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Auteur Sujet: Lacrymo: usage abusif ou pas?  (Lu 15755 fois)

21 décembre 2007 à 00:34:04
Lu 15755 fois

Mind



  Bonsoir à tous.

  J'ai récemment utilisé une bombe lacrymogène sur un individu qui menacerait de porter plainte contre moi, jugeant que cet usage aurait été abusif.
  Je vous resitue le contexte dans lequel cela s'est passé:

  Un jour de semaine, j'arrive à ma fac'. Bloquée. Une fois encore, par une minorité d'individus qui veut faire sa loi sur le campus. Avec quelques amis, on tente quand même de retirer les tables et chaises empilées dans les entrées principales. Je signale que cette minorité n'était pas assez nombreuse pour former une chaine sur toute la longueur du bâtiment; il a donc fallu que suite à mon intervention, un de ces individus (appelleons le A) me ceinture, sans avoir exprimé son intention de me relâcher.
  A ce moment là, je lui demande 2 fois de me lâcher tout en me débattant. Il ne veut pas s'éxécuter. Craignant pour ma sécurité, je sors alors une bombe au poivre Oléoresine Capsicum (OC) d'une contenance 75 mL et le neutralise à l'aide d'une brève projection de cette substance en plein visage, quasiment à bout portant, mais je n'avais pas le choix vu qu'il me ceinturait.
  Suite à cela, 15 de ces individus devenaient tellement agressifs que je devais quitter le campus. L'un d'entre eux (B) m'a d'ailleurs attrapé le cou et voulait me maintenir courbé pour que les autres puissent me tabasser, mais mes amis sont intervenus à temps pour que je puisse quitter les campus en sécurité.
  Je suis parti déposer plainte immédiatement contre (B) pour violences volontaires légères. Depuis ce jour, (B) m'a ensuite agressé à 2 reprises dans les locaux de l'université (provocations, petites claques, voire coup de poing au visage la dernière fois); non content d'être plus grand et plus imposant que moi physiquement, il vient accompagné d'autres individus pour que si l'envie me prenne de me défendre, il me passerait à tabac avec ses amis de façon certaine (à ce moment là, il ne savait pas que j'avais porté plainte contre lui et croyait que cela se faisait gratuitement).
  Certaines personnes de mon entourage me disent de me défendre, de foncer dans le tas quitte à me faire défoncer, et qu'après, (B) ne viendrait plus me chercher.
  Suite aux deux dernières agressions, je suis allé déposer 2 compléments de plainte, assortis d'une transmission aux services juridiques de l'université. Je n'ai jamais rien fait à (B), jamais touché ni quoi que ce soit d'autre; je l'ai ensuite averti que j'avais déposé plainte et que je suis parvenu à récupérer son nom auprès de l'université.

  Depuis ce jour, l'un de ses "collègues" bloqueurs me dit que si je ne retire pas ma plainte, (A) va déposer plainte contre moi suite à l'utilisation de la bombe lacrymogène. Il me dit également que parmis son groupe, certains ont des parents "hauts placés" et que cette situation doit se régler entre étudiants. Selon ses dires, (A) a du prendre une ITT, et cela a été constaté par un médecin. Il m'a même dit que je risque de la prison avec sursis...
  Je précise que certains individus, parmis cette minorité ont sorti discrètement à un moment donné des barres à mines et des couteaux, pour bien montrer qu'ils étaient armés, mais n'en ont pas fait usage. Je peux obtenir un témoignage écrit en ce sens au cas où.

  Bref, je voulais avoir votre avis sur cette situation particulière; car je n'ai franchement pas envie de retirer ma plainte au risque de subir d'autres provocations gratuites. L'usage que j'ai fait de ma bombe lacrymogène était-il réellement abusif? Peut-on avoir un casier pour ce genre de faits?

Merci de m'éclairer.
 

21 décembre 2007 à 00:48:44
Réponse #1

Olcos


Je trouve que tu as tres bien reagit et je ne pense pas que "foncer dans le tas" soit la solution. Une mauvaise chute ou un coup de couteau même accidentel et tu peux te retrouver en fauteuil ou dans une caisse en bois.

Je pense que tu devrais porter plainte contre A pour aggression (ceinturer) et contre tous ceux qui t'ont menacés. Il serait peut etre interressant de te rapprocher d'un avocat. Si t'es revenus sont faibles tu as droit à l'aide juridictionnelle.

