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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Bon, on gueule on rale et après, on fait quoi ?  (Lu 3102 fois)

02 octobre 2011 à 13:50:48
Lu 3102 fois

Patrick


Je regardais hier un reportage sur des médecins de banlieue. Ceux qui partaient après 18 cambriolages et 3 agressions, ceux qui restaient encore mais qui appelaient désespérément à l'aide en faisaient un véritable choix militant en criant leur haine de ceux, infime minorité, qui imposent leur dictature à la majorité et celle aussi des puissants de tous bords qui n font effectivement pas grand chose.

On suivait un de ces merveilleux toubibs qui était obligé de garer sa voiture à l'extérieur de la cité et de demander au journaliste de filmer uniquement en camera cachée.

Je me demandais : il existe bien des associations de bénévoles qui nourrissent, soignent, éduquent, pourquoi pas des associations qui protègent. imaginons deux grands frères de la cité membres du club de Muay Thai du coin qui accompagneraient à tour de rôle ces médecins ou autres corporations dans leur déplacements difficiles.

Attention, je ne parle pas d'assos du types des gardians angels Nord américains, qui patrouillent sur la voie publique et les transports en commun se substituant parfois à la force publique, mais vraiment d'assos qui feraient ce que ne PEUX faire cette force publique sous-peine de déclencher des émeutes.

Qu'en pensez-vous utopie, idiotie, constat d'échec ?

02 octobre 2011 à 14:12:47
Réponse #1

Draven


Sacré constat d'échec pour moi, nan ? Je verrais plutôt les grands frères accompagner le toubib pour désamorcer les conflits et éduquer les potentiels aggresseurs...
Mais j'ai du mal a comprendre qu'on puisse s'en prendre a des toubibs, des pompiers, etc...
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

02 octobre 2011 à 14:19:23
Réponse #2

Gros Calou


Voilà en bas de chez moi, il y a régulièrement un groupe de jeunes qui squattent les marches, régulièrement ils sont visités par la police, mais ils sont clean, enfin ils fument un peu de beû boivent un ch'ti coup et vivotent. La première fois que je les ai croisé, j'entendais des commentaires "plutôt balèze, tu parles un mawash dans sa tête et c'est fini, ouais mais faudrait pas qu'il distribus sinon le premier prendrais cher etc...." Je m'arrête et je dis au gars "mais pourquoi vous me voyez comme un ennemi au point de vouloir me foutre sur la tronche" ils me répondent " ben ici on a plutôt des ennemis que des amis",,je leur dit bougez pas. Je remonte chez moi, prend 3 paquets de clopes, une bouteille de whisky des gobelets et redescent en leur disant "bon maintenant on va discuter les mecs" je leur ai fait passer le message que tout le monde avait un intérêt commun, pour les uns c'était de pouvoir regarder Joséphine age gardien peinard et tranquille et eux d'être tranquille à boire des coups et fumer sur les marches de la résidence et il fallait savoir lâcher pour recevoir. Depuis, avant c'était le bordel, les mecs gueulaient, laissaient leur déchet Mc Do et leur bouteilles vides dans les escaliers. Maintenant quand ils sont là la musique fuse jusqu'à 21 heures, les mecs discutent entre eux sans gueuler et ramasse leur m*rde. Plus visité par la Police, mais moi si je rentre tard du taf, je dois passer une demi heure avec eux pour trinquer à coup de whisky coca  ;#

Pour en revenir à ce post, je pense qu'il faut se fondre dans la population, balladez vous à Rio dans les quartiers chaud avec camescope et autre basket et vêtements à la mode. Pour moi le médecin doit rencontrer les assos des quartiers et faire un pow wow avec les aficionados pour les sensibiler, lui coller au cul, un champion de Muay Thaî et ou autre bataillon de CRS et garde nationale ni changera rien et ce sera pire. Si le message est je suis là pour vous aider et soigner vos mères, soeurs Frêre etc... A mon avis ça passe, bien sur on est pas à l'abris de l'abruti de service hein !
Cela a été fait à Vaux en Vellin  ;)

