Salut.
Pour répondre à Bison et Patrick. (Bison, je sens que je vais aggraver ta paranoia, toutes mes désoles…

)
"Ne pas anticiper, c'est déjà gémir." Einstein.
La tracabilité des citoyens, d'un point vue factuel, n'est pas à ma connaissance, un problème actuellement. En revanche un déficit démocratique n'est jamais inenvisageable. Et c'est là que des systèmes de ce genre, préalablement et progressivement installés, me semblent problématiques. (Réversibilité des dommages très difficile…

)
L'un des problèmes majeur du déficit démocratique est la pensée unique. Et il me semble que c'est l'un des aspects fondamentaux du commerce et de la communication qu'elle induit.
Exemple :
Je passe régulièrement des disques dans un bar et y constate à chaque avec désespoir l'influence des mass médias sur l'uniformisation des goûts. Il suffit pour ça de voir la différence de réaction de mes auditeurs lorsque je passe un même titre dans le club avant sa diffusion de masse (réaction nulle) et après (enthousiasme débridé).
Rappelons que :
Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirme [1] :
" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).
Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...).
Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. "
(Source :
http://www.acrimed.org/article1688.html)
Oui, le totalitarisme passe, pour moi, en 2007 par une forme de ciblage et de traçage du citoyen en vue de diffuser des communications à caractère marketing.
Ces mêmes canaux bénéficient d'un appui d'état. Rappelons que la mairie de Paris a donné l'autorisation à Vélib. Rappelons que les chaîne de télévision se voient ou non renouveler leur autorisation d'émission par un organisme d'état dûement habilité.
http://www.dailymotion.com/video/xcvqc_pas-vu-pas-pris-doc-interditOui ces canaux sont exploitables à des fins politiques (on en a vu un exemple récemment…
http://www.libelabo.fr/2007/12/17/«sarkozy-transforme-la-vie-publique-en-feuilleton»/
L'argent et le commerce sont devenues des idéologies qui mènent les pays en guerre, la réalité de la cause important peu (cf les motifs réels de l'entrée en guerre des états unis durant le première et seconde guerre mondiale, cf l'irak).
Créer un confort de vie, une société du spectacle et de la consommation participe d'une adhésion du citoyen à toute action d'état visant à protéger les bénéfices de cette qualité de vie.
Donc, Paranoia, non, vigilance, oui.
Trip Top,
Etant, à ma connaissance et grosso modo, dans un état de droit, je dirais pas de danger, sinon celui d'un ciblage publicitaire précis.
En revanche je vois un avantage : mieux gérer les flux de déplacement des usagers de transport en commun. Avec un bénéfice tel que : adapter le temps d'ouverture et de fermeture des portes des rames de métro automatiques (sans conducteur) en fonction du trafic. Ceci afin que lesdits usagers ne s'arrachent pas la tête aux heures de point au moment de monter et descendre dans la rame. Ceci n'est pas fait. (les utilisateurs parisiens de la ligne 14 voient de quoi je parle).
Ensuite ma logique n'est pas la même que la tienne. Pour moi la question ne se pose pas de savoir lequel, entre internet, ma carte de fidélité où ma oyster est le moindre mal. Ca n'est pas comme si il fallait choisir, tous sont complémentaires.
Tous cernent l'individu et le ciblent le au plus petit échelon possible.
Maintenant, si tu veux spéculer…
Pour moi "l'état policier du futur" n'est pas celui où une milice asservie au pouvoir totalitaire va te mettre des coups de matraque.
Pour les gens honnêtes, la milice, c'est ton confort, ta télé, tes crédits. La pensée unique adoptée "de plein gré" via le divertissement et l'accélération des rythmes de vie. Un divertissement rendu très efficace par l'imbrication maximum de tes besoins et de tes envies. Et si les deux se confondent c'est encore mieux. (concrètement, on se dirige vers la réunion des multis-usages… à quand la carte de crédit-d'identité-téléphone-de transport…)
Oui passer un navigo plus vite dans la machine en fait partie. Oui, la réactivité immédiate exigée par l'instantanéité du mail reçu au travail en fait partie.
Le jour ou la machine aura décidée que tu ne peux plus te déplacer, tu ne pourra plus te déplacer. Même si il aurait fallu. Que ce soit pour aller à la maternité ou parce que tu aurais du te retrouver dans un cas de désobéissance citoyenne.
La différence entre ta boulangère et ta carte ? Dans l'ordre : le libre arbitre à cafeter, la réactivité, la précision des informations, la vitesse de partage des informations, l'efficacité de compilation des informations.
Mais tout ça n'est que spéculation.
Par contre au états-unis la traçabilité est dans le bonhomme. Certaines familles ont réclamé pour leur bébé. Ca c'est pas de la spéculation.
Vigilance. Pas paranoia.