Maintenant je laisse la parole a ceux qui ont une reelle experience des situations merdique. Bon courage a toi.

Deux reflexion quand meme : je comprends que ca ennerve, mais etait ce bien malin de tenter de forcer le blocus (je ne juge pas). Et "A" pourra toujours dire que tu étais venu en découdre et que c'est pour ca que tu as amené ta bombe lacrymo (raison de plus pour aller voir un avocat ! )
« Modifié: 21 décembre 2007 à 12:54:07 par Olcos »
"Le chien apprend à l'enfant la fidélité, la persévérance... et l'obligation de tourner trois fois sur lui-même avant de se coucher."

Robert Benchley

21 décembre 2007 à 12:47:39
Réponse #2

lepapat


Mind, es que A, appart te ceinturé, t' a porter des coups ?  :-\

Si non, je crois, malheureusement, qu' ils on raisons  :( .

Je peux aussi me tromper  ;) ( et je l' espère  :) )
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


21 décembre 2007 à 12:56:34
Réponse #3

Olcos


En droit francais le simple fait de bousculer ou de saisir quelqu'un est une aggression.

"Le chien apprend à l'enfant la fidélité, la persévérance... et l'obligation de tourner trois fois sur lui-même avant de se coucher."

Robert Benchley

21 décembre 2007 à 13:00:29
Réponse #4

bison solitaire


Le port de la bombe lacrymogène est effectivement problématique, et je pense que tu aurais du, de suite, après les faits aller au commissariat expliquer l'intégralité des faits, quand bien même une procédure de port d'arme de 6ème catégorie aurait pu être diligentée à ton encontre.

Pour ce qui est de retirer la plainte; effectivement tu peux le faire, mais le parquet est maitre de l'opportunité des poursuites; autrement dit, le procureur peut décider de poursuivre tout de même l'individu contre lequel tu as déposé plainte.

Tout en prenant conseil avec un avocat (assure toi qu'il soit pénaliste), tu peux effectuer une première démarche avec le doyen de la faculté en lui racontant tout depuis le début.

Pour ce qui est de l'ITT: le type a du être examiné par son médecin traitant; s'il avait déposé plainte, il aurait été orienté vers les urgences médico judiciaire, et tu aurais été convoqué pour t'expliquer.

Pour ce qui est de la prison avec sursis: le port d'arme de sixième catégorie est délictuel, donc garde à vue possible, donc sanction de ce type possible. Maintenant, le juge appréciera en fonction du contexte, de tes antécédents.

Edit: ça s'est passé où et quand?

21 décembre 2007 à 13:16:03
Réponse #5

lepapat


En droit francais le simple fait de bousculer ou de saisir quelqu'un est une aggression.



Ha bon  ^-^. Pas en Belgique en tout cas  :(
John Wiseman, pardonne-leurs, aux " incultes" de ce forum :D


21 décembre 2007 à 13:21:30
Réponse #6

Olcos


Ha bon  ^-^. Pas en Belgique en tout cas  :(

Un ami avec le bras immobilisé a voulu stopper un voleur, le garcon l'a bousculé pour passer. Comme il ne pouvait pas le saisir (et que ca faisait deux fois qu'il se blessé en 5 jours dans des circonstances similaires) il lui a mis une manchette (arcade ouverte, 1min d'inconscience). Le voleur a été poursuivi pour vol et aggression, mon ami a eu droit a la legitime defense apres visionages des videos.
"Le chien apprend à l'enfant la fidélité, la persévérance... et l'obligation de tourner trois fois sur lui-même avant de se coucher."

Robert Benchley

21 décembre 2007 à 13:31:05
Réponse #7

foxus666


si il veulent que tu retire  ta plainte c'est qu'ils sont pas si sur que ça, genre deja un casier etc...

ne retire pas  plainte et dit leur que dans 2 mois tu la retire si ils ont montrés des signes de bonne fois (plus de provoques etc) et dit leur que tu ne tolerera aucune autre menance et que depuis 2 mois avec les peines plancher on vas facilement  en prison, et que tu estime que c'est pas leurs place, ca serais dommage pour eux, pourquoi semmerder pour rien, et on en reste la. d'un ton ferme !

legalement si ils son connu et en effet armés de couteau a plusieurs et barre a mine tu a l'avantage.