Mes deux balles  ;)

02 octobre 2011 à 14:54:17
Réponse #3

Patrick


CHAUD COMME SUJET !  ;D ;D ;D
Et difficile d'éviter la prise de position politique...
Politique dans le sens premier de "vie dans la cité" on est justement en plein dedans. Si c'est pour se payer le gouvernement machin aucun intérêt. D'autant que nous on a nos cité mais ailleurs leurs quartiers, barrios, favellas et que c'est la même m*rde avec quasi tous les gouvernements possibles et imaginables.

En clair peut-on aider de cette façon des gens merveilleux à maintenir du lien social sans leur renvoyer du "démerdez-vous" ?

02 octobre 2011 à 15:00:47
Réponse #4

Gros Calou


Pour moi il faut qu'ils passent avec les médiateurs des quartiers  ;)

02 octobre 2011 à 15:40:01
Réponse #5

aikikenshi


En parlant de favelas . J'ai de la famille au Venezuela .
Là bas , l'instauration d'un système de santé financièrement accessible au plus grand nombre , a été confronté a un problème d'accès physique des populations les plus en difficultés . Les médecins locaux , ayant les plus grandes réticences à s'installer , et à côtoyer ces quartiers "déshérités" .
Le gouvernement a fait venir des médecins cubains , tout aussi compétents , et ayant un bagage de vie les rendant plus à même de comprendre et d'exercer auprès de ces populations .
Même si tout les problèmes n'ont pas été réglé , cette politique a eu une franche réussite , améliorant considérablement la santé d'une partie non négligeable de la population .

02 octobre 2011 à 15:43:06
Réponse #6

Sieg


 Je pense que par rapport aux problèmes qui touchent les banlieue française, l'erreur est de s'attaquer aux symptomes et non aux causes. Les changements de comportements ne peuvent se faire que lorsqu'il y a une refonte en profondeur du cadre de vie.

 Quand on regarde les types de violences ( les plus graves ) auxquelles sont confrontés les professionnels dans ces quartier la participation de quelques "gardes du corps", déjà franchement difficile à mettre en place, apparait comme insuffisante et probablement impuissante. Dans des petits quartiers un peu chaud où quelques caids font la loi en jouant les cadors pourquoi pas. Mais quand 3 personnes surexcitées font irruptions dans un cabinet armée d'une lacrymo ou d'un flingue le ou les pratiquants de thai ils sont là ? Et ces mêmes "grands frères", qui les protègera quand ils seront identifiés comme étant passé à l'ennemi ?

 Les agressions ont lieux partout ( cabinet, trajets à pied, intérieur des voitures...) et sont extrêmement violentes, donc la solution serait pour chaque personne de suivre une préparation au tir, et de porter un kevlar en permanence. Perso j'y pense même pas...

 La solution ne peut être qu'une refonte en profondeur des banlieues, on détruit, on éclate, on disperse, on déghettoise, et on reconstruit, on investi et on voit GLOBAL. Toute ce qui a été entreprit pour lutter contre cette violence par la force a échoué. Par contre une ville symbole de la violence urbaine (celle que Calou a cité: Vaulx-en-Velin) renait aujourd'hui comme une ville attractive et super dynamique économiquement et culturellement. Cela s'est fait grâce à des investissements massifs et surtout grace à une politique globale et à long terme.

 Je me rappel il y a pas si longtemps j'en parlais avec ma mère, Lyonnaise de souche contrairement à moi, et qui me disait:"Ha mais maintenant moi Vaulx, ca me dérangerais pas du tout d'y vivre !!". Il y a un mouvement migratoire complètement inverse aux autres banlieue. C'est magnifique je trouve, et l'avenir est là.  :)

 Dans la société qu'on a, et/ou qu'on souhaite, maintenir la paix civile avec des flingues est complètement illusoire amha...

