Bon article, merci Kanarwc,
J'aime bien les 4 vertus de l'esprit d'aventure :

- le désir de découverte,
- la capacité au risque,
- le besoin de liberté,
- l’aptitude au non-conformisme compris comme potentialité de remise en cause de l’ordre du monde
le rapport liberté-sécurité (déjà moult fois abordé)
Pour l’avenir, la place que nous réserverons à l’esprit d’aventure conditionnera la nature de notre société et son niveau de liberté réel. À cet égard, c’est la capacité au risque qui fera sans doute le plus défaut. Cette capacité s’appuie toujours sur un certain mépris du confort et de la sécurité, aussi bien intellectuel que physique. Or, chacun le voit bien, notre société glisse chaque jour davantage sur la pente d’une recherche éperdue de sécurité.
Contrairement à ce que l’on croit souvent, c’est le besoin de sécurité qui mène les hommes depuis qu’ils existent, bien plus que l’argent, le sexe, le pouvoir ou les passions. Qu’une société ait la capacité à assurer le plus de sécurité possible à ses membres est un bien en soi. Nul ne songerait à le contester. Ce qui fait problème, c’est le lien toxique qui existe souvent entre liberté et sécurité. Il est malaisé d’augmenter l’une sans diminuer l’autre. Dans bien des domaines, nous ne sommes déjà plus, en droit, autorisés à prendre des risques. L’homme occidental vit ligoté dans un maquis inextricable de règlements qui le contraignent à la sécurité et lui ôtent toute liberté de choix. Même dans des activités anodines comme celles de plein air, en mer ou en montagne, l’examen attentif des règlements produits année après année montre qu’on ne pourra bientôt plus s’y déplacer que sous la chape pesante d’une sorte de big brother invisible et d’autant moins critiquable qu’il se veut bienveillant pour nos vies. Il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences que l’on oblige chacun à acquérir dans ces domaines. Il s’agit de constater la tendance fantasmatique vers le risque zéro comme on parle pour la guerre du zéro mort. Et c’est autre chose : une conception du risque liée à la valeur de plus en plus suprême accordée à la vie conçue en tant que quantité et non qualité.
Si la politique ne fait plus sa job, la rue le fera (cf "Occupy Wall Street")
Oups, j'ai utilisé un mot interdit ...Les marchands sont dans le temple et les hommes chargés de les chasser, les politiques, manquent à cette fonction élémentaire ; c’est sans doute leur première faillite et la ruine du modèle qu’ils pouvaient représenter.
C'est ça la post-modernité : plus de méta-récit, chacun pour soi, des mots et des sens qui disparaissent (solidarité, sens du sacrifice, goût du bien public, courage, abnégation, fraternité)
des principes qui fondaient et rassemblaient les hommes en communautés capables de partager des buts communs et un destin collectif
Allez, courage, résistons