21 décembre 2007 à 13:41:04
Réponse #8

bison solitaire




legalement si ils son connu et en effet armés de couteau a plusieurs et barre a mine tu a l'avantage.

En fait pas tellement: manifestement les faits datent un peu, et les forces de l'ordre n'ont pas pu constater que les individus étaient équipés de couteaux.
Quant au fait qu'ils soient connus: des antécédents de police ne sont qu'une information ne veulent absolument pas dire que les intéressés ont été reconnus coupable.
Reste qu'ils peuvent faire l'objet d'un casier judiciaire, éventuellement pour des faits similaires, et là ça pourrait faire tiquer, et encore...

21 décembre 2007 à 14:05:50
Réponse #9

Etienne1980


Bonjour,
Comme d'autres forumeurs je te conseille de ne surtout pas retirer ta plainte. Dans la mesure du possible essaye d'éviter ces individus dont les méthodes de brutes reflètent leurs convictions politiques. Ne te laisse pas démonter par leur "bluff". Avec un peu de chance l'affaire va se tasser, et je sais d'expérience (collage d'affiches qui tournent mal) qu'il vaut mieux éviter d'avoir affaire au couple police/justice dans la mesure du possible.
Tu es manifestement motivé pour étudier, ne laisse pas ces types te pourrir ton année.
Garde ta bombe au poivre à portée de main pour te dégager en cas d'embuscade, évites d'être seul, ne retire pas ta plainte et attends que ça se tasse...


21 décembre 2007 à 14:14:03
Réponse #10

bison solitaire


Perso, sur ce coup là, je peux pas laisser dire "garde ta bombe au poivre à portée de la main".
C'est vous qui voyez...

21 décembre 2007 à 14:20:10
Réponse #11

Etienne1980


Bien. Donc débarasse toi de ta bombe au poivre.

21 décembre 2007 à 15:35:18
Réponse #12

athlon


bonjour,

EN premier ne pas accentuer les faits... ne le prends surtout pas mal... mais à la lecture de ton message, j'ai l'impression que la "situation" s'emballe... surtout avec l'histoire des couteaux et des barres à mines. Tu as eu une situation de stress et donc les choses se voient un peu différemment.

Tu as porté plainte. Bien. :doubleup:
La retirer ne fera que te re exposer. :down:

Parles en au Président de l'université.
Si tu es dans une fac avec vigile (il y en a !) tu va voir le responsable des vigiles, et tu lui expliques.

Tu te fais petit.

Tu évites de te balader avec des objets dangereux genre couteau, barre, matraque... à toi de prendre tes responsabilité avec la bombe. Garde en mémoire qu'ils s'attendent à ce que tu l'ai, donc il vont agir, s'ils le font, afin de te la prendre et de te la faire avaler.

Moi je ferai :

EVITE LES
EVITE LES RISQUES.
GARDE TA PLAINTE
RELAXE TOI, cela va surement se calmer

Et je papote avec les potes d'autres sujets afin de ne pas flipper plus que ncecessaire.

Bon noel et amitiés
"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

21 décembre 2007 à 15:46:57
Réponse #13

Etienne1980


Un dernier conseil : dans la mesure du possible, renseignes toi sur leur identités, leurs habitudes, cursus universitaires etc...
En cas d'embrouille un caméraphone est bien pour constituer une preuve.
Mais bon, évites-les le temps travaille pour toi.

21 décembre 2007 à 15:56:20
Réponse #14

force999


Bonjour,

Je vais te donner mon avis sur la question, mais avant il faut avoir à l’esprit deux ou trois choses :

Les universités sont trop souvent des zones de non droit , les forces de police y sont interdites par décret du 15 novembre 1811 ( vous avez bien lu ) décret qui est repris par le décret du 31 juillet 1985 sur l’ordre dans les enceintes des universités , la président de l’université est autorité de police administrative et peut faire appel aux forces de l’ordre par réquisition écrite  si besoin .

Les blocages sont une forme de contestation relativement nouvelle dans les universités, pour le CPE il y a deux ans , le mot d’ ordre était ont laisse faire , pas touche aux étudiants , le problème est que monsieur CHIRAC a retiré la loi  et du coup nos petits bloqueurs pensent que la méthode va fonctionner tout le temps , d’où les blocage pour la LRU actuellement .

