Ce thread me parle car ma propre situation présente des similitudes avec certains de ses intervenants.
En surpoids depuis l'âge de 10 ans, je suis monté à travers différents régimes alimentaires et leurs effets yoyo maléfiques jusqu'à 175 kg pour 1m78 (ce qui, techniquement, est au delà de l'obésité morbide, je crois qu'on appelle ça la super-obésité, un super pouvoir dont je me serai bien passé

). J'ai pu constater en effet que si je reprenais toujours plus vite le poids perdu, tout en voyant l'aiguille de la balance s'envoler vers l'infini et au delà à chaque fois un peu plus, ma force physique au départ tout à fait correcte (mes ancêtres étaient des schlitters) diminuait progressivement, preuve sans doute que la graisse remplaçait le muscle disparu.
J'ai partiellement solutionné le problème en me faisant poser un anneau gastrique par un spécialiste qui fait payer ses compétences au prix de l'uranium et que l'on doit surnommer le Seigneur des Anneaux tant il transforme cela en production industrielle (le jour de mon passage, on m'a dit qu'en plus de moi même il avait posé une 10e d'anneau à la suite). Ce fut efficace. En un an, j'ai perdu 30 kg, sans les reprendre.
L'anneau n'est pas une solution absolu. Il ne règle pas le problème de fond qui est, et AMA, pour la majorité des obèses, une pathologie d'abord psychologique. De plus l'anneau peut être court-circuité en avalant des aliments liquides ou rendus comme tels. Mais globalement l'anneau fonctionne.
L'obésité est une pathologie dramatique. En plus des problèmes circulatoires dans les jambes, des douleurs dorsales, des ligaments des genoux et des chevilles fragilisés, du diabète et de ses très très sales conséquences, des risques accrus d'AVC, de la discrimination socio-profesionnel qu'il entraîne, il y a un autre aspect de la problématique qui rentre en jeu et qui concerne d'ailleurs ce forum, c'est celui de la survie de l'obèse, en milieu sauvage ou en milieu "dégradé".
L'obèse, du fait de son surpoids, se fatigue vite. Il ne peut donc se déplacer très longtemps et encore moins très vite. S'échapper à un risque à pied, quel qu'il soit, me semble quasi impossible. Cela fait de lui une proie facile. En terrain accidenté, les risques de se blesser dans les membres inférieurs sont importants. Habitué à manger d'importantes quantités de nourriture, le régime drastique imposé par des conditions de survie lui sera très douloureux, même si techniquement il est sensé survivre plus longtemps à la disette du fait de son volume de graisse stocké (enfin, c'est que j'ai cru comprendre en regardant un reportage sur les phoques

). Ayant des troubles circulatoires, sa thermorégulation sera peu efficaces. Le diabète rendra toute cicatrisation problématique. Et si son dos est abimé par la surcharge pondérale, ce qu'il pourra transporter sera forcément très limité.
Et puis, je vois mon propre cas. On m'a posé un anneau. Manger vite m'est impossible sous peine de trucs pas sympa (ahhh, vomir le steack haché par les narines, c'est une expérience dont on se souvient, croyez moi !). Pas simple si l'on est pressé par une nécessité quelconque. Et que se passerait il par exemple si je reçois un coup dans le ventre, accidentel ou volontaire ? De plus, dans une optique pessimiste, si on imagine une société où les structures actuelles seraient tombées pour laisser place à quelque chose d'encore plus dégradé, se balader dans la nature avec un bout de plastique dans le bide logé autour de l'estomac ne me semble pas un gage de survie sur le long terme. Au moindre problème et sans chirurgien sous la main, attention les dégâts

Bref, être obèse, c'est... pas glop ! J'adorerai pouvoir faire un stage de survie par exemple. Parce que la théorie, c'est bien mais comme le faisait remarquer le maître de céans, sans la pratique qui amène la maîtrise, ça ne sert pas à grand chose. Donc un stage de survie, ce n'est pour le moment physiquement pas possible. Je me bat pour que cela le soit un jour. En fait, la première arme d'un être humain, c'est le mélange de son corps et de son intelligence. Les obèses, dont je fais pour le moment partis, ont la chance de pouvoir espérer guérir. Mais la vache, c'est dur

Il y a un proverbe japonais que j'aime bien : "Tomber 7 fois, se relever 8". J'espère me sortir de ce problème. Et je souhaite par la même occasion à Vincent et aux autres bon courage et bonne chance !