pas d'emmerdes. Pendant ce temps, les deux autres "maghrébin" et "casquette" arrivent. (renforts, car blondinet est en situation de faiblesse.) Maghrébin est une cible facile, plus jeune que les autres, et dans un état second sans doute lié à la prise de drogues. Par contre, casquette semble costaud, plus âgé, et plus réfléchi. Le chef, en quelque sorte. En cas de baston, ce sera sur lui que j'aurai à me concentrer.
Fin de la partie "hostilités", ils discutent de façon plus gentille, disent qu'ils ont soif. Je répète qu'étant étudiants, on est fauchés. Mon pote leur propose alors la fin de ses frites. (En en discutant par la suite avec lui, il m'a dit avoir voulu les amadouer. Perso, je pense que c’était une énorme connerie...)
Je reste à coté de casquette, que je surveille. Lui s'assied à moitié sur le banc, et allume une clope en mangeant deux ou trois frites. Là, je décide de m'en rouler une (Action de mimétisme. Par contre, le fait de rouler prend les deux mains, avoir une clope déjà roulée aurait été génial.)
Mon pote en bougeant fait du bruit avec les sous dans sa poche. Petit à petit, en l’apitoyant à moitié, ils finissent par lui extorquer 80 centimes.
Puis, ils partent. Moi, pendant toute cette scène, j'étais en mode rouge vif, en train demander comment neutraliser casquette le plus vite possible en cas de problème. Alors que je commence à me relaxer un peu, mon pote leur crie "Eh, vous pourriez dire merci quand même..."(Derniere et ultime connerie de sa part !!! ). Les autres partent sans ce retourner.
A part le fait que trainer avec ce pote dans un lieu craignos était une superbe connerie, quelles sont vos avis ???