Lorsque tu es bloqué , empêché l’aller en cours , tu dois demander au président de l’université d’agir pour faire débloquer ( courrier , pétition etc …. ) , si il refuse de le faire pour différentes raisons , tu l’assigne devant le tribunal administratif , cela a marché dans deux universités  ( Amiens je crois et Tours ) , le juge ordonne l’usage de la force si besoin .

Cela  pour te dire que tu ne peux pas te substituer aux forces de l’ordre et casser un blocage toi-même, d’autant que la justice peut t’être rendue.

Concernant ton affaire , évidement que tu a eu tord de transporter une bombe sur toi , de venir avec dans ton université et encore plus de l’utiliser , bon la connerie est faite il y a pas mort d’ homme non plus .

Je te conseil de maintenir ta plainte de toute façon le proc peut poursuivre sans toi comme te la justement  dit BISON solitaire ,  donc tu va au bout de ta logique , tu dépose plainte et tu lâche pas , je te conseil même de demander à l’université de se porter partie civile dans cette affaire , voir de réunir le conseil de discipline ( 1er juridiction administrative ) si ton agresseur est un étudiant .  Si le gazé dépose plainte contre toi et bien assume , explique ton cas , si tu n’a pas de casier tu risque pas grand-chose en pratique ( la théorie du code est une autre chose)  , si une telle chose t’arrive contact moi , je te fournirai un argumentaire pour expliquer ton attitude , j’en ai tellement entendu des histoires …………..

Ne rentre pas dans les conneries du styles «  cela doit se régler entre étudiants »  , rien du tout cela  regarde la justice , la police  et les autorités de l’université , tu n’es pas seul dans cette histoire et justice doit t’être rendue .

Je te déconseille vivement de continuer à te promener avec une bombe , si tu a des problèmes tu informe la police et les autorités universitaires , tu fais des MC si besoin , tu ne laisse rien passer ,  tu passera sans doute pour une balance aux yeux de tes agresseurs mais cela importe peu , ton égo est ton pire ennemi dans une affaire comme celle-ci , alors ne va pas foncer dans le tas pour te faire massacrer , laisse faire ceux qui sont payés et entrainés pour cela.

Que cela ne t'empêche pas de passer de bonnes fêtes jeune homme , tu rira de cette aventure dans quelques années.

cordialement

JL



l' espèce humaine est la seule à se croire libre parce qu'elle parle et que l' abstraction permise par le langage lui a fait croire à la réalité de ses conceptions abstraite .

21 décembre 2007 à 16:04:07
Réponse #15

bloodyfrog


Salut Mind,

Je crois utile d'ajouter que Bison et Force999 sont tous deux, de par leur profession et leur vécu, sans doute de meilleurs conseils que pourraient l'être d'autres forumeurs, moi y compris...

Passe de bonnes fêtes,

Manu.

21 décembre 2007 à 16:09:31
Réponse #16

bison solitaire


Et avec Force999, tu as l'historique, la pédgogie et même le soutien... Autant dire que j'ai pris des notes...

21 décembre 2007 à 22:26:55
Réponse #17

Mind


  Juste pour signaler: je n'ai jamais caché le fait d'avoir usé d'une bombe lacrymogène. Cela est mentionné en toute lettre dans la plainte, vu que j'assume parfaitement cet acte. Toutes mes dépositions ont été faites les jours où les faits se sont déroulés.
  Sauf que...

  Aujourd'hui, 2 de mes camarades ont "arrangé" le coup avec (A) et (B) et ont organisé une entrevue à mon insu afin de régler cela "entre étudiants". En gros, lors de la pause de mon dernier cours du semestre, j'ai vu (A) et (B) ainsi que mes deux camarades qui ont voulu arranger l'histoire. On a été dans une salle; j'ai pu obtenir des "garanties" de la part des deux énergumènes. Je ne sais pas ce qu'elles valent, mais sur le coup, j'ai accepté de la jouer "pacifiste".
  Néanmoins, après coup, et après avoir lu les messages du forum, je me dis que c'est vraiment mal joué de retirer la plainte. Ce que je crains, ce sont les représailles de (B) si je la maintiens. Que l'autre dépose plainte contre moi ne me fait ni chaud ni froid; je saurai préparer ma défense (avec l'aide de force999... merci;-) ).
  Donc voilà où on en est: la plainte est toujours là, et je n'ai plus envie de la retirer car à mon sens, (B) n'a rien à faire dans une université, et on aura l'air bien malins quand il sera le premier à rebloquer la fac' quelques mois ou années plus tard...
  Ce que je crains, ce sont les représailles. Je ne me trimballe plus avec ma lacrymo et les services de sécurité ont été mis au courant au sujet de cet individu. Par ailleurs, je n'ai aucun casier et j'ai fait toutes les démarches possibles afin de débloquer la fac' avant cet incident: -entrevue avec le Président de l'Université
                                    -référé conservatoire auprès du Tribunal Administratif