02 octobre 2011 à 15:53:32
Réponse #7

Corin


1 000 quartiers, 1 000 médecins, 1 000 000 de possibilités...
Difficile de dire quoi faire tellement cela dépend des gens, de la configuration des lieux, de l'histoire...
Je serai curieux de savoir ce que sont devenus les gens de Vaulx-en-Velin qui se sont révoltés en septembre 1979. 30 ans après, quel bilan?

Je ne sais pas si la protection des médecins est une solution. J'ai un frangin qui fait des remplacements dans de nombreux quartiers. Ce qu'il voit glace le sang, parfois.

Je n'ai aucune expérience positive dans ce domaine qui puisse éclairer la question mais ça interpelle.
La solution ne peut être qu'une refonte en profondeur des banlieues, on détruit, on éclate, on disperse, on déghettoise, et on reconstruit, on investi et on voit GLOBAL. Toute ce qui a été entreprit pour lutter contre cette violence par la force a échoué. Par contre une ville symbole de la violence urbaine (celle que Calou a cité: Vaulx-en-Velin) renait aujourd'hui comme une ville attractive et super dynamique économiquement et culturellement. Cela s'est fait grâce à des investissements massifs et surtout grace à une politique globale et à long terme.

J'avais interrogé un architecte qui avait participé à ces constructions des années 50-60. Il m'avait raconté les conditions (délais, coûts) dans lesquelles ont été construites ces cités (pas de rues structurées, pas de café pour plusieurs milliers d'habitants, transports publics peu présents). L'habitat y est pour beaucoup et ça se retrouve dans bon nombre de pays. Je n'ai pas l'impression que l'on ait trouvé la solution, quelque part sur cette planète.

A+

02 octobre 2011 à 16:13:09
Réponse #8

Gros Calou


J'ai un ami qui est plombier et qui assure où ses collègues ne veulent pas assurer et bien il a fait comme moi, il a communiqué avec la population du bas des immeubles et il est tranquille, le plus fort pourcentage de sa clientèle est petit vaux, grand vaux, la grande borne, quartier où les forces de l'ordre botte en touche, lui il s'est pointé et a discuté avec les gars, il leur a textuellement dis, " si vous me dépouillez, ce sera qu'une seule fois, la prochaine je vous laisse dans votre m*rde ", "c'est donnant donnant, sois tu me laisse faire et tout le monde est content, soit je me réserve les beaux quartiers et résidences pavillonaires et vous vous démerdez" Pour mon pote son pourcentage n'a pas changé  ;)

02 octobre 2011 à 18:40:05
Réponse #9

Sieg



J'avais interrogé un architecte qui avait participé à ces constructions des années 50-60. Il m'avait raconté les conditions (délais, coûts) dans lesquelles ont été construites ces cités (pas de rues structurées, pas de café pour plusieurs milliers d'habitants, transports publics peu présents). L'habitat y est pour beaucoup et ça se retrouve dans bon nombre de pays. Je n'ai pas l'impression que l'on ait trouvé la solution, quelque part sur cette planète.


 Tout à fait exact, c'est ce qui a été fait à Vaulx-en-Velin.  Réaménagement urbain (destructions, réaménagement des rues comme dans une ville "classique", création de places, d'un vrai centre ville ouvert ), Développement de nombreux dispositifs culturels solides ( MJC, Festivals ), raccordement au centre de Lyon grâce au tram, développement de la mixité. Même si tous n'est pas rose je crois pas ( mais peut être que je me trompe ) qu'il y ai une seule ville, en France ou ailleurs, qui ai été classé dans la catégorie banlieue chaude y a à peine 20ans et qui voit actuellement des classes moyennes s'y réinstaller.

