Une partie du problème vient, à nouveau, du fait du jugement d'un concept sur une photographie. La fixation d'un moment comme outil de compréhension d'une technique mobile, dynamique et fluide.
Cette position, familièrement nommée Dracula Guard, fut enseignée par Yoshisada Yonezuka pour se prémunir d'un attaquant versé dans l'art de la boxe.
Un de ses élèves, Carl Cestari l'intégra ensuite dans sa redécouverte du bare knuckle boxing et dans ses techniques de rétention de l'arme.
http://www.youtube.com/v/cFdMeidbI58?
Ami de Carl, Bob Kasper intégra ensuite cette technique ( mobile, je le rappelle et le souligne encore ) dans son système Kni Com qui fut le squelette de ce qu'enseigne Crucible aujourd'hui, par son directeur, Kelly Mc Cann.

Très intéressant comme historique de la technique.
A ma connaissance, aucun de ces hommes, ni aucun de leurs étudiants ne se sont jamais tirés dans le coude lors de drills à balles réelles. Aucune personne instruite par Craig Douglas, Chris Caracci ( ST6 position ), Dave Spaulding ou Louis Awerbuck ne semble également avoir subi pareille déconvenue.
Les incidents de tirs sont en règle générale pas publié dans les journaux. Mais y compris et surtout dans les boîtes très spécialisée c'est pas si rare au point que c'est parfois considéré comme faisant partie du risque.
Que l'on se décide à rejeter cette technique par manque personnel de confiance en celle-ci, c'est honorable et compréhensible.
C'est pas un manque de confiance personnel. Personnellement user de cette technique ne me pose aucun problème. Mais entre user personnellement une technique et l'enseigner à un grand nombre de personnes il y a un monde et une responsabilité qui n'est pas la même.
Le propre d'une technique utile est qu'elle est générique. Facile à apprendre, modulaire et surtout tolérante aux erreurs. L'humain fait des erreurs, si on enseigne une technique comme celle plus haut qui à une tolérance zéro à l'erreur on programme l'accident à un moment ou un autre.
Alors est elle est déjà pas facile techniquement en raison de la transition de la position de contact dans la position Dracula Guard au passage d'ouverture et retour à la position de contact l'ouverture franchie.
Elle n'est pas tolérante à l'erreur, car il faut garder le coude hors de l'axe de l'arme. Et là il suffit de stress, de se casser la gueule sur la marche et on risque de se faire bobo.
C'est pas que la technique soit mauvaise, mais le ratio coûts-bénéfice dans le franchissement d'ouverture n'est pas en faveur de cette technique.
Pour illustration un autre moyen de passer une ouverture.

Que l'on décrète qu'un combat en ECQ avec une main armée est potentiellement dangereux quant à une décharge accidentelle sur soi-même, c'est un fait indéniable et l'essence même d'un combat : c'est dangereux et il est impossible d'en connaitre préalablement l'issue.
Non on est pas en combat ECQ, on est en train de franchir une ouverture avec potentiellement un BG hostile de l'autre côté, c'est pas la même chose. Dans la pratique on va franchir probablement des centaines d'ouverture avec une arme en main, pour une confrontation de type pugilat avec un BG et l'arme à la main.
Que l'on déclare que, puisque l'on s’entraîne à balles réelles, notre expérience peut prévaloir sur celles d'autres pratiquants s’entraînant, ailleurs, dans de similaires conditions revient à vouloir dire : mon Kung Fu est meilleur que le vôtre.
Ce qui est acceptable, mais peut être l'objet de débats.
Fausse interprétation. C'est pas une histoire de "my Kung fu is better than yours". Beaucoup de boîte spécialisée entraînent le CQB à 80-90% à la simmun ou analogue. Pour des raisons de logistiques (les possibilités de s’entraîner à 360° à tir réel en situation CQB sont plutôt rares) et souvent des raisons de sécurité non-avouées.
Le problème est que ces personnes, si tu les prends durant une journée sur des exercices basiques en CQB, vont montrer pas mal de bugs y compris de sécurités. Et c'est guère étonnant, on est inconsciemment beaucoup moins rigoureux avec de la simmun et de l'air-soft qu'avec du tir réels.
D'où l'importance d'inverser le ratio. Le corollaire et bien tu épure et tu simplifie pour avoir une technique robuste et tolérante aux fautes.
Dans les quelques secondes d'introduction générique de ce document, on peut voir le bras réactif en action parallèle avec le bras armé.
Est-ce idéal ?
Non.
Une situation de combat ne l'est pas plus. L'évolution de celui-ci impose certaines choses qui sont des compromis acceptables face à la sécurité. On pare au plus pressé, avant de pouvoir rétracter le bras réactif et de le mettre à l'abri de ses propres tirs.
http://www.youtube.com/v/tN9FIPC8Vu8?
C'est autre chose, c'est du spécial et c'est déjà la m*rde, donc on fait au mieux même si c'est pas idéal. On fait exactement de même.
Main réactive dans la gueule, dégainage en protection et si possible prendre de l'espace.
Mais on est dans un autre sujet.
A remarquer que ça vaux la peine de passer beaucoup de temps à enseigner comment éviter se genre de situation merdique et que le pistolet est une arme de distance et non de combat rapproché.
moléson