  Il est à noter que le Président a envoyé la police une foi et que cela a été particulièrement houleux. Déjà que ces personnes prises individuellement ne sont pas vraiment évoluées, mais alors une foi réunis en foule, leur niveau de bêtise dépassait tout ce que j'ai pu imaginer.
  La foi suivante, il n'a pas envoyé les forces de l'ordre, d'où notre réaction assez vive pour pouvoir entrer dans les locaux avec l'incident mentionné plus haut.

  Après, je suis d'accord sur le fait d'être réexposé si je retire ma plainte. On m'a ensuite parlé de mesures d'éloignement du campus de cet individu si jamais il était exclu etc. Bref, je ne sais pas ce que ça vaut, mais j'avoue que ça me fait un peut ch... de me faire tout petit, comme si je n'avais plus l'entière liberté de circuler dans ma fac'.

  Mais sur le fond, je suis ok pour garder la plainte. Mais je voulais avoir des infos sur les représailles: cela est-il fréquent? Y a-t-il des mesures de protection efficaces des personnes ayant déposé plainte?

21 décembre 2007 à 22:33:52
Réponse #18

Olcos


Quel a été la teneur de votre entrevue ?
"Le chien apprend à l'enfant la fidélité, la persévérance... et l'obligation de tourner trois fois sur lui-même avant de se coucher."

Robert Benchley

21 décembre 2007 à 23:29:21
Réponse #19

Mind


  Négociation au sujet du retrait de la plainte. J'ai donné mon accord de principe pour la retirer si jamais tout était définitivement terminé; c'est-à-dire, comme si l'on ne se connaissait pas et qu'il ne s'était jamais rien passé; mes camarades ont d'ailleurs dit qu'ils n'hésiteraient pas à témoigner si jamais cela recommençait. L'issue a été plutôt positive donc le contexte n'est plus vraiment ce qu'il était. A votre avis?

22 décembre 2007 à 08:27:01
Réponse #20

force999


Bonjour Mind ,

Pour info, le président de l’université ne peut pas envoyer la police , il peut tout au plus faire un acte écrit de réquisition , ensuite le préfet et lui seul décide après avis du DDSP de l’intervention des forces de l’ordre , donc la première fois la police est intervenue sans doute parce que le préfet était sommé par le juge administratif d’intervenir . La deuxième fois si la police n’est pas intervenue  il y a peut être plusieurs explications :

Le président ne prend pas  de réquisition
Le président fait une réquisition mais le préfet pour raison technique ( manque d’effectif par exemple ) refuse d’intervenir
Le ministère fait pression pour empêcher l’intervention car des négociations sont en cours.

Comprend bien que si tu veux une intervention à chaque fois qu’un blocage est installé , il te faut une intervention en justice administrative à chaque fois . Tu a bien fait d’aller devant le juge des réfères et tu dois poursuivre dans cette voie si cela recommence ( et cela va recommencer )  .

Sur l’intervention houleuse , pour reprendre ton expression , de la police , sache qu’intervenir dans une université est particulièrement difficile pour une CRS ou  une GM , il y a ceux  qui sont pour la police et contre les bloqueurs , ceux qui sont contre les bloqueurs  mais aussi contre la police , ceux qui sont pour le blocage et contre la police , enfin le bordel quoi , en plus il ne faut pas ignorer les ordres qui sont de ménager les bloqueurs , donc tu frappe plus sur ton bouclier que sur les fesses des petits et ton intervention se résume à pousser pour dégager , faut savoir que dans le cadre universitaire utiliser une simple gazeuse demande l’accord de la hiérarchie , car n’oublions pas que tu le fais devant les caméras de télévision et des centaine de portables , donc pour qu’une intervention se passe bien en milieu universitaire un DDSP demande 2 policiers pour 1 bloqueur , sinon problème d’effectif , ( dans la réalité je te dégage 300 bloqueurs avec 50 mecs ) .