 Ca fait un bout de temps maintenant que je suis convaincu qu'une solution violente ( au sens large ) pour répondre et solutionner cette violence des banlieues est inévitablement vouée à l'échec ( en plus de coûter une blinde et d'instaurer un climat de m*rde...).


 Et je suis aussi tout à fait favorable à une implication du citoyen dans le maintien du "bon vivre public". Qu'il soit actif et se sentent responsable de ce qui se passe dans sa rue. Qu'il y ai une relation d'échange entre lui et le flic. Mais APRES avoir fait ce taffe de transformation des ghettos.  :)

02 octobre 2011 à 18:54:24
Réponse #10

Patrick


Heu, juste une précision, les cités ont été crées à l'origine pour accueillir les Français rapatriés d'Algérie, puis d'autres couches sociales très modestes. J'ai vécu plusieurs années dans une de ces cités des quartiers nord de Marseille. Il y avait au moins une dizaine d'ethnies différentes, mais chacun se parlait et échangeait sans discrimination (c'était même marrant, on était pas Algérien, Malien, Vietnamien, Cambodgien ou Français, mais Marseillais). Pas le moindre trafic et il aurait mieux valu car nos parents nous auraient causé velu du pays.

MAIS plein emploi, ascenseur social très actif et perspectives d'avenir.

02 octobre 2011 à 19:38:10
Réponse #11

Thanos


Heu, juste une précision, les cités ont été crées à l'origine pour accueillir les Français rapatriés d'Algérie, puis d'autres couches sociales très modestes. J'ai vécu plusieurs années dans une de ces cités des quartiers nord de Marseille. Il y avait au moins une dizaine d'ethnies différentes, mais chacun se parlait et échangeait sans discrimination (c'était même marrant, on était pas Algérien, Malien, Vietnamien, Cambodgien ou Français, mais Marseillais). Pas le moindre trafic et il aurait mieux valu car nos parents nous auraient causé velu du pays.

MAIS plein emploi, ascenseur social très actif et perspectives d'avenir.

Ben voila, la "douce" époque des trente glorieuses...

Il y a d'ailleurs une réelle fracture entre les gens qui ont grandi pendant ces années et qui ont connu ce qui se rapproche le plus du plein emplois et ceux nés à partir des années 80. Beaucoup de ceux là reprochant à ceux ci de ne pas se bouger pour trouver du boulot et s'en sortir alors que ce n'est pas tjr aussi simple...

L'inavisé         
Croit qu'il vivra toujours        
S'il se garde de combattre,
Mais vieillesse ne lui
Laisse aucun répit,
Les lances lui en eussent-elles donné.

Hávámál

A vaincre sans péril, on gagne !             http://www.dailymotion.com/video/x61nne_frankland-vs-excalibur_webcam
Le courage, c'est pour les morts.           http://www.frankland.fr

TACTICAL GEAR: If I Hear One More Tactical Gear Manufacturer say “Our Gear is Used by Special Forces” I am Going to Kick a Kitten in the Head

03 octobre 2011 à 10:37:45
Réponse #12

sebastienb


Les grands frères c'est une fausse bonne idée ça ghettoise encore plus. Le message implicite qu'on envoie en procédant de la sorte c'est qu'une population ne peut être régulée que par les siens. D'ailleurs il n'y a qu'à voir dans quelles populations sont choisies les vigiles...

03 octobre 2011 à 11:08:37
Réponse #13

ulysse


aujourd'hui dans Libé un article sur le renouveau de Medellin en Colombie. En parallele avec un gros travail d'urbanisme et d'architecture.
ici le lien, comme l'article date d'aujourd'hui il ne sera disponible en version complete que demain.
http://www.liberation.fr/culture/01012363334-quartiers-medell-n-met-du-lien

En tant que toubib (et certaines autres professions) la grosse difference par rapport aux forces de l'ordre ou les pompiers c'est quand meme le fait d'etre seul. Psychologiquement ça change pas mal de truc au niveau stress.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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