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1. Quelle légitimité donnons-nous (ou pas) à la violence dans l'éducation apportée à nos enfants ?
Ça semble a priori assez facile de leur expliquer que la violence peut être parfois légitime, parfois pas. Ce qui est plus compliqué, c'est de proposer à des enfants des critères relativement simples pour savoir quand c'est légitime ou pas.
2. Quel discernement sur la légitimité de la violence peut-on proposer dans des cours de self-protection?
Faut-il travailler en scenario, avec debriefing ? Sans doute, mais monter des scenarii assez réalistes et subtils à la fois pour qu'ils soient réellement éducatifs n'est pas si simple... Le partage d'expériences réussies, de critères simples, éventuellement d'autres pistes sera naturellement bienvenu...
3. Avec, pour le second point, une question additionnelle plus fine et plus pointue : comment déterminer de façon assez fine la légitimité de la violence lorsqu'on se trouve menacé sur "son territoire" et comment gérer la riposte?
Patrick pointe ici un problème important : dans un lieu qu'on fréquente régulièrement et/ou face à des "agresseurs" qu'on est amené à rencontrer régulièrement, la nécessité du recours à la violence s'apprécie vraiment différemment. Comment dans ce cas conserver une proportionnalité de riposte face à la menace ? Ne faut-il pas revoir très différemment la phase verbale pré-violence ? Comment éviter de tomber dans une riposte "rituelle" au risque de perdre en efficacité? Comment gérer l'après, comment éviter l'engrenage de la violence ? Etc...
Bon, je cite mes propres questions précédemment posées pour essayer de relancer la production de signal...
A la première question, pour l'instant, j'avais noté la réponse de La Mouette (éditée et supprimée depuis) qui de mémoire proposait un critère assez simple pour les enfants : ne pas taper le premier...
Personnellement, ce critère ne me satisfait pas vraiment, d'autant qu'avec des jeunes enfants le prétexte d'une petite tape reçue peut être trop facilement utilisé pour justifier une avoinée disproportionnée..
J'aurais plutôt tendance (et d'ailleurs j'ai plutôt tendance, dans les faits, avec les miens) à autoriser et à inciter de jeunes enfants à se défendre quitte à le faire brutalement dès lors qu'on leur fait "vraiment mal" (notion subjective certes mais à peu près accessible) et, au-delà, à bousculer ou frapper préventivement pour se dégager même avant d'avoir "vraiment mal" dans quelques cas spécifiques tels qu'une tentative d'étranglement (même pour jouer) ou un encerclement par un groupe menaçant...
Pour la seconde question (cas de l'entraînement spécifique de SD ou SP), les critères rappelés par Thanos me semblent avoir le grand mérite de la simplicité pédagogique...
Pour mémoire :
Un bon moyen mnémotechnique pour la "violence" légitime : IRA/NSP.
L'atteinte doit être Injustifiée, Réelle et Actuelle et la défense Nécessaire, Simultanée et Proportionnée.
Si aucun de ces points n'est présent, on n'entre pas dans le domaine physique et on tache de rester dans le verbal le moins longtemps possible pour ne pas laisser basculer les choses, cela implique donc désescalade, sur-escalade ou faire le canard, suivants les risques potentiels et les situations.
J'ajouterais juste, pour insister là-dessus, l'importance du mouvement, de la continuité du mouvement dans les situations de désescalade et/ou d'évitement du dernier instant...
Si on reste en mouvement en s'éloignant de la menace, la persistance de celui ou ceux qui la représentant à se rapprocher de nous est un élément justifiant le recours peut-être finalement nécessaire à la violence. De même, repousser fermement quelqu'un qui se rapproche après qu'on se soit éloigné de lui est une étape de plus (et la dernière) : s'il se rapproche à nouveau alors qu'on continue à s'éloigner, ça peut permettre de justifier une frappe préventive... On aura perdu un peu d'effet de surprise mais probablement gagné en latitude "d'ouverture du feu" à un moment opportun...
Troisième point, celui de la problématique territoriale...
Ici, pas grand chose sauf erreur jusqu'à présent...
Il me semble que la problématique territoriale vient en fait principalement brouiller le critères évoqué plus haut de la nécessité de la riposte, peut-être celui de l'actualité également...
Ceci à mon avis en deux points :
- d'abord, sur un territoire qu'on est amené à fréquenter régulièrement, on ne peut éternellement désescalader, fuir ou s'écraser... Parfois, on ne peut tout simplement pas fuir ni même bouger... Une riposte ou une attaque préventive qui ne serait pas nécessaire ailleurs le devient donc.
- ensuite parce que, même si une riposte devient tôt ou tard nécessaire, il faut malgré tout souvent savoir à peu près choisir son jour et les circonstances... Et donc savoir à l'occasion provisoirement battre en retraite ou s'écraser, ou se rendre transparent même sur son territoire pour éviter une défaite immédiate et certaine tant au plan tactique qu'au plan stratégique... Et/ou mieux préparer une prochaine "rencontre" (sans oublier les possibles conséquences judiciaires).
Complexité supplémentaire de la problématique territoriale, il faut encore souvent me semble-t-il pouvoir gérer "l'après", sans tomber dans l'engrenage et l'escalade des représailles...
Donc dans certains cas, il pourra peut-être être nécessaire de laisser à l'autre une porte de sortie, lui permettre de sauver la face...
Cordialement,
Bomby