Concernant plus particulièrement ton affaire :

Pour les représailles , honnêtement j’y crois pas beaucoup , les bloqueurs que je connais en région parisienne sont des jeunes des mouvements politiques ( extrême gauche ) , ils viennent de familles plutôt aisées , sont inscrits dans des filières comme la socio ou l’ histoire , si le profil correspond tu n’a pas grand-chose à craindre , dans les mouvements d’ extrême gauche tu peux craindre les mouvances de certains groupes comme les autonomes , ils sont capables en groupe , dans une action ,  de te frapper par derrière , idem pour la mouvance BLACK BLOCK habillé de noir ( la marque de fabrique ) très fort à 200 contre 10 et spécialiste des pillages de magasins . Pour les mesures efficaces de protections des personnes ( victimes ) dans notre beau pays , n’y crois pas , surtout pas , nous sommes nuls , voir plus .

Je te conseil de maintenir ta plainte, en sachant que tu peux la retirer au dernier moment  c'est-à-dire à la barre devant le juge , tu explique la situation au juge et si cela te semble judicieux tu retire ta plainte et tu peux demander la clémence prétextant le contexte , la situation ,  cela te laisse une marge de sécurité envers ceux qui pourraient te mettre la pression . A la barre tu n’a rien à craindre tu es la victime et la victime peut agir efficacement si besoin ( demande de clémence , pas de dommage et intérêt etc … ) , n’hésite pas à demander l’assistance de ton université en justice

Retirer ta plainte t’exposera , tu peux en être sur . 

Tu dois comprendre une chose dans cette situation , la seul chose qui fasse vraiment flipper , le préfet , le président de l’université et les bloqueurs s’est l’arrivée de la justice dans le conflit , le juge administratif et ( ou) le juge pénal . Il faut bien comprendre que les histoires de réquisition des forces de l’ordre et tout le cinéma qui va avec , cela ne concerne que la police administrative , pas du tout la police judiciaire , un OPJ lui en a rien à foutre des réquisitions , la justice passe partout et pour elle les universités ne sont pas des zones de non droit , déjà la loi de 1811 l’indiquait , l’interdiction d’aller dans une université s’applique à la police sauf en police judiciaire , lorsque tu a déposé plainte tu a déclanché une action judiciaire et tu es parfaitement dans ton droit  ( tu peux pas savoir comme la séparation des pouvoirs énerve nos dirigeants ) . 

Maintenant pour les blocages à venir ( mars avril mai après les examens ) je vais te donner la marche a suivre :

Formez un comité anti blocage ( tu peux même le faire dans la cadre associatif loi 1901 , cela vous permet de mutualiser les dépenses en justice ) , à chaque fois que votre fac est  bloquée , courrier individuel au président demandant le déblocage ( faire un courrier type envoyé par chaque anti bloqueur )  suggérer au président l’intervention de la police , mais aussi un constat d’ huissier , demandé que les bloqueurs étudiants puissent être identifiés et traduit devant la section disciplinaires  etc …….. , donner une limite dans le temps pour l’intervention par exemple 24 heures , demander une entrevue au président et sans réaction faire une action devant le TA en réfère . A savoir que le juge du TA peut ordonner au président d’engager des sanctions disciplinaires à l’encontre des bloqueurs ( à méditer ) .

Parallèlement en justice judiciaire pénale , si vous êtes insultés , menacés , bousculés et à plus forte raisons agressés , écrire en direct au procureur de la république pour expliquer la situation et déposer plainte , dans la plainte nommer  les personnes que vous connaissez , joindre des témoignages écrits , avec noms prénoms adresses et qualités des témoins .

Parallèlement en justice judiciaire civile , tu assigne ( chaque personne bloquée ) l’université et les bloqueurs solidairement, pour rupture de contrat , en effet n’oublie pas que tu a payé des droits d’ inscription et que cela te donne droit à un service d’enseignement , dés que tu peux prouver ton préjudice ( par exemple ton examen qui est dévalorisé par une année bidon , ou pas d’examen du tout car plus le temps de rattraper les cours) , tu  peux demander réparation pour rupture de contrat , il appartient ensuite à l’université d’expliquer pourquoi elle n’ a pas été capable de remplir sa part du contrat , tu assigne solidairement les bloqueurs car ils sont la cause , mais tu n’ est pas obligé de la faire , le juge civil s’en occupera au besoin . Concernant l’action civile tu devrais pouvoir la financer avec une protection juridique ( genre celle de ton assurance habitation , qui couvre ta responsabilité civile ) renseigne toi , tu peux pas savoir les protections juridiques que chacun de nous possède sans le savoir ( carte bleu , assurances etc … )  différentes des assistances juridiques à distance .

