Tu vas en foret en tant que chasseur et donc prédateur. Tu agis donc en tant que tel : tu te déplaces de telle façon à ce que tu puisses éventuellement tirer, tu pistes, bref tu en as conscience et tu le dis, tu te poses en prédateur et finalement tu utilise plus ou moins des techniques prédatrices connues d'eux et les animaux, à mon sens, vont te considérer comme tel car tu envoie ces messages non verbaux par ton attitude qu'ils connaissent pour les pratiquer ou pour s'en défendre. Tu admets que tu puisses avoir peur, ce qui est naturel.
Salut,
Je ne peux pas raisonnablement parler des ours en pratique, pas d'expérience. En revanche je peux parler des sangliers, y compris en situation objectivement dangereuse (là : pleins d'expériences).
De mon point de vue face à un animal quand tu es équipé ce qui est pour l'être humain la normalité (j'insiste sur ce point un homme aoilpé c'est une possibilité très très récente et contre nature) il sait parfaitement ce que tu fais. Au moins les animaux européens qui ont une longue habitude de cohabitation.
C'est peut être ce qui me permettait d'être aussi affirmatif à la vision du lien donné par Floproteus. Pour moi, il est évident que cet ours en tapant au sol ne voulait pas charger. Un peu comme le type qui tempête en marchant de long en large et en t'invectivant. Sous réserve de ne pas l'acculer, il ne va pas charger.
C'est là où on se rejoint, il faut comprendre sa logique. Là où on diffère
peut être c'est sur le fait de savoir que l'on peut avoir l'ascendant en cas de réelle confrontation. Il me semble qu'avec un fusil entre les mains, j'aurais plus de capacité à "dialoguer" car je sais que peux me défendre et lui aussi il sait. Et tout les deux on ne veut pas en venir là. Il y a peut être une analogie avec l'intervention de policiers qui se savent en sécurité vs. le policier seul.
J'ajouterais que même avec un simple couteau cela serait assez proche comme situation. La probabilité que j'en sorte indemme diminuerait (très très) fortement, mais ce n'est pas pour autant que lui s'en sortirait indemne. Même un Mora c'est mieux que n'importe qu'elle griffe d'ours. Et un prédateur ne peut pas se permettre un tel risque (cout/bénéfice), sauf s'il est acculé.
Mais cela ne s'applique pas (ou beaucoup moins bien) en cas de surprise. C'est pour cela que j'indiquais qu'il fallait, quand on chasse, éviter les coins à ours. Sous peine que l'on soit acculé à un choix impossible....et regrettable.
Là comme ailleurs, il y a des lieux et des heures qu'il est préférable d'éviter. Et comme à la chasse on est solidairement responsable en cas de problèmes (droit très spécifique), il faut éviter de s'y trouver mal accompagné.
Voilà, c'est un peu de la philosophie tout ça.

(Mais c'est super précieux de te lire Mickaël, merci à Floproteus d'avoir initié cet échange).