voilà j’espère avoir répondu a tes interrogations , mais je ne suis pas sur le terrain et je connais pas ta fac , ni tes potes , ni tes agresseurs , donc cela reste théorique , défendre sa liberté demande souvent un investissement personnel  qui implique une prise de risque et bien des contraintes , tu peux , comme la plupart des gens te plaindre et attendre le secours de l’état les mains dans les poches , ou tu peux agir en citoyen libre et responsable et défendre ta cause avec les moyens légaux que la république te donne , si tu choisi l’agir dans la légalité et dans l’honneur ,  tu peux compter sur mon aide .

Bien cordialement

JL   



   





l' espèce humaine est la seule à se croire libre parce qu'elle parle et que l' abstraction permise par le langage lui a fait croire à la réalité de ses conceptions abstraite .

22 décembre 2007 à 08:39:29
Réponse #21

Eric Lem


JL / Force 999,

C'est un post magnifique que tu viens de nous donner là...  :up:
Peace,

Eric.
*********************************
"...everyone's got their path brother.... choose wisely." - R. Dimitri
"La "baffe de gitan" j'imagine la grosse baffe de cow boy : c'est un moyen de dialogue qui peut permettre la syntonisation." - Kilbith


http://www.acdsbelgium.org/

22 décembre 2007 à 09:02:18
Réponse #22

bison solitaire


bé!!!!
Sur ce coup là, je crois que je vais imrprimer plutôt que de prendre des notes, d'une part pour ma culture et d'autre part pour pouvoir renseigner plus efficacement les gens.
Merci patron  :D

22 décembre 2007 à 09:28:18
Réponse #23

Kilbith


Très beau post....Et je m'associe aux conseils avisés de force999, jeune étudiant.


Ayant une vision "intériorisée" de la situation au sein des Universités, je me permettrais d'ajouter quelques commentaires :

1. Le mécanisme du "blocage" est simple.
Dans un premier temps quelques étudiants (ou assimilés) organisés bloquent la fac, souvent avec la "complicité" explicite/implicite d'une partie du personnel technique. Il faut quand même qu'il y ait matière à mécontentement dans la communauté universitaire. Mais ça, actuellement, ce n'est pas difficile comme condition préliminaire...

Dans un deuxième temps, le Président de l'Université, sous prétexte d'éviter les problèmes (violences, dégradations), suspend les enseignements et donne interdiction aux enseignants chercheurs et aux administratifs d'assurer les enseignements. C'est particulièrement pénible de se faire dire par un "bloqueur" que si on assure les cours, on se place dans "l'illégalité" du fait du communiqué du Président de l'Université.....


2. Le post de Force999 est plein de sagesse.
Par tradition, et la tradition est très importante dans la culture universitaire, toute intervention des forces de l'ordre dans une enceinte universitaire rique d'être perçue comme une aggression par l'ensemble de la communauté universitaire. sans distinction de rang ou d'opinion. C'est un fait.
Malheureusement les "bloqueurs" le savent bien : ils en usent et ils en abusent......


Si les bloqueurs respectent certaines conditions "implicites" (que je ne commenterais pas ici afin de ne pas leur faciliter le travail) ils ne seront pas l'objet d'action les freinants ou les contrant de la part des la technostructure et du système de pilotage d'une Université.
S'ils commettent des erreurs (et cela a été le cas dans certains endroit dernièrement), dans ce cas la structure réagit avec vigueur et opiniatreté.....dans la tradition  pluri-centenaire qui est la sienne.
Nous avons vécu lors des derniers blocages cette situation dans certaines Universités. AMHA, c'est ce qui explique en partie l'échec stratégique de ce mouvement.

Did, ;)

22 décembre 2007 à 11:20:25
Réponse #24

papa-falcon


force999 est sur son terrain d'expertise et c'est une chance pour tous de bénéficier d'informations et de conduites à tenir aussi bien argumentées et documentées. Merci à lui pour la justesse de ses propos et son humanité.  :doubleup:

Bien à lui,

Christian

 